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vendredi 18 mai 2012

Haïti : Des organisations paysannes de l’Amérique Latine en visite dans le pays


Plus d’une quinzaine de dirigeants d’organisation des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes ont offert leur solidarité à leurs homologues haïtiens et ont critiqué la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah).


Cette délégation composés de représentants de la Coordination latino-américaine des organisations paysannes (Cloc) et de l’organisation mondiale paysanne Via Campesina, était en visite dans le pays durant deux jours, visite qui a été bouclée le lundi 14 mai 2012 par une rencontre avec des journalistes.


« La Minustah a échoué dans son objectif de rétablir l’ordre dans le pays », indique le membre de la commission politique de Cloc, Diego Montòn,


« Non seulement la Minustah n’a rien fait en faveur du peuple haïtien, mais la Minustah est un instrument de l’impérialisme américain », souligne Montòn.


Pour lui, « c’est une mission qui est au service du peuple américain, même quand les Américains n’ont pas de troupes sur le terrain ».


Par ailleurs, Diego Montòn s’est dit satisfait de son bref passage en Haïti.


« Contrairement à ce qu’on dit des Haïtiens, qu’ils sont un peuple violent, sauvage, la délégation a pu faire une autre expérience … c’est vraiment le contraire ».


La délégation, qui est arrivée en Haïti le dimanche 13 mai 2012, a rencontré plus d’une dizaine d’organisations paysannes, dont Tèt kole ti peyizan ayisyen et le Mouvement des paysans de Papaye (Mpp).


A en croire Montòn « cette solidarité permettra de constituer un groupe de pression afin de provoquer une grande mobilisation, qui forcera les dirigeants de leurs pays à retirer leurs troupes de la Minustah ».


La Cloc et la Via Campesina ont aussi mis l’accent sur les offensives des transnationales, notamment sur les terres.


La Via Campesina a décidé d’offrir sa solidarité, non seulement au peuple haïtien, mais également à tous les pays qui se trouvent dans le continent et qui sont victimes de répressions et violations de droits humains.


La Clorc est présente dans tous les pays de l’Amérique Latine. [jep kft gp apr 15/05/2012 09:45]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article12854

vendredi 2 mars 2012

Un juge américain valide le boycott des produits israéliens


En France le boycott est illégal et passible de prison, mais aux USA il a été autorisé par un juge, mieux encore, vouloir empêcher le boycott serait une entrave à la liberté d’expression, toujours suivant ce juge.
En France  le boycott étant interdit par la loi vous êtes légalement contraints d’acheter ces produits israéliens dont le code barre commence par 729.

Le lobby israélien vient d’être débouté de sa plainte contre le magasin Co-op de la ville d’Olympia (Etat de Washington), qu’il accusait d’avoir retiré les produits israéliens de ses étagères.
Le conseil d’administration de la chaîne Co-op de la capitale de l’Etat de Washington, avait voté le boycott des produits israéliens et donc cessé de les vendre en 2010.

Depuis cette date, il a été harcelé par un groupe de pression (« Stand with us ») qui a finalement décidé de les attaquer en justice.
Le juge les a non seulement déboutés ce lundi, mais les plaignants sont menacés de devoir payer de fortes amendes (10.000 dollars) à chaque personne poursuivie, pour avoir essayé de les intimider et pour avoir entravé leur liberté d’expression, en les contraignant à engager des dépenses judiciaires élevées pour se défendre.

Sources:

samedi 8 octobre 2011

OGM : Les américains veulent savoir ce qu’ils consomment « Just Label it ».


« Just Label It » que l’on peut traduire par "Etiquetez-le" est en passe de devenir le slogan de ce mois d’octobre au pays de l’oncle Sam. En effet, hier près de 400 associations et organisations, principalement de protection des droits des consommateurs ont appelé la FDA (Food and Drug Administration) à signaler les produits contenant des OGM.
Une campagne intitulée « Just Label It – We Have a Right to Know » (Etiquetez-le – Nous avons le droit de savoir) a été lancée ainsi qu’une pétition rassemblant déjà près d’un million de signatures.

Aux Etats-Unis, les OGM sont présents dans de nombreux produits, sans que le consommateur ne soit forcément au courant. Dans ce pays, 90% du maïs et du coton ou encore 94% du soja sont issus de semences génétiquement modifiées. A l’heure actuelle le seul moyen de ne pas consommer d’OGM est d’acheter des produits biologiques certifiés par le ministère de l’agriculture américain (USDA).

