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vendredi 2 mars 2012

Paysans sans terre : ici et là-bas, au Centre Jean Vilar

Le 20 mars prochain, un collectif réunissant les associations Gandhi International, Peuples Solidaires, la Confédération Paysanne, la Paix en Marche, Terre de liens, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement et Artisans du Monde Angers, organise, avec le soutien du centre Jean Vilar d’Angers, une soirée projection-conférence-débat sur le thème de l’Inde.



La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont littéralement laissés pour compte
La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont littéralement laissés pour compte.

Mohandas Karamchand Gandhi plus communément appelé Mahatma Gandhi (Mahatma voulant dire grande âme) était le guide spirituel de l'Inde et du mouvement pour l'indépendance de ce pays. Reconnu comme le Père de la Nation indienne, son anniversaire, le 2 octobre, est devenu une fête nationale. Cette date a été déclarée Journée internationale de la non-violence par l'Assemblée générale des Nations unies. 

Gandhi avait réussi à mettre à la porte le colonisateur Anglais. Mais celui-ci est revenu par la fenêtre... La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont écrasés par leurs dettes, les expropriations, la logique du marché. Ils vont alors voir grossir les immenses bidonvilles des mégapoles, balayer les rues ou travailler à l’usine pour des salaires de misère. 

Le 2 octobre 2007, jour de la fête nationale, 25.000 paysans sans terre se rassemblent à Gwalior, en Inde, pour une marche d’un mois à travers le pays. Ce sera Janadesh, le verdict du peuple. Leur but: le parlement de New Delhi. Leur objectif: obtenir des terres gouvernementales pour vivre dignement. 

« La marche des gueux », la force libératrice de la non-violence, un film documentaire de Louis Campana et François Verlet, illustre cette grande mobilisation. Il sera présenté à l’occasion d'un soirée consacrée aux paysans sans terre, au centre Jean Vilar à Angers, le mardi 20 mars 2012, de 19h45 à 22H30 


PROGRAMME :

19h45 : Accueil du public

20h : Diffusion du film de Louis Campana et François Verlet, La Marche des Gueux. Louis Campana, également président de l’association Gandhi International, sera présent lors de la soirée pour présenter son film. 

20h45 : Témoignage de Gauri Kulkarni, invitée nationale de l’association Peuples Solidaires, sur le thème de la souveraineté alimentaire. La jeune femme est membre du mouvement Ekta Parishad. Depuis 1991, ce mouvement a aidé de nombreuses communautés marginalisées indiennes à s'organiser et à mener des actions collectives pour demander au gouvernement indien l'application des lois visant à la redistribution équitable des terres et des ressources naturelles. 

21h30 : Table Ronde organisée par le collectif et animée par un journaliste. 

Prix d'entrée : 2€50 

Réservation : 06 47 15 39 82 ou reservation.octovales@live.fr

vendredi 6 janvier 2012

Nestlé: l'Inde participe aux projets Nescafé de 350 mio CHF


Vevey (awp) - Nestlé a annoncé jeudi avoir mis sur pied sa première ferme de démonstration en Inde pour aider les agriculteurs à augmenter la qualité, la productivité et le développement à long terme de la culture du café. Cet initiative avec les paysans indiens est une partie du plan Nescafé, qui correspond à un investissement de 350 mio CHF sur 10 ans dans différents projets liés au café, selon un communiqué.

Les Etats du Karnataka, du Kerala et du Tamil Nadu participent au développement des pratiques agricoles pour répondre à la demande de café soluble qui augmente en Inde, d'après Nestlé.

Les objectifs du plan Nescafé visent à doubler les achats directs de café d'ici 2015 et à fournir aux agriculteurs 220 millions de plants de café d'ici 2020. Le plan a déjà été mis en place en Chine, en Colombie, en Côte d'Ivoire, en Indonésie, au Mexique, aux Philippines, en Thaïlande et au Vietnam.

source: http://www.romandie.com/news/n/Nestle_l_Inde_participe_aux_projets_Nescafe_de_350_mio_CHF050120121201.asp

dimanche 1 janvier 2012

Chocolat: va-t-on bientôt manquer de cacao ?

