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vendredi 18 mai 2012
Haïti : Des organisations paysannes de l’Amérique Latine en visite dans le pays
Plus d’une quinzaine de dirigeants d’organisation des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes ont offert leur solidarité à leurs homologues haïtiens et ont critiqué la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah).
Cette délégation composés de représentants de la Coordination latino-américaine des organisations paysannes (Cloc) et de l’organisation mondiale paysanne Via Campesina, était en visite dans le pays durant deux jours, visite qui a été bouclée le lundi 14 mai 2012 par une rencontre avec des journalistes.
« La Minustah a échoué dans son objectif de rétablir l’ordre dans le pays », indique le membre de la commission politique de Cloc, Diego Montòn,
« Non seulement la Minustah n’a rien fait en faveur du peuple haïtien, mais la Minustah est un instrument de l’impérialisme américain », souligne Montòn.
Pour lui, « c’est une mission qui est au service du peuple américain, même quand les Américains n’ont pas de troupes sur le terrain ».
Par ailleurs, Diego Montòn s’est dit satisfait de son bref passage en Haïti.
« Contrairement à ce qu’on dit des Haïtiens, qu’ils sont un peuple violent, sauvage, la délégation a pu faire une autre expérience … c’est vraiment le contraire ».
La délégation, qui est arrivée en Haïti le dimanche 13 mai 2012, a rencontré plus d’une dizaine d’organisations paysannes, dont Tèt kole ti peyizan ayisyen et le Mouvement des paysans de Papaye (Mpp).
A en croire Montòn « cette solidarité permettra de constituer un groupe de pression afin de provoquer une grande mobilisation, qui forcera les dirigeants de leurs pays à retirer leurs troupes de la Minustah ».
La Cloc et la Via Campesina ont aussi mis l’accent sur les offensives des transnationales, notamment sur les terres.
La Via Campesina a décidé d’offrir sa solidarité, non seulement au peuple haïtien, mais également à tous les pays qui se trouvent dans le continent et qui sont victimes de répressions et violations de droits humains.
La Clorc est présente dans tous les pays de l’Amérique Latine. [jep kft gp apr 15/05/2012 09:45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12854
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La Fourchette en colère
lundi 14 mai 2012
La fausse abondance
Cet ogre supermarché, il est là, puissant, impressionnant, rempli d’abondance, signe d’une richesse apparente, il gère tout pour nous alors que nous pensons tout contrôler. Il est exactement comme le capitalisme, rempli d’injustice, vidé de toute humanité mais avec un verni d’abondance, complété d’une bonne dose de résignation. Il ne veut pas que nous soyons des hommes, nous devons être ses clients.
Le supermarché c’est le symbole éclatant de l’évolution de nos sociétés et notre condition d’être humain. Il est accepté sans aucune sorte de réflexion car il a représenté un réel progrès. Nous ne voulons pas revenir à l’époque des courses quotidiennes où il fallait presque trouver une boutique pour un type d’aliment. Ici tout est plus simple, à portée de main, à moindre coût, c’est plus rapide, plus efficace, etc. Tout comme l’on peut facilement croire que le capitalisme est un bon système du fait qu’il crée beaucoup de richesse, et que l’on ne veut pas revenir en arrière, à l’époque de la maladie, des famines, de la privation. Pourtant la révolution anticapitaliste n’est pas réactionnaire, de par la dialectique historique elle utilisera les bienfaits apportés par le capitalisme pour les distribuer au peuple et non aux seuls maîtres du système. Car il suffit de gratter un peu le verni doré pour vite se rendre compte des horreurs que cache le système, tout comme le supermarché.
Prenons la première raison qui nous pousse à aller dans les supermarchés, la nourriture. Celle la même qui est produite sur notre sol - parlons ici en tant que citoyen du monde – par les agriculteurs, éleveurs, paysans de toute sorte. A cause de la puissance de la grande distribution, ces nobles travailleurs de la terre, qui sont à la source de la vie, sont réduits à la misère la plus grande. Un travail des plus pénibles, en extérieur, sans compter ses heures, sans presque de congés devrait au moins apporter de bonnes conditions de vie. Mais non ! La voracité des vermines capitalistes conduit aujourd’hui tous ces travailleurs à suer eau et sang pour gagner de moins en moins, voir vendre à perte, par ce qu’ils sont face à un adversaire trop puissant qui impose ses prix. Et de fait ce secteur est vital pour les capitalistes. Qui contrôle la distribution de nourriture contrôle la vie, la demande dans ce secteur est inélastique et éternelle, autrement dit c’est la garantie de plus-values exceptionnelles ! Exemple concret : le trust de la grande distribution achète les denrées alimentaires à des prix très bas en jouant sur sa puissance oligopolistique, et les revend à un prix excessivement supérieur au prix d’achat, à des gens qui auront toujours besoin de manger. Le dogme libéral de la concurrence pour faire baisser les prix n’existe pas dans ce secteur, comme il n’existe pas dans aucun autre secteur d’ailleurs.
