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jeudi 16 février 2012

José Bové condamné en appel à dédommager Monsanto

José Bové, député européen d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et ses compagnons faucheurs volontaires ont été condamnés en appel par le tribunal de Poitiers jeudi 16 février, pour s'en être pris à deux parcelles de maïs OGM du semencier Monsanto en août 2008.


M. Bové écope de 200 "jour-amendes" à 6 euros par jour, François Dufour, député européen EELV et un autre militant à "100 jour-amendes". Les quatre autres faucheurs ont des amendes avec sursis. Les prévenus vont aussi devoirdédommager Monsanto à hauteur de 132 702 euros pour ces destructions. Ils sont en outre condamnés à verser 3 000 euros pour préjudice moral.
Pour aboutir à cette condamnation, alors que tous les accusés avaient bénéficié d'une relaxe en première instance, le tribunal correctionnel de Poitiers a requalifié les faits. Toute la question était d'établir si les parcelles étaient destinées à la commercialisation – interdite en février 2008 – ou à la recherche en plein champ – interdite en octobre 2008. Le tribunal a jugé que les faucheurs savaient que ces parcelles étaient destinées à la recherche.
Martine Valohttp://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/16/jose-bove-condamne-en-appel-a-dedommager-monsanto_1643962_3244.html 

vendredi 6 janvier 2012

Stéphane Hessel témoin au procès des faucheurs volontaires



http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2012/01/06/Stephane-Hessel-temoin-au-proces-des-faucheurs 

Le fichier des empreintes génétiques bien mal fichu

Recours devant la Cour européenne des droits de l'homme, questions prioritaires de constitutionnalité, le FNAEG est contesté de toute part.

Le FNAEG porterait-il en lui le germe de sa propre décomposition? C’est ce qu’espèrent des centaines de prévenus, partout en France, qui ont refusé de se plier, au stade de la garde à vue —c’est-à-dire avant d’être condamné au moindre délit— au traditionnel don de salive sur coton-tige afin d’y déposer leur profil ADN.


Le fichier national des empreintes génétiques a en effet la particularité d’être alimenté de force —le prélèvement est «juridiquement contraint». Car en garde à vue, l’officier de police judiciaire a l’obligation d’informer le prévenu qu’il peut refuser ce «prélèvement biologique», en ajoutant aussitôt que «ce refus constitue un délit». Et pas des moindres, puisque le code pénal prévoit jusqu’à un an ferme et 15.000 euros d’amende.
«C’est parfois une situation complètement kafkaïenne», résume Benjamin Deuceninck, un ancien agriculteur du Gard qui fut l’un des premiers «faucheurs volontaires» de plants d’OGM à être poursuivi pour refuser le coton-tige inquisiteur.
«Des personnes qui ont été relaxées du délit pour lequel on leur demandait leur ADN se trouvent toujours poursuivies pour le délit de refus de prélèvement...»
Il fait partie d’un groupe d’une trentaine de militants qui, ayant perdu procès sur procès pour ce «délit continu» —tant que le refus persiste, ils peuvent être convoqués à tout moment— ont porté leur cas devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de Strasbourg. Ces militants, soutenus par plusieurs organisations, ont récemment rendu publique la drôle de «proposition» que leur a faite un émissaire du gouvernement français, via le Quai d’Orsay: un «règlement amiable de cette affaire», en échange d’un chèque du Trésor public.


De l'argent pour calmer l'affaire


Cette procédure d’arrangement discret —très prisée en droit anglo-saxon, plus rare dans le nôtre— est, selon un avocat concerné,«monnaie courante» devant la CEDH. Cela permet à l’Etat attaqué, face à un dossier «fragile», de régler ça entre avocats et, ainsi, de ne pas risquer une humiliante condamnation. Car en pareil cas, il ne restera aucune trace de l’affaire, qui ne fera donc pas jurisprudence.
Il est très délicat pour un justiciable d’évoquer publiquement avoir fait l’objet de telles «propositions». L’un des «faucheurs» a tout de même accepté de nous fournir une copie de cette fameuse missive diplomatique, signée de la «sous-directrice des droits de l’homme» du ministère des Affaires étrangères, Anne-Françoise Tissier, proposant«d’accorder au requérant une somme de 1.500 euros en réparation des préjudices subis par lui».