De plus en plus de grandes entreprises chocolatières s'inquiètent de leur approvisionnement futur en fèves de cacao. La production augmente mais pas autant que la consommation. On craint un déficit d’un million de tonnes d’ici dix ans.

La principale raison de cette inquiétude, c'est un déséquilibre entre la production mondiale de fèves de cacao et les niveaux de consommation. La production a régulièrement augmenté ces dernières années, mais la consommation encore plus. Les professionnels chiffrent à 2,5% par an la hausse de la demande mondiale de chocolat et donc de cacao.
Cette hausse vient de l'arrivée de nouveaux consommateurs, principalement asiatiques. Avec la hausse du niveau de vie en Chine et en Inde, il y a de plus en plus d'appétit pour le chocolat et les produits chocolatés. Mais la hausse de la demande vient aussi des pays d'Europe de l'Est, la Russie par exemple. L'Europe et les Etats-Unis n'ont plus le monopole de la consommation de chocolat.


Lire la suite:
http://www.rfi.fr/afrique/20111229-chocolat-cacao-cote-ivoire 

lundi 24 octobre 2011

Sans les Sikhs d'Italie, le parmesan serait en voie de disparition

Manjit Singh maîtrise parfaitement la fabrication du parmesan: ce Sikh 
de 34 ans appartient à une grande communauté arrivée massivement 
du Penjab en Italie, sans laquelle la fabrication de l'emblématique fromage 
serait en voie de disparition.
Barbe soignée et turban immaculé sur la tête, Manjit était chauffeur de taxi 
avant de quitter son Inde natale il y a sept ans pour devenir l'artisan fromager 
d'une fabrique familiale à Zibello, non loin de Parme (nord-est). 

Un grand nombre des 25.000 Sikhs qui vivent en Italie, essentiellement entre 
Lombardie et Emilie-Romagne, sont originaires de la région pauvre du Pendjab. 
Calmes et appliqués, ils sont devenus indispensables à l'industrie du parmesan.
Les laiteries absorbent une énorme quantité de ces travailleurs durs à la tâche, 
mais certains comme Manjit se sont hissés à des fonctions-clef dans un secteur 
symbole du Made in Italy.
"Je cherchais n'importe quoi comme travail quand je suis arrivé, même plongeur 
dans un restaurant. J'étais prêt à tout mais là, j'aime vraiment beaucoup être un 
artisan fromager", explique à l'AFP-TV M. Singh, père de deux enfants et bientôt 
d'un troisième.
Graziano Cacciali, propriétaire de l'usine où travaille M. Singh, l'a pris à ses côtés 
en 2004 après quatre pontages coronariens et se dit très satisfait d'avoir enseigné 
à cet Indien un art que les Italiens ne veulent plus apprendre.
"Il n'y a plus du tout d'Italiens dans cette industrie. Il faut travailler de longues 
heures (de 6H00 à 20H00 avec une pause à mi-journée de quatre heures environ), 
le week-end, les jours fériés, chaque jour de l'année", souligne-t-il.
"Les jeunes ne veulent plus faire ce type de boulot, les Italiens ont de l'argent 
maintenant", regrette-t-il encore. Alors que le salaire est pourtant intéressant: 
entre 1.800 et 2.000 euros nets mensuels.
Malgré sa santé fragile et ses 71 ans, M. Cacciali, qui vit sur place, descend 
tous les jours dans son usine "par passion et il en faut!". Il a succédé à son père 
et travaille depuis l'âge de 12 ans.
Il garde en permanence un oeil sur Manjit Singh qui passe d'une cuve à l'autre 
pour remuer le lait, chauffé pour accélérer le caillage, puis reprend ses allers et 
venues pour briser le caillé avec un fouet géant.
Le processus dure trois ou quatre heures avant que Manjit transfère le fromage 
à peine formé dans un moule, placé dans un bain d'eau salée pendant quelques jours.
La fabrique de "Cacciali et filles" produit 10 fromages par jour.
Les premiers Sikhs sont arrivés dans la région à la fin des années 80. Environ 
la moitié travaillent dans l'industrie et l'autre a trouvé un emploi dans des fermes 
ou fabriques de fromage. Les Sikhs sont patients avec les vaches, qui ne sont 
pas sacrées dans leur religion mais très respectées comme partout en Inde.
Dans une coopérative d'élevage proche de Novellara, spécialisée dans la production 
de lait pour le parmesan, la moitié des ouvriers sont des Sikhs.
"Ils sont plus impliqués dans leur travail et ils semblent s'être bien intégrés à notre 
communauté: ils ont même leur propre temple", souligne Stefano Gazzini, responsable 
de l'étable de la coopérative CILA.
Dans le centre historique de Novellara, on voit fréquemment des Sikhs arborant 
un turban bleu, jaune safran ou blanc, accompagnés de leur épouse, faire le marché 
ou s'arrêter pour prendre un thé au lait avant de se rendre au temple.
"Nous avons vraiment de la chance d'avoir trouvé des étrangers qui viennent traire 
nos vaches, sinon nous n'aurions personne pour le faire. Le secteur serait en voie 
d'extinction", explique M. Gazzini, 28 ans.
Les 1.100 vaches de la coopérative où il officie sont nourries selon les critères 
très stricts du consortium du Parmigiano-Reggiano, qui impose aussi le stockage 
des formes de fromage pendant au minimum 12 mois avant leur mise en vente.
Il semble difficile que Manjit Singh puisse reprendre la fabrique de M. Cacciali, 
compte tenu des investissements nécessaires, mais sa communauté pourrait 
un jour représenter le salut d'une industrie qui produit 3 millions de fromages par an.

