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mardi 15 mai 2012

A qui les terres en Afrique ?




C’est un phénomène qui existe depuis une petite dizaine d’années. Il s’amplifie considérablement aujourd’hui. Oui, l’acquisition de terres africaines par des pays étrangers devient une opération courante.
Que cela implique-t-il ? Bonne ou mauvaise nouvelle, pour un continent dont le secteur agricole reste le secteur dominateur ?
D’aucuns parlent d’exploitation à outrance. D’autres, carrément de néo-colonialisme. A l’inverse, certains y voient une formidable opportunité pour les pays africains de connaître une modernisation agricole. Quoiqu’il en soit, la question de l’acquisition des terres en Afrique, par des Etats, des entreprises, des fonds d’investissement étrangers, ne laisse personne indifférent.
En 2009, selon l’International Land Coalition, ce ne sont pas moins de 200 millions d’acres de terres vendues à travers le monde, dont 64% sur le continent africain.
Qui vend ? Qui achète ? Pourquoi ?
 Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, la Chine, Le Qatar, l’Inde, le Koweït et la Corée du Sud sont les pays les plus actifs dans cette nouvelle pratique. Par exemple, l’entreprise Sud Coréenne Daewoo a récemment acquis 1,3 million d’hectares à Madagascar. Madagascar justement, en compagnie duGhana, du Soudan, de l’Ethiopie, et du Mali, fait parti des 5 pays où ce nouveau genre de transactions a le plus souvent cours. A eux 5, ils représentent  2,5 millions d’hectares vendus.
Les intérêts des pays étrangers sont multiples. Lorsque ce sont les Etats qui investissent, c’est principalement pour répondre au souci d’insécurité alimentaire. L’explosion démographique de certains pays (Inde, Corée du Sud) rend la satisfaction totale des besoins alimentaires, difficile à atteindre. L’exiguïté d’autres pays (Qatar, Koweït) rend d’emblé, la production agricole insuffisante, voire quasi-nulle.
Ces acquisitions foncières peuvent également se faire pour la seule spéculation financière.
En réalité, selon la Banque Mondiale, 21% des achats de terres en Afrique, en 2009, ont été réalisés dans le but de produire des biocarburants. Oui, les biocarburants sont la principale raison des acquisitions massives des terres en Afrique. Ce qui fait dire, d’ailleurs, à certains spécialistes du sujet, que l’Afrique est devenue le Moyen-Orient des biocarburants.
Que gagnent les pays africains ?
Dans un premier temps, la vente de terres apporte un avantage financier aux autorités. Souvent, ces acquisitions se font également avec l’assurance qu’en contrepartie, des infrastructures seront construites.
Lorsque l’acquisition des terres s’effectue dans le l’idée d’une production agricole, alors, l’Afrique a potentiellement, beaucoup a y gagner. Tout d’abord : des emplois. Le faible coût de la main-d’œuvre locale, combiné à la connaissance de la terre, font de l’agriculteur autochtone un travailleur prisé par les entreprises étrangères, y compris les entreprises chinoises, pourtant habituées à l’utilisation de leur propre main-d’œuvre. Au-delà des emplois, l’avantage primordial reste le possible transfert de technologie. Un savoir-faire humain et technique, plus moderne et susceptibles d’améliorer la productivité agricole en Afrique. In fine, ce transfert de compétences humaines et techniques pourrait éventuellement entraîner un bouleversement dans les circuits de l’agro-business : Et si les pays africains pouvaient, grâce à cela, assurer eux-mêmes, la transformation de leurs produits agricoles ? Qu’en serait-il alors d’un pays comme la Côte d’Ivoire, premier exportateur mondial de cacao ? Serait-il en mesure de produire, à terme, son propre chocolat ?
