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vendredi 6 avril 2012
samedi 31 mars 2012
Guatemala: La marche des communautés indigènes et rurales pour la défense de leurs terres
Des centaines d'Indiens et de campesinos (paysans) guatémaltèques ont participé à une marche de 9 jours pour défendre leurs terres, protester contre les relocalisations forcées, et attirer l'attention sur tous les problèmes qui concernent les communautés rurales. Cultural Survival explique [en anglais] :
Cette marche est organisée par le Comite de Unidad Campesino, (CUC) [Comité pour l'unité paysanne] pour attirer l'attention de l'Etat du Guatemala ainsi que des médias locaux, nationaux et internationaux sur les problèmes auxquels sont confrontés les paysans et les Indiens des régions rurales qui forment la majorité du pays.
Le rapport poursuit :
Les responsables du mouvement ont publié un communiqué de presse,“Déclaration de la Marche pour la Résistance, la Dignité, et la Défense de notre Terre et nos Territoires”, qui formule les revendications suivantes - rappels des griefs depuis longtemps exprimés par les paysans et indigènes au Guatemala :
- Suppression de la dette agraire imposée aux fermiers par l'Etat ; juste redistribution de la terre pour que chaque agriculteur ait au moins un terrain qui lui permette de cultiver de quoi subvenir à ses besoins
- Fin des relocalisations forcées, en particulier dans la Vallée de la Polochic, Département d'Alta Verapaz, où le problème perdure. Des centaines de familles ont été violemment chassées de chez elles pour faire place à des plantations de palme africaine et de sucre en mars 2011.
- Fin de la persécution et de la condamnation des populations indigènes qui combattent pour leurs droits, dont les 8 femmes autochtones de San Miguel Ixtahuacán contre qui un mandat d'arrêt est prononcé pour avoir dénoncé ce qui se passe dans la Mine de Marlin.
- Annulation des concessions pour l'exploitation minière, pétrolière, hydroélectrique et pour la mono-culture.
- Ratification des lois par le congrès en faveur des communautés autochtones démunies, dont la loi 4087, loi pour des médias communautaires, qui légaliserait la radio communautaire.
James Rodriguez, photographe et blogueur a publié un reportage photo [en espagnol] de l'arrivée des marcheurs dans la ville de Guatemala le 26 mars 2012 :
Después de 9 días y 212 kilómetros, la Marcha Indígena, Campesina y Popular por la defensa de la Madre Tierra, contra los desalojos, la criminalización y por el Desarrollo Rural Integral, llegó al centro de la Ciudad Capital. Según miembros del Comité de Unidad Campesina (CUC), se estima que alrededor de 15,000 personas participaron en esta novena y última jornada.
Après 9 jours et 212 kilomètres, la marche populaire des autochtones et des paysans pour la défense de notre Terre Nourricière, contre les expropriations, les condamnations, et pour un développement rural intégré, est arrivée au centre de la capitale. Selon les membres du Comité pour l'unité paysanne (CUC) près de 15000 personnes ont participé au 9ème et dernier jour de la marche.
Source:
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La Fourchette en colère
mercredi 21 mars 2012
«AU BRÉSIL PRÈS DE 186 MILLE FAMILLES PAYSANNES VIVENT SOUS DES TENTES. NOUS ATTENDONS DU NOUVEAU MINISTRE QU’IL ACCÉLÈRE LES EXPROPRIATIONS DE TERRE ET LA RÉFORME AGRAIRE.»
Interview d’Alexandre Conceiçao, membre de La Direction Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil (MST), 16 mars 2012.
Par Luiz Felipe Albuquerque
De la Page du MST
Alexandre Conceiçao, membre de la Direction Nationale
du Mouvement des Travailleurs ruraux Sans terre (MST, Brésil)
Alexandre Conceição - Ce changement incombe à la présidente Dilma. Cependant nous attendons que le nouveau ministre accélère le processus d’expropriation des terres, ce qui n’a pas été fait en 2011 à cause de la bureaucratie interne de l’INCRA (Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire) et du Ministère lui-même. Les premières victimes ont été les familles installées dans les campements.
La présidente fait valoir que la réforme agraire ne consiste pas seulement à remettre des terres. Nous sommes d’accord là-dessus mais aujourd’hui la réalité, c’est qu’il y a près de 186 mille familles qui vivent sous des tentes dans tout le Brésil. Si l’on ne crée pas de nouvelles unités productives de plus en plus de familles vont aller vivre dans des campements, ce qui créera davantage de problèmes pour le gouvernement lui-même. Voilà pourquoi nous attendons l’accélération des expropriations des latifundiums (grandes propriétés non productives) de la part du ministre et de l’INCRA.
