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vendredi 13 avril 2012

Se nourrir sans argent, en recyclant des montagnes de nourritures gaspillées


PAR BENJAMIN LESAGE (13 AVRIL 2012)
Comment faire pour manger quand on a décidé de se passer d’argent ? Rien de bien compliqué, semble-t-il, pour Benjamin et ses acolytes. Les trois jeunes Européens, sur les routes du monde depuis plus d’un an, trouvent tous les jours de quoi s’alimenter, principalement en glanant parmi les tonnes de nourriture gaspillée chaque jour. Ils comptent aussi sur la générosité des habitants croisés en route.

Se nourrir sans utiliser d’argent peut paraître impossible. Au cours de notre voyage, dans les pays économiquement développés, nous nous sommes pourtant débrouillés en « recyclant » la nourriture dans les poubelles des supermarchés et des boulangeries, ou en demandant directement si nous pouvions « sauver » la nourriture destinée à la poubelle. Bien souvent, les directeurs des magasins acceptent. Parfois certains refusent, allant même jusqu’à jeter de l’eau de javel sur les poubelles pour être sûrs que personne n’ira fouiller dedans !

En général, nous mangeons très bien. Même s’il nous arrive de ne manger que du pain, ou des fruits. Nous sommes tellement habitués, avec l’argent, à avoir tout tout de suite que nous perdons la valeur des aliments. Nous oublions le plaisir de manger, d’apprécier un fruit, un plat bien cuisiné. Au Maroc, les gens nous ont souvent invités pour un thé ou un couscous. C’est là, au cours de notre voyage, que nous avons rencontrés les gens les plus chaleureux et les plus généreux, toujours prêts à partager. Il y a au Maroc beaucoup moins de gaspillage qu’en France, sauf dans les lieux touristiques, qui regorgent de restaurants étrangers, et dans lesquels nous pouvions recycler pas mal de nourriture.

En Amérique latine, les gens nous ont beaucoup offert à manger. Nous recyclions dans les lieux touristiques et bénéficions de la générosité des gens dans les petits villages. Même dans les lieux les plus pauvres, les gens jettent de la nourriture, comme dans les marchés, où l’on trouve toujours quelques fruits ou légumes abîmés. Au Mexique, par exemple, les fruits et les légumes sont abondants, et nous récupérons des kilos de nourriture que nous cuisinons et partageons.

Poubelles cadenassées

Notre récent voyage aux États-Unis fut un grand choc. Nous avons mangé comme des rois, de la nourriture bio et végétarienne, qui termine dans les poubelles des grands supermarchés. Des tonnes et des tonnes de nourriture qui se perdent chaque jour, parfois sous le nez des pauvres de ce pays. La plupart des gérants ferment les poubelles avec des cadenas.
Lorsque nous trouverons un terrain, nous voulons pouvoir semer nos propres graines et produire notre propre nourriture, pour ne plus dépendre des restes du système. Mais d’ici là, voyant toute cette nourriture gâchée, nous nous faisons presque un devoir de la recycler. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO), plus d’un milliard d’être humains souffrent de malnutrition et plus d’un milliard souffrent d’obésité. Nous produisons dans le monde suffisamment de nourriture pour 12 milliards d’êtres humains, estime la FAO. Mais plus d’un tiers de la nourriture produite termine à la poubelle. Un taux de gaspillage qui s’élève à 50 % dans certains pays comme les États-Unis !

Une injustice liée à l’idée de l’abondance, véhiculée par le système capitaliste : des supermarchés pleins de nourriture, de tout à chaque instant, des produits qui périment trop vite, qui viennent de trop loin. Très peu de restaurants, de boulangeries ou de supermarchés ne jettent pas de nourriture. Beaucoup nous critiquent en disant que nous profitons du système, que manger les restes, ce n’est pas l’auto-suffisance. Ils ont raison : nous ne prétendons pas vivre en dehors du système. Au contraire, nous voulons y rester pour participer au changement.
Benjamin Lesage

