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vendredi 23 mars 2012

Interdiction du maïs OGM : une mesure fragile et tardive

François Fillon, ministre de l’environnement par interim, et Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture ont annoncé aujourd’hui via un communiqué de presse court et laconique, la suspension de la mise en culture du maïs génétiquement modifié MON810. Une “mesure conservatoire visant à interdire temporairement” la culture du maïs génétiquement modifié Mon 810 sur le territoire français.

Une mesure attendue, certes… Mais face à laquelle la prudence est de mise. Car cette défcision tardive ET fragile n’a peut être pas empêché la semaille précoce d’OGM en France au cours des semaines passées.






Le risque d’une contamination de fait

Le 22 février dernier, Greenpeace, les Amis de la Terre, la FFAP (Fédération française des apiculteurs professionnels), les Faucheurs volontaires d’OGM et une trentaine d’autres organisations ont adressé ensemble une lettre ouverte aux sociétés commercialisant des semences agricoles en France. Dans ce courrier, les associations demandaient à ces entreprises de clarifier leurs intentions concernant la commercialisation de semences de maïs Mon 810 sous licence Monsanto, en vue des semailles du printemps 2012.

Les réponses apportées par les semenciers n’ont pas vraiment rassuré … Invitant les associations à consulter elles mêmes leurs catalogues ou justifiant de l’incertitude légale et économique pour justifier de leur choix de ne pas commercialiser de maïs OGM … pour l’instant. Bref, les semenciers sont restés vagues, se réservant pour la décision du gouvernement français.

Mais cette décision tardive du gouvernement risque de mettre les Français au pied du mur. En effet, depuis novembre 2011 – date à laquelle le Conseil d’État a annulé le moratoire sur la culture de Mon 810 – et jusqu’à aujourd’hui, tout agriculteur désirant semer du maïs OGM en avait légalement le droit. Personne ne peut donc garantir que certains exploitants français favorables aux OGM n’aient profité de la période du début des semailles pour semer du maïs OGM.

L’impérieuse nécessité d’une interdiction solide et durable

Par ailleurs, la mesure conservatoire décidée par le gouvernement français apparaît comme bien fragile au regard de la décision prise la Cour européenne de Justice d’annuler le moratoire de février 2008. Combien de temps durera le montage juridique de la France ? Nul ne peut le dire.

Greenpeace demande au prochain président de la République de s’engager en faveur d’une interdiction solide et durable des OGM en France. Les Français ne peuvent pas s’accommoder d’une situation floue sur ce sujet alors qu’une majorité (52%) d’entre eux estime que la consommation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) comporte des risques pour la santé humaine.

Un appel à la vigilance citoyenne

Le gouvernement doit immédiatement mettre en place une surveillance étroite afin de s’assurer qu’aucun maïs OGM, désormais illégal, n’ait été planté et en ordonner la destruction le cas échéant.

Greenpeace appelle également à la vigilance citoyenne dès à présent afin d’identifier d’éventuelles cultures de maïs OGM en France pour cette année.

Source:

lundi 26 décembre 2011

Jean Ziegler : « Les spéculateurs devraient être jugés pour crime contre l’humanité »


PAR ELODIE BÉCU (19 DÉCEMBRE 2011)

Les ressources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien.






Basta ! : Craignez-vous que la crise financière amplifie celle de la faim dans le monde ?

Jean Ziegler : Tous les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard d’humains sur les 7 milliards que compte la planète souffrent de sous-alimentation. La pyramide des martyrs augmente. À cette faim structurelle, s’ajoute un phénomène conjoncturel : les brusques famines provoquées par une catastrophe climatique – comme en Afrique orientale, où 12 millions de personnes sont au bord de la destruction – ou par la guerre comme au Darfour. En raison de la crise financière, les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM), chargé de l’aide d’urgence, ont diminué de moitié, passant de 6 milliards de dollars à 2,8 milliards. Les pays industrialisés ne paient plus leurs cotisations car il faut sauver la Grèce, l’Italie et les banques françaises. Une coupe budgétaire qui a un impact direct sur les plus démunis. Dans la corne de l’Afrique, le PAM est contraint de refuser l’entrée de ses centres de nutrition thérapeutique à des centaines de familles affamées qui retournent dans la savane vers une mort presque certaine.