On en est loin. Mais cette perspective est alléchante.
Qu’en est-il réellement ?
 Récemment, les habitants de la vallée de la rivière Tana, au Kenya, se sont opposés aux pouvoirs publics après que ceux-ci aient accordé au Qatar l’exploitation de 40 000  hectares de terres cultivables. Le tout, en échange de la construction d’un port. Cet exemple, qui n’en est qu’un parmi bien d’autres, est révélateur de la manière avec laquelle les populations africaines accueillent ces nouvelles initiatives.
A l’automne 2008, le président malgache, M.Ravalomanana, est contraint à la démission suite à la protestation populaire liée à la vente de 1,3 millions d’hectares à Daewoo, citée plus haut.
S’il existe de telles oppositions, c’est parce qu’en réalité, l’acquisition de terres dessert considérablement les populations. Les terres vendues sont souvent exploitées, au préalable, par des paysans. A leur vente, si l’entreprise poursuit la production agricole, ou entame la production de biocarburants, elle est susceptible d’embaucher les anciens exploitants. Cela dit, bien souvent, les emplois créés sont nettement inférieurs au nombre initial des exploitants de la terre en question, avant acquisition. Lorsque la terre est acquisition en vue de la simple spéculation : aucun emploi n’est créé.
Quelque soit l’issue, l’achat des terres africaines entraine de nombreux mouvements de population, qui commence –seulement maintenant- à inquiéter l’ONU et autres organisations internationales. Ces déplacements des populations rurales vers les zones urbaines ne font que mettre plus en avant encore cette nouvelle pauvreté liée au chômage massif dans l’agriculture.
La vente de terre : une aberration ?
 Comment cela est-il possible ? A leur où les adeptes de Malthus fleurissent à nouveau pour nous expliquer que, compte tenu du nombre trop important d’individus sur la planète, la satisfaction alimentaire sera un enjeu crucial du XXIe siècle, voilà que l’Afrique vend ses terres. Par ailleurs, comme en Côte d’Ivoire, où l’agriculture représente 60% des exportations du pays, le secteur primaire, pour les Etats du continent africain, est primordial.
Que la Corée du Sud, la Chine ou le Qatar s’inquiètent de leur insécurité alimentaire paraît tout à fait normal. En revanche, que ce soit les pays africains, eux-mêmes en insécurité alimentaire, qui vendent leurs terres –pour si peu en échange- paraît totalement incongru.
On serait tenté de se ranger du côté de ceux qui crient au néo-colonialisme comme le fait l’ancien Directeur Général des Nation Unies pour l’alimentation et l’AgricultureM. Jacques Diouf, mais non. Non car les pouvoirs publics des pays concernés ne sont pas obligés de pratiquer cette politique destructrice qu’ils regretteront sur le long terme. Non car il n’y a pas de fatalité : l’Afrique peut connaître le développement technique, dans le domaine agricole, par d’autres moyens que celui de vendre ce qu’elle a de plus précieux : la terre.
Beaucoup d’économistes estimaient que les Etats africains n’étaient jamais vraiment sortis de la colonisation du fait des mécanismes financiers et économiques qui pèsent toujours sur eux : Franc CFA en Afrique de l’Ouest, entretient de la dette etc. On parlait alors de colonisation à distance. Cette nouvelle exploitation remet au goût du jour l’idée d’une « colonisation » physique, outrancière. La communauté internationale ne s’en émeut guère. Pas plus que l’Union Africaine.
Mais la Corne de l’Afrique ne vient-elle pas de connaître une terrible famine, en 2011 ?
Giovanni DJOSSOU