jeudi 29 septembre 2011

The Times: Ruée des multinationales sur les terres agricoles en Afrique

Les terres arables en Afrique attisent l'appétit des firmes internationales qui cherchent à tirer le maximum de profit de l'envolée des cours des produits alimentaires sur les marchés internationaux, écrit, mercredi, le quotidien britannique The Times.
Plusieurs millions d'hectares de terres agricoles, notamment dans des pays d'Afrique sub-saharienne, ont été vendus ou loués à des entreprises, en particulier indiennes, chinoises et du Golfe dans l'objectif de lancer des projets agricoles qui vont exploiter la demande grandissante en produits alimentaires.
Un total de 5,8 millions d'hectares ont été loués ou vendus dans des pays comme le Sud-Soudan, le Mozambique, le Libéria et l'Ethiopie, dans un contexte international de hausse des prix des produits alimentaires, indique le Times, qui se réfère à un rapport de la Banque mondiale.
Le taux d'expansion des terres arables dans le monde a augmenté de plus de dix fois pour s'établir à 45 millions d'hectares en 2009, dont 70 pc des nouvelles terres en Afrique sub-saharienne, indique le rapport.
Du coup, les gains des investisseurs agricoles ont crû considérablement, suscitant une concurrence acharnée entre les sociétés privées et publiques, les banques et les commerçants, désireux de se tailler une part des bénéfices de ce créneau prometteur.
Le journal britannique relève, par ailleurs, que l'engouement des firmes étrangères pour les terres africaines suscite les craintes des défenseurs des droits des populations indigènes qui craignent une forme de "néocolonialisme".
Certains gouvernements vendent et louent des centaines de milliers d'hectares prétendument inhabités avant d'expulser de force les populations, généralement des petits agriculteurs, afin de libérer les terres pour l'usage de grandes plantations, s'insurgent les activistes.
Selon le quotidien britannique, les accords de vente par le gouvernement du Sud-Soudan "ont été pointés du doigt pour manque de transparence", alors qu'en Ethiopie les défenseurs des droits de l'homme et des droits des populations indigènes déplorent "une expulsion forcée" des populations.
Karuturi, l'une des grandes entreprises indiennes investissant en Ethiopie, et qui aspire à acquérir près d'un million d'hectares en Afrique subsaharienne, a rejeté ces accusations.
Le patron du groupe, Sai Ramakrishna Karuturi, a indiqué dans un entretien au Times que sa compagnie s'active à cultiver les terres inexploitées en Afrique afin de "contribuer à la croissance économique et à la garantie de la sécurité alimentaire dans ces pays" dont la facture annuelle des produits alimentaires des pays de l'Afrique s'élève à neuf milliards de dollars.
A noter que l'Inde se positionne en fer de lance de ce vaste effort avec plus de 80 compagnies investissant quelque 2,4 milliards de dollars dans le secteur.
MAP