Et les financiers continuent de spéculer sur les marchés alimentaires. Les prix des trois aliments de base, maïs, blé et riz – qui couvrent 75 % de la consommation mondiale – ont littéralement explosé. La hausse des prix étrangle les 1,7 milliard d’humains extrêmement pauvres vivant dans les bidonvilles de la planète, qui doivent assurer le minimum vital avec moins de 1,25 dollar par jour. Les spéculateurs boursiers qui ont ruiné les économies occidentales par appât du gain et avidité folle devraient être traduits devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Les ressources de la planète suffisent à nourrir l’humanité. La malnutrition est-elle seulement une question de répartition ?

Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains [1], presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » !

Au-delà de la spéculation, quelles sont les autres causes de la faim dans le monde ?

Tous les mécanismes qui tuent sont faits de main d’homme. La fabrication d’agrocarburants brûle des millions de tonnes de maïs aux États-Unis. L’océan vert de la canne à sucre au Brésil mange des millions d’hectares de terres arables. Pour remplir un réservoir de 50 litres de bioéthanol, vous devez brûler 352 kg de maïs. Au Mexique ou au Mali, où c’est l’aliment de base, un enfant vit une année avec cette quantité de maïs. Il faut agir face au réchauffement climatique, mais la solution ne passe pas par les agrocarburants ! Il faut faire des économies d’énergies, utiliser l’éolien, le solaire, encourager les transports publics.

Autre élément : le dumping agricole biaise les marchés alimentaires dans les pays africains. L’Union européenne subventionne l’exportation de sa production agricole. En Afrique, vous pouvez acheter sur n’importe quel étal des fruits, des légumes, du poulet venant d’Europe à quasiment la moitié du prix du produit africain équivalent. Et quelques kilomètres plus loin, le paysan et sa famille travaillent dix heures par jour sous un soleil brûlant sans avoir la moindre chance de réunir le minimum vital.
Et la dette extérieure des pays les plus pauvres les pénalise. Aucun gouvernement ne peut dégager le minimum de capital à investir dans l’agriculture, alors que ces États ont un besoin crucial d’améliorer leur productivité. En Afrique, il y a peu d’animaux de traction, pas d’engrais, pas de semences sélectionnées, pas assez d’irrigation.

Enfin, le marché agricole mondial est dominé par une dizaine de sociétés transcontinentales extrêmement puissantes, qui décident chaque jour de qui va vivre et mourir. La stratégie de libéralisation et de privatisation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert la porte des pays du Sud aux multinationales. La multinationale Cargill a contrôlé l’an dernier 26,8 % de tout le blé commercialisé dans le monde, Louis Dreyfus gère 31 % de tout le commerce du riz. Ils contrôlent les prix. La situation est la même pour les intrants : Monsanto et Syngenta dominent le marché mondial – donc la productivité des paysans.

Que faire face à cette situation ?

Ces mécanismes, faits de main d’homme, peuvent être changés par les hommes. Mon livre, Destruction massive, Géopolitique de la faim, malgré son titre alarmant, est un message d’espoir. La France est une grande et puissante démocratie, comme la plupart des États dominateurs d’Europe et d’Occident. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Nous avons toutes les armes constitutionnelles en main – mobilisation populaire, vote, grève générale – pour forcer le ministre de l’Agriculture à voter pour l’abolition du dumping agricole à Bruxelles. Le ministre des Finances peut se prononcer au FMI pour le désendettement total et immédiat des pays les plus pauvres de la planète.

La crise de la dette européenne rend cette position plus difficile à envisager…

Elle complique la situation. Mais la taxe Tobin, quand elle a été proposée par Attac il y a quinze ans, était qualifiée d’irréaliste. Aujourd’hui, elle est discutée par le G20 ! Les organisations internationales sont obligées de constater la misère explosive créée par la hausse des prix des matières premières. Un chemin se dessine. Nous avons un impératif catégorique moral – au-delà des partis, des idéologies, des institutions, des syndicats : l’éveil des consciences. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où des enfants meurent de faim alors que la planète croule sous les richesses. Nous ne voulons plus du banditisme bancaire. Nous voulons que l’État à nouveau exprime la volonté du citoyen, et ne soit pas un simple auxiliaire des entreprises multinationales. Ces revendications créent des mouvements dans la société civile.

