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lundi 26 décembre 2011

Jean Ziegler : « Les spéculateurs devraient être jugés pour crime contre l’humanité »


PAR ELODIE BÉCU (19 DÉCEMBRE 2011)

Les ressources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien.






Basta ! : Craignez-vous que la crise financière amplifie celle de la faim dans le monde ?

Jean Ziegler : Tous les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard d’humains sur les 7 milliards que compte la planète souffrent de sous-alimentation. La pyramide des martyrs augmente. À cette faim structurelle, s’ajoute un phénomène conjoncturel : les brusques famines provoquées par une catastrophe climatique – comme en Afrique orientale, où 12 millions de personnes sont au bord de la destruction – ou par la guerre comme au Darfour. En raison de la crise financière, les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM), chargé de l’aide d’urgence, ont diminué de moitié, passant de 6 milliards de dollars à 2,8 milliards. Les pays industrialisés ne paient plus leurs cotisations car il faut sauver la Grèce, l’Italie et les banques françaises. Une coupe budgétaire qui a un impact direct sur les plus démunis. Dans la corne de l’Afrique, le PAM est contraint de refuser l’entrée de ses centres de nutrition thérapeutique à des centaines de familles affamées qui retournent dans la savane vers une mort presque certaine.

Et les financiers continuent de spéculer sur les marchés alimentaires. Les prix des trois aliments de base, maïs, blé et riz – qui couvrent 75 % de la consommation mondiale – ont littéralement explosé. La hausse des prix étrangle les 1,7 milliard d’humains extrêmement pauvres vivant dans les bidonvilles de la planète, qui doivent assurer le minimum vital avec moins de 1,25 dollar par jour. Les spéculateurs boursiers qui ont ruiné les économies occidentales par appât du gain et avidité folle devraient être traduits devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Les ressources de la planète suffisent à nourrir l’humanité. La malnutrition est-elle seulement une question de répartition ?

Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains [1], presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » !

Au-delà de la spéculation, quelles sont les autres causes de la faim dans le monde ?

Tous les mécanismes qui tuent sont faits de main d’homme. La fabrication d’agrocarburants brûle des millions de tonnes de maïs aux États-Unis. L’océan vert de la canne à sucre au Brésil mange des millions d’hectares de terres arables. Pour remplir un réservoir de 50 litres de bioéthanol, vous devez brûler 352 kg de maïs. Au Mexique ou au Mali, où c’est l’aliment de base, un enfant vit une année avec cette quantité de maïs. Il faut agir face au réchauffement climatique, mais la solution ne passe pas par les agrocarburants ! Il faut faire des économies d’énergies, utiliser l’éolien, le solaire, encourager les transports publics.

Autre élément : le dumping agricole biaise les marchés alimentaires dans les pays africains. L’Union européenne subventionne l’exportation de sa production agricole. En Afrique, vous pouvez acheter sur n’importe quel étal des fruits, des légumes, du poulet venant d’Europe à quasiment la moitié du prix du produit africain équivalent. Et quelques kilomètres plus loin, le paysan et sa famille travaillent dix heures par jour sous un soleil brûlant sans avoir la moindre chance de réunir le minimum vital.
Et la dette extérieure des pays les plus pauvres les pénalise. Aucun gouvernement ne peut dégager le minimum de capital à investir dans l’agriculture, alors que ces États ont un besoin crucial d’améliorer leur productivité. En Afrique, il y a peu d’animaux de traction, pas d’engrais, pas de semences sélectionnées, pas assez d’irrigation.

Enfin, le marché agricole mondial est dominé par une dizaine de sociétés transcontinentales extrêmement puissantes, qui décident chaque jour de qui va vivre et mourir. La stratégie de libéralisation et de privatisation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert la porte des pays du Sud aux multinationales. La multinationale Cargill a contrôlé l’an dernier 26,8 % de tout le blé commercialisé dans le monde, Louis Dreyfus gère 31 % de tout le commerce du riz. Ils contrôlent les prix. La situation est la même pour les intrants : Monsanto et Syngenta dominent le marché mondial – donc la productivité des paysans.