La logique s’est même diffusée à toutes les sphères de l’économie, faire trimer les travailleurs pour profiter au plus de leur productivité, les payer le moins possible, vendre aussi cher que l’on peut, et garder la différence. Aberration finale c’est même celui dont la pénibilité au travail est la plus grande, qui fait les tâches les plus dures, les moins enrichissantes psychologiquement, les tâches dites « les plus simples », qui touche le moins d’argent. Les cadres et les patrons touchent les plus gros salaires, reçoivent le plus de mérite social alors qu’ils réalisent les tâches les plus avantageuses. On me dira qu’ils sont nécessaires, certes. Mais comment le directeur de supermarché assure-t-il un service à ses clients si les paysans n’ont pas travaillé avant, et si les caissières ne font pas leur travail ? Tous sont nécessaires, aucun ne sont supérieurs. Les inégalités immenses entre les fonctions ne sont pas acceptables, entre la caissière et le directeur, tout le monde préfère la condition de travail du directeur car elle est beaucoup plus facile. Pourtant la caissière touche un salaire de misère, se tue au travail, et le directeur vie très tranquillement.
Parlons de l’homme maintenant, de ce qu’il est, ou plutôt de ce qu’il n’est plus, car pour le supermarché et le capitalisme en général, nous ne devons plus être « premièrement homme » comme le rêvait Rousseau, mais premièrement acheteur. Un homme a la capacité de réflexion, l’esprit critique alors que l’acheteur suit docilement le chemin qu’on trace devant lui. Dans un supermarché il ne pensera pas aux conséquences de ses achats, d’une consommation hors saison, de produit venant de l’exploitation humaine. Si ce n’est pas cher il achète. S’il voit une superbe réduction, s’il a des bons d’achats il suit bêtement (à noter que l’étymologie colle parfaitement) la voie que montrent les firmes capitalistes pour écouler leurs stocks. Tout comme dans le système, nous suivons tout en pensant diriger. Cela vient surement de la corrélation que nous imaginons facilement entre capitalisme et démocratie, en ce sens que ce système économique serait celui de la liberté et de l’égalité. Dans le supermarché nous sommes libres de consommer ce que nous voulons, tous égaux car il n’y a pas de produit réservés à certains et pas à d’autres. En tout cas il semblerait, excepté un petit détail : le portefeuille. Le riche peut tout acheter, le pauvre est considérablement limité. Pire encore, celui qui n’a pas d’argent n’a pas le droit de vivre. Pour le capitaliste pas d’égalité devant la vie, elle est réservée à ceux qui ont de l’argent. Et rien ne fera plier cette logique, le pauvre aura beau supplier la caissière de le laisser partir sans payer, il n’aura rien. A moins qu’elle désobéisse, qu’elle refuse la logique du système, que par un acte révolutionnaire elle donne la priorité à l’humain par rapport au profit du supermarché. Mais si c’est le cas elle sera surement renvoyée rapidement. Tel est l’impitoyable logique capitaliste et c’est en cela que la révolution serait la très simple action de permettre à tout le monde de manger à sa faim, le droit de vivre pour tous. Alors parfois les malheureux qui n’ont pas encore ce droit cherchent à récupérer les ordures de ces temples du gaspillage, pour simplement survivre, et parfois on laisse faire. Mais c’est un acte clairement anticapitaliste, car celui qui fait les poubelles du magasin aujourd’hui, ne viendra pas y faire ses courses demain. C’est de la gratuité, autrement dit un acte immonde pour tout bon capitaliste qui se respecte.