La crise ne risque-t-elle pas de provoquer une montée du populisme en Europe, plutôt qu’un nécessaire sursaut des consciences ?

La lutte est incertaine. Le chômage et la peur du lendemain sont les terreaux du fascisme. Mais il y a une formidable espérance à la « périphérie », comme le montrent les insurrections paysannes pour la récupération des terres que les multinationales se sont appropriées au nord du Brésil et du Sénégal, au Honduras ou en Indonésie. Si nous arrivions à faire la jonction, à créer un front de solidarité entre ceux qui luttent à l’intérieur du cerveau de ces monstres froids et ceux qui souffrent à la périphérie, alors l’ordre cannibale du monde serait abattu. J’ai d’autant plus d’espoir que l’écart entre Sud et Nord se réduit, parce que la jungle avance. La violence nue du capital était jusqu’ici amortie au Nord, par les lois, une certaine décence, la négociation entre syndicats et représentants patronaux. Aujourd’hui, elle frappe ici les populations humbles. Il faut montrer la voie de l’insurrection et de la révolte.

Propos recueillis par Élodie Bécu

À lire : Jean Ziegler, Destruction massive : Géopolitique de la faim, 2011, Éditions du Seuil, 352 pages, 20 euros.

Notes

[1] Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé : 2 200 calories par individu et par jour.

lundi 31 octobre 2011

OGM - Attention ! Des OGM en France pour 2012 ?


24 octobre 2011 Conseil d’Etat et OGM : le rapporteur public demande l’annulation du moratoire sur le maïs Mon810

Aujourd’hui, lundi 24 octobre, le rapporteur public du Conseil d’Etat vient de proposer au Conseil d’État d’annuler les trois décrets qui interdisaient sur le territoire national le maïs Mon810.

Interrogé par Inf’OGM, le chargé presse du Conseil d’État, Xavier Cayon, nous précisait que le rapport public « s’est appuyé sur les conclusions du jugement de la CJUE », rendues en septembre dernier [1]. Ainsi, ce sont des arguments de forme et non de fond qui donnent raison aux plaignants, dont l’entreprise Monsanto.

Ces propositions ont été mises en délibéré. Le Conseil d’État devrait se prononcer d’ici trois ou quatre semaines. En cas d’annulation de ces décrets, aucun délai d’exécution par le gouvernement n’est pour l’instant prévu, mais il pourrait être précisé dans le jugement définitif.

La porte ouverte à de nouvelles cultures de maïs GM dès 2012 ? Pas si sûr, puisque la ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait déjà fait savoir que le gouvernement souhaitait prolonger le moratoire sur le Mon810 en respectant la procédure définie par la CJUE. A suivre...
Source : Christophe Noisette, Inf’OGM, 24 octobre 2011.



mercredi 21 septembre 2011

OGM : le Pape faucheur involontaire ?