L.F.A - pourquoi ces chiffres extrêmement faibles pour la réforme agraire en 2011 ?
A.C. - Les données pour 2011 sont les pires des 16 dernières années. La présidente a signé le premier décret d’expropriation des terres juste à la fin du mois de décembre, ce qui démontre que l’INCRA ne fonctionnait pas et que le MDA (Ministère du développement agraire) ne dialoguait pas avec l’INCRA, au détriment de la possibilité d’expropriation. Le gouvernement a un modus operandi qui ne fait qu’aggraver la bureaucratie du ministère et de l’INCRA. Nous attendons que le gouvernement dégèle le processus et reprenne les expropriations de terre.
Travailleurs ruraux occupant des grands domaines pour les mettre
en production, et qui sont actuellement menacés par la justice,
Buriticupu, État de Maranhao, 2012.
L.F.A. – Quelles sont vos attentes pour l’avenir?
Ces nombreuses familles qui vivent dans des campements au Brésil vont lutter dans la période qui vient. Avec la poussée de l’agro-business et du capital international dans l’agriculture brésilienne, l’expulsion des familles des zones rurales et le travail esclave se sont renforcés. Ce qui a entraîné une augmentation des problèmes sociaux. De plus en plus des paysans qui campent au bord des routes sont prêts à s’engager dans la lutte pour la terre.
Malgré le discours gouvernemental d’investissement dans la réforme Agraire, dans les unités productives et dans l’expropriation des terres, il n’y a pas de budget. Couper dans un budget déjà si restreint nous fera perdre une année de plus. Le gouvernement doit augmenter, non pas réduire, le budget pour permettre de réels investissements.
Travailleurs ruraux réduits en esclavage,
État de Goiás, Brésil, 2012.
A.C. - Non, il y a eu très peu de progrès. Nous mobilisons notre base du nord au sud. Nous avons obtenu un budget supplémentaire et une plus grande adéquation des ressources. Cependant le budget n’a été libéré qu’en décembre: à cause de ce blocage de l’INCRA et du MDA, moins de la moitié du montant a été utilisée. Pour te donner une idée, seules 600 familles du mouvement des Travailleurs sans Terres (MST) ont bénéficié de ce supplément.
L.F.A. – Qu’attend le mouvement de la journée de lutte en avril prochain ?
A.C. - La journée des femmes a eu beaucoup de succès pendant la semaine du 8 mars, avec des mobilisations dans huit États. La semaine passée d’autres mobilisations ont eu lieu dans des agences bancaires pour revendiquer l’accès au crédit destiné à l’agriculture familiale. Ce sont des exemples qui montrent la volonté populaire de lutter.
La journée d’avril constituera une autre mobilisation de masse, avec des actions dans divers états : marches, occupations, actes publics en défense de la réforme Agraire et en mémoire des victimes du massacre dans l’Eldorado de Carajás. La réforme Agraire et l’agenda des mouvements de la Via Campesina ne se détacheront qu’en étant portés par ces grandes mobilisations. C’est pourquoi dans cette journée doivent s’additionner les mobilisations de tous les mouvements ruraux.
Mobilisation des Travailleuses Rurales sans Terre
dans tout le Brésil, mars 2012.
A.C. – C’est faux de dire que ce pays va se développer grâce à l’agriculture familiale sans créer de nouvelles unités de production, car l’exploitation des ressources naturelles est liée directement à la concentration des terres, principalement par les entreprises transnationales qui prennent possession de nos terres. Rien que la Chine, par exemple, a consacré un budget de 30 milliards de dollars pour l’achat de terres au Brésil l’an dernier, c’est une dénationalisation de nos terres. C’est pourquoi la revendication principale est le territoire et l’expropriation, la déconcentration du territoire à travers laréforme Agraire.
L.F.A. – Et en ce qui concerne les unités de production ?
A.C. – Les politiques publiques menées tout au long des gouvernements de Lula et de Dilma pour développer ces unités productives, ont permis des avancées importantes mais elles doivent s’améliorer et d’autres doivent être soumises à révision. Nous avons besoin d’une requalification de ces politiques tant du point de vue budgétaire que de celui de la débureaucratisation pour qu’elles s’universalisent au Brésil. À quoi servent de bonnes politiques si elles ne concernent que peu de familles.
