mercredi 12 octobre 2011

Chicago - Merkel et Sarkozy soutiennent le maïs, le soja et le blé

Les cours du maïs, du soja et du blé ont terminé en hausse lundi à Chicago, soutenus par l'engagement de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy de présenter rapidement un plan devant régler le problème de la dette en Europe.



Les céréales ont réagi à l'unisson des places boursières et de Wall Street où, en milieu de journée, le Dow Jones et le Nasdaq s'envolaient après les assurances données dimanche soir par le couple franco-allemand.
Les leaders des deux premières économies de la zone euro ont promis une réponse à la crise de la dette avant début novembre et souligné leur accord « complet » sur une recapitalisation des banques.
« L 'optimisme a gagné les marchés après les promesses d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy de répondre au problème de la dette grecque et de recapitaliser les banques » de la zone euro en difficulté, a déclaré Bill Nelson de Doane Advisory Services. «

Les investisseurs se sentent plus à l'aise pour prendre des risques »

Le maïs, le soja et le blé avaient enregistré des chutes d'environ 20 % en septembre « principalement en raison des craintes (générées) par la crise de la dette en Europe », a souligné la maison de courtage Allendale. Et avec les gages fournis par Paris et Berlin, « les investisseurs se sentent plus à l'aise pour prendre des risques et ça se reflète dans l'ensemble des matières premières » , a remarqué Bill Nelson.
Localement, la météo participait également à la hausse des prix du soja : les régions du centre des Etats-Unis où se concentre la majeure partie de la production font l'objet de pluies importantes, ce qui risque d'avoir un impact sur les récoltes, a noté Allendale. Les investisseurs spéculaient également sur une hausse de la demande en maïs, avant la publication du rapport du ministère américain de l'agriculture sur l'offre et la demande, mercredi, a dit Bill Nelson.
Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en décembre a gagné 5 cents à 6,05 dollars sur le Chicago Board of Trade. Le boisseau de blé à échéance décembre a pris 4 cents à 6,1150 dollars. Le contrat de soja pour livraison en novembre s'est adjugé 19,25 cents à 11,7750 dollars.
Source : Afp

samedi 8 octobre 2011

La restauration scolaire, marionnette de l’industrie agroalimentaire?

Par un décret et un arrêté parus au Journal officiel le 2 octobre 2011, le ministère de l’agriculture a fixé un nouveau cadre réglementaire à la restauration scolaire. Basé sur les recommandations du Groupe d’Etude des Marchés Restauration Collective et Nutrition (GEMRCN), celui-ci prône la diversité de la structure du repas, composé d’une succession de 4 ou 5 plats. Concernant la qualité nutritionnelle des menus, un produit laitier doit figurer à chaque repas, ainsi qu’un apport suffisant en fibres et en fer. L’eau et le pain doivent être proposés en libre service, contrairement au sel et aux sauces. Les repas trop sucrés et trop gras doivent être limités, avec notamment pas plus de 4 produits frits sur 20 repas. Enfin, les établissements doivent veiller à ce que les fournisseurs livrent des produits dont la taille des portions est adaptée à l’âge de l’enfant, en misant sur les produits de saison.

Mais, bien que louables de prime abord, ces nouvelles normes ne privilégieraient pas que l’intérêt nutritionnel. Selon l’association L214, la recommandation du GEMRCN ne met pas en avant des besoins nutritionnels mais des produits. Elle impose ainsi des seuils minima de viande de bœuf, veau, agneau, de poisson et de produits laitiers. Dès lors, comme le souligne Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, ce décret répond beaucoup plus aux volontés des industries agroalimentaires, soucieuses de placer le produit de leurs élevages intensifs, qu'à de réelles intentions de qualité nutritionnelle. Initiateur de menus scolaires composés à près de 70 % d’aliments issus de l’agriculture biologique ou labellisés AOC ou Label Rouge, dont un repas végétarien par semaine, l’élu déplore un modèle alimentaire dépassé. De fait, celui soutenu par les autorités ministérielles repose sur une agriculture qui privilégie l’élevage animal, 
aux impacts environnementaux attestés
Cécile Cassier

OGM : Les américains veulent savoir ce qu’ils consomment « Just Label it ».