Benoît XVI et José Bové : même combat contre les Organismes Génétiquement Maudits ?
Quand le goupillon de toutes les hontes et la faucille militante s’accordent sur le fait de la désobéissance civile, il faut le souligner !
Vade retro OGM ? Pas si sûr que ça !
Ne voulant, pour le moment, rien entendre quant aux plantes génétiquement modifiées, le Vatican pose problème aux lobbyistes du business agro-alimentaire, convaincus par avance que le Saint-Siège leur serait acquis.
Les choses s’assombrirent pour les groupes semenciers dès octobre 2009, quand devant le Synode des Évêques africains, Benoît XVI critiqua explicitement les OGM et accusa les entreprises multinationales d’être responsables de l’appauvrissement des pays en développement. « La campagne de semences d’Organismes Génétiquement Modifiés, qui prétend assurer la sécurité alimentaire, ne doit pas faire ignorer les vrais problèmes des agriculteurs : le manque de terre arable, d’eau, d’énergie, d’accès au crédit, de formation agricole, de marchés locaux, d’infrastructures routières, etc. Cette technique risque de ruiner les petits exploitants, de supprimer leurs semences traditionnelles et les rend dépendants des sociétés productrices des OGM », déclarait-il alors. Benedictus XVI semble ainsi radicalement favorable au principe de précaution, accréditant implicitement les actions salutaires de désobéissance civile.
L’attitude papale a donc tout pour mettre en colère des gens comme le directeur de la filiale française de Monsanto, qui déclarait dès 2008 qu'« un pays qui laisse une poignée d'obscurantistes saccager sa recherche se prive de toutes les promesses de progrès que celle-ci porte pour le présent et pour l'avenir  », ou la présidente d’un think tank libéral comme l'Institut économique Molinari estimant que les « faucheurs sont dangereux », car ils « menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture ».
Peu avant les véhémentes déclarations papales, l'Académie pontificale des Sciences réunissant une quarantaine d'experts avait trop hâtivement conclu que les plantes transgéniques n'étaient pas intrinsèquement dangereuses, ce qui avait provoqué un regain de lobbying dans les couloirs du Saint-Siège. Il fut précisé plus tard que cette déclaration ne correspondait pas à une position officielle du Saint-Siège ou du magistère de l'Église. À la même époque et de leurs côtés, les évêques officiant en Inde avaient déjà adopté une position très vigoureuse contre les fausses promesses des OGM, notamment en vertu de leurs conséquences catastrophiques sur la vie des petits paysans.
Toute l'Église n’est pas à la pointe du combat contre les savants fous du génie génétique quand il s’agit que de plantes et de brevetage du Vivant. Selon les observateurs, elle hésiterait entre un « oui » si tant est que les OGM puissent contribuer à réduire la faim dans le monde, et un « non » s’il s’agissait de violer les droits des petits paysans. L’Église serait-elle si bienveillante que cela ?
On peut argumenter que la position de l’Église est celle du respect de la vie. Si je ne suis nullement d’accord avec l’essentiel du positionnement de l’Église catholique, notamment en matière de démographie, de procréation humaine et de contraception, le rejet de toute altération de la naturalité du Vivant est une éthique partagée tant avec les adeptes de l’écologie radicale, qu’avec les écologistes en général et la Confédération paysanne.
Mais du point de vue d’une éthique aussi anthropocentriste que celle d’une religion créationniste, manipuler des gènes de maïs, ce n'est pas manipuler des embryons. La condamnation de la fécondation in vitro par le Vatican il y a 20 ans n’induit censément pas, pour ces gens, pareille condamnation des biotechnologies végétales.
Les défenseurs de la cause transgénique de l’Académie pontificale demandent juste qu’« un effort spécial soit fait pour fournir aux pauvres cultivateurs des pays en développement des variétés de plantes génétiquement améliorées adaptées à leurs conditions locales », et que « la recherche pour développer de telles plantes cultivées prête une attention particulière aux besoins locaux et aux variétés locales ainsi qu’à la capacité de chaque pays à adapter ses traditions, son héritage social et ses pratiques administratives pour la réussite de l’introduction de ces plantes génétiquement modifiées ». La chancellerie de l'Académie pontificale pour les Sciences n’est donc pas fermée aux discussions, « pourvu que l'agriculture transgénique ne se transforme pas en activité spéculative » ! Cynisme ou naïveté ? Cynisme parce que l’Académie avait confié l’organisation de ses dernières journées d’études sur les OGM à un nommé Ingo Potrykus, inventeur du riz doré et grand VRP des PGM dans le monde.
La curie vaticane aisément corruptible saura-t-elle convaincre Joseph Alois Ratzinger à la privatisation de la Création divine...ou le Vatican restera-t-il schizophrène sur ce sujet et… jusqu’à un prochain Pape ? L’enjeu est de taille compte tenu de l’autorité du Vatican à l’endroit des nations.

jeudi 8 septembre 2011

Maïs Monsanto interdit: la France invitée par la justice à revoir sa copie

LUXEMBOURG — La Cour de justice européenne a demandé jeudi à la France de revoir sa copie sur la suspension de culture du maïs génétiquement modifié de Monsanto, estimant que cette décision remontant à 2008 n'avait pas été prise de façon satisfaisante sur le plan juridique.