«Réparation»
, certes, mais «cette proposition n’implique, de la part du gouvernement, aucune reconnaissance de violation» par la France de la convention européenne des droits de l’homme, conclut la courte lettre du Quai d’Orsay.
Selon nos informations, le plus étrange c’est que certains prévenus ont reçu des propositions plus généreuses. Plusieurs milliers d’euros pour certains, voire près de 15.000 euros pour Benjamin Deceuninck (un chiffre révélé par Libération). A la tête du client... «Je ne comprends toujours pas le sens de cette démarche, nous dit-il. Comment imaginer qu’en ayant refusé pour des raisons de principe, nous serions prêts à arrêter la procédure contre une somme d’argent? J’avoue que ça m’échappe...»


Deceuninck, qui a lâché l’agriculture pour l'informatique et est devenu l’un des responsables de la section d’Alès de la Ligue des droits de l’homme (LDH), est sans doute le plus déterminé de tous —d’où, peut-être, la valeur du chèque tendu par le Quai d’Orsay.
C’est le premier qui a porté son cas, il y a plus de deux ans, devant la Cour de Strasbourg. Condamné en 2005 pour destruction d’OGM, Benjamin Deceuninck fut convoqué une première fois l’année suivante. Son refus sera sanctionné, en première instance et en appel, de 500 euros d’amende.
En 2006, il participe au premier «front» ouvert contre le FNAEG, le collectif Refus ADN, qui garde la trace de dizaines de procès impliquant, pour la plupart, des militants pacifiques. Deux ans plus tard, le collectif initie une «campagne de désinscription», qui pousse ceux ayant succombé au chantage à exiger le retrait de leurs identifiants biologique du FNAEG pour, notamment, «procédé discriminatoire».


Un fichier d'antécédents et d'ordre préventif


Créé au début des années 2000 pour répertorier les délinquants sexuels, il a depuis été largement modifié, d’abord par la gauche puis plus largement à partir de 2002 par la droite, pour y inclure des prévenus arrêtés pour plus d’une centaine de délits, dont certains mineurs (outrages, vols de téléphone portable...), en y excluant les délits financiers. Ce fichier a également la particularité d’être à double tranchant, puisqu’il recense aussi bien de simple suspects, jamais condamnés (durée de conservation: 25 ans), que des personnes jugées (40 ans de conservation).


Sur environ 1,8 million de fiches répertoriées à l’heure actuelle, les suspects —«mis en cause dans des affaires judiciaires»— sont majoritaires (55%). C’est donc à la fois un «casier» d’antécédents et un fichier d’ordre «préventif», qui, par définition, entre en conflit avec le principe de présomption d’innocence. A l’image du Stic (celui de la PJ des «infractions constatées», là aussi avant jugement), les mineurs peuvent aussi y figurer, à partir de 13 ans.
«Il faut absolument qu’il y ait un débat public sur la raison d’être de ce fichier liberticide, poursuit Benjamin Deceuninck. J’ai calculé par exemple qu’une personne sur 38 en France est concernée, ça veut dire que chacun, au sein de sa famille élargie, a au moins une personne fichée. Ça devrait faire réfléchir du monde...» La démarche du Quai d’Orsay, admet-il, leur offre une «tribune inespérée»... Mais leur action diverge pourtant sur le fond. Si lui est déterminé à se battre contre le principe même du fichage génétique, d’autres militants sont prêts à l’accepter pour «pédophilie ou terrorisme»...