Source: http://www.aufaitmaroc.com/monde/afrique/2011/9/28/the-times-ruee-des-multinationales-sur-les-terres-agricoles-en-afrique

mardi 6 septembre 2011

Bill Gates et Monsanto à l’assaut des paysans africains


Par Emmanuelle Walter

L’agriculture transgénique pour tirer de la pauvreté les paysans pauvres des pays pauvres, c’est une évidence pour nos amis Bill et Mélinda Gates, dont la Fondation richissime a entrepris de sauver le monde depuis plusieurs années. J’avoue que j’ignorais cette alliance objective entre deux capitalismes totalitaires et débridés, celui de Microsoft et celui de Monsanto (ceux-là même qui fabriquaient l’agent orange pendant la guerre du Vietnam).

J’ai commencé par lire avec intérêt cet article (Terra eco), révélations de Wikileaks sur la colère de la diplomatie américaine, toute dévouée à Monsanto, à propos des résistances françaises aux cultures transgéniques. Et puis je suis allée fouiner sur le site de Bill et Mélinda, ce que je n’avais jamais fait jusqu’alors. Et là, aucun doute : tout en défendant à cor et à cris les "small farmers", frôlant un discours à la Pierre Rabhi (je plaisante), voilà que Bill et Mélinda nous vendent Monsanto. Comme ça, par exemple : "Monsanto, a multinational agricultural biotechnology corporation, is a leader in drought-tolerance technologies and has committed to making these proprietary technologies available royalty-free to small farmers in Africa." Gratos en plus. Trop aimable.

Monsanto est cette énorme firme US qui propose des semences OGM, génétiquement modifiées (=résistantes à plusieurs maladies), et qui enchaîne les agriculteurs en leur vendant des graines ne pouvant être resemées, ce qui les contraint à en acheter l’année suivante. Monsanto, premièrement joue aux apprentis sorciers avec les OGM, deuxièmement surendette et esclavagise les agriculteurs, troisièmement nuit à l’environnement. Pour mémoire, on lira dans un article du Monde Diplomatique une petite note édifiante : "La multinationale a été condamnée pour pollution des sols, des nappes phréatiques et du sang des populations avec les polychlorobiphényles (PCB) aux États-Unis et au Royaume-Uni (Pays de Galles), et pour publicité mensongère quant à la nature soi-disant biodégradable de son désherbant Roundup aux États-Unis et en France (condamnée à New York en 1996 et à Lyon en 2008)."

On se souviendra également de ça, toujours dans le Diplo : "Monsanto est par ailleurs dénoncée pour avoir contribué à ruiner des dizaines de milliers de paysans dans les pays les plus pauvres, comme l’Inde, où le surendettement des semeurs de coton a entraîné des vagues massives de suicide." Sur les méthodes Monsanto, lire aussi cet article édifiant de Rue89.

Bill et Mélinda veulent donc sauver les "small farmers" en faisant d’eux les obligés d’une compagnie prédatrice. Cool.