Nous voila arrivés chers camarades au point de non retour, c’est le pire de l’être humain qui s’expose dans ces scènes bien réelles de la vie quotidienne. Le système est devenu trop immonde pour faire des hommes, il convient seulement de faire des clients. La dernière évolution du capitalisme vers la finance, le libéralisme et la ploutocratie ne laisse plus le choix, le système est allé trop loin dans sa logique pour revenir en arrière. En changeant la logique du système, en le tournant de l’argent vers l’humain, nous créerons de fait une révolution. Que ce soit par la violence ou par les mots, par les armes ou par les urnes, ce mot de révolution ne doit plus faire peur, ce ne sera pas le lieu de l’oppression comme il a pu l’être dans le passé, mais celui de notre salut.
Article paru dans Actualutte n°22 - Abonnez vous dès 1€ l'année
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La Fourchette en colère
mardi 17 avril 2012
En Andalousie, des paysans occupent des terres pour « survivre »
(De Somonte) L’Espagne sombre dans la crise. Lundi 9 avril encore, le premier ministre, Mariano Rajoy, annonçait de nouvelles coupes budgétaires. Mais tous les Espagnols ne baissent pas les bras. Il y a eu la grève générale du 29 mars. Et en Andalousie, depuis le 4 mars, des paysans journaliers occupent des terres. Comme il y a un siècle...
lire la suite: http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/04/12/en-andalousie-des-paysans-occupent-des-terres-contre-la-speculation-231117
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La Fourchette en colère
vendredi 6 avril 2012
OGM: Récits de victoires contre Monsanto
AGRICULTURE - Un rapport de plusieurs OGM relate les combats des paysans du monde entier contre la firme américaine...
D'Europe à l'Amérique latine en passant par l'Afrique et l'Inde, des milliers de paysans se sont élevés contre Monsanto et ses OGM: des efforts qui ont convaincu des décideurs politiques à mieux encadrer le secteur agroalimentaire, selon un rapport d'ONG. «Là où Monsanto est présente, les semences locales deviennent illégales, la biodiversité disparaît, les terres sont polluées, les paysans et ouvriers agricoles empoisonnés, criminalisés, expulsés de leurs terres», assurent Les Amis de la Terre International, Via Campesina et Combat Monsanto dans un rapport qui sera publié jeudi. Témoignages à l'appui, il relate les récents combats contre le principal fournisseur de semences génétiquement modifiées.
Le groupe américain Monsanto, fondé en 1901, s'était rendu célèbre par des produits chimiques agricoles dangereux pour la santé comme le DDT, ou les composants de l'Agent Orange, un défoliant utilisé par l'armée américaine au Vietnam. «Ce rapport démontre que les fortes objections des mouvements sociaux et des organisations de la société civile ont un impact sur les décideurs politiques chargés d'encadrer le secteur agroalimentaire et d'édicter les règles en matière de pesticides et de cultures transgéniques», souligne le texte.
Des victoires partout dans le monde
En Europe, l'opinion publique reste majoritairement opposée à la production alimentaire à partir de semences OGM. Mais la tâche est plus difficile pour les opposants dans les pays en développement ou émergents. Néanmoins des mouvements paysans y ont remporté des succès: le moratoire imposé sur l'aubergine BT, version transgénique de ce légume de base en Inde, le rejet des dons de semences hybrides en Haïti, après une mobilisation massive, en raison des risques pour la souveraineté alimentaire.
Au Guatemala des réseaux anti-OGM ont alerté sur des projets de législation et d'adoption de programmes de développement américains favorisant l'arrivée de semences transgéniques dans le pays. En Afrique, une Alliance pour la souveraineté alimentaire encourage à ne pas suivre l'exemple de l'Afrique du sud qui a adopté la technologie OGM «bien que les variétés de plantes transgéniques en question (...) ne résistent ni à la sécheresse ni aux inondations», note le rapport. Malgré toute cette mobilisation le rapport déplore «l'offensive sans précédent de l'agronégoce sous la bannière de la nouvelle économie verte dans les préparations du sommet Rio+20» en juin.
A.C. avec AFP
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La Fourchette en colère
dimanche 25 décembre 2011
Victoire pour les paysans chinois insurgés de Wukan
Manifestation paysanne à Wukan (Via Weibo)
Après dix jours de siège et de révolte, les villageois de Wukan, un vilage de la province du Guangdong (Sud), sont parvenus à un accord avec les autorités et démontent, pour l'instant, leurs barricades. Un compromis après l'une des révoltes paysannes les plus spectaculaires que la Chine ait connues récemment.