Les faucheurs volontaires ont toutefois un avantage par rapport à d’autres prévenus. Car une loi de 2008 exclut désormais la destruction d’OGM des délits pour lesquels un prélèvement est exigé. Même si la loi n’est pas rétroactive, le gouvernement sait bien que devant la CEDH, les faucheurs militants ont toutes les chances de remporter la partie —grâce à l’article 8 de la convention (respect de la vie privée).
D’autres militants, syndicalistes pour la plupart, bataillent eux aussi pour que leur droit au refus soit reconnu. Mais les délits pour lesquels ils ont été condamnés figurent toujours parmi les cas autorisant le fichage de leur ADN. Plusieurs syndicats dits «indépendantistes» —en Corse (STC), au pays basque (LAB), en Guadeloupe (UGTG), et même en Kanakye (USTKE)— ont monté une «plateforme», voilà un an, pour défendre ensemble leurs intérêts.




Des délégués venus des quatre coins de l’«empire français» étaient présents, en mai 2011 à Paris, pour soutenir Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental, poursuivi lui aussi pour refus de prélèvement après une condamnation pour «dégradation et violence». Si l’ex des Conti a gagné une première manche (relaxé en appel en juillet 2011, le parquet a fait appel: le procès s'ouvre à Amiens le 4 janvier), les indépendantistes dénoncent un «traitement politique» de leurs cas. Deux membres du Syndicat des travailleurs corses sont les seuls à avoir été condamnés à des peines de prison ferme (ils ont fait appel et iront «jusqu’à Strasbourg») et non à de simples amendes.


Enfin, si le gouvernement est conscient que «son» fichier ADN est juridiquement instable, c’est aussi à cause des travaux d’une généticienne de l’Inserm, Catherine Bourgain. Elle soutient depuis un an que les «segments» d’ADN récoltés sont de plus en plus«signifiants», c’est-à-dire que l’on pourrait dresser de véritables profils génétiques des personnes fichées. Or il est interdit de répertorier de l’«ADN codant» dans un fichier judiciaire...


Plusieurs questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sont instruites en ce moment sur ce point précis. La généticienne sera appelée à la barre pour témoigner en faveur de Xavier Renou, un autre militant qui sera jugé le 22 février à Senlis. Jusqu’ici un seul Etat a été condamné par la CEDH, pour le caractère «disproportionné» de son fichage ADN, c’est la Grande-Bretagne en décembre 2008. Sommé de détruire les segments des simples suspects, le gouvernement Cameron parle maintenant de les «anonymiser». Une option que pourrait choisir la France si elle subit le même sort à Strasbourg.


Jérôme Thorel


Source: http://www.slate.fr/story/47639/adn-fichiers 

dimanche 4 décembre 2011

TOUS AU LARZAC !!!!!

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne?
Ohé! partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme! (...)

(Chant des partisans) 








http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/11/22/tous-au-larzac-le-jour-ou-les-causses-devinrent-terre-de-revolte_1607515_3476.html 

mardi 18 octobre 2011

OGM – Lourdes condamnations pour les faucheurs à Colmar


Après la condamnation des faucheurs de plants de vigne transgéniques vendredi dernier à Colmar, les militants anti-OGM comme l’Inra se réservent la possibilité de faire appel de ce jugement. La justice a condamné les faucheurs volontaires à des peines de prison avec sursis et à 57.000 euros d’amendes.
La plupart des 60 militants anti-OGM qui avaient détruit l'an dernier une parcelle de vigne transgénique expérimentale dans le Haut-Rhin ont été condamnés à 2 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Colmar. Six d'entre eux, déjà soumis à une peine avec sursis pour des faits comparables, ont été condamnés à 1.200 euros d'amende.
Par ailleurs, le tribunal a condamné les prévenus à verser au total quelque 57.000 euros à l'Institut national de la recherche agronomique, dont 50.000 euros au titre du préjudice scientifique causé par leur action, alors que l’Inra demandait 500.000 euros. Les activistes avaient totalement détruit le 15 août 2010, une parcelle expérimentale de plusieurs dizaines de pieds de vignes OGM, plantés par l’Inra, à Colmar.

jeudi 29 septembre 2011

Les 60 faucheurs d'OGM de Colmar assument leur "désobéissance civile"