Le gouvernement doit concrétiser la mise en oeuvre du programme des agro-industries pour que les petits agriculteurs et les unités de production puissent non seulement fonctionner, améliorer les productions naturelles, ajoutant de la valeur à leurs produits et générant des revenus pour les familles. Dans ce but nous avons besoin de science et de technologie au service de la réforme Agraire.
L.F.A. – Comment va l’assistance technique ?
A.C.- Nous allons lutter pour que l’assistance technique soit universelle et continue. Le processus reste saisonnier parce qu’il souffre du manque de budget à chaque récolte. Autrement dit il n’y a pas de continuité dans le processus et celui-ci n’est pas encore devenu une politique massive. Il y a beaucoup d’erreurs, par conséquent la production souffre du manque d’assistance technique. Pour que l’agriculture familiale continue à produire des aliments, il faut une assistance technique universelle, une capacité technique et l’incorporation de technologie orientée vers l’agroécologie, pour éliminer la consommation élevée d’agros-toxiques qui résulte de cette matrice de production calquée sur l’agro-business.
Travailleurs ruraux Sans Terre résistant à la répression de la police
et des hommes de main des grands propriétaires,
et des hommes de main des grands propriétaires,
Hacienda Serro Azul, municipalité d'Altinho, État de Pernambuco, 2012.
A.C. - La lettre historique signée le 28 février 2012 par toutes les organisations rurales du Brésil est un symbole puissant (1). Il y a plus de 50 ans, en avril 1961, que pour la première et seule fois dans l’Histoire toutes les forces rurales se sont réunies pour le premier Congrès Paysan du Brésil. La lettre est chargée de toute cette symbologie – les forces rurales qui se retrouvent à nouveau après 50 ans pour faire une révision du monde rural, de la situation agraire du pays et refaire une analyse ensemble, avec le désir d’orienter le gouvernement et la société dans la défense de la réforme Agraire.
Plusieurs réunions et rencontres entre nos mouvements se déroulent actuellement pour tracer le programme de lutte pendant toute l’année, avec de grandes mobilisations. Peut-être que nous pourrons répéter le grand congrès de 61. Chaque organisation a son propre agenda politique mais du point de vue de la lutte pour la réforme agraire nous marchons déjà dans le même sens.
Notes :
(1) Lire le manifeste unitaire historique des mouvements sociaux ruraux brésiliens ici : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/03/02/manifeste-historique-des-organisations-sociales-rurales-du-bresil/
Source : MST
Traduction : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Salete Carollo, prointer@mst.org.br
Pour une info continue en français sur les activités du MST :
Source:
http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/03/21/au-bresil-pres-de-186-mille-familles-paysannes-vivent-sous-des-tentes-nous-attendons-du-nouveau-ministre-quil-accelere-les-expropriations-de-terre-et-la-reforme-agraire/
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La Fourchette en colère
vendredi 2 mars 2012
Paysans sans terre : ici et là-bas, au Centre Jean Vilar
Le 20 mars prochain, un collectif réunissant les associations Gandhi International, Peuples Solidaires, la Confédération Paysanne, la Paix en Marche, Terre de liens, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement et Artisans du Monde Angers, organise, avec le soutien du centre Jean Vilar d’Angers, une soirée projection-conférence-débat sur le thème de l’Inde.
La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont littéralement laissés pour compte.
Mohandas Karamchand Gandhi plus communément appelé Mahatma Gandhi (Mahatma voulant dire grande âme) était le guide spirituel de l'Inde et du mouvement pour l'indépendance de ce pays. Reconnu comme le Père de la Nation indienne, son anniversaire, le 2 octobre, est devenu une fête nationale. Cette date a été déclarée Journée internationale de la non-violence par l'Assemblée générale des Nations unies.
Gandhi avait réussi à mettre à la porte le colonisateur Anglais. Mais celui-ci est revenu par la fenêtre... La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont écrasés par leurs dettes, les expropriations, la logique du marché. Ils vont alors voir grossir les immenses bidonvilles des mégapoles, balayer les rues ou travailler à l’usine pour des salaires de misère.
Le 2 octobre 2007, jour de la fête nationale, 25.000 paysans sans terre se rassemblent à Gwalior, en Inde, pour une marche d’un mois à travers le pays. Ce sera Janadesh, le verdict du peuple. Leur but: le parlement de New Delhi. Leur objectif: obtenir des terres gouvernementales pour vivre dignement.