Source: http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article17649

vendredi 26 août 2011

Ethiopie - La famine n’arrête pas l’Inde


Les affaires sont les affaires: des entreprises indiennes d’agroalimentaire sont prêtes à investir plus d’un milliard d’euros en EthiopieTanzanie et Ouganda, annonce le site du Guardian. Mais dans le contexte actuel, l’objet de cette transaction n'est pas celui que l'on pourrait croire: l'Inde cherche en fait à louer ou acheter plusieurs millions d’hectares de terres arables.
Et qu’importe si ces investissements étrangers (notamment chinois) dans la terre africaine sont tenus comme possibles responsables de la faim qui sévit dans la Corne du continent.
«L'Ethiopie a attiré les investisseurs car c'est un pays doté de ressources naturelles inexploitées», explique Ramakrishna Karuturi, fondateur et directeur général de Karuturi Global Limited, le plus grand producteur mondial de roses, rapporte le quotidien indien The Economic Times.
Sous-exploitées faute d’agriculture ou d’élevage intensif, les terres cultivables africaines n’en sont pas pour autant totalement inexploitées. Comme le rappelle un article de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), celles-ci sont généralement utilisées par les pasteurs qui se déplacent au gré des pluies et de la nourriture disponible pour leur bétail.
L’acquisition ou la location de gigantesques terrains (le Guardian évoque 200.000 hectares pour l’huile de palme, 150.000 pour les céréales) contraint les éleveurs dans leurs déplacements et restreint leur accès à certains points d’eau. Ces terres autrefois ouvertes seront désormais clôturées.
Pour les 35 investisseurs indiens venus en délégation dans ces trois pays d’Afrique de l’Est, comment ne pas être séduit par leurs potentialités «illimitées» —des propres mots du président ougandais Yoweri Museveni?
«La région possède 120 millions d’hectares de terres arables, soit l’équivalent de ce dont dispose l’Inde», observe Karuturi.
D’autant que les terres africaines sont «parmi les moins chères du monde». Elles se louent en moyenne un euro l’hectare par an, pour des baux qui courent sur plusieurs dizaines d’années, souvent jusqu'à… 99 ans.
Mais ces investissements —destinés à l’exportation et non à nourrir les populations locales— pourraient se révéler des choix moins profitables que prévu. Conclus généralement sous le manteau sans associer les usagers de ces terres, ces contrats pharaoniques rencontrent parfois des résistances. Le blocage de la transaction après le soulèvement des communautés locales —comme ce fût le cas en 2008 dans la région sud-soudanaise de l’Equateur-central— reste exceptionnel.


http://m.slateafrique.com/31627/ethiopie-inde-achete-terres-arables-famine

mardi 23 août 2011

Monsanto aurait franchi la ligne jaune

http://www.zegreenweb.com/sinformer/entreprise-consommation/ogm-monsanto-aurait-franchi-la-ligne-jaune,33804

mercredi 17 août 2011

Monsanto poursuivi pour "biopiraterie" par l'Inde

LEMONDE | 17.08.11 | 14h10
NEW DELHI, CORRESPONDANCE - L'Autorité indienne de la biodiversité a annoncé, le 11 août, qu'elle allait engager des poursuites judiciaires à l'encontre du semencier américain Monsanto pour avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.