Plus de 200 personnes, venues pour certaines en car d'autres régions, ont accompagné les militants jusqu'au tribunal correctionnel. "Non aux OGM: ni dans nos champs, ni dans nos assiettes, ni dans nos verres. Pour le bien commun, je résiste", pouvait-on lire sur l'une de leurs banderoles. ( © AFP Frederick Florin)
COLMAR (AFP) - Les 60 faucheurs de plants de vignes transgéniques, dont le procès s'est ouvert mercredi à Colmar, ont revendiqué un acte de "désobéissance civile", profitant de l'occasion pour porter le débat sur les OGM au-delà du tribunal avec leur large comité de soutien.
Les plus de 200 personnes qui ont accompagné les prévenus jusqu'au tribunal correctionnel, n'ont pu toutes prendre place dans la salle d'audience. "Non aux OGM: ni dans nos champs, ni dans nos assiettes, ni dans nos verres. Pour le bien commun, je résiste", pouvait-on lire sur l'une de leurs banderoles.
Cette première des trois journées du procès a été consacrée à l'audition des prévenus, poursuivis pour "destruction de parcelle de culture d'OGM" et "violation de domicile".
Le 15 août 2010, les faucheurs avaient détruit plusieurs dizaines de pieds de vignes OGM, plantés dans le cadre d'une expérimentation en plein air de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), à Colmar. Il s'agissait pour l'Inra de tester la résistance de porte-greffes de vignes génétiquement modifiés à une maladie virale de la vigne, le court-noué.
Tous reconnaissent les faits, revendiquant leur droit à la "désobéissance civile": "Je ne regrette pas mon geste", "je recommencerai", "j'ai fauché hier, je faucherai demain", ont affirmé les prévenus, aux profils hétéroclites (étudiants, agriculteurs, médecins, ingénieurs...). "Certains disent qu'on a transgressé les lois, mais les lois peuvent changer", a fait valoir Jean-Pierre Frick, un vigneron alsacien.
Pour leur porte-parole, Etienne Raphaël, l'expérimentation "était un alibi pour rendre les OGM acceptables", alors que l'Inra met en avant la concertation organisée autour de cet essai sans visée commerciale et au financement public.
Les avocats de la défense ont déjà évoqué mercredi l'une de leurs principales cartes: au moment du fauchage, l'interdiction de l'essai prononcée par le tribunal administratif de Strasbourg en 2009 était applicable.
Mais selon le ministère public, l'interdiction faisait alors l'objet d'un recours. En janvier 2011, la Cour d'appel de Nancy a finalement contredit le tribunal administratif.
"Ne peut-on pas dire sans détruire?", a demandé aux prévenus la présidente, Martine al-Kanje. "Par le biais de la justice et des médias, on peut enfin avoir le débat", s'est justifié Laurent Cousot, 50 ans, gestionnaire de pressing.
Forts de leur comité de soutien, les faucheurs ont tenté d'élargir le débat avec des conférences et projections de films programmées jusqu'à vendredi à Colmar.
L'Inra, partie civile, devrait demander plusieurs centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts. "Mais on est prêt à avoir le débat dehors aussi, pour répondre à cette désinformation" des faucheurs, a dit à l'AFP son porte-parole, Jean-François Launay.
Ils "ont agi de façon injustifiable au regard de la liberté de la recherche, de la justice, mais aussi de la cause qu'ils servent", a souligné l'institut dans un communiqué, expliquant que l'essai allait "révéler que le recours à des porte-greffes OGM ne permettait pas aux vignes de résister à la maladie du court-noué".
Les témoins des deux parties devraient être entendus à partir de jeudi matin.
Avant l'action "coup de poing" d'août 2010, les ceps expérimentaux de Colmar avaient déjà été attaqués en 2009 par un anti-OGM, Pierre Azelvandre. Il a écopé en janvier en appel d'un mois de prison avec sursis et plus de 50.000 euros de dommages et intérêts à verser à l'Inra.
© 2011 AFP

mercredi 21 septembre 2011

OGM : le Pape faucheur involontaire ?