lundi 9 avril 2012

dimanche 1 avril 2012

Les pêcheurs de Gaza dans l'impossibilité d'attraper "un seul poisson"


Selon le ministère de l'Agriculture à Gaza, les pêcheurs du territoire assiégé se plaignent amèrement des effets croissants des pénuries de fuel et d'électricité sur leur capacité à gagner leur vie et à nourrir leurs familles. Leurs bateaux sont maintenant presque tous confinés dans le port. Un communiqué de presse diffusé par le ministère de l'Agriculture a prévenu que la chaine alimentaire de Gaza, représentée par les industries vitales de la pêche, de l'élevage et de l'agriculture, était menacée d'arrêt immédiat. Il a souligné l'impact direct des pénuries sur le secteur de la pêche, puisque sans fuel les pêcheurs ne peuvent pas sortir du port, et sans gaz ils ne peuvent pas pêcher la nuit.
Les réfrigérateurs qui maintiennent le poisson au frais, le commerce du poisson au détail et les autres aspects de l'industrie liés à la production ont tous été touchés par la crise actuelle qui a provoqué de lourdes pertes.
A l'approche de la saison de la sardine financièrement cruciale, il est à craindre que les pertes subies par les pêcheurs soient à la hausse, si la crise continue.
Il y a environ 3.500 pêcheurs à Gaza, travaillant sur 700 bateaux ; cependant, les revenus générés par l'industrie de la pêche font vivre 70.000 Palestiniens.
Le ministère a confirmé qu'il continue de travailler avec la General Petroleum Corporation pour résoudre la crise du fuel. La quantité de fuel qui entre actuellement à Gaza ne couvre qu'environ 10% des besoins.
A la fin du mois dernier, le ministère de l'Agriculture a signé un protocole d'accord avec la Fondation caritative du Qatar pour mettre en œuvre un programme de soutien de 1 million de dollars pour le secteur de la pêche deGaza. Ce programme vient compléter des initiatives et des projets récents du ministère visant à aider les pêcheurs de Gaza.

Voir les photos exclusives sur Middle East Monitor, et des photos des pêcheurs sur Demotix.
Traduction : MR pour ISM

lundi 26 mars 2012

Forum Alternatif Mondial de l’Eau 2012 - La Déclaration de Marseille

mercredi 21 mars 2012

"Nous nous engageons à des actions solidaires avec les droits humains des Palestiniens, y compris le droit à l’eau"
NB : cette déclaration a été signée par l’UJFP
20 Mars 2012

Palestine Occupée – Depuis des années, dans le cadre des contrôles du respect par Israël des traités relatifs aux droits de l’homme qu’il a ratifiés, le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies et d´autres organismes de l’ONU ont pris Israël en flagrant délit de violation du droit des Palestiniens à l’eau et à l’assainissement.


En 2010, l’Assemblée Générale des Nations Unies et le Conseil des Droits de l´Homme ont adopté des résolutions qui, ensemble, réaffirment que « les gouvernements sont responsables au premier chef de l’accès à tous les droits humains, y compris le droit à l’eau et à l’assainissement."


Pourtant, les violations par Israël du droit des Palestiniens à l’eau et à l’assainissement ne font qu’augmenter. Entre 2009 et 2011, Israël a démoli 57 citernes de récupération d’eau de pluie et 40 puits dont les Palestiniens dépendent pour leur subsistance. La destruction militaire des infrastructures palestiniennes d´adduction d’eau est à la fois une violation directe du droit de l´homme à l’eau et un crime de guerre selon la quatrième Convention de Genève.


La consommation moyenne en eau des ménages des Palestiniens connectés à l´eau courante est moins de la moitié de ce qui est recommandé quotidiennement par l’Organisation Mondiale de la Santé et 1/6e de la consommation moyenne des ménages israéliens. Certaines des familles les plus pauvres dépensent la moitié de leur revenu pour s’approvisionner en eau.


L’obstruction mise par Israël au développement de l’accès à l’eau et de l’assainissement pour les Palestiniens a empêché ces derniers de produire davantage d’eau, comme convenu dans le cadre du "processus de paix" des Accords d’Oslo. Cette obstruction a aussi contraint les Palestiniens à un état de dépendance qui les oblige à acheter de l’eau à la compagnie nationale israélienne des eaux Mekorot. Mekorot coupe régulièrement l´eau fournie aux communautés palestiniennes afin de maintenir un service ininterrompu aux colonies israéliennes en Cisjordanie.