A Wukan, les barricades n'encombrent donc plus les routes. Mercredi, les villageois et le vice-secrétaire du PCC du Guangdong sont parvenus à un accord. « Un début de victoire » a déclaré prudemment Lin Zuluan, représentant des habitants de Wukan.
Ce village du Guangdong, en rébellion ouverte contre le gouvernement local, tenait depuis dix jours un véritable siège. A l'origine de cette sédition, une colère soutenue contre l'expropriation des terres, sujet de discorde récurrent en Chine.
Gouvernements locaux et promoteurs immobiliers
« Le problème prend sa source dans la gestion de la fiscalité locale des provinces chinoises, et un souci de répartition du budget » estime Jean-François Huchet, ex-directeur du Centre d'étude français sur la Chine contemporaine à Hong Kong, et enseignant à l'INALCO.
« La réforme fiscale de la fin des années 90 a certes décentralisé des fonds vers les régions. Mais la question du budget des circonscriptions internes aux provinces n'a jamais été réglée. »
Manquant de ressources, les gouvernement locaux tirent aujourd'hui l'essentiel de leurs revenus de la vente de terrains à des promoteurs immobiliers. Ceux-ci obtiennent à bas prix l'emplacement de futures usines ou complexes hôteliers, le gouvernement local renfloue son budget et certains fonctionnaires amassent les pots de vin.
Seuls oubliés de la transaction, les paysans qui perdent leur outil de travail. Or la compensation reçue en échange n'est jamais importante.
A Wukan, la vente de 275 hectares aurait ainsi rapporté 700 millions de yuans aux autorités (environ 85 millions d'euros), selon le magazine chinois Caixin. La somme reçue par chaque paysan ne dépasserait pas en revanche les 550 yuans (66€).
Les habitants du village du Guangdong ont protesté tout l'automne contre ce qu'ils considèrent comme une exaction de fonctionnaires corrompus. Ces manifestations réprimées avec violence se sont soldées par l'arrestation des organisateurs.
Un scénario classique en Chine mais qui prend à Wukan un tour inattendu suite à la mort en détention du manifestant Xue Jinbo.
Dimanche 11 décembre, des manifestants expulsent les dirigeants locaux et barricadent les routes tandis que les forces de police encerclent le village. C'est le début d'un siège qui durera dix jours et durant lequel les villageois multiplient les rassemblements, tout en renforçant leurs revendications.
« J'ai 31 ans mais je n'ai jamais pu voter »
Si la question des terres reste primordiale, les habitants de Wukan remettent désormais en cause la légitimité même de leurs dirigeants.
Il n'est pas le seul. Wukan n'a pas connu d'élection depuis 40 ans, le Secrétaire du PCC local ne désirant pas céder sa place. Une situation « anormale » à laquelle les assiégés remédient en organisant eux-même l'élection qu'ils réclament.
Pour Jean-François Huchet :
« Pour la première fois, des villageois ont pris leur destin en main et élu leurs représentants, en dehors de tout cadre officiel. C'est cela qui fait toute l'originalité des évènements de Wukan.Le processus a échappé au Parti. »
Ne pas faire de martyrs
Assiégé mais pas isolé, le village a accueilli plusieurs journalistes étrangers passés au travers des barrages policiers.
La presse occidentale a suivi attentivement le cours des évènements et sur Weibo, le twitter chinois, les internautes contournaient la censure pour faire circuler photos et commentaires.
Le week-end dernier, la police de Canton a interrompu une manifestation de soutien aux villageois, tandis qu'un rassemblement similaire se tenait à Hong Kong.
Quand les villageois annoncent qu'ils marcheront sur le centre administratif de Lufeng si les autorités ne cèdent pas à leurs revendications, il semble être temps de réagir.
Cette manifestation qui confronterait le cortège aux forces de police toujours massées autour du village pouvait dégénérer. Et en cette période sensible, faire des habitants de Wukan des martyrs ne semble pas une option. Il fallait désamorcer le conflit.
Plus de marche, plus de barricades. Lors de la rencontre de mercredi matin, le vice-secrétaire du Parti communiste de la province du Guangdong, Zhu Mingguo, a promis la libération des trois organisateurs des manifestations de l'automne, le retour du corps de Xue Jinbo dans sa famille, ainsi qu'une enquête approfondie sur les circonstances de sa mort.