La justice européenne note que Paris était en droit d'adopter "des mesures d'urgence" pour suspendre la mise en culture de cet OGM controversé mais souligne que cette procédure est soumise à des règles précises et contraignantes.
Le Conseil d'Etat français devra se prononcer sur la légalité ou non de la décision des autorités françaises de suspendre la mise en culture de l'OGM MON 810 à la lumière de l'arrêt de la Cour européenne de justice (CEJ).
La France a suspendu en février 2008 la mise en culture de l?OGM MON 810 sur le territoire national en recourant à une clause de sauvegarde prévue par la législation européenne et en invoquant des "risques sérieux pour l?environnement".
Or, note la CEJ, "un Etat membre (de l'UE) ne peut recourir à la clause de sauvegarde pour adopter des mesures suspendant puis interdisant provisoirement l'utilisation ou la mise sur le marché d'un OGM tel que le maïs MON 810".
En revanche, ajoute l'arrêt, des "mesures d'urgence" peuvent être adoptées.
Cependant, détaille le tribunal, lorsqu'un Etat entend adopter de telles mesures d'urgence il doit respecter plusieurs conditions et notamment informer "officiellement la Commission (européenne) de la nécessité de (les) prendre".
Si la Commission ne prend pas de mesures, l'Etat doit alors l'informer "immédiatement" de la teneur des mesures conservatoires qu'il a adoptées. Cette information doit intervenir "au plus tard de manière concomitante à l'adoption des mesures d'urgence", précise la Cour.
Outre l'urgence, les Etats sont dans l'obligation d'établir l'existence d'une situation susceptible de présenter un risque important "mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement", souligne également la Cour. L'évaluation des risques doit être "aussi complète que possible", insiste le tribunal.
La CEJ répondait à une demande du Conseil d'Etat en France, saisi de plusieurs recours introduits par le géant américain Monsanto, l'Association générale des producteurs de maïs et par plusieurs producteurs de semences.
La culture des produits génétiquement modifiés divise les Etats de l'UE. Six autre pays --Allemagne, Hongrie, Grèce, Luxembourg, Autriche et Bulgarie-- ont comme la France suspendu la culture du maïs de Monsanto sur leur territoire.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a été désavoué de manière cinglante en fédérant contre lui 22 des 27 des Etats lorsqu'il a voulu contraindre en mars 2009 les pays à lever leur interdiction de culture.
Seuls deux OGM sont cultivés dans l'UE: le maïs MON 810 en Espagne, au Portugal, en République tchèque et en Slovaquie, et la pomme de terre OGM Amflora développée par le groupe allemand BASF, en Allemagne et en Suède.
Quinze autres plantes OGM, pour la plupart des maïs génétiquement modifiés, ont demandé une autorisation de culture.
Le processus d'autorisation pour les cultures est l'objet d'un vif débat en Europe, actuellement dans l'impasse. La Commission suggère de laisser aux Etats la décision d'autoriser ou non la culture sur leur territoire. En échange, l'exécutif européen attend leur accord pour les homologations réclamées par les géants de l'agroalimentaire, dans les pays qui le souhaitent.

jeudi 1 septembre 2011

Un maïs OGM Monsanto mis en échec par l'"insecte à 1 milliard de dollars"


L'"insecte à 1 milliard de dollars", comme l'ont surnommé les agriculteurs américains, a une nouvelle fois déjoué les défenses qu'ils avaient disposées contre lui dans leurs champs, sur les conseils de Monsanto. La chrysomèle du maïs,Diabrotica virgifera, de son nom latin, a fait une percée contre un maïs transgénique de la firme américaine.
Le petit coléoptère avait déjà développé une stratégie pour échapper à la rotation des cultures, qui vise à le priver de sa pitance favorite lors de son éclosion : il s'est déjà montré capable de survivre sur du soja et de surseoir un an ou deux à la sortie de terre pour se retrouver dans son cher maïs.
Lire la suite: http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/31/un-mais-ogm-monsanto-mis-en-echec-par-l-insecte-a-1-milliard-de-dollars_1565726_3244.html 

mardi 16 août 2011

Avec des prix alimentaires proches de leurs niveaux record, les plus pauvres sont toujours au bord du gouffre