« Just Label It » que l’on peut traduire par "Etiquetez-le" est en passe de devenir le slogan de ce mois d’octobre au pays de l’oncle Sam. En effet, hier près de 400 associations et organisations, principalement de protection des droits des consommateurs ont appelé la FDA (Food and Drug Administration) à signaler les produits contenant des OGM.
Une campagne intitulée « Just Label It – We Have a Right to Know » (Etiquetez-le – Nous avons le droit de savoir) a été lancée ainsi qu’une pétition rassemblant déjà près d’un million de signatures.

Aux Etats-Unis, les OGM sont présents dans de nombreux produits, sans que le consommateur ne soit forcément au courant. Dans ce pays, 90% du maïs et du coton ou encore 94% du soja sont issus de semences génétiquement modifiées. A l’heure actuelle le seul moyen de ne pas consommer d’OGM est d’acheter des produits biologiques certifiés par le ministère de l’agriculture américain (USDA).

Si les produits contenant des OGM ne sont, au jour d’aujourd’hui, pas étiquetés différemment, c’est en vertu d’un texte de loi « The Federal Food, Drug, and Cosmetic Act ». Ce dernier stipule qu’un produit doit posséder un étiquetage supplémentaire s’il y a un manque d’informations « matérielles ». En 1992, la FDA a précisé le sens du terme « matérielle » en ajoutant que ces informations matérielles pouvaient être ressenties par le goût, l’odorat ou les autres sens. Bien entendu, les OGM ne rentrent donc pas dans ces informations essentielles. Ainsi, un saumon génétiquement modifié (une espèce est en attente de validation par la FDA) n’est pas "matériellement" différent d’un saumon non OGM car il a le même gout, la même odeur ou encore la même texture. Il n’y a donc pas nécessité d’apposer un étiquetage supplémentaire.

Le directeur du Center for Food Safety, Andrew Kimbrell, qui est à l’origine de la pétition déclare : « Nous demandons à la FDA de changer une décennie de politique en dehors des réalités. […] Aujourd’hui les consommateurs sont plus informés que jamais et ils ont le droit de savoir ce qu’ils achètent et ce qu’ils consomment. Nous voulons que la FDA impose un étiquetage des denrées contenant des OGM ».

Un récent sondage mené par une association de consommateurs (Consumers Union) montre que 95% des consommateurs pensent que les produits OGM devraient être signalés et 93% veulent que le gouvernement américain impose cet étiquetage. L'un des arguments majeurs des pro-étiquetages est que de nombreux pays ont déjà adopté de telles mesures. Ainsi en Australie, en Nouvelle Zélande, au Japon, en Corée, en Chine ou dans l’Union Européenne, un étiquetage est obligatoire pour les produits contenant des OGM.

Les grands groupes agrochimiques américains ne sont pas d’accord avec cette campagne et soutiennent la sécurité et la qualité nutritionnelle de leurs produits OGM. La bataille promet d’être longue et rude…

Le site web de la campagne « Juste Label It » permet à chaque américain d’apporter son soutien à la campagne par un simple clic. Pour en savoir plus : justlabelit.org.

Source : The Huffington Post

L'Europe laissera-t-elle ses pauvres avoir faim ?

samedi 08.10.2011, 05:25ANNE-SOPHIE HACHE

 L'Europe laissera-t-elle ses pauvres avoir faim ? PHOTO ARCHIVES PIBL'Europe laissera-t-elle ses pauvres avoir faim ? PHOTO ARCHIVES PIB