mercredi 21 mars 2012

En Grèce, le “mouvement des pommes de terre” prend de l’ampleur


Des communes du Péloponnèse développent la vente directe entre producteurs et consommateurs. Elles commandent fruits, légumes, huile d’olive en grande quantité et organisent des marchés en plein air, court-circuitant les intermédiaires, pour le plus grand bonheur des habitants. “Il n’y a plus d’argent. Tout le monde essaie de réduire les dépenses où il peut. C’est une super initiative des autorités locales pour la communauté”, confie une consommatrice.
Pour le maire d’une des communes qui participent à l’opération, c’est un succès. “C’est la première fois que nous faisons ça. Nous avons eu quelques soucis d’organisation mais nous avons accueilli plus de 3.000 personnes”, explique Iraklis Yiotsis.
Il faut dire qu‘à 25 centimes d’euros le kilo contre 70 au supermarché, les patates se vendent comme des petits pains ! Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à envisager de participer à ce type d’actions. Et les grecs espèrent bien que cela obligera la grande distribution à baisser ses prix.
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«AU BRÉSIL PRÈS DE 186 MILLE FAMILLES PAYSANNES VIVENT SOUS DES TENTES. NOUS ATTENDONS DU NOUVEAU MINISTRE QU’IL ACCÉLÈRE LES EXPROPRIATIONS DE TERRE ET LA RÉFORME AGRAIRE.»


Interview d’Alexandre Conceiçao, membre de La Direction Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil (MST), 16 mars 2012.
Par Luiz Felipe Albuquerque
De la Page du MST


Alexandre Conceiçao, membre de la Direction Nationale 
du Mouvement des Travailleurs ruraux Sans terre (MST, Brésil)


Luis Felipe Albuquerque – Comment évalues-tu le changement de ministre du développement agraire ?


Alexandre Conceição - Ce changement incombe à la présidente Dilma. Cependant nous attendons que le nouveau ministre accélère le processus d’expropriation des terres, ce qui n’a pas été fait en 2011 à cause de la bureaucratie interne de l’INCRA (Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire) et du Ministère lui-même. Les premières victimes ont été les familles installées dans les campements.


La présidente fait valoir que la réforme agraire ne consiste pas seulement à remettre des terres. Nous sommes d’accord là-dessus mais aujourd’hui la réalité, c’est qu’il y a près de 186 mille familles qui vivent sous des tentes dans tout le Brésil. Si l’on ne crée pas de nouvelles unités productives de plus en plus de familles vont aller vivre dans des campements, ce qui créera davantage de problèmes pour le gouvernement lui-même. Voilà pourquoi nous attendons l’accélération des expropriations des latifundiums (grandes propriétés non productives) de la part du ministre et de l’INCRA.

L.F.A - pourquoi ces chiffres extrêmement faibles pour la réforme agraire en 2011 ?


A.C. - Les données pour 2011 sont les pires des 16 dernières années. La présidente a signé le premier décret d’expropriation des terres juste à la fin du mois de décembre, ce qui démontre que l’INCRA ne fonctionnait pas et que le MDA (Ministère du développement agraire) ne dialoguait pas avec l’INCRA, au détriment de la possibilité d’expropriation. Le gouvernement a un modus operandi qui ne fait qu’aggraver la bureaucratie du ministère et de l’INCRA. Nous attendons que le gouvernement dégèle le processus et reprenne les expropriations de terre.


Travailleurs ruraux occupant des grands domaines pour les mettre 
en production, et qui sont actuellement menacés par la justice, 
Buriticupu, État de Maranhao, 2012.


L.F.A. – Quelles sont vos attentes pour l’avenir?

A.C. - Nous attendons que le gouvernement puisse accélérer et débureaucratiser l’INCRA et le MDA. Les surintendants de l’INCRA dans chaque État doivent se rendre dans les zones rurales pour établir le cadastre précis des zones qui peuvent bénéficier de la réforme agraire, mener les enquêtes de terrain et mettre en oeuvre rapidement les processus d’expropriation de terres.