Les prix des produits alimentaires mondiaux qui atteignent actuellement des niveaux record, conjugués à une volatilité persistante, constituent une "menace permanente" pour les pauvres des pays en développement, met en garde la Banque Mondiale (BM) dans son dernier rapport "Food Price Watch", rendu public lundi soir à Washington.
Les prix alimentaires mondiaux relevés en juillet 2011 restent nettement plus soutenus qu'en juillet 2010, selon ce rapport qui fait ressortir que ce niveau est globalement de 33% supérieur à celui de l'an dernier, des produits comme le maïs (+ 84%), le sucre (+ 62%), le blé (+ 55%) et l'huile de soja (+ 47%) contribuant à cette augmentation.
Les cours du brut, ajoute-t-on de même source, sont supérieurs de 45% à leur niveau de juillet 2010, ce qui se répercute sur les coûts de production et le prix des engrais, qui ont augmenté de 67% sur la même période. Entre avril et juillet, les prix se sont établis à un niveau inférieur de 5% environ à la dernière flambée de février 2011, grâce à un léger recul des cours des céréales, des matières grasses et d'autres produits alimentaires comme la viande, les fruits et le sucre.
Certains produits de première nécessité affichent cependant toujours une forte volatilité sur cette période, relèvent la BM dans ce rapport, notant ainsi que les prix du blé et du maïs, qui avaient reculé en juin, sont repartis à la hausse les 15 premiers jours de juillet et les prix du riz, en baisse entre février et mai, augmentent à nouveau.
Le rapport "Food Price Watch" rappelle, par ailleurs, qu'une sécheresse prolongée a plongé la Corne de l'Afrique, et en particulier des régions comme la Somalie touchées par des conflits et des déplacements de population, dans une situation d'urgence aggravée par des prix alimentaires qui frôlent leurs records de 2008.
Depuis trois mois, cette crise qui menace la vie et les moyens de subsistance de 12 millions de personnes aurait causé la mort de 29.000 enfants de moins de cinq ans en Somalie et plongé dans une situation précaire 600.000 enfants dans la région.
"Plus que toute autre région du monde, la Corne de l'Afrique est victime d'un mélange particulièrement délétère entre des prix alimentaires élevés, la pauvreté et l'instabilité", a estimé à cet égard M. Zoellick.
"La Banque mondiale intervient avec une aide à court terme par le biais de filets de sécurité pour les pauvres et les personnes vulnérables au Kenya et en Ethiopie notamment, et apporte un soutien à moyen terme à la reprise économique. L'aide à long terme sera elle aussi cruciale pour favoriser la résistance aux sécheresses et introduire des pratiques agricoles intelligentes face au changement climatique", a-t-il ajouté.

vendredi 12 août 2011

Hongrie : 1000 hectares de maïs contaminés aux OGM détruits

En juin dernier, la Hongrie adoptait une nouvelle constitution interdisant la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Depuis lors, elle traque toute plante GM cultivée illégalement sur le territoire national. En attestent les dernières déclarations du secrétaire d’État adjoint au ministère du Développement Rural, Bognar Lajos, faites à la mi-juillet. Celui-ci a, en effet, annoncé la destruction officielle de plus de 1000 hectares de maïs GM. Découverts suite à des contrôles réalisés par les services de l’Etat, les champs impliqués étaient dispersés sur l’ensemble du territoire hongrois, dans les comtés de Fejér (centre ouest), de Hajdú-Bihar (est), de Baranya (sud) et de Szolnok (centre).

Selon l’association Inf’OGM, les semences GM concernées ont été vendues aux agriculteurs à leur insu. Le directeur de Szigetchem Agrokémiai, entreprise ayant importé les semences incriminées dans le comté de Baranya, affirme s’être approvisionné auprès de Monsanto Roumanie. Sur les 5000 sacs achetés, 196 ont été identifiés comme contaminés par des OGM. Malgré tout, l’entreprise hongroise soutient que Monsanto a mené ses propres tests et qu’un laboratoire français « indépendant et accrédité » a certifié l’absence d’OGM. L’unité hongroise de Monsanto n’a pas manqué de faire appel devant la Cour municipale de Budapest pour suspendre la résolution du ministère de l’agriculture, ordonnant la destruction des maïs hybrides vendus par l’entreprise. Mais, alors que Monsanto insiste pour que le gouvernement hongrois procède à de nouveaux tests chez un laboratoire indépendant, Bognar Lajos a confirmé que certains sacs de semences de Monsanto contenaient des OGM. Il a, par ailleurs, ajouté que la plainte déposée ne retarderait pas la procédure engagée.