C'est la première fois, en Inde, qu'une entreprise va être poursuivie pour acte de"biopiraterie", une infraction passible de trois années d'emprisonnement.
Monsanto, son partenaire indien Mahyco et plusieurs universités indiennes s'étaient associés en 2005 pour mener les recherches, avec l'appui de l'agence américaine de développement Usaid, favorable aux organismes génétiquement modifiés (OGM).
MORATOIRE RECONDUIT EN 2011
Une dizaine de variétés existant dans les régions du Karnataka et du Tamil Nadu, parmi les 2 500 que compte le pays, avaient été utilisées pour mettre au point cette première aubergine génétiquement modifiée, destinée à être commercialisée en Inde.
Or, contrairement à ce qu'exige la loi sur la biodiversité votée en 2002, aucune autorisation n'avait été demandée pour utiliser des variétés locales. Les agriculteurs auraient dû notamment être consultés afin de négocier une éventuelle participation aux bénéfices tirés de l'exploitation commerciale de l'aubergine."Monsanto était parfaitement au courant de la législation et l'a volontairement ignorée", estime Leo Saldanha, directeur de l'organisation de défense de l'environnement Environment Support Group, qui a saisi l'Autorité indienne de la biodiversité de ce cas de biopiraterie.
Contacté par Le Monde, Monsanto s'est refusé à tout commentaire. D'après l'hebdomadaire India Today, le semencier rejetterait toute responsabilité, tout en accusant ses partenaires indiens de ne pas avoir demandé les autorisations nécessaires. Mahyco, dont Monsanto est actionnaire à hauteur de 26 %, a indiqué qu'il s'était contenté de fournir le gène de transformation. L'accusation de biopiraterie est un nouveau coup dur pour Monsanto, et risque de freiner le développement de ses activités en Inde.
Le moratoire décrété en février 2010, par le ministre indien de l'environnement, sur la commercialisation des aubergines génétiquement modifiées a été reconduit cette année. Et sa levée ne semble pas à l'ordre du jour. A l'époque, le Comité de consultation de génie génétique avait pourtant émis un avis favorable à la commercialisation de l'aubergine.
Les opposants aux OGM espèrent que Monsanto ne sera pas autorisé à menerdes recherches sur les oignons génétiquement modifiés, comme l'entreprise en a fait la demande au mois de juin.
L'Inde, qui abrite 7,8 % des espèces animales et végétales de la planète sur seulement 2,5 % des terres émergées, est très exposée aux risques de biopiraterie. Le sujet y est particulièrement sensible depuis qu'en 1997, des paysans du nord du pays avaient violemment protesté contre le brevetage, par le semencier américain RiceTec, d'une variété de riz basmati appelée "kasmati".
VICTOIRE DES OPPOSANTS AUX OGM
Afin de disposer de tous les éléments nécessaires, le gouvernement a démarré un projet pharaonique de recensement du savoir-faire en matière de médecine traditionnelle : 200 000 traitements – y compris les postures de yoga – ont déjà été répertoriés. Des centaines de scientifiques épluchent les traités anciens de médecine ayurvédique pour y recenser les vertus déjà éprouvées de fruits ou de plantes médicinales.
Cette "bibliothèque numérique du savoir traditionnel", qui compte 30 millions de pages et a été traduite en cinq langues, a déjà permis d'annuler de nombreux brevets. Celui déposé par une université américaine sur le curcuma pour ses vertus dans la lutte contre le cancer a été annulé à la suite d'une plainte du gouvernement indien. Et la demande de brevet déposée en 2007 par le laboratoire pharmaceutique chinois Livzon, auprès de l'Union européenne, sur la menthe et l'Andrographis (échinacée d'Inde), utilisées notamment comme traitement contre la grippe aviaire, a été rejetée.
Mais aucune de ces organisations n'avait été poursuivie en justice. "Il aura fallu six ans à l'Autorité nationale de biodiversité pour engager les poursuites", regrette Leo Saldanha. Après avoir enquêté sur une éventuelle infraction commise par Monsanto et ses partenaires, l'Environment Support Group avait donné l'alerte en février 2010. "Il faut que l'Autorité nationale accélère et multiplie les enquêtes pourlutter contre les cas de biopiraterie", insiste le directeur de l'organisation non gouvernementale.
Cette action en justice contre Monsanto constitue une victoire pour les opposants aux OGM. Seule la culture du coton génétiquement modifié est actuellement autorisée en Inde. Elle a propulsé le pays au rang de deuxième producteur mondial, devant les Etats-Unis. Mais ces nouvelles semences, coûteuses, sont accusées de ruiner les producteurs les plus fragiles.
L'aubergine, très présente dans l'alimentation quotidienne partout dans le pays, est aussi utilisée comme offrande religieuse. Dans le temple d'Udupi, dans le sud de l'Inde, les fidèles du dieu Krishna s'étaient ainsi violemment opposés à la commercialisation de l'aubergine génétiquement modifiée. Ils craignaient desusciter la colère de leur divinité en lui offrant des légumes "impurs".
Julien Bouissou
Source:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/17/monsanto-poursuivi-pour-biopiraterie-par-l-inde_1560365_3244.html#xtor=AL-32280308

lundi 15 août 2011

Le sucre ne manque pas de sel


C’est la crise. L’euro menace de se casser la figure. L’Oncle Sam est au bord de la faillite. Plutôt que de vous précipiter sur l’or, c’est le moment d’acheter du sucre ! À la rentrée les cours vont s’envoler. Les experts ont sorti leur calculette : il coutera jusqu’à 40 % plus cher.

La faute au Indiens et aux Chinois, qui raffolent de la malbouffe. Or, pour rendre goûteux ses plats industriels bourrés de mauvais gras, l’agroalimentaire les farcit de sucre. Un esquimau, c’est 6 morceaux de sucre pour 20 grammes de beurre. Idem pour les sodas – comptez pour une cannette l’équivalent de 8 morceaux de sucre. Et puis, ce qu’il y a de bien avec le sucre, c’est que plus on en mange, plus on aime ça.

Une équipe de chercheurs du CNRS de Bordeaux avait démontré dès 2007, grâce à des rats, que le sucre pouvait rendre plus accro que la cocaïne. Les pauvres bêtes qui avaient goûté aux deux substances à haute dose pendant trois semaines ont opté, quand il a fallu choisir, à 94 % pour la boisson sucrée plutôt que pour la cocaïne en intraveineuse. Même résultat en remplaçant la cocaïne par de l’héroïne.