Benoît XVI et José Bové : même combat contre les Organismes Génétiquement Maudits ?
Quand le goupillon de toutes les hontes et la faucille militante s’accordent sur le fait de la désobéissance civile, il faut le souligner !
Vade retro OGM ? Pas si sûr que ça !
Ne voulant, pour le moment, rien entendre quant aux plantes génétiquement modifiées, le Vatican pose problème aux lobbyistes du business agro-alimentaire, convaincus par avance que le Saint-Siège leur serait acquis.
Les choses s’assombrirent pour les groupes semenciers dès octobre 2009, quand devant le Synode des Évêques africains, Benoît XVI critiqua explicitement les OGM et accusa les entreprises multinationales d’être responsables de l’appauvrissement des pays en développement. « La campagne de semences d’Organismes Génétiquement Modifiés, qui prétend assurer la sécurité alimentaire, ne doit pas faire ignorer les vrais problèmes des agriculteurs : le manque de terre arable, d’eau, d’énergie, d’accès au crédit, de formation agricole, de marchés locaux, d’infrastructures routières, etc. Cette technique risque de ruiner les petits exploitants, de supprimer leurs semences traditionnelles et les rend dépendants des sociétés productrices des OGM », déclarait-il alors. Benedictus XVI semble ainsi radicalement favorable au principe de précaution, accréditant implicitement les actions salutaires de désobéissance civile.
L’attitude papale a donc tout pour mettre en colère des gens comme le directeur de la filiale française de Monsanto, qui déclarait dès 2008 qu'« un pays qui laisse une poignée d'obscurantistes saccager sa recherche se prive de toutes les promesses de progrès que celle-ci porte pour le présent et pour l'avenir  », ou la présidente d’un think tank libéral comme l'Institut économique Molinari estimant que les « faucheurs sont dangereux », car ils « menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture ».
Peu avant les véhémentes déclarations papales, l'Académie pontificale des Sciences réunissant une quarantaine d'experts avait trop hâtivement conclu que les plantes transgéniques n'étaient pas intrinsèquement dangereuses, ce qui avait provoqué un regain de lobbying dans les couloirs du Saint-Siège. Il fut précisé plus tard que cette déclaration ne correspondait pas à une position officielle du Saint-Siège ou du magistère de l'Église. À la même époque et de leurs côtés, les évêques officiant en Inde avaient déjà adopté une position très vigoureuse contre les fausses promesses des OGM, notamment en vertu de leurs conséquences catastrophiques sur la vie des petits paysans.
Toute l'Église n’est pas à la pointe du combat contre les savants fous du génie génétique quand il s’agit que de plantes et de brevetage du Vivant. Selon les observateurs, elle hésiterait entre un « oui » si tant est que les OGM puissent contribuer à réduire la faim dans le monde, et un « non » s’il s’agissait de violer les droits des petits paysans. L’Église serait-elle si bienveillante que cela ?
On peut argumenter que la position de l’Église est celle du respect de la vie. Si je ne suis nullement d’accord avec l’essentiel du positionnement de l’Église catholique, notamment en matière de démographie, de procréation humaine et de contraception, le rejet de toute altération de la naturalité du Vivant est une éthique partagée tant avec les adeptes de l’écologie radicale, qu’avec les écologistes en général et la Confédération paysanne.
Mais du point de vue d’une éthique aussi anthropocentriste que celle d’une religion créationniste, manipuler des gènes de maïs, ce n'est pas manipuler des embryons. La condamnation de la fécondation in vitro par le Vatican il y a 20 ans n’induit censément pas, pour ces gens, pareille condamnation des biotechnologies végétales.
Les défenseurs de la cause transgénique de l’Académie pontificale demandent juste qu’« un effort spécial soit fait pour fournir aux pauvres cultivateurs des pays en développement des variétés de plantes génétiquement améliorées adaptées à leurs conditions locales », et que « la recherche pour développer de telles plantes cultivées prête une attention particulière aux besoins locaux et aux variétés locales ainsi qu’à la capacité de chaque pays à adapter ses traditions, son héritage social et ses pratiques administratives pour la réussite de l’introduction de ces plantes génétiquement modifiées ». La chancellerie de l'Académie pontificale pour les Sciences n’est donc pas fermée aux discussions, « pourvu que l'agriculture transgénique ne se transforme pas en activité spéculative » ! Cynisme ou naïveté ? Cynisme parce que l’Académie avait confié l’organisation de ses dernières journées d’études sur les OGM à un nommé Ingo Potrykus, inventeur du riz doré et grand VRP des PGM dans le monde.
La curie vaticane aisément corruptible saura-t-elle convaincre Joseph Alois Ratzinger à la privatisation de la Création divine...ou le Vatican restera-t-il schizophrène sur ce sujet et… jusqu’à un prochain Pape ? L’enjeu est de taille compte tenu de l’autorité du Vatican à l’endroit des nations.