D’après les déclarations officielles, relayées par Inf’OGM, la destruction s’est effectuée avant que la dissémination du pollen ne se soit opérée. Mais, la saison étant bien avancée, les agriculteurs ne sont plus en mesure de cultiver une variété de maïs non OGM dans les champs contaminés. Le ministère de l’agriculture hongrois a, toutefois, assuré que des compensations seraient attribuées aux agriculteurs lésés, bien que le montant exact des dommages ne soit pas encore connu. Pour l’heure, les autorités hongroises ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Selon elles, plus de 2500 autres hectares pourraient avoir été cultivés avec du maïs conventionnel contaminé par des OGM. Les inspections se poursuivent donc. 

Cécile Cassier

Monsanto développe un maïs OGM tolérant à la sécheresse

10/08/2011 14:45 (Par Sandra BESSON)


Le géant de la culture OGM Monsanto a développé une espèce de maïs résistante à la sécheresse et prévoit de faire des essais agricoles dans le sud des Etats-Unis d’ici le printemps 2012.

Monsanto Co. lancera une campagne d’essais agricoles de graines de maïs tolérantes à la sécheresse dès le printemps prochain. Il s’agira des premières graines produites par le géant mondial de l’agriculture génétiquement modifiées afin de résister à des conditions environnementales difficiles.

Cette introduction intervient alors que la sécheresse et la chaleur étouffante de cet été ont affecté les cultures agricoles dans tout le sud des Etats-Unis.

La nouvelle graine de maïs génétiquement modifiée a quand même besoin d’eau pour se transformer en plante en bonne santé, mais elle est conçue pour utiliser l’humidité de manière plus efficace, a déclaré le directeur de la section technologie mondiale pour le maïs de Monsanto, Dusty Post.

Le Département Américain d’Agriculture a prévu des pertes annuelles moyennes mondiales de récoltes de maïs de 15% du fait de la sécheresse

« Nous ne parlons pas d’être capable de faire pousser du maïs dans un désert » a déclaré Dusty Post.

Monsanto essaye actuellement de convaincre 250 agriculteurs américains des Etats du Nebraska, du Kansas, du South Dakota, du Colorado et du Texas de planter ces graines dans leurs champs au printemps prochain.

Les essais devraient avoir lieu sur de petites superficies de 4000 hectares environ, d’après David Post.

Monsanto développe ces graines de maïs résistantes à la sécheresse avec la compagnie allemande de produits chimiques BASF Corp, et espère recevoir l’approbation des régulateurs américains cette année.

Jusqu’à ce qu’elle obtienne l’approbation des autorités pour exporter son produit, la compagnie demandera à ses producteurs de garder son maïs en dehors des canaux d’exportation, et s’assurera qu’il sera utilisé au niveau national comme nourriture pour bétail, d’après ce qu’ont déclaré des responsables de Monsanto.

Les producteurs sont susceptibles de bien accueillir tout produit qui les aide à faire face à plus efficacement aux conditions climatiques extrêmes, d’après ce qu’a indiqué le porte-parole de l’Association des Cultivateurs de Maïs, Mark Lambert.

« Le climat est une variable que les agriculteurs ne peuvent pas contrôler et tout produit qui peut aider à gérer ou à faire face aux extrêmes climatiques sera quelque chose que les agriculteurs étudieront sérieusement » a déclaré Mark Lambert.

Le développement par Monsanto de cultures modifiées génétiquement s’est largement concentré sur le maïs, le soja, le coton et d’autres plantes conçues pour résister aux insectes et tolérer l’herbicide Roundup de la compagnie.

Mais la sécheresse persistante ces dernières années dans le monde a rendu les agriculteurs avides de cultures ayant besoin de moins d’eau. Le Département Américain d’Agriculture a prévu des pertes annuelles moyennes mondiales de récoltes de maïs de 15% du fait de la sécheresse.

Les recherches sur les cultures tolérantes à la sécheresse sont de plus en plus urgentes alors que les scientifiques prévoient une tendance à l’aggravation de la sécheresse et à l’augmentation des températures dans le monde.

Les pénuries d’eau coûtent déjà des milliards de dollars par an en mauvaises récoltes chaque année, et pourraient devenir de plus en plus coûteuses d’après les prévisions des scientifiques et des gouvernements.

Les concurrents de Monsanto travaillent également sur des cultures résistantes au manque d’eau, la demande alimentaire étant en constante augmentation dans le monde.

Source:
http://www.actualites-news-environnement.com/26947-Monsanto-mais-secheresse.html