Le Mur illégal d’Israël, qui passe par des terres reconnues internationalement comme palestiniennes, coupe les Palestiniens de zones qui pourraient fournir un complément annuel de 90 millions de mètres cubes — Il n’est que de comparer ce volume à la fourniture totale d’eau courante de la Cisjordanie, qui est juste de 180 millions de mètres cubes, y compris l’eau achetée à la compagnie nationale des eaux israélienne.


Le siège de Gaza empêche l’entrée des pièces de rechange, de matériaux et d’énergie nécessaires au fonctionnement quotidien des réseaux d’eau et d’eaux usées, et empêche le développement cruellement nécessaire de ces réseaux. Une mission d´enquête des Nations Unies sur le conflit de Gaza a révélé qu´Israël a intentionnellement pris pour cible et détruit des puits, canalisations, usines de traitement des eaux usées, réservoirs d’eau et la station d’alimentation principale. Plus de 90% de l’eau extraite à partir de puits municipaux dans la bande de Gaza est impropre à la consommation humaine. Depuis 2005, Israël a endommagé ou détruit plus de 300 puits dans une « zone tampon » imposée unilatéralement par Israël à l’intérieur de la Bande de Gaza. Selon la loi internationale sur l’eau, Gaza a droit à une part équitable et raisonnable de l’eau de l’aquifère côtier, y compris de ses portions situées à l’intérieur d’Israël.


Israël n´a commencé à permettre que récemment de nouveaux projets de traitement des eaux usées dans les Territoires Palestinien Occupés. Après des années de retard, et l’assassinat d’un travailleur en service, les projets dans la bande de Gaza sont actuellement mis en œuvre depuis qu’Israël a détecté des eaux usées non traitées ou partiellement traitées rejetées dans la mer de Gaza près de l’usine de dessalement d’Ashkelon (a 12,5 km, ou 7,8 miles, directement au nord de la Bande de Gaza). Quinze ans après Oslo, Israël entrave directement le développement des installations de traitement des eaux usées en Cisjordanie en utilisant des moyens d’abord bureaucratiques, puis militaires. Israël a payé un million de shekels à un entrepreneur, en admettant avoir commis une faute lorsque l’armée a arrêté un projet de traitement des eaux usées qui avait été préalablement autorisé. Les systèmes d’évacuation des eaux usées des quartiers où vivent des Palestiniens ayant la nationalité israélienne sont souvent défectueux, alors qu´ils paient des impôts égaux ou supérieurs à ceux d’autres citoyens israéliens. Un certain nombre de colonies israéliennes déversent leurs eaux usées non traitées, directement dans les villages palestiniens.


Le régime israélien de discrimination institutionnalisée des Palestiniens en Israël, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza constitue un apartheid selon la Convention sur l’Elimination et la Répression du Crime d’Apartheid. Le Tribunal Russell sur la Palestine a conclu dans sa session la plus récente au Cap, en Afrique du Sud, que « la domination d’Israël sur le peuple palestinien, où qu’il réside, revient collectivement à un régime unique et intégré d’apartheid". Un récent rapport parlementaire français a condamné la politique israélienne de rétention d´eau aux Palestiniens et l’a qualifiée d’"apartheid".
Les violations par Israël doivent être considérées dans le contexte de la Nakba de 1948, l’expulsion systématique et le déni du droit internationalement reconnu de retour de la majorité des Palestiniens chassés de leurs maisons. Depuis la création de l’Etat d’Israël, des milliers de sources anciennes, de citernes, de puits, d’oueds et de cours d’eau ont été illégalement pris aux Palestiniens. Israël a également modifié le caractère hydrologique du terrain qu’il occupait, par exemple, avec le drainage de Buheirat el Houlé (vallée de Hula) par le Fonds National Juif (FNJ-KKL) dans les années 1950, et le détournement des eaux du cours inférieur du Jourdain, contribuant à un rétrécissement dramatique de la Mer Morte. Ce mois-ci, Israël a démoli le village bédouin d’Al Araquib dans le désert du Néguev pour la 36e fois afin de permettre au FNJ de planter une forêt et « faire verdir le désert ».