Par ailleurs, les représentants des villageois ne devraient pas être poursuivis pour « incitation à la révolte ».
Le vice-secrétaire a repris la route. Dans la ville de Haimen, à 120 km de là,des manifestations contre une centrale thermique ont dégénéré et le gouvernement du Guangdong a d'autres préoccupations.
Mais la hache de guerre est-elle réellement enterrée à Wukan ? D'après le Daily Telegraph, les villageois sont divisés.
Si certains accueillent avec soulagement la fin des hostilités, d'autres restent méfiants. Malgré la promesse qu'une enquête sera menée au sujet des expropriations, aucune garantie de restitution n'a été donnée.
Quant aux représentants élus durant le siège, leur porte-parole Lin Zuluan est formel. Tant que la question des terres n'est pas résolue et de nouvelles élections organisées, ils resteront en place.
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La Fourchette en colère
Tchad: Des paysans portent plainte contre la Banque mondiale
Des paysans de la zone pétrolifère de Doba, au Tchad, portent plainte contre la Banque mondiale - Le Groupe de recherches alternatives et de monitoring du projet pétrole/Tchad-Cameroun (Gramp/TC), au nom de 25 220 paysans appartenant à 25 villages de la zone pétrolifère de Doba, dans le Sud du Tchad, a déposé une plainte contre la Banque mondiale pour 'atteintes aux droits humains et à l’environnement', a appris lundi la PANA de source officielle à Paris.
Le Projet de l’oléoduc Tchad-Cameroun co-financé par la Société financière internationale (SFI) du Groupe de la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars américains et réalisé par le Consortium américano-malaisien a été mis en service en 2003.
Pour le Gramp/TC, soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, la très large emprise foncière des installations pétrolières, ainsi que les impacts de la pollution sur l’agriculture et le bétail, privent une partie de la population des seuls moyens de subsistance dont elles disposent.
'De surcroît, la présence de forces de sécurité qui assurent la protection des sites comportent des restrictions à la libre circulation dans la zone, entre villages et familles, et une sorte de couvre-feu implicite est en vigueur entre 18 heures et 6 heures du matin', a indiqué le Gramp/TC.
Par ailleurs, les populations locales subiraient plusieurs autres types d’exactions : arrestations et amendes arbitraires, spoliations de biens, tortures et autres traitements humiliants et dégradants, alors que de nombreux cas d’atteintes à l’environnement ont été recensés.
'Ce projet pétrolier n’a pas bénéficié aux populations malgré les engagements pris lors de la signature du contrat entre les entreprises exploitantes et le gouvernement tchadien : ni nouvelles infrastructures éducatives et sanitaires, ni accès des populations à l’eau potable', ont affirmé les plaignants.
La plainte, selon le Gramp/TC, a été jugée recevable par le bureau du Compliance Advisor/Ombudsman(CAO), un mécanisme de résolution des différends mis en place par la SFI et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) du Groupe de la Banque mondiale.
Les plaignants attendent que la procédure devant le CAO débouche sur la réparation des dommages causés aux populations riveraines et que des solutions durables soient trouvées pour faire face aux impacts sociaux et environnementaux cumulatifs à moyen et long termes.
Pana 20/12/2011
Le Projet de l’oléoduc Tchad-Cameroun co-financé par la Société financière internationale (SFI) du Groupe de la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars américains et réalisé par le Consortium américano-malaisien a été mis en service en 2003.
Pour le Gramp/TC, soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, la très large emprise foncière des installations pétrolières, ainsi que les impacts de la pollution sur l’agriculture et le bétail, privent une partie de la population des seuls moyens de subsistance dont elles disposent.
'De surcroît, la présence de forces de sécurité qui assurent la protection des sites comportent des restrictions à la libre circulation dans la zone, entre villages et familles, et une sorte de couvre-feu implicite est en vigueur entre 18 heures et 6 heures du matin', a indiqué le Gramp/TC.
Par ailleurs, les populations locales subiraient plusieurs autres types d’exactions : arrestations et amendes arbitraires, spoliations de biens, tortures et autres traitements humiliants et dégradants, alors que de nombreux cas d’atteintes à l’environnement ont été recensés.