Ces nombreuses familles qui vivent dans des campements au Brésil vont lutter dans la période qui vient. Avec la poussée de l’agro-business et du capital international dans l’agriculture brésilienne, l’expulsion des familles des zones rurales et le travail esclave se sont renforcés. Ce qui a entraîné une augmentation des problèmes sociaux. De plus en plus des paysans qui campent au bord des routes sont prêts à s’engager dans la lutte pour la terre.


Malgré le discours gouvernemental d’investissement dans la réforme Agraire, dans les unités productives et dans l’expropriation des terres, il n’y a pas de budget. Couper dans un budget déjà si restreint nous fera perdre une année de plus. Le gouvernement doit augmenter, non pas réduire, le budget pour permettre de réels investissements.


Travailleurs ruraux réduits en esclavage, 
État de Goiás, Brésil, 2012.


L.F.A. – Le gouvernement a pris des engagements vis-à-vis du MST lors des mobilisations du mois d’août. Ces engagements ont-ils été respectés?


A.C. - Non, il y a eu très peu de progrès. Nous mobilisons notre base du nord au sud. Nous avons obtenu un budget supplémentaire et une plus grande adéquation des ressources. Cependant le budget n’a été libéré qu’en décembre: à cause de ce blocage de l’INCRA et du MDA, moins de la moitié du montant a été utilisée. Pour te donner une idée, seules 600 familles du mouvement des Travailleurs sans Terres (MST) ont bénéficié de ce supplément.

L.F.A. – Qu’attend le mouvement de la journée de lutte en avril prochain ?


A.C. - La journée des femmes a eu beaucoup de succès pendant la semaine du 8 mars, avec des mobilisations dans huit États. La semaine passée d’autres mobilisations ont eu lieu dans des agences bancaires pour revendiquer l’accès au crédit destiné à l’agriculture familiale. Ce sont des exemples qui montrent la volonté populaire de lutter.


La journée d’avril constituera une autre mobilisation de masse, avec des actions dans divers états : marches, occupations, actes publics en défense de la réforme Agraire et en mémoire des victimes du massacre dans l’Eldorado de Carajás. La réforme Agraire et l’agenda des mouvements de la Via Campesina ne se détacheront qu’en étant portés par ces grandes mobilisations. C’est pourquoi dans cette journée doivent s’additionner les mobilisations de tous les mouvements ruraux.


Mobilisation des Travailleuses Rurales sans Terre 
dans tout le Brésil, mars 2012.


L.F.A. – Quelles seront les principales revendications ?


A.C. – C’est faux de dire que ce pays va se développer grâce à l’agriculture familiale sans créer de nouvelles unités de production, car l’exploitation des ressources naturelles est liée directement à la concentration des terres, principalement par les entreprises transnationales qui prennent possession de nos terres. Rien que la Chine, par exemple, a consacré un budget de 30 milliards de dollars pour l’achat de terres au Brésil l’an dernier, c’est une dénationalisation de nos terres. C’est pourquoi la revendication principale est le territoire et l’expropriation, la déconcentration du territoire à travers laréforme Agraire. 

L.F.A. – Et en ce qui concerne les unités de production ?


A.C. – Les politiques publiques menées tout au long des gouvernements de Lula et de Dilma pour développer ces unités productives, ont permis des avancées importantes mais elles doivent s’améliorer et d’autres doivent être soumises à révision. Nous avons besoin d’une requalification de ces politiques tant du point de vue budgétaire que de celui de la débureaucratisation pour qu’elles s’universalisent au Brésil. À quoi servent de bonnes politiques si elles ne concernent que peu de familles.


Le gouvernement doit concrétiser la mise en oeuvre du programme des agro-industries pour que les petits agriculteurs et les unités de production puissent non seulement fonctionner, améliorer les productions naturelles, ajoutant de la valeur à leurs produits et générant des revenus pour les familles. Dans ce but nous avons besoin de science et de technologie au service de la réforme Agraire.

L.F.A. – Comment va l’assistance technique ?