Que faire face à cette situation ?

Ces mécanismes, faits de main d’homme, peuvent être changés par les hommes. Mon livre, Destruction massive, Géopolitique de la faim, malgré son titre alarmant, est un message d’espoir. La France est une grande et puissante démocratie, comme la plupart des États dominateurs d’Europe et d’Occident. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Nous avons toutes les armes constitutionnelles en main – mobilisation populaire, vote, grève générale – pour forcer le ministre de l’Agriculture à voter pour l’abolition du dumping agricole à Bruxelles. Le ministre des Finances peut se prononcer au FMI pour le désendettement total et immédiat des pays les plus pauvres de la planète.

La crise de la dette européenne rend cette position plus difficile à envisager…

Elle complique la situation. Mais la taxe Tobin, quand elle a été proposée par Attac il y a quinze ans, était qualifiée d’irréaliste. Aujourd’hui, elle est discutée par le G20 ! Les organisations internationales sont obligées de constater la misère explosive créée par la hausse des prix des matières premières. Un chemin se dessine. Nous avons un impératif catégorique moral – au-delà des partis, des idéologies, des institutions, des syndicats : l’éveil des consciences. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où des enfants meurent de faim alors que la planète croule sous les richesses. Nous ne voulons plus du banditisme bancaire. Nous voulons que l’État à nouveau exprime la volonté du citoyen, et ne soit pas un simple auxiliaire des entreprises multinationales. Ces revendications créent des mouvements dans la société civile.

La crise ne risque-t-elle pas de provoquer une montée du populisme en Europe, plutôt qu’un nécessaire sursaut des consciences ?

La lutte est incertaine. Le chômage et la peur du lendemain sont les terreaux du fascisme. Mais il y a une formidable espérance à la « périphérie », comme le montrent les insurrections paysannes pour la récupération des terres que les multinationales se sont appropriées au nord du Brésil et du Sénégal, au Honduras ou en Indonésie. Si nous arrivions à faire la jonction, à créer un front de solidarité entre ceux qui luttent à l’intérieur du cerveau de ces monstres froids et ceux qui souffrent à la périphérie, alors l’ordre cannibale du monde serait abattu. J’ai d’autant plus d’espoir que l’écart entre Sud et Nord se réduit, parce que la jungle avance. La violence nue du capital était jusqu’ici amortie au Nord, par les lois, une certaine décence, la négociation entre syndicats et représentants patronaux. Aujourd’hui, elle frappe ici les populations humbles. Il faut montrer la voie de l’insurrection et de la révolte.

Propos recueillis par Élodie Bécu

À lire : Jean Ziegler, Destruction massive : Géopolitique de la faim, 2011, Éditions du Seuil, 352 pages, 20 euros.

Notes

[1] Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé : 2 200 calories par individu et par jour.

lundi 26 septembre 2011

Conspiration alimentaire

1 milliard de personnes souffrent de sous-nutrition dans le monde à cause de la spéculation sur les aliments de première nécessité. Combien demain ? Pendant ce temps, l’oligarchie prévoyante verrouille ses réserves alimentaires.