'Ce projet pétrolier n’a pas bénéficié aux populations malgré les engagements pris lors de la signature du contrat entre les entreprises exploitantes et le gouvernement tchadien : ni nouvelles infrastructures éducatives et sanitaires, ni accès des populations à l’eau potable', ont affirmé les plaignants.
La plainte, selon le Gramp/TC, a été jugée recevable par le bureau du Compliance Advisor/Ombudsman(CAO), un mécanisme de résolution des différends mis en place par la SFI et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) du Groupe de la Banque mondiale.
Les plaignants attendent que la procédure devant le CAO débouche sur la réparation des dommages causés aux populations riveraines et que des solutions durables soient trouvées pour faire face aux impacts sociaux et environnementaux cumulatifs à moyen et long termes.
Pana 20/12/2011
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La Fourchette en colère
mercredi 14 décembre 2011
Semences : une loi qui sème la révolte
La Confédération paysanne appelle les paysans à désobéir à la loi sur les COV
Malgré une forte mobilisation paysanne et citoyenne le 28 novembre 2011, l’Assemblée Nationale a adopté en l’état la proposition de loi sur le Certificat d’Obtention Végétale.
L'important rassemblement du 28 novembre à Paris (devant l'Assemblée Nationale) montre l'intérêt des paysans et des citoyens à défendre les semences de ferme et à protéger le vivant.
Les médias ont largement repris nos revendications. La Confédération paysanne remercie toutes celles et tous ceux qui ont su, à Paris et en région, se mobiliser en quelques jours pour alerter nos députés sur l'intérêt de refuser ce projet de loi. Elle remercie également les députés qui se sont battus contre cette loi en rejoignant un mouvement populaire de contestation.
La proposition de loi relative aux COV qui avait été votée en première lecture au Sénat le 13 juillet 2011 est donc adoptée dans la loi française.
La Confédération paysanne refuse la soumission des paysans aux groupes semenciers et remet en cause l'influence de l'industrie semencière qui utilise le patrimoine végétal sans n'avoir rien reversé aux paysans et qui exige aujourd'hui des royalties auprès des agriculteurs qui les utilisent.
Cette loi participe en outre à la précarisation de l'activité agricole dans une période de crise et de fragilité économique en sacrifiant les paysans et notamment les éleveurs dont les revenus sont les plus bas, au profit de l’agro-industrie.
La Confédération paysanne combat l'idée, celle du gouvernement et les élus de la majorité présidentielle que les intérêts privés de l’industrie semencière sont prioritaires sur ceux des paysans. Les droits des paysans de ressemer et d’échanger leurs propres semences s'inscrivent dans un droit collectif qui fait obstacle à la confiscation de toutes les semences et soutient le droit à la souveraineté alimentaire. Ce droit ancestral est indispensable à l'autonomie des fermes et à l'adaptation des cultures aux changements climatiques et à l'environnemental local.
Nous appelons les candidats aux élections présidentielles à défendre ces droits fondateurs des agriculteurs en désapprouvant cette loi et à s'engager à l'abroger. Nous sommes favorables au dépôt de motions en Chambre d'Agriculture et auprès de groupe d'élus et associations pour refuser cette loi inique.
Les paysans et citoyens-consommateurs, soucieux du contenu de leurs assiettes et de la préservation du patrimoine végétal seront invités à nous rejoindre au cours de nos actions de désobéissance civile dans les prochaines semaines.
Contact :
Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18
Véronique Léon, Secrétaire nationale : 06 22 16 13 99
Guy Kastler, commission semences : 06 03 94 57 21
http://www.confederationpaysanne.fr/semences-une-loi-qui-seme-la-revolte_331-actu_1943.php
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La Fourchette en colère
lundi 12 décembre 2011
Certificats d'obtention végétale : la loi est publiée, la Confédération paysanne appelle à la désobéissance
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Paul François, un paysan charentais, affronte Monsanto devant la justice française
LYON (CORRESPONDANT) - C'est une première dans le domaine du droit environnemental. Lundi 12 décembre, la 4e chambre civile du tribunal de grande instance de Lyon devait examiner la plainte d'un agriculteur charentais, Paul François, contre le géant de l'agrochimie Monsanto, dont il accuse un produit herbicide d'être à l'origine de ses graves problèmes de santé.