A.C.- Nous allons lutter pour que l’assistance technique soit universelle et continue. Le processus reste saisonnier parce qu’il souffre du manque de budget à chaque récolte. Autrement dit il n’y a pas de continuité dans le processus et celui-ci n’est pas encore devenu une politique massive. Il y a beaucoup d’erreurs, par conséquent la production souffre du manque d’assistance technique. Pour que l’agriculture familiale continue à produire des aliments, il faut une assistance technique universelle, une capacité technique et l’incorporation de technologie orientée vers l’agroécologie, pour éliminer la consommation élevée d’agros-toxiques qui résulte de cette matrice de production calquée sur l’agro-business.


Travailleurs ruraux Sans Terre résistant à la répression de la police
et des hommes de main des grands propriétaires, 
Hacienda Serro Azul, municipalité d'Altinho, État de Pernambuco, 2012.

  
L.F.A. – Que signifie l’articulation des diverses organisations rurales ?


A.C. - La lettre historique signée le 28 février 2012 par toutes les organisations rurales du Brésil est un symbole puissant (1). Il y a plus de 50 ans, en avril 1961, que pour la première et seule fois dans l’Histoire toutes les forces rurales se sont réunies pour le premier Congrès Paysan du Brésil. La lettre est chargée de toute cette symbologie – les forces rurales qui se retrouvent à nouveau après 50 ans pour faire une révision du monde rural, de la situation agraire du pays et refaire une analyse ensemble, avec le désir d’orienter le gouvernement et la société dans la défense de la réforme Agraire.


Plusieurs réunions et rencontres entre nos mouvements se déroulent actuellement pour tracer le programme de lutte pendant toute l’année, avec de grandes mobilisations. Peut-être que nous pourrons répéter le grand congrès de 61. Chaque organisation a son propre agenda politique mais du point de vue de la lutte pour la réforme agraire nous marchons déjà dans le même sens.


Notes :
(1)  Lire le manifeste unitaire historique des mouvements sociaux ruraux brésiliens ici : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/03/02/manifeste-historique-des-organisations-sociales-rurales-du-bresil/
Source : MST
Traduction : Thierry Deronne


Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Salete Carollo, prointer@mst.org.br
Pour une info continue en français sur les activités du MST : 




Source:
http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/03/21/au-bresil-pres-de-186-mille-familles-paysannes-vivent-sous-des-tentes-nous-attendons-du-nouveau-ministre-quil-accelere-les-expropriations-de-terre-et-la-reforme-agraire/

lundi 5 mars 2012

Grèce : le "mouvement des patates" déclare la guerre à la vie chère


Des tonnes de pommes de terre à prix cassés grâce à la vente directe au consommateur: le "mouvement des patates" secoue la Grèce ankylosée par des années de spirale inflationniste qu'ont favorisée des citoyens peu regardants à la dépense.
Les images d'élégantes en talons traînant un filet de pommes de terre jusqu'à leur voiture, de familles entassant des filets dans leurs chariots, ont fait le tour des médias grecs.

Lire la suite:
http://www.boursorama.com/actualites/grece-le-mouvement-des-patates-declare-la-guerre-a-la-vie-chere-7bd79404e3b6b896cb65f116fd4da56c 

jeudi 26 janvier 2012

Espagne: des violations des droits de l'Homme dans la récolte des fraises

MADRID, 26 jan 2012 (AFP) - La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a dénoncé jeudi des "violations des droits de l'homme" envers les travailleurs marocains dans la récolte des fraises à Huelva, dans le sud de l'Espagne, un des premiers pays producteurs au monde.

Cette ville d'Andalousie, "où la fraise est cultivée de manière intensive, à destination de l'exportation vers les marchés européens, attire pendant plusieurs mois de l'année une abondante main d'oeuvre temporaire (plus de 50.000 personnes), constituée majoritairement par des travailleurs immigrés", écrit la FIDH dans un rapport.