La croissance de la population fait peur aux plus nantis
Quand les maîtres du monde veulent faire dans l’écologie urgentiste et jouer les survivalistes, ils y mettent le prix. Sur l'île du Spitzberg, dans l'archipel du Svalbard, à 1.000 kilomètres du pôle Nord, un coffre-fort abrite plus de 600.000 variétés de graines et de semences. À terme, 4,5 millions d'échantillons pourraient être entreposés dans cette arche de Noé du troisième millénaire, vrai méga grenier de nos agro et écosystèmes en silos bunkérisés. Sans compter les graines sauvages, on évalue à 1,5 million les variétés différentes de graines de culture agricole existant de par le monde. Les premières semences sont parties du port de Lagos (Nigeria) : 7 000 variétés de niébé, maïs, soja et pois de terre, soit 330 kilos répartis dans 21 caisses, qui sont les premières stockées dans le blockhaus au jour de l'inauguration du 26 février 2008.
Le Svalbard Global Seed Vault (littéralement Chambre forte mondiale de graines du Svalbard), est financé par diverses fondations dont celles de Bill et Melinda Gates, de Rockefeller et du semencier transnational Syngenta. Divers pays capitalistes ont complété la mise.
Cette parodie du hamster, revue et corrigée à hauteur d’une pathétique bunkérisation humaine, est constituée en l’hypothèse tangible d’une crise alimentaire. Le projet date déjà de 1980 et la FAO l’intégra en 2001 dans le cadre du traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture. Cette formidable banque mondiale de graines congelées transmettra donc la diversité agricole aux survivants élus des décennies à venir. Faudra-t-il encore qu’ils disposent de terres fertiles et du savoir-faire paysan ! Sous couvert de parer à une crise mondiale, une telle initiative est honteusement élitiste et à l’usage des seuls futurs rescapés les plus riches et qui, dès maintenant, rêvent idéalement de reconstruire un monde au-delà d’un effondrement dont ils auront été les premiers artisans. Si du bon peuple émergent des miraculés de l’an 2100, ils n’auront même pas droit à de mauvaises graines ensilées par Monsanto. N’est pas poulet de grain qui veut.
Le Svalbard Global Seed Vault :


Pendant que les simplets se reproduisent… : http://www.letransmuteur.net/l-arche-de-noe-vegetale-en-arctique/

vendredi 16 septembre 2011

«LES SPÉCULATEURS N’ONT RIEN À FAIRE DE LA FAMINE»

NICOLAS DUNTZE. Ce responsable de la Confédération paysanne se penche sur la conférence internationale organisée lundi et mardi à Montpellier par le G20 sur la sécurité alimentaire.

La présidence française du G20 accueille aujourd’hui à Montpellier une conférence internationale sur la recherche agricole pour le développement pour promouvoir les partenariats scientifiques au service de la sécurité alimentaire dans le monde. Nicolas Duntze, Gardois membre de la Confédération paysanne, nous dit pourquoi il ne se fait guère d’illusion sur les conséquence de cette réunion à l’heure de la famine en Afrique.

Cette réunion du G20 à Montpellier, centrée sur la recherche, est-elle, selon vous, porteuse d’espoir ?

« La seule chose qui améliorerait la situation serait de créer un rapport de force afin que la nécessité d’une recherche participative soit prise en compte. Ce qui veut dire : tenir compte de l’avis des syndicats de paysans, des associations de consommateurs… Le lieu où les chercheurs se réunissent sous l’égide du G20 n’est pas non plus un hasard. Montpellier possède un grand nombre de laboratoires, une certaine notoriété dans la recherche agronomique et sociologique agricole et les lobbies semenciers et agro-industriels, toujours à la recherche de brevets, sont intéressés par les modifications génétiques autour du blé. On va donc essayer d’aller interpeller les participants pour leur dire qu’ils sont sous surveillance. Notre revendication c’est : « Arrêtez de chercher sous la bulle financière ».

Vous pensez que la recherche est sous la coupe de ces lobbies industriels ?

Ce sont eux qui financent le plus la recherche dans ces domaines, dans le but de revendre les semences et d’en faire des royalties. On va leur rappeler qu’il ne faut pas toucher aux savoir-faire ancestraux des paysans qui ont su nourrir la planète jusqu’ici.

Justement le thème du G20 en pleine famine dans la corne de l’Afrique est la sécurité alimentaire. Pourquoi y’a-t-il encore des millions de gens qui souffrent de la faim ?