Nous lançons cette déclaration qui appelle les citoyens conscients du monde entier à agir pour le droit à l’eau des Palestiniens, tandis que les membres du mouvement mondial pour le droit à l’eau s’organisent pour résister à la privatisation de notre patrimoine commun de l’eau. Nous lançons cette déclaration ici à Marseille, en France, hôte du Conseil Mondial de l’Eau, un groupe de réflexion et de pression d´entreprises fondé par des sociétés multinationales et par la Banque Mondiale. Alors que le Conseil Mondial de l’Eau lance le 6e Forum Mondial de l’Eau promouvant la privatisation de l’eau et des services d’assainissement, nous dénonçons les entreprises membres de ce Conseil qui tirent profit de la privatisation de l´eau et des services d’assainissement au niveau mondial. Nous dénonçons en particulier la compagnie transnationale française Veolia, fournisseur de services d’assainissement à la colonie israélienne illégale de Modin Illit qui colonise des terres palestiniennes, qui déverse illégalement des déchets en provenance d’Israël dans la vallée occupée du Jourdain, et qui profite des services de transport d’apartheid qui desservent des colonies illégales, tout en refusant de desservir les Palestiniens. Nos luttes sont intimement liées. En résistant aux entreprises et aux Etats profiteurs des violations des droits de l´homme en Palestine, nous résistons également à la discrimination dans l’accès à l’eau et promouvons la justice mondiale de l’eau.


De Cochabamba, en Bolivie à la Palestine, nous affirmons la nécessité pour la résistance populaire de tenir les Etats et les sociétés responsables du respect des droits de l’homme. Aujourd’hui, les Palestiniens risquent ce qui reste de leurs terres et de leurs maisons et de la faible quantité d’eau à laquelle ils ont accès, pour exiger d’être reconnus comme des êtres humains ayant des droits. Nous savons, alors, que nous devons prendre des mesures concrètes pour soutenir le mouvement grandissant qui exige la fin de l’impunité d’Israël pour ses violations des droits de l’homme, y compris les droits à l’eau et à l’assainissement.


Compte tenu de la défaillance lamentable des gouvernements du monde à tenir Israël responsable de ses violations persistantes du droit international, y compris du droit à l’eau, les Palestiniens ont appelé les personnes de conscience partout dans le monde à mettre en œuvre le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre Israël, inspiré par la lutte non-violente internationale qui a réussi à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud. Les piliers de ce mouvement sont basés sur le droit international et les droits inaliénables du peuple palestinien avec pour objectif d’atteindre la liberté, la justice et l’égalité pour tous, sans distinction de race ni de croyance.


En tant que citoyens du monde dans un monde de plus en plus interconnecté, il est impératif que nous agissions dans nos milieux pour protéger les droits de l’homme de nos frères et sœurs globalement.
Tenant Israël pour responsable de la restauration du droit à l’eau des Palestiniens, de leur accès à l’autodétermination et à la jouissance de l’ensemble de leurs droits, nous, militants pour la justice de l’eau, déclarons notre soutien pour le mouvement palestinien dirigé par le BDS. En particulier nous nous engageons à :


_# Nous opposer à l’expansion de la société nationale de l’eau israélienne, Mekorot, sur les marchés internationaux, Mekorot étant l’un des instruments clés du refus aux Palestiniens de leur droit a l’eau.
 _# Boycotter les produits agricoles israéliens, et faire campagne afin d’exclure les entreprises agricoles israéliennes (telle Mehadrin) de l’accès aux marchés étrangers et d’expliquer leur rôle dans la prise de contrôle des terres et des ressources en eau palestiniennes. 
_# Soutenir la campagne Stop le FNJ-KKL et éduquer les gens sur le « verdissement » par le FNJ des crimes israéliens. 
_# Boycotter et désinvestir Veolia, le plus grand « privatiseur » de l´approvisionnement public en eau au monde, et un profiteur majeur de l’apartheid israélien. 
_# Appeler à des sanctions gouvernementales contre Israël, en particulier à mettre fin à tous les accords de coopération liés à l’eau.