Plus récemment, des scientifiques américains de la prestigieuse université de Princeton ont découvert que des rats qu’on cessait brutalement de gaver de sucre souffraient d’un méchant syndrome de sevrage, avec bouffées de stress, anxiété et chute dans le cerveau de la dopamine, l’hormone qui nous fait voir la vie en rose. Bref, notre cerveau se fiche bien de savoir que l’excès de sucre participe à l’épidémie de diabète sucré, ou encore que c’est un fertilisant pour les cellules cancéreuses. On peut aussi compter sur le lobby du sucre pour empêcher qu’on dénigre la poudre blanche.

Le Cedus, le Centre d’Études et de Documentation du Sucre, a créé un outil pour surveiller ce qui se dit sur le sucre sur Internet. La moindre critique est détectée, décortiquée et démentie, si nécessaire, par une réponse. Dans sa revue « Grain de sucre » (N° 24), le Cedus s’enthousiasme de l’efficacité du système. Et de citer le cas de cet internaute qui a avoué, sur un site, « faire une addiction au sucre ». Ni une ni deux, le Cedus a posté un message pour expliquer sans rire que « l’addiction au sucre n’a jamais été mise en évidence chez l’homme  ». C’est ce qui s’appelle sucrer l’info ?
Le Canard Enchaîné N° 4737 du 10 août 2011

jeudi 11 août 2011

Israël aide à enrayer la crise alimentaire mondiale...

Des experts israéliens et leur technologie innovante aident les nations en développement du monde à faire face à l'urgence d'un nouveau défi 
Samedi 6 août 2011
Par Laura KamTraduction française: Galila pour Israël-Chroniques-En-Ligne

Les guerres autour du fromage cottage et les discussions sérieuses en Israël, au sujet du coût croissant de la nourriture  font partie du discours social actuel récent, et ne sont en aucune façon l'indicatif d'un pays qui ne peut pas nourrir sa population. Cependant, une escalade de la crise mondiale alimentaire - la flambée des prix, les pénuries croissantes et l'augmentation galopante de la population - a déjà suscité des mois d'inquiétude dans le nord de l'Afrique qui pourrait être un signe avant-coureur du pire à venir dans le monde et proche de chez nous

Comme les récoltes sont mauvaises, en Russie, que des zones désertiques ont remplacé les terres fertiles en Asie et en Afrique centrale, la question de la sécurité alimentaire a fait un bond vers le haut de l'agenda mondial.

Aucune des causes sous-jacentes de la crise - la croissance démographique, le changement climatique qui menace d'inonder de vastes zones de terres cultivées, la hausse des prix du pétrole et des coûts de transport - sont susceptibles de disparaître dans un avenir proche.

Israël, un pays désertique autrefois mis à défi par sa géographie aride et une explosion démographique, a développé une gamme de technologies dans le domaine de l'agriculture et de l'eau qui aident déjà à nourrir le monde et pourraient fournir des solutions à nombre de ces problèmes.

Pendant des décennies, les experts agricoles israéliens ont partagé leur savoir-faire avec quelques-unes des régions les plus pauvres sur terre, créant ainsi une autosuffisance durable en nourriture et en approvisionnement d'eau.

Ces dernières années, l'expertise israélienne a été fortement sollicitée en Inde, en Afrique et en Chine, qui abrite plus de la moitié de la population mondiale. Les rendements de la vache israélienne sont une raison de plus.

La vache israélienne donne en moyenne 11,381 kg de lait par an, dépassant largement tous les pays du monde. Les vaches américaines ont un rendement de 9,331 kg, Japon - 7,49, Russie – 3,698, Chine – 2,832, Australie – 5,601, Europe - 6,139. Imaginez comment le rendement d'une vache peut changer la vie d'une famille dans un pays en développement si l'innovation israélienne est utilisée à ses besoins.

La coopération Agro-technologique d'Israël avec les pays s'est multipliée . Depuis 1998, Israël a parrainé une ferme de démonstration horticole à l'Institut indien de recherche agricole au Pusa, New Delhi, en présentant de nouvelles technologies pour améliorer la qualité et la productivité.