Alors que l'Espagne souffre d'un taux de chômage de 21,52%, un record parmi les pays industrialisés, la récolte des fraises reste "un secteur peu attractif pour les travailleurs", souligne la fédération, ce qui  explique le recours aux étrangers.
Pour cela "le gouvernement espagnol a adopté le système du recrutement (dans le pays) d'origine", en "embauchant dans leurs pays des milliers de personnes qui sont transportées et ensuite réparties entre les différentes plantations".
Avant de signer, "les travailleurs s'engagent à retourner dans leur pays à la fin de leur contrat".

Et comme la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie, habituels viviers de recrutement, font désormais partie de l'Union européenne, ce qui leur permet la liberté de circulation, ce système "ne touche que les travailleurs marocains", note la FIDH.
Ces derniers sont soigneusement choisis: "des femmes mariées et avec des enfants à charge", ce qui "doit théoriquement garantir qu'elles retournent dans leur pays" à la fin de la saison.

Sur place, ces immigrées se retrouvent face à "un cadre juridique peu protecteur (...) dans lequel les jours non travaillés ne sont pas payés et la représentation syndicale de ces travailleurs est presque impossible", écrit la fédération, qui insiste sur "les violations des droits de l'Homme qu'entraîne ce modèle de migration circulaire".

La FIDH demande donc au gouvernement espagnol d'accorder des permis de séjour permanents à ces travailleurs et d'améliorer leur protection, mais s'adresse aussi au gouvernement marocain en exigeant qu'il "mette fin aux critères de discrimination à l'embauche".

mercredi 25 janvier 2012

Plus de 240 000 tonnes de nourriture finissent à la poubelle chaque jour en Europe


Près 50 % d'aliments sains sont gaspillés chaque année dans l'UE, par les ménages, les supermarchés, les restaurants et la chaîne alimentaire, alors que 79 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et que 16 millions dépendent de l'aide alimentaire d'œuvres de charité. Dans une résolution adoptée jeudi 19 janvier 2012, le Parlement demande des mesures urgentes en vue de réduire de moitié les gaspillages alimentaires d'ici 2025 et d'améliorer l'accès aux aliments pour les personnes démunies.
Face au gaspillage alimentaire à tous les stades – producteurs, transformateurs, détaillants, services de restauration et consommateurs – les députés européens demandent de mettre en place une stratégie coordonnée, associant des mesures européennes et nationales, afin d'améliorer l'efficacité de la chaîne alimentaire et des circuits de consommation, secteur par secteur, et de s'attaquer d'urgence à ce problème. Si rien n'est fait, le gaspillage alimentaire augmentera de 40 % d'ici 2020, indique une étude publiée par la Commission.
"La question la plus importante à l'avenir sera de répondre à la demande croissante de produits alimentaires, étant donné qu'elle sera supérieure à l'offre. Nous ne pouvons nous permettre plus longtemps de rester dans l'inaction, alors que des aliments sains et comestibles sont jetés à la poubelle. Il s'agit d'un problème éthique, mais également économique et social, avec d'énormes implications sur l'environnement", a déclaré le rapporteur Salvatore Caronna (S&D, IT) avant le vote. "La balle est maintenant dans le camp de la Commission. Nous attendons une stratégie européenne convaincante qui proposera une ligne de conduite permettant aux 27 États membres de s'attaquer au problème de manière systématique" a-t-il ajouté.

Le gaspillage alimentaire en chiffres

Dans le monde, le tiers des aliments produits chaque année pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé, selon un rapport préparé par la FAO.
Dans l'UE27 (Union Européenne des 27) en 2006, le gaspillage alimentaire représentait 89 millions de tonnes par an ou encore plus de 243 000 tonnes par jour. Cela signifie qu'en moyenne, un européen gâche près de 500 grammes de nourriture par jour.
En l'absence de mesures, le gaspillage alimentaire pourrait atteindre 126 millions de tonnes par an en 2020, une hausse de 40 %.

Origine du gaspillage

  • ménages: 42 % (ici, le gaspillage peut être évité à 60%)
  • industrie agroalimentaire: 39 %
  • détaillants: 5 %
  • secteur de la restauration: 14 %
Une nouvelle fois, le consommateur a une importante responsabilité et donc un pouvoir considérable dans ce gâchis inacceptable.