| SOLIDARITÉ |
L'aide alimentaire européenne distribuée aux plus démunis est menacée suite à un désaccord entre les pays européens. Elle pourrait être réduite de plus de 70 %.
> De quoi parle-t-on ?
Du programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), une aide alimentaire destinée aux Européens les plus pauvres. Le PEAD fonctionne sur le budget de la Politique agricole commune (PAC). De moins de 100 millions d'euros à sa création en 1987, son budget, renouvelé chaque année, a été porté depuis 2005 à près de 500 millions d'euros.
> Comment fonctionne cette aide ?
L'idée de départ est simple : utiliser les stocks de denrées agricoles en surplus en Europe, directement ou après un troc contre des produits plus élaborés (farine, pâtes etc.), pour les distribuer, via les associations humanitaires de chaque pays, aux plus démunis. Au fil des ans, les stocks ont considérablement diminué suite à une meilleure régulation des marchés agricoles. Pour pallier cette baisse, l'Europe a progressivement complété le dispositif par des achats de produits alimentaires sur les marchés agricoles avec les fonds de la Politique agricole commune (PAC).
> Qui en bénéficie ?
L'aide est répartie entre les pays au prorata du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. En 2011, 13 millions d'Européens bénéficient de cette aide. La participation des pays au programme n'est pas obligatoire : 19 pays sur les 27 y souscrivent.
> Pourquoi est-elle remise en cause ?
L'Allemagne (qui, par ailleurs, ne souscrit pas au programme) a déposé un recours devant la Courde justice de l'Union européenne au motif que l'aide, de moins en moins liée aux stocks, n'était pas légale. La Cour européenne a tranché dans ce sens en avril : l'aide devra se limiter majoritairement aux stocks et ne pourra plus être complétée par l'achat de produits agricoles. Résultat : elle risque, les deux prochaines années, d'être amputée de 76 %. À plus longue échéance, sa pérennité sera discutée en 2013 quand seront décidées les nouvelles orientations budgétaires de l'Europe.
> Quelle est la prochaine échéance ?
Le 20 octobre, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Lemaire, défendra la poursuite de l'aide alimentaire devant ses homologues européens lors d'un conseil des ministres européens de l'agriculture. Sur les 27, six pays - l'Allemagne, la Suède, le Danemark, le Royaume Uni, la République tchèque, les Pays Bas - s'opposent à la poursuite de cette aide et empêchent de trouver un accord.

jeudi 6 octobre 2011

Produits trop sucrés en Outre-mer: le gouvernement refuse la proposition PS

PARIS - La proposition socialiste d'interdire au 1er janvier 2013 la vente en Outre-mer de produits alimentaires plus sucrés que ceux de marque similaire en métropole a suscité jeudi à l'Assemblée nationale l'opposition du gouvernement et a divisé les élus ultramarins.



Ce texte, débattu jeudi mais qui sera soumis au vote mardi prochain, avait cependant été accepté le 28 septembre par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, dont les membres UMP s'étaient partagés entre votes favorables et abstentions. Depuis la réunion de la commission, le groupe UMP s'est prononcé contre la proposition.

L'objectif de cette mesure, défendue par le député PS Victorin Lurel, président du conseil régional de Guadeloupe, est de lutter contre l'obésité qui touche 25% des enfants en Guadeloupe et Martinique, contre 18% en métropole, selon une étude du cardiologue André Atallah.

Pour les produits qui ne sont vendus qu'Outre-mer, la proposition prévoit qu'un arrêté ministériel fixe une teneur maximale en sucre.

Tout en reconnaissant que des facteurs sociaux et culturels expliquent en partie cette différence, Victorin Lurel met aussi en cause les pratiques de l'industrie agro-alimentaire, en citant notamment l'exemple d'un même yaourt, qui contient 20 grammes de glucides dans sa région contre 15,8 en métropole.

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a estimé que si le texte de M. Lurel mettait en relief un vrai problème de santé publique et reposait sur un bon diagnostic, la faisabilité de la mesure proposée était improbable et son efficacité discutable. Il a jugé plus efficace de demander des engagements concrets aux fabricants.

M. Bertrand a souligné que les interdictions proposées ne concerneraient pas les produits importés, alors que les Antilles sont dans la zone commerciale de l'Amérique du nord. Selon lui, les consommateurs se tourneraient alors vers les produits américains plus sucrés.

Ce dernier point a divisé les élus ultramarins, qui constituaient la moitié de la dizaine de députés présents dans l'hémicycle, mais, selon une ligne de clivage paradoxale, certains élus de gauche et de droite se retrouvant parfois à front renversé.

Une députée apparentée socialiste de Guadeloupe, Jeanny Marc, s'est ainsi faite l'écho de l'inquiétude suscitée par la proposition de loi car elle excluerait les produits importés. A l'inverse, sa collègue UMP, également de Guadeloupe, Gabrielle Louis-Carabin, qui votera le texte, a rétorqué que les Antillais consommaient des produits hexagonaux et locaux et non importés.

Edwige Antier, députée UMP et pédiatre, a aussi défendu le texte, qui contient un amendement voté à son initiative et prévoyant, en métropole comme en Outre-mer, d'apposer un logo Alimentation infantile aux produits bien adaptés à l'alimentation des enfants de moins de trois ans.


(©AFP / 06 octobre 2011 20h18) 


Quand la France et l'industrie agroalimentaire se sucrent sur le dos des anciennes colonies... 
La Fourchette en colère