Chez Monsanto, personne ne voulait s'exprimer avant l'audience. Ni le directeur des relations extérieures ni l'avocat chargé de plaider le dossier. La firme américaine, dont le siège social français est basé à Bron (Rhône), près de Lyon, faisait le dos rond, en attendant un procès pendant lequel la Confédération paysanne avait prévu un rassemblement devant le palais de justice.
Pour M.François, 47 ans, agriculteur à Bernac, c'est l'aboutissement d'un long et éprouvant combat. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation d'un puissant désherbant, le Lasso, fabriqué par Monsanto.
L'accident s'est produit le 27a vril 2004. Après le traitement d'un champ de maïs, l'agriculteur a nettoyé une cuve, dont se sont échappées des vapeurs gazeuses. Il est tombé dans le coma et a été frappé d'amnésie. En 2008, les séquelles de son accident ont été considérées comme une maladie professionnelle par le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Charente. Ce qu'a confirmé la cour d'appel de Bordeaux en janvier 2010. "Ce produit présentait un réel danger potentiel. Monsanto ne peut pas dire qu'il ne savait pas", accuse M.François.
DEUX MOLÉCULES TOXIQUES
"Engager une action en responsabilité contre un fabricant est une première dans le secteur de l'agroalimentaire", souligne l'avocat du plaignant, Me François Lafforgue. Celui-ci appartient à un cabinet parisien spécialisé dans les questions de santé publique. Il a défendu les victimes de l'amiante, des essais nucléaires ou encore de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse. "Dans le cas présent, il s'agit de démontrerune faute, dit-il. Nous considérons que le fabricant n'avait pas signalé les sérieux risques liés à des composants chimiques du produit."
Le Lasso est notamment constitué de chlorobenzène et d'alachlore, deux molécules toxiques. Me Lafforgue fait remarquer que le désherbant avait été interdit au Canada dès 1985, en Belgique en 1990, au Royaume-Uni en 1992. En France, il ne l'a été qu'en 2007. Selon le juriste, Monsanto va sans doute s'abriter derrière l'homologation officielle de l'Etat dont bénéficiait son produit avant son interdiction, pour justifier sa commercialisation. Mais, note-t-il, "depuis l'affaire du Mediator, on sait que les homologations ne sont pas à l'abri de désinformation de la part des industriels". A ses yeux, "l'éventuelle carence de l'Etat n'exonère en rien le fabricant de sa responsabilité".
A travers son cas, Paul François veut attirer l'attention sur l'état de santé des agriculteurs français, nombreux à souffrir de maladies dues aux produits qu'ils manipulent, sans oser en parler. "Ils passent sous silence leurs problèmes de santé, le nez qui saigne, les yeux qui piquent, le mal de tête… Ils laissent filer, mais les intoxications chimiques finissent par provoquer des maladies graves", dit-il. Et de résumer brutalement : "Des paysans sont en train de crever dans leur coin." La raison de leur silence ? Les agriculteurs se laissent enfermer par un sentiment de culpabilité, analyse M. François. Selon lui, ils se sentent visés par des reproches sur l'utilisation de produits nocifs pour l'environnement et la santé. Du coup, ils n'osent pas évoquer leurs problèmes de santé, de crainte d'alimenter la polémique."Ils meurent, et en plus on les accuse, s'indigne-t-il. On les stigmatise, mais les firmes agrochimiques, elles, continuent d'engranger des bénéfices !"
Les cultivateurs, défend-il, font évoluer leurs méthodes de travail, lentement certes, mais avec une prise de conscience des risques pour l'environnement. "Il y a encore des travers, reconnaît-il, de même qu'il existe des automobilistes qui roulent à 250 km/h sur l'autoroute. Mais ce n'est pas la majorité des cas." Paul François est impatient que la justice se prononce. "Je ne me lève pas chaque matin en pensant à Monsanto, confie-t-il, mais ce procès est une étape importante, même si la procédure juridique dure encore des années. Il me tarde de passer cette épreuve." Et il ajoute : "Dès qu'on touche à la chimie, on touche à des conflits d'intérêts et ça devient compliqué. Je suis un simple citoyen. Je ne représente rien contre une puissance comme Monsanto. Mais la justice est là pour dire nos droits."
Richard Schittlyhttp://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/12/paul-francois-un-paysan-charentais-affronte-monsanto-devant-la-justice-francaise_1617372_3244.html
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