Le gâchis alimentaire en France

Yaourts, viande, plats préparés.. En un an, chaque Français jette en moyenne 7 kg de produits encore emballés, non entamés! Un chiffre étonnant et écoeurant qui ne tient pas compte, par exemple, du pain rassis, des fruits et légumes avariés et des restes cuisinés qui finissent bien souvent aux ordures.

Mieux éduquer pour moins gaspiller

Pour parvenir à une réduction drastique des gaspillages alimentaires d'ici 2025, de nouvelles campagnes de sensibilisation doivent être encouragées aux niveaux européen et national, indique la résolution. Les députés proposent que des cours d'éducation alimentaire soient créés, en particulier dans les écoles, afin de donner des conseils pratiques sur la conservation des denrées alimentaires, leur préparation et leur élimination. Ils proposent également d'échanger les meilleures pratiques. Pour encourager la durabilité dans le secteur alimentaire, les députés demandent de déclarer l'année 2014 "Année européenne contre le gaspillage alimentaire".
Le gâchis alimentaire s'intègre dans le cadre plus général de notre société de surconsommation où l'on achète sans vraiment réfléchir. Pourtant, l'acte d'achat n'est jamais anodin et entretient trop souvent un système qui met gravement en péril notre support de vie. En effet, le consommateur succombe trop souvent aux sirènes du marketing agroalimentaire. Ainsi, nous achetons des produits alimentaires qui nous sont inutiles et coûteux, pire, ce sont souvent ces mêmes produits qui sont préjudiciables à notre santé.
D'une manière générale, il faut éviter d'avoir "les yeux plus gros que le ventre" : les promotions, les prix spéciaux sur les lots, les coupons de réduction, les gagdets "donnés" avec les produits alimentaires ne devraient pas être les principaux critères de choix ! A vouloir faire une bonne affaire ou se faire plaisir, on entasse des produits qui se périment et peuvent contribuer à déséquilibrer notre régime alimentaire. Plus censés, l'achat en vrac (qui tend à se démocratiser), et l'achat réfléchi ("en ai-je vraiment besoin ?") demeurent de bons moyens, simples, de faire des économies, de générer moins de déchets et d'ajuster au mieux la quantité de nourriture dont nous avons vraiment besoin tout en contribuant à préserver notre santé.
Des gestes éco-citoyens sur l'alimentation vous sont proposés sur notre dossier dédié.

Étiquetage et emballage adéquat

Pour éviter que les denrées alimentaires ne soient proposées à la vente dans un délai trop proche de la date de péremption, ce qui augmente le risque de gaspillage, une double date de péremption pourrait être introduite pour indiquer la date limite de vente (date de commercialisation) et la date limite de consommation (date de consommation), précise la résolution.
Tout en ajoutant que la Commission et les États membres doivent néanmoins s'assurer au préalable que les clients comprennent la différence entre les étiquettes utilisées actuellement dans l'UE telles que "à consommer de préférence avant le ..." (lié à la qualité) et "à consommer jusqu'au..." (lié à la sécurité).
Pour permettre aux consommateurs d'acheter la quantité qu'ils souhaitent, les producteurs doivent proposer plusieurs dimensions d'emballages alimentaires et prévoir une meilleure conservation. Les produits proches de la date de péremption ou endommagés doivent être vendus au rabais, de manière à les rendre plus accessibles aux personnes démunies, affirment les députés.

Les institutions publiques doivent privilégier les services de restauration responsables

Les règles de passation des marchés publics pour les services de restauration et d'hôtellerie doivent être revues pour s'assurer, dans la mesure du possible, que les contrats soient passés avec des services de restauration qui utilisent les produits locaux et qui redistribuent gratuitement les invendus aux personnes démunies ou aux banques alimentaires.
Les députés demandent un meilleur ciblage des programmes de soutien européens, notamment en faveur de la distribution de denrées alimentaires aux personnes les plus défavorisées ou de la consommation de fruits et de lait à l'école, afin d'éviter le gaspillage alimentaire.
Les députés se sont également félicités des initiatives de certains États membres pour récupérer les aliments invendus et distribuer ceux-ci aux personnes démunies et ont demandé aux distributeurs de participer à ces programmes.