Cela n’a rien à voir avec les savoirs ancestraux des paysans. Si l’on prend l’exemple français, après la guerre, il y a eu d’énormes difficultés à assumer la sécurité alimentaire de la population en terme d’approvisionnement. Cela a généré des politiques agricoles intensives et productivistes. Mais la marche en avant productiviste a continué ensuite. A la sortie de la guerre il y avait 3 millions de paysans en France, il n’y en a plus que 400 000 aujourd’hui. C’est la même politique au niveau international. La création des stocks, les primes à l’export… ont tué toutes les agricultures paysannes locales. Un produit subventionné par l’Europe arrive moins cher en Afrique que ce qu’il coûte au producteur local. Au prétexte de la sécurité alimentaire des pays riches, on a mis sous dépendance des millions de personnes, parce qu’on leur a enlevé la possibilité économique de produire.

Le productivisme est le principal responsable selon vous des famines actuelles ?

Elles interviennent deux ou trois ans après les émeutes de la faim dont la raison était la spéculation sur les matières premières. Les spéculateurs se moquent de savoir que des millions de personnes, dont la plupart sont issues du milieu paysan, crèvent de faim. C’est vrai qu’il y a la sécheresse, un climat social et politique délétère dans certains pays d’Afrique, mais il faut se poser la question d’à qui profite le crime. Sous la contrainte budgétaire du FMI et sous prétexte de régler leur dette, on a dit aux pays africains d’arrêter de produire du millet ou du maïs et de faire des fleurs ou des haricots qu’ils exportent. Ils ont ainsi abandonné les productions locales qui leur donnaient leur nourriture de base.

Mais que faire pour les aider ?

On se souvient des fameux sacs de riz de Kouchner. On ne sait pas toujours où va l’aide. On va donner son chariot ou dix euros qu’on aura économisés parce qu’on aura vu des images intolérables. Mais s’il faut évidemment envoyer des sacs de riz, il faut aussi poser les vrais problèmes pour changer la donne. Et il faut se poser la question de la responsabilité de nos pays gros consommateurs d’énergie dans les raisons climatiques de la crise.

A la confédération paysanne vous parlez de souveraineté alimentaire.

Oui et elle tarde à être inscrite dans le droit international. Parce que c’est un droit des peuples de décider des moyens de production et de l’accès à ces moyens de production. C’est un droit de ne pas être victime des échanges internationaux. La question se pose aussi dans la vieille Europe avec la disparition programmée de tous les petits paysans qu’ils soient français, polonais ou roumains parce qu’il faut faire la place à l’agriculture telle qu’elle se pratique à Almeria en Espagne ou dans les Pouilles en Italie, ou dans d’autres régions de France où l’on fait par exemple des élevages de porc de plus en plus grands.

Vous ne croyez pas non plus dans les chercheurs ?

Il y a énormément d’agronomes talentueux mais le problème principal c’est que le marché détermine le prix d’un produit au détriment de l’avis et de la vie des populations locales. Tous ces migrants qui arrivent dans le sud de l’Italie ou de l’Espagne viennent pour la plupart des milieux ruraux subsahariens. Souvent, des villages entiers ont dû s’endetter pour qu’ils puissent rejoindre le fameux eldorado que sont censés être nos pays.

Vous ne vous faites donc aucune illusion sur le G20 ?

Il est en capacité de dire qu’il faut qu’on améliore un peu les choses mais il y a toujours cette fuite en avant permanente qui nous a déjà amenés dans le mur et qui produira des explosions. A la confédération, nous pensons que ce n’est pas avec l’outil qui a détruit la planète et les acteurs de cette destruction qu’on va pouvoir reconstruire des agricultures capables de nourrir les populations de proximité. »

RECUEILLI PAR ANNIE MENRAS



Source:
http://www.lamarseillaise.fr/herault/les-speculateurs-n-ont-rien-a-faire-de-la-famine-24189.html

mercredi 7 septembre 2011

Un partenariat mondial contre la dégradation des sols

ROME — Le directeur général de la FAO Jacques Diouf a mis en garde mercredi à Rome contre la dégradation des terres qui menace la sécurité alimentaire de la planète, à l'occasion du lancement du Partenariat mondial sur les sols.