Source:
http://www.ujfp.org/spip.php?article2250 

mardi 20 mars 2012

Déclaration du Forum Alternatif Mondial de l’Eau au sujet de ’’l’Eau en Palestine’’



Marseille le 17 mars 2012

Déclaration du Forum Alternatif Mondial de l’Eau 

au sujet de ’’l’Eau en Palestine’’


Les participants au FAME organisé à Marseille entre le 14 et le 17 mars, après avoir débattu de la situation de l’eau en Palestine, marquée selon les diverses communications qui y ont été présentées par un véritable ’’appartheid de l’eau’’, sont parvenus aux principales conclusions suivantes :

1- Le conflit israélo-palestinien a des racines et des raisons essentiellement politiques. L’eau est cependant au cœur de ce conflit.

2- En sa qualité d’occupant, il est de la responsabilité d’Israël, en vertu des conventions de Genève, d’assurer la fourniture d’eau nécessaire à la population palestinienne occupée.

3- Israël utilise l’eau dans ce conflit comme arme politique et comme moyen de nettoyage ethnique en recourant notamment aux Ordonnances militaires n° 92 du 15 août 1967 et n° 158 du 30 octobre 1967.

4- Israël mène une véritable politique ’’d’apartheid hydraulique’’ à l’encontre des Palestiniens pour les contraindre à abandonner leurs terres aux colons illégaux. C’est ainsi qu’un Palestinien n’a généralement à sa disposition que le quart de ce que consomme l’Israélien et qu’il lui est même interdit de recueillir l’eau de pluie.

5- Le Mur de séparation – ou plutôt de la Honte- considéré comme illégal par les juridictions internationales, sépare les familles, vole aux Palestiniens leur eau pour en faire profiter les colonies et les empêche de cultiver leurs champs et leurs oliveraies. Ceci est d’autant plus grave que l’agriculture représente 15% du PIB palestinien.

6- Mekorot – gérant le National Water Carrier (NWC) – mène vis-à-vis des Palestiniens une politique discriminatoire qui fait dire à ces derniers qu’ils vivent dans « le pays de la soif ».

7- Israël empêche les Palestiniens d’accéder à un assainissement correct. Ce qui met leur santé en péril et risque de polluer les nappes qu’utilisent tant les Palestiniens que les occupants israéliens.

8- La situation de Gaza sur les plans de l’« eau potable » et de l’« assainissement » porte atteinte à la dignité humaine, et est véritablement insupportable.

9- Les populations nomades vivent des situations intolérables sur le plan de l’eau dont le manque organisé par l’occupant rend leur vie impossible et décime leur cheptel (accès aux pâturages interdit)

Pour toutes ces raisons, les participants au FAME condamnent vigoureusement les menées israéliennes, qu’on ne peut considérer que comme criminelles, à l’égard des Palestiniens dans le domaine de l’eau. Ils dénoncent par la même occasion les violations continues du droit à l’eau des Palestiniens.

Ils demandent la désignation d’une Commission de suivi de cette situation et l’instauration d’un Tribunal International de l’Eau pour mettre un terme à ces dénis de justice.

Ils appellent toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de paix de par le monde à participer à la campagne BDS « Boycott Désinvestissement Sanctions » lancée par la société civile palestinienne en 2005 afin de contraindre Israël à satisfaire les droits fondamentaux des trois composantes du peuple palestinien : les réfugiés, les Palestiniens colonisés (Cisjordanie et Gaza) et les Palestiniens vivant en Israël même (les Palestiniens de 48).

Ils appellent toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de paix de par le monde à agir auprès de leurs autorités nationales pour faire cesser la situation inhumaine faite aux Palestiniens et mettre un terme à des violations du droit qui menacent la paix dans le monde.

Comme Nelson Mandela, ils affirment enfin que « Notre liberté demeurera incomplète tant que les Palestiniens n’auront pas récupéré la leur. »