dimanche 18 septembre 2011

500 bouteilles de Bordeaux bio vendus en soutien aux faucheurs OGM de Colmar

Plus de 500 bouteilles de vin de Bordeaux bio vont être vendues pour soutenir les 62 faucheurs qui seront jugés fin septembre à Colmar pour l'arrachage, en août 2010, de plans de vignes OGM à l'INRA de cette ville, a-t-on appris samedi auprès du collectif des faucheurs de Gironde.
Les bouteilles, offertes par des producteurs bio de Gironde, partiront dimanche en fin de soirée de Bordeaux à bord d'un voilier qui ralliera la Bretagne, l'initiative émanant de collectifs anti-OGM bretons, a expliqué à l'AFP Jacky Berrahil, du collectif anti-OGM de Gironde. 



Le vin sera ensuite vendu à des associations bretonnes et la recette servira à soutenir les faucheurs qui comparaîtront du 28 au 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Colmar, a poursuivi M. Berrahil, qui avait participé à la destruction des plants et figurera parmi les prévenus.
Cette vente marque "le soutien" de viticulteurs "qui dénoncent eux aussi l'utilisation des OGM" dans l'agriculture, a-t-il souligné.


Le 15 août 2010, 62 faucheurs anti-OGM avaient arraché des plants de vignes, cultivés à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Colmar dans le cadre d'une expérience sur le court-noué, une maladie de la vigne.
Le 17 janvier, la cour d'appel de Colmar a condamné un militant anti-OGM à un mois de prison avec sursis et plus de 50.000 euros de dommages-intérêts pour avoir saccagé 70 plants de vigne en septembre 2009, déjà à l'INRA de Colmar.


Source: http://www.leparisien.fr/bordeaux-33000/500-bouteilles-de-bordeaux-bio-vendus-en-soutien-aux-faucheurs-ogm-de-colmar-17-09-2011-1612894.php

jeudi 15 septembre 2011

OGM - ACHARNEMENT CONTRE LA CHERCHEUSE BELGE BARBARA VAN DYCK

par Christophe NOISETTE , septembre 2011
Suite à son soutien à un arrachage de pommes de terre transgéniques, la chercheuse belge Barbara Van Dyck, de l’Université de Louvain, sera finalement licenciée. Une manifestation est donc prévue le jour de la rentrée académique de l’Université catholique de Louvain, le 26 septembre 2011 [1].