Si les produits contenant des OGM ne sont, au jour d’aujourd’hui, pas étiquetés différemment, c’est en vertu d’un texte de loi « The Federal Food, Drug, and Cosmetic Act ». Ce dernier stipule qu’un produit doit posséder un étiquetage supplémentaire s’il y a un manque d’informations « matérielles ». En 1992, la FDA a précisé le sens du terme « matérielle » en ajoutant que ces informations matérielles pouvaient être ressenties par le goût, l’odorat ou les autres sens. Bien entendu, les OGM ne rentrent donc pas dans ces informations essentielles. Ainsi, un saumon génétiquement modifié (une espèce est en attente de validation par la FDA) n’est pas "matériellement" différent d’un saumon non OGM car il a le même gout, la même odeur ou encore la même texture. Il n’y a donc pas nécessité d’apposer un étiquetage supplémentaire.

Le directeur du Center for Food Safety, Andrew Kimbrell, qui est à l’origine de la pétition déclare : « Nous demandons à la FDA de changer une décennie de politique en dehors des réalités. […] Aujourd’hui les consommateurs sont plus informés que jamais et ils ont le droit de savoir ce qu’ils achètent et ce qu’ils consomment. Nous voulons que la FDA impose un étiquetage des denrées contenant des OGM ».

Un récent sondage mené par une association de consommateurs (Consumers Union) montre que 95% des consommateurs pensent que les produits OGM devraient être signalés et 93% veulent que le gouvernement américain impose cet étiquetage. L'un des arguments majeurs des pro-étiquetages est que de nombreux pays ont déjà adopté de telles mesures. Ainsi en Australie, en Nouvelle Zélande, au Japon, en Corée, en Chine ou dans l’Union Européenne, un étiquetage est obligatoire pour les produits contenant des OGM.

Les grands groupes agrochimiques américains ne sont pas d’accord avec cette campagne et soutiennent la sécurité et la qualité nutritionnelle de leurs produits OGM. La bataille promet d’être longue et rude…

Le site web de la campagne « Juste Label It » permet à chaque américain d’apporter son soutien à la campagne par un simple clic. Pour en savoir plus : justlabelit.org.

Source : The Huffington Post

jeudi 1 septembre 2011

Un maïs OGM Monsanto mis en échec par l'"insecte à 1 milliard de dollars"


L'"insecte à 1 milliard de dollars", comme l'ont surnommé les agriculteurs américains, a une nouvelle fois déjoué les défenses qu'ils avaient disposées contre lui dans leurs champs, sur les conseils de Monsanto. La chrysomèle du maïs,Diabrotica virgifera, de son nom latin, a fait une percée contre un maïs transgénique de la firme américaine.
Le petit coléoptère avait déjà développé une stratégie pour échapper à la rotation des cultures, qui vise à le priver de sa pitance favorite lors de son éclosion : il s'est déjà montré capable de survivre sur du soja et de surseoir un an ou deux à la sortie de terre pour se retrouver dans son cher maïs.
Lire la suite: http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/31/un-mais-ogm-monsanto-mis-en-echec-par-l-insecte-a-1-milliard-de-dollars_1565726_3244.html 

samedi 27 août 2011

Quand la diplomatie américaine était au service de Monsanto


Des documents révélés par Wikileaks montrent que le gouvernement Bush surveillait de près les débats sur les OGM en France.

Une chercheuse soigne un plant de soja dans une serre de Monsanto à Chesterfield, dans le Missouri (Peter Newcomb/Reuters)

« L'Europe recule plutôt que d'avancer [sur la question des biotechnologies], avec la France, qui joue un rôle de premier plan, l'Autriche, l'Italie et même la Commission. Passer à des représailles montrerait clairement que la voie actuelle a un coût réel pour les intérêts européens, et pourrait aider à renforcer ceux qui soutiennent les biotechnologies en Europe. »
La prose est signée Craig Stapleton, ambassadeur américain à Paris sous l'administration Bush. Elle fait partie d'une série de câbles diplomatiques confidentiels publiés par Wikileaks cette semaine.
Truthout révèle que, dans la plupart des câbles, la France est désignée comme le principal barrage au développement des cultures OGM au sein de l'Union européenne, depuis 2007, face aux offensives de grands producteurs commeMonsantoDow Agro-Sciences ou DuPont.
Face à ce blocage, la diplomatie américaine a fait pression sur les dirigeants politiques et les représentants du monde agricole. Les télégrammes diplomatiques mis en ligne sur Wikileaks montrent les méthodes employées.

José Bové et les faucheurs inquiètent l'ambassade américaine

En 2007, l'ambassade américaine à Paris fait ainsi état ​​d'une rencontre entre les diplomates américains et trois représentants des firmes concernées. A l'époque, José Bové est candidat à l'élection présidentielle.
Un premier télégramme du 13 août 2007 inventorie les opposants français aux OGM et signale que « les autorités françaises ont confirmé qu'elles ne défendraient aucune nouvelle mesure biotech avant la tenue d'un congrès environnemental soutenu par le gouvernement », le Grenelle de l'Environnement.
Un autre « câble » rend compte de l'inquiétude des dirigeants de l'agroalimentaire américain face à l'accroissement des saccages de récoltes transgéniques.