Source

Il est urgent de réduire de moitié le gaspillage alimentaire dans l'UE - Parlement européen
Source:
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3230_gaspillage_alimentaire_Europe.php

mercredi 7 décembre 2011

Grèce : des recette culinaires pour surmonter la crise


Troisième année consécutive de rigueur drastique. Et la situation ne fait qu’empirer.
Le nouveau budget grec prévoit des coupes salariales, des hausses de taxes, des mises en chômage technique.
Concrètement, les Hellènes ont assisté impuissants à une dégradation brutale de leur niveau de vie. Tous les secteurs ont pâti, y compris le plus basique, l’alimentaire. “C’est serré. Au train où ça va, il faut compter son argent. Ce que l’on pouvait acheter auparavant pour 1€20 coûte aujourd’hui le double, donc tout dépend des économies que votre famille possède”.
C’est dans ce contexte particulier que vient de paraître un livre de recettes de cuisine pour éviter la famine. Cette publication qui compile des articles sur la vie à Athènes pendant l’occupation, fait un véritable tabac. Sorti l’an dernier, il a du être réédité. Pendant la deuxième guerre mondiale, les Grecs ont du faire face à une famine dramatique.
“Ces guides de survie ont sauvé les Athéniens pendant cette période difficile, donc je peux facilement imaginer que oui ces articles peuvent être une aide précieuse particulièrement pour les cols bleus qui ont du mal à gérer leurs finances”, explique Eleni Nikolaidou.
Ce jeune chef est l’auteur d’un livre de recette à succès. Il a aussi son propre show culinaire à la télévision. L’heure est à l’austérité, y compris dans les assiettes, et Bletsas a donc adapté son émission, pour apprendre aux Grecs à manger avec leur faibles moyens : “Les rayons sont pleins de nourriture, mais les gens ne peuvent pas se permettre d’acheter. Ils ont besoin de dépenser leur argent plus judicieusement. Il s’agit de cuisiner ce que les gens mangeaient pendant l’occupation allemande, comme des féculents ou des céréales”.
Autre signe que la tragédie grecque n’en est qu’au second acte, la publication en début de semaine du rapport sur le commerce dans le pays. En deux ans, quelque 60.000 petites entreprises et commerces ont mis la clef sous la porte.
Le président de la Confédération du commerce est amer, Vasilis Korkidis : “Ce rapport va être traduit et envoyé à la troïka pour qu’ils puissent voir le résultat de leurs idées, ou en d’autres mots pour qu’ils puissent se rendre compte de ce qu’ils nous ont fait. L’autre jour, madame Merkel a défini la crise de l’euro comme étant un marathon. Dans le cas de la dette grecque, ils nous ont fait courir déjà au moins six marathons”.
La nouvelle année ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. Au moins autant de petits commerces devraient fermer à leur tour.

vendredi 11 novembre 2011

L'Europe sur le point d'abandonner ses pauvres


Les Banques alimentaires, la Croix Rouge, les Restos du Cœur et le Secours populaire. Quatre associations qui luttent au quotidien pour aider ceux qui ont faim, et qui distribuent tous les hivers des centaines de millions de repas. Quatre associations qui bénéficient du PEAD, le plan européen d'aide aux plus démunis. Un programme qui pourrait bien s'arrêter lundi prochain, alors que les citoyens européens n'ont jamais autant souffert de la crise.