"Le sol est une composante essentielle des systèmes de production et des écosystèmes terrestres. Cependant, il est aussi une ressource fragile et non renouvelable", a souligné M. Diouf, lors de son discours d'ouverture d'une conférence de trois jours pour lancer ce nouveau partenariat.
Ce dernier, destiné à être le pendant du Partenariat mondial pour l'eau lancé en 1996, a pour nom complet "partenariat mondial sur les sols pour la sécurité alimentaire et l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets".
Le sol "est très facilement soumis à la dégradation et sa régénération est lente, difficile et coûteuse", a aussi averti M. Diouf, qui a invité à redoubler d'efforts pour garantir des sols sains et fertiles au profit des générations actuelles et futures.
Selon la FAO, rien qu'en Afrique, 6,3 millions d'hectares de terres agricoles dégradées ont perdu leur fertilité et doivent être régénérées pour satisfaire la demande de nourriture d'une population appelée à plus que doubler au cours des 40 prochaines années.
"En Afrique, l'exploitation des sols reste la principale ressource des populations", a rappelé de son côté le ministre nigérien de la Planification, Amadou Boubacar Cissé.
En 1982, la FAO avait déjà adopté une "Charte mondiale des sols" énonçant les principes de base et les directives de gestion durable et de protection des sols approuvés par les gouvernements et les organisations internationales.
"Il y a cependant un grand retard dans l'application de cette Charte par de nombreux pays et régions du monde. Sa mise en oeuvre doit être relancée au plus vite", avait déclaré M. Diouf.
Le Partenariat mondial sur les sols devrait contribuer non seulement à la mise en oeuvre des dispositions de cette Charte, mais aussi à renforcer la sensibilisation sur l'importance des sols pour la sécurité alimentaire et à motiver l'action des décideurs.
Le Partenariat a également pour vocation d'offrir un environnement propice et des solutions techniques de protection et de gestion des sols, et d'aider à mobiliser des ressources et compétences pour des activités et programmes conjoints.
La crise actuelle dans la Corne de l'Afrique est due aux politiques et pratiques inadéquates de gestion des sols et des eaux, qui s'ajoutent aux problèmes d'insécurité et de gouvernance, selon la FAO.

samedi 6 août 2011

Famine : la FAO pointe les biocarburants et la surexploitation des sols

LEMONDE.FR | 03.08.11 | 12h38   •  Mis à jour le 03.08.11 | 12h52

Déjà au programme du G20 de l'agriculture en juin dernier, la volatilité des prix alimentaires est une des causes de la famine qui ravage l'Afrique de l'Est. A Mogadiscio, par exemple, les prix du maïs et du sorgho, une céréale, ont plus que doublé (avec des hausses respectives de 106 % et 180 %) en un mois, selon la FAO. En février déjà, la branche alimentaire de l'ONU mettait en garde contre la hausse continue des prix des céréales en Somalie depuis cinq mois.


Au-delà du cas somalien, un rapport de la FAO publié en juillet (PDF) montre que les prix alimentaires tendent globalement à être de plus en plus élevés et instables depuis une dizaine d'années. Ils fluctuent actuellement à un niveau deux fois plus élevé que dans les années 1990-2005. Cette courbe ascendante vient aggraver la situation en cas de pic des prix, comme ce fut le cas en 2008 lorsque des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs pays, de l'Afrique à Haïti. Le second pic, entamé mi-2010, n'est toujours pas terminé, souligne ce rapport. L'indice des prix des céréales a ainsi augmenté de 57 % entre juin et décembre 2010.


Lire la suite:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/03/famine-la-fao-pointe-les-biocarburants-et-la-surexploitation-des-sols_1555498_3244.html