Retour sur les faits : suite à la destruction par des militants belges et français d’un essai en champ de pommes de terre transgéniques [2], une chercheuse à l’Université de Louvain, Barbara Van Dyck, avait publiquement soutenu cet arrachage, estimant que le projet qui liait l’Université à l’entreprise BASF n’était pas une voie pertinente pour la mise en place d’une agriculture réellement durable. Aussitôt, le recteur de l’Université, Mark Waer, avait fait savoir que cette déclaration était considérée comme une faute grave et, à ce titre, avait engagé une procédure de licenciement. Une forte mobilisation, dans le secteur universitaire et associatif, était alors mise en place pour soutenir la chercheuse et dénoncer les pratiques de l’Université. Le recteur avait alors, par voie de presse [3], laissé entendre qu’une réintégration restait possible. Une action dite « la procession des toges en colère » était prévue pour le 28 juin 2011 : une délégation de professeurs, de chercheurs et de sympathisants devait remettre la pétition au recteur, mais, comme le souligne le communiqué de presse du comité de soutien, « pour donner une chance aux négociations, l’action a (…) été reportée ». Du fait de ce qu’ils considèrent comme un acharnement de la direction de l’Université, la manifestation a donc été de nouveau programmée, le jour de la rentrée académique. Comme le souligne le communiqué de presse du comité de soutien à Barbara Van Dyck [4], « La controverse autour de cette sanction et les arguments utilisés montrent que cette affaire dépasse le cas individuel. L’affaire a mis en lumière une insatisfaction préexistante à propos des liens grandissants entre la recherche universitaire et les intérêts industriels, ainsi qu’à l’égard des logiques marchandes qui s’immiscent à l’université, de la valorisation de la concurrence exacerbée et de la privatisation des moyens et des produits de la recherche ».

lundi 29 août 2011

OGM : nouveau fauchage de tournesols "mutés" dans la Drôme


Dans la nuit de samedi à dimanche, un groupe de 100 à 150 "faucheurs volontaires" a détruit une parcelle de tournesols OGM, dans la Drôme. Une opération destinée à dénoncer des "OGM cachés", selon des sources concordantes.
Un communiqué adressé à l’AFP révèle que 100 à 150 personnes ont participé, dans la nuit de samedi à dimanche, à la destruction d’une parcelle de tournesols génétiquement modifiés dans la Drôme. Selon les informations recueillies auprès des "faucheurs volontaires", cette action était destinée à "dénoncer" des "OGM cachés". A l’heure où nous écrivons, aucune interpellation n’a encore eu lieu bien qu’un document de revendication comportant 78 noms ait été transmis à la gendarmerie, indique Sciences et Avenir.
La parcelle de 5 000 mètres carrés qui a été détruite comportait des tournesols capables de résister à un herbicide utilisé dans la lutte contre l'ambroisie (une plante qui provoque de nombreuses réactions allergiques), affirment les "faucheurs volontaires" qui qualifient eux-mêmes leur action d'acte "de désobéissance civique". Cette plantation avait fait l'objet d'une présentation, fin juillet, par des techniciens pour qui cette variété de tournesol était "une réponse à ce problème de santé publique", assurent les faucheurs.
Dans leur communiqué les faucheurs fustigent cette "campagne de propagande" orchestrée notamment par "les multinationales de la semence avec le soutien d'hommes politiques" pour "imposer" cette variété "aux paysans et aux consommateurs". Ils dénoncent également "la volonté des semenciers de ne pas informer les paysans producteurs de tournesol sur la vraie nature de ce tournesol, ces semences étant étiquetées comme "issues de sélection classique"".
Deuxième action en un mois
Un courrier destiné au propriétaire de la parcelle lui explique que le tournesol est "issu de mutagenèse dirigée, technologie OGM que la directive européenne 2001-18 définit également comme telle, mais en l'excluant de son champ d'application". Les faucheurs expliquent au producteur qu'ils considèrent que "la maîtrise de l'ambroisie ne passe pas par le développement de variétés OGM et d'herbicides supplémentaires. Il s'agit d'un problème agronomique qui doit être contrôlé par des solutions agronomiques".
"Nous ne voulons pas montrer du doigt les paysans qui ont semé ces variétés car les firmes semencières et leurs distributeurs se gardent bien de les informer du caractère OGM de ces variétés", écrivent enfin les faucheurs qui en sont à leur deuxième action en un mois en Rhône-Alpes. Fin juillet, c’était plus de 200 personnes qui avaient détruit une parcelle de 100 mètres carrés de tournesol "muté" à Feyzin, près de Lyon.


source: http://www.maxisciences.com/organisme-g%E9n%E9tiquement-modifi%E9/ogm-nouveau-fauchage-de-tournesols-mutes-dans-la-drome_art16593.html