« La marche des gueux », la force libératrice de la non-violence, un film documentaire de Louis Campana et François Verlet, illustre cette grande mobilisation. Il sera présenté à l’occasion d'un soirée consacrée aux paysans sans terre, au centre Jean Vilar à Angers, le mardi 20 mars 2012, de 19h45 à 22H30
PROGRAMME :
- 19h45 : Accueil du public.
- 20h : Diffusion du film de Louis Campana et François Verlet, La Marche des Gueux. Louis Campana, également président de l’association Gandhi International, sera présent lors de la soirée pour présenter son film.
- 20h45 : Témoignage de Gauri Kulkarni, invitée nationale de l’association Peuples Solidaires, sur le thème de la souveraineté alimentaire. La jeune femme est membre du mouvement Ekta Parishad. Depuis 1991, ce mouvement a aidé de nombreuses communautés marginalisées indiennes à s'organiser et à mener des actions collectives pour demander au gouvernement indien l'application des lois visant à la redistribution équitable des terres et des ressources naturelles.
21h30 : Table Ronde organisée par le collectif et animée par un journaliste.
Prix d'entrée : 2€50
Réservation : 06 47 15 39 82 ou reservation.octovales@live.fr
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La Fourchette en colère
vendredi 16 septembre 2011
Appel pour Durban
Les paysans, les paysannes et les peuples indigènes disposent de milliers de solutions pour faire face au réchauffement climatique !
2. Nous nous efforcerons de “garder le carbone dans le sol et dans les arbres” dans les territoires sous notre contrôle, en promouvant les pratiques agroforestières, la plantation d’arbres, la conservation de l’énergie, mais aussi en luttant contre l’accaparement des terres par les entreprises minières et les plantations industrielles.
3. Nous allons continuer à faire pression sur les gouvernements à tous les niveaux afin qu’ils adoptent la souveraineté alimentaire comme étant la solution au changement climatique.
4. Nous allons poursuivre la lutte contre l’inclusion de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie dans les mécanismes des marchés du carbone.
5. Nous allons poursuivre notre lutte pour la réforme agraire afin que la terre soit redistribuée aux paysannes et aux paysans qui pratiquent une agriculture durable et contre toute usurpation de terres.
6. Nous allons construire un puissant mouvement qui fera entendre la voix des paysans et des paysannes et nous seront présents avec d’autres secteurs de la société civile à la conférence climatique COP-17 de Durban ainsi qu’à la Conférence de Rio +20 au Brésil. Nous y porterons le message comme quoi nous nous opposons aux fausses solutions proposées pour soi-disant lutter contre le changement climatique et nous exigerons l’adoption des Principes de Cochabamba. Nous mettrons en avant les bénéfices de l’agriculture paysanne durable et de la souveraineté alimentaire en tant que principales et réelles solutions pour lutter contre le changement climatique.
Source: http://www.confederationpaysanne.fr/index.php?rubrique_id=646
La Via Campesina appelle les mouvements sociaux et l’ensemble de la population à se mobiliser partout dans le monde
Le mouvement international paysan La Via Campesina et son organisation-membre sudafricaine Landless Peoples Movement (Mouvement des Paysans Sans-terre) se mobilisent pour la 17ème Conférence des Parties (COP 17) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC) qui se tiendra à Durban en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011.
Des caravanes de paysans et paysannes africain(e)s, partiront du Mozambique, de la Tanzanie, du Zimbabwe et d'autres pays pour converger à Durban pour rejoindre d’autres agriculteurs et représentants de mouvements sociaux afin de réclamer la justice climatique.
Les femmes paysannes africaines membres de La Via Campesina, participeront à la 2ème Assemblée sud-africaine des femmes rurales, du 30 novembre au 2 décembre, à Durban (organisée conjointement notamment par La Via Campesina – Région Afrique 1, TCOE, Women on Farms Project, Lamosa, ESAFF, UNAC, Namibian National Farmers Union etc.).
La Via Campesina participera également à la Journée Mondiale d’Action qui aura lieu le 3 décembre, au cours de laquelle, en collaboration avec des centaines d’autres activistes, elle manifestera pour la justice climatique.
La Via Campesina ainsi que d’autres mouvements paysans et de producteurs en Afrique invitent également toutes organisations, alliés et activistes à participer à une Journée spéciale pour l’Agroécologie et la Souveraineté Alimentaire, le 5 décembre à Durban et à travers le monde (co-organisée par ESAFF régional, ESAFF Uganda, ESAFF Zimbabwe, ROPPA, TCOE, Surplus People Project, etc.)
Les négociations sur le climat ont été détournées de leur objectif pour devenir de simples négociations mercantiles
Lors de la conférence COP 16 à Cancun (Mexique), la majorité des gouvernements du monde - à l’exception notable de la Bolivie – se sont assis autour de la table non pas pour trouver une réponse efficace au changement climatique, mais plutôt pour parler gros sous avec les grandes sociétés multinationales qui font trafic de fausses solutions au changement climatique, proposant des fausses mesures comme le programme REDD et autres marchés du carbone, ou encore le développement d’agrocarburants et d’OGM. Ils ont transformé les négociations sur le climat en une immense place de marché où seuls le profit et la spéculation comptent.
De concert, nos différents gouvernements ont fait comme si de rien n’était, fermant les yeux sur l’urgence d’une situation qui condamne l’Afrique et l’Asie du Sud à être littéralement incinérées par l’augmentation des températures. Et, bien sûr, les premières victimes de ces changements climatiques seront les paysannes et les paysans de ces deux continents, puisque l’augmentation des températures crée un environnement encore plus défavorable aux récoltes, au bétail et à la survie des êtres humains. La majorité des gouvernements a choisi d’ignorer les Principes de Cochabamba qui posent pourtant un cadre clair pour élaborer des réponses au changement climatique et protéger notre Terre Mère.
Dans le système climatique actuel, les pays développés et les grandes entreprises polluantes, pourtant historiquement responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre, se voient accorder toutes les dérogations et trucages de chiffres possibles afin de leur éviter d’avoir à réduire leurs émissions. Ainsi, le système des marchés d’émission-carbone et les mécanismes de compensation permettent aux pays industrialisés et aux entreprises de continuer à consommer des ressources et à polluer comme avant, tout en payant des petites sommes, sans commune mesure avec la réalité de leur impact sur le climat, dans le but d’aider les populations pauvres des pays en développement à réduire leurs émissions. En réalité ces entreprises font deux fois du profit : d’une part en continuant à polluer et d’autre part en vendant des fausses solutions aux États. Pendant ce temps là, des initiatives présentées comme étant une solution au problème climatique, comme le programme REDD, dépouillent les populations pauvres de la plupart de leurs différents droits en matière d’usage des ressources naturelles : ils ne peuvent plus accéder aux forêts communautaires. Au même moment, des grands groupes financiers apparaissent sur le marché foncier et y accaparent d’immenses territoires fertiles, dont ils expulsent les agriculteurs afin d’y pratiquer la monoculture ou pour spéculer sur les marchés des crédits d’émission carbone.
Nous connaissons les principales sources d’émissions qui altèrent le climat : elles sont générées par les multinationales agroalimentaires qui imposent une agriculture industrielle essentiellement tournée vers l’exportation et la production d’agrocarburants. Mais elles sont aussi le fruit d’un système de transports uniquement basé sur la voiture individuelle, au détriment des transports en communs. Enfin, elles sont causées par les activités industrielles polluantes et prédatrices de ressources pratiquées par les différentes entreprises multinationales. Si nous ne parvenons pas à imposer des engagements réels et contraignants qui forceront les pays développés à changer ce système, alors nous échouerons à prévenir l’incinération effective de nos terres agricoles et la destruction de notre capacité à nourrir le monde.
Les chiffres sont unanimes ; ce sont nous, les paysans et paysannes travaillant sur de petites exploitations qui produisons aujourd’hui la vaste majorité des aliments consommés sur la planète. Or aujourd’hui, nous, et la nourriture que nous produisons, sommes mis en danger par les changements climatiques et l’augmentation des températures. Les dates de semis deviennent imprévisibles tandis que les sécheresses, les ouragans et les moussons deviennent plus intenses.
A l’inverse – et encore une fois les chiffres sont unanimes – c’est nous qui détenons les clés des solutions les plus importantes, efficaces et scientifiquement prouvées face au changement climatique, à travers nos systèmes de production locale d’aliments selon des méthodes agroécologiques, produits par des paysannes et des paysans, selon les principes de la souveraineté alimentaire.
A lui seul, le système de transport d’aliments sur de longues distances, qui est à la base du système alimentaire mondial capitaliste, est responsable d’au moins 44% des émissions totales de gaz à effet de serre. Ces aliments pourraient facilement être cultivés localement. Mais l’agriculture détruit également le climat par l’usage excessif de ressources fossiles comme le pétrole et les intrants chimiques dérivés du pétrole. Le modèle de production est basé sur la monoculture et les pratiques industrielles, il engendre la déforestation et la destruction des écosystèmes en vue de la réalisation de plantations industrielles aboutissant à des “déserts verts”.
Nous pouvons réduire drastiquement voire même éliminer ces émissions en transformant le système alimentaire sur la base de la souveraineté alimentaire, c'est à dire en produisant localement pour une consommation de proximité un production durable variée basée sur les familles et les communautés paysannes.
L’agroécologie n’est pas à vendre !
Nous rejetons toutes les tentatives pour étendre le marché des émissions carbone et des mécanismes de compensation de type REDD aux systèmes de puits de carbone, même quand ces initiatives sont déguisées par la Banque Mondiale sous la forme de mesures de soutien aux petites exploitations agroécologiques ou bien à une “Agriculture respectueuse du climat”. Les raisons de ce refus sont les suivantes :
* Tout comme c’est le cas du REDD pour les forêts, le carbone de nos sols deviendra majoritairement la propriété d’entreprises polluantes du Nord. On nous demande tout simplement de vendre et de privatiser notre carbone.
* Le marché volontaire des puits de carbone ne sera rien d’autre qu’un nouvel espace pour la spéculation financière, ce qui veut dire que tant que les agriculteurs ne toucheront que quelques centimes, les spéculateurs amasseront des profits substantiels.
* Il s’agit simplement d’une nouvelle façon pour les pays et industries polluants de se soustraire à leurs véritables obligations en matière de réductions réelles d’émissions.
* C’est également un moyen pour déplacer l’attention portée aux émissions massives de carbone produites par l’agriculture industrielle et l’agrobusiness, surtout dans les pays du Nord, afin de transférer le fardeau de la réduction des émissions sur les épaules des paysans du Sud, alors que rien n’est fait pour réduire les émissions causées par l’agriculture industrielle.
* Si nous paysannes et paysans, signons un accord sur les puits de carbone, nous allons perdre notre autonomie et le contrôle sur nos systèmes agricoles. Ce seront des bureaucrates de l’autre côté de la terre, des gens qui ne connaissent rien à nos sols, à nos pluies, à nos pentes, à nos systèmes alimentaires locaux, à notre économie familiale, etc., qui décideront des méthodes agricoles que nous devrons utiliser ou ne pas utiliser.
* L’agroécologie procure une somme de bienfaits pour l’environnement et les moyens d’existence des paysans. Par contre, en réduisant la contribution des pratiques agroécologiques à la seule valeur du carbone séquestré, non seulement on dévalue les autres bénéfices de ces pratiques, mais on peut également créer des incitations perverses à altérer ces pratiques (et ouvrir la porte aux technologies telles que les OGM) dans l’unique but de maximiser le carbone plutôt que de valoriser les autres apports de l’agroécologie.
* Cette initiative est inséparable de la tendance néolibérale à vouloir convertir absolument tout (la terre, l’air, la biodiversité, la culture, les gènes, le carbone, etc.) en capital, lui attribuant une valeur monétaire qui permet ensuite de négocier ces éléments sur un marché spéculatif quelconque.
* Si la valeur actuelle - relativement faible - du carbone séquestré devait augmenter sur le marché spéculatif, cela pourrait générer une nouvelle course à l’accaparement des terre afin de s’emparer des crédits pour les puits de carbone, étant donné que la concentration des terres est un prérequis si l’on veut rendre rentables les crédits liés au puits de carbone.
* Le marché volontaire des puits de carbone ne sera rien d’autre qu’un nouvel espace pour la spéculation financière, ce qui veut dire que tant que les agriculteurs ne toucheront que quelques centimes, les spéculateurs amasseront des profits substantiels.
* Il s’agit simplement d’une nouvelle façon pour les pays et industries polluants de se soustraire à leurs véritables obligations en matière de réductions réelles d’émissions.
* C’est également un moyen pour déplacer l’attention portée aux émissions massives de carbone produites par l’agriculture industrielle et l’agrobusiness, surtout dans les pays du Nord, afin de transférer le fardeau de la réduction des émissions sur les épaules des paysans du Sud, alors que rien n’est fait pour réduire les émissions causées par l’agriculture industrielle.
* Si nous paysannes et paysans, signons un accord sur les puits de carbone, nous allons perdre notre autonomie et le contrôle sur nos systèmes agricoles. Ce seront des bureaucrates de l’autre côté de la terre, des gens qui ne connaissent rien à nos sols, à nos pluies, à nos pentes, à nos systèmes alimentaires locaux, à notre économie familiale, etc., qui décideront des méthodes agricoles que nous devrons utiliser ou ne pas utiliser.
* L’agroécologie procure une somme de bienfaits pour l’environnement et les moyens d’existence des paysans. Par contre, en réduisant la contribution des pratiques agroécologiques à la seule valeur du carbone séquestré, non seulement on dévalue les autres bénéfices de ces pratiques, mais on peut également créer des incitations perverses à altérer ces pratiques (et ouvrir la porte aux technologies telles que les OGM) dans l’unique but de maximiser le carbone plutôt que de valoriser les autres apports de l’agroécologie.
* Cette initiative est inséparable de la tendance néolibérale à vouloir convertir absolument tout (la terre, l’air, la biodiversité, la culture, les gènes, le carbone, etc.) en capital, lui attribuant une valeur monétaire qui permet ensuite de négocier ces éléments sur un marché spéculatif quelconque.
* Si la valeur actuelle - relativement faible - du carbone séquestré devait augmenter sur le marché spéculatif, cela pourrait générer une nouvelle course à l’accaparement des terre afin de s’emparer des crédits pour les puits de carbone, étant donné que la concentration des terres est un prérequis si l’on veut rendre rentables les crédits liés au puits de carbone.
Comment l’Agroécologie devrait être soutenue par les politiques publiques
* Soutenir les programmes de formation de paysan-à-paysan gérés par les organisations paysannes
* Soutenir les écoles de formation en agroécologie gérés par les organisations paysannes
* Mettre fin à toutes les subventions directes et indirectes à l’agriculture industrielle
* Bannir les OGM et tous les produits chimiques agricoles dangereux
* Fournir des crédits à la production aux agriculteurs qui produisent de manière agroécologique
* Réorienter les appels d’offres publics pour la fourniture d’aliments aux hôpitaux, écoles, etc., vers l’achat à un prix équitable d’aliments écologiques produits par des petits producteurs
* Soutenir les marchés de producteurs écologiques pour la vente directe aux consommateurs
* Transformer les cursus de formation agricoles afin de les concentrer sur l’agroécologie et la méthodologie du transfert de connaissances de paysan-à-paysan
* Créer des incitations en vue d’établir un prix de vente équitable pour les aliments locaux produits de manière écologique
* Etc.
* Soutenir les écoles de formation en agroécologie gérés par les organisations paysannes
* Mettre fin à toutes les subventions directes et indirectes à l’agriculture industrielle
* Bannir les OGM et tous les produits chimiques agricoles dangereux
* Fournir des crédits à la production aux agriculteurs qui produisent de manière agroécologique
* Réorienter les appels d’offres publics pour la fourniture d’aliments aux hôpitaux, écoles, etc., vers l’achat à un prix équitable d’aliments écologiques produits par des petits producteurs
* Soutenir les marchés de producteurs écologiques pour la vente directe aux consommateurs
* Transformer les cursus de formation agricoles afin de les concentrer sur l’agroécologie et la méthodologie du transfert de connaissances de paysan-à-paysan
* Créer des incitations en vue d’établir un prix de vente équitable pour les aliments locaux produits de manière écologique
* Etc.
Engagements de La Via Campesina
Alors que nous ne cessons d'exiger de nos gouvernements qu'ils prennent la question du changement climatique à bras-le-corps, nous nous engageons à bâtir l’agroécologie et la Souveraineté Alimentaire depuis la base. Nous nous engageons en faveur des mesures concrètes suivantes:
1. Nous allons continuer à renforcer le mouvement pour l’agroécologie à la base afin de nous adapter aux changements climatiques en cours.
2. Nous nous efforcerons de “garder le carbone dans le sol et dans les arbres” dans les territoires sous notre contrôle, en promouvant les pratiques agroforestières, la plantation d’arbres, la conservation de l’énergie, mais aussi en luttant contre l’accaparement des terres par les entreprises minières et les plantations industrielles.
3. Nous allons continuer à faire pression sur les gouvernements à tous les niveaux afin qu’ils adoptent la souveraineté alimentaire comme étant la solution au changement climatique.
4. Nous allons poursuivre la lutte contre l’inclusion de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie dans les mécanismes des marchés du carbone.
5. Nous allons poursuivre notre lutte pour la réforme agraire afin que la terre soit redistribuée aux paysannes et aux paysans qui pratiquent une agriculture durable et contre toute usurpation de terres.
6. Nous allons construire un puissant mouvement qui fera entendre la voix des paysans et des paysannes et nous seront présents avec d’autres secteurs de la société civile à la conférence climatique COP-17 de Durban ainsi qu’à la Conférence de Rio +20 au Brésil. Nous y porterons le message comme quoi nous nous opposons aux fausses solutions proposées pour soi-disant lutter contre le changement climatique et nous exigerons l’adoption des Principes de Cochabamba. Nous mettrons en avant les bénéfices de l’agriculture paysanne durable et de la souveraineté alimentaire en tant que principales et réelles solutions pour lutter contre le changement climatique.
Non à l’accaparement des terres au nom du climat !
Notre carbone n’est pas à vendre !
L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !
Les méthodes de production agroécologiques des petits paysans refroidissent la planète !
Globalisons la lutte ! Globalisons l’Espoir !
Source: http://www.confederationpaysanne.fr/index.php?rubrique_id=646
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vendredi 26 août 2011
Brésil : manifestation des sans-terre
AFP Publié
Déçus par la politique agraire de l'ancien président brésilien Lula et l'expansion de l'agrobusiness au détriment de l'agriculture familiale, 4.000 paysans sans terre ont manifesté à Brasilia pour réclamer une réforme agraire à la présidente Dilma Rousseff. "Dilma (Rousseff) a enrichi le +latifundio+ (grands propriétaires terriens) et a oublié les sans-terre", ont scandé toute la semaine les paysans qui campent au coeur de la la capitale du Brésil dans l'attente d'une réponse.
"Le Brésil est le champion du monde de la mauvaise distribution des terres (...) et la concentration des propriétés a maintenant tendance à augmenter, en raison du boom des matières premières qui ont déclenché une ruée vers l'achat de terres", a déclaré à l'AFP Miguel Carter, coordinateur du livre "Le Mouvement des sans-terre et la réforme agraire au Brésil". Dans ce pays, 1% des grands propriétaires occupent 45% des terres cultivables, d'après les chiffres officiels. Il y a une semaine, quelque 50.000 paysannes avaient également manifesté à Brasilia pour réclamer notamment l'accès à la terre.
Le porte-parole du MST et de Via Campesina, José Valdir Misnerovizz, reconnaît que l'arrivée au pouvoir en 2003 de Luiz Inacio Lula da Silva, un ancien ouvrier métallurgiste allié historique des mouvements sociaux, "a entraîné une grande attente" mais que les résultats ont "déçu". "Lula nous a promis beaucoup de choses mais rien ne s'est concrétisé", a dit à l'AFP José Gino de Oliveira, père de sept enfants et qui depuis 2003 attend un lopin de terre, dans un campement précaire au bord d'une route. Le MST, mouvement social brésilien le mieux organisé et symbole de la lutte paysanne, est né il y a 27 ans pour obtenir des terres pour les pauvres.
Mais la lenteur de la réforme agraire semble l'avoir essoufflé et il ne réussit plus à mobiliser, comme avant, des dizaines de milliers de personnes lors de ses manifestations à Brasilia. Néanmoins, il maintient sa politique d'occupations de propriétés terriennes pour faire pression sur le gouvernement et cette semaine il a envahi la plus grande plantation d'oranges du pays, dans l'Etat de Sao Paulo.
Le gouvernement de Lula dit avoir distribué une terre à 600.000 familles de 2003 à 2010. Cependant les mouvements paysans affirment qu'il existe encore dans le pays quatre millions de familles sans terre et que 200.000 d'entre elles vivent dans des campements sans infrastructure. "Le gouvernement a distribué des terres et les chiffres peuvent paraître élevés mais c'est encore insuffisant" dans un pays où les gros agriculteurs font progresser la balance commerciale et leur lobby a un poids énorme au parlement et alors que "Lula n'est pas entré en conflit avec ces secteurs", a souligné Carter. "Maintenant le sentiment est que la réforme agraire a disparu du calendrier et du discours de Rousseff", héritière politique de Lula qui a pris es fonctions en janvier, a déclaré à l'AFP le professeur et et spécialiste en questions agraires de l'Université de Brasilia, Sergio Sauer.
D'après lui, Lula et Rousseff ont développé des programmes de lutte contre la pauvreté qui ont sorti des millions de personnes de la misère mais "cette politique devrait aussi exproprier les terres (improductives) à des fins de réforme agraire (...) pour mettre fin à la misère dans les campagnes".
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La Fourchette en colère
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