En 2006, Israël et l'Inde ont lancé un projet de coopération et de formation supervisé par des experts de MASHAV, le programme israélien de développement international. Des fermes établies dans les états de Haryana, Maharashtra, du Rajasthan et du Gujarat ont démontré la technologie israélienne dans l'agriculture, l'irrigation et la gestion de l'eau, y compris la purification des eaux usées.

En mai 2011, Israël et l'Inde ont créé un fonds pour l'agriculture de 50 millions de dollars pour promouvoir des projets conjoints dans la production laitière, les technologies post-récolte, la culture protégée, la micro-irrigation et la fertigation, la transformation des aliments et la volaille.

Les principales sociétés israéliennes en matière de technologie agricole et d'eau ont établi des filiales et des projets à long terme en Inde.
Leader mondial dans le dessalement

Depuis 2009, Agron Agri Projects a aidé les agriculteurs locaux à stocker l'eau de pluie, éviter la pollution des sources d'eau et les a assisté pour le reboisement après la saison de la mousson dans la région de Cherrapunjee, ville de l'État de Meghalaya - connu comme le lieu le plus humide sur terre.

Netafim, est le pionnier du premier système d'irrigation goutte à goutte en 1965 et est actuellement l'entreprise la plus importante au monde de micro-irrigation. Dans l'Andhra Pradesh - le "bol de riz de l'Inde" - Netafim a contribué à promouvoir les calendriers d'irrigation, la fertigation et la protection des cultures.

A Jharkhand, Netafim a développé un nouveau système d'irrigation goutte à goutte pour les petites exploitations familiales au compteur d'eau intermittent et des équipements d'électricité. Celui-ci a été plus efficace et de la moitié du prix de la technologie existante et il a été installé dans 100 000 petites exploitations.

En Chine, Netafim a introduit les systèmes développés de serre et d'irrigation au goutte à goutte à travers le pays. La technologie israélienne d'irrigation au goutte à goutte est utilisée dans de grands projets financés par le gouvernement pour combattre la désertification, pour préserver la couche arable et 'encourager la reforestation. La conception et la technologie israélienne ont été utilisées pour irriguer les terres de 1,2 million de personnes délocalisées à la suite du Three Gorges hydroelectric project sur le fleuve Yangtze.

Dans la province du Shandong, le Groupe Business confucius rivalisent avec les experts et la technologie israélienne pour ce qui est des agriculteurs et des planificateurs chinois de l'agriculture. En 2010, Israël a ouvert un consulat à Guangzhou et a commencé la coopération de recherche pour explorer avec l'Université agricole de Chine du Sud l'horticulture, les sols, les ressources en eau, l'environnement agricole et les sciences animales.

Israël est également un leader mondial dans le dessalement - le processus qui transforme l'eau salée en eau douce pour qu'elle soit apte à la consommation humaine ou l'irrigation. Ce processus est absolument vital pour les régions désertiques où l'eau douce est en quantité limitée.

Depuis 1994, Israël IDE Technologies Ltd a construit 22 installations de dessalement thermique en Inde, avec une capacité totale de 270.000 mètres cubes / jour. En Chine, l'IDE a construit la plus grande usine de dessalement thermique du pays à Tianjin avec une capacité finale de 400 000 mètres cubes / jour, alimentée par la chaleur résiduelle d'une centrale électrique adjacente.

Prof Raanan Katzir, un expert israélien de renommée mondiale dans le domaine de l'agriculture durable, est co-fondateur de l'Institut de culture hydroponique simplifiée à Bangalore. Depuis 1993, le Prof Katzir a également été impliqué dans d'innombrables projets favorisant l'agriculture durable, la bio-diversité, la lutte contre la désertification et l'amélioration de la sécurité alimentaire dans les entreprises, les universités et les organismes gouvernementaux à travers la Chine.

En Septembre 2010, Israël a signé un accord de coopération agricole avec la province du Heilongjiang dans le nord de la Chine en raison de ses experts de renommée du MASHAV à construire des fermes laitières concluantes.

La sécurité alimentaire est la crise à venir dans la diplomatie mondiale. L'agriculture israélienne et la technologie de l'eau ont déjà aidé à alimenter des millions de gens. Les experts israéliens et leur technologie innovatrice aident les pays en voie de développement du monde à faire face à ce nouveau défi pressant.

Laura Kam est le directeur exécutif pour les affaires mondiales de: The Israel Project.