Un quart à un tiers de repas en moins

La création du PEAD remonte à 1987. Un an plus tôt, Coluche et Jacques Delors, alors président de la commission européenne, se rendent devant le parlement européen pour leur demander d'ouvrir les stocks de nourriture que constitue l'Europe pour réguler les prix agricoles. Et ils seront entendus. Jusqu'à cet automne 2011.
Malgré plusieurs réunions, les ministres européens de l'Agriculture ne parviennent pas à s'entendre sur la poursuite de ce plan. Six pays font blocage : l'Allemagne, le Royaume-Uni, la République Tchèque, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas. Six pays qui cherchent à faire des économies sur le dos des plus pauvres.
La réunion de la dernière chance se déroulera lundi 14 novembre. Soit les 27 s'entendent, soit le programme d'aide alimentaire est arrêté. Pour les Restos du Cœur, c'est 23 % du budget alimentaire qui disparaît, soit 20 millions de repas en moins. Pour les Banques alimentaires, le chiffre grimpe à 33 %. « On devra donner moins à nos associations partenaires, et celles qui n'ont pas les moyens de compenser vont mettre la clé sous la porte. Les enjeux politico-financiers nous dépassent ». En Pologne, c'est carrément 80 % de l'aide alimentaire qui dépend de l'Europe.
Dans un tract il y a quelques jours, les Restos osaient la comparaison : « 106 milliards d'€ pour recapitaliser les banques, 100 milliards de prêt pour la Grèce, 1 000 milliards pour le fonds de soutien. Ne reste-t-il pas 500 millions d'€ pour sauver les pauvres d'Europe ? ».

samedi 8 octobre 2011

L'Europe laissera-t-elle ses pauvres avoir faim ?

samedi 08.10.2011, 05:25ANNE-SOPHIE HACHE

 L'Europe laissera-t-elle ses pauvres avoir faim ? PHOTO ARCHIVES PIBL'Europe laissera-t-elle ses pauvres avoir faim ? PHOTO ARCHIVES PIB























| SOLIDARITÉ |
L'aide alimentaire européenne distribuée aux plus démunis est menacée suite à un désaccord entre les pays européens. Elle pourrait être réduite de plus de 70 %.
> De quoi parle-t-on ?
Du programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), une aide alimentaire destinée aux Européens les plus pauvres. Le PEAD fonctionne sur le budget de la Politique agricole commune (PAC). De moins de 100 millions d'euros à sa création en 1987, son budget, renouvelé chaque année, a été porté depuis 2005 à près de 500 millions d'euros.
> Comment fonctionne cette aide ?
L'idée de départ est simple : utiliser les stocks de denrées agricoles en surplus en Europe, directement ou après un troc contre des produits plus élaborés (farine, pâtes etc.), pour les distribuer, via les associations humanitaires de chaque pays, aux plus démunis. Au fil des ans, les stocks ont considérablement diminué suite à une meilleure régulation des marchés agricoles. Pour pallier cette baisse, l'Europe a progressivement complété le dispositif par des achats de produits alimentaires sur les marchés agricoles avec les fonds de la Politique agricole commune (PAC).
> Qui en bénéficie ?
L'aide est répartie entre les pays au prorata du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. En 2011, 13 millions d'Européens bénéficient de cette aide. La participation des pays au programme n'est pas obligatoire : 19 pays sur les 27 y souscrivent.
> Pourquoi est-elle remise en cause ?
L'Allemagne (qui, par ailleurs, ne souscrit pas au programme) a déposé un recours devant la Courde justice de l'Union européenne au motif que l'aide, de moins en moins liée aux stocks, n'était pas légale. La Cour européenne a tranché dans ce sens en avril : l'aide devra se limiter majoritairement aux stocks et ne pourra plus être complétée par l'achat de produits agricoles. Résultat : elle risque, les deux prochaines années, d'être amputée de 76 %. À plus longue échéance, sa pérennité sera discutée en 2013 quand seront décidées les nouvelles orientations budgétaires de l'Europe.
> Quelle est la prochaine échéance ?
Le 20 octobre, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Lemaire, défendra la poursuite de l'aide alimentaire devant ses homologues européens lors d'un conseil des ministres européens de l'agriculture. Sur les 27, six pays - l'Allemagne, la Suède, le Danemark, le Royaume Uni, la République tchèque, les Pays Bas - s'opposent à la poursuite de cette aide et empêchent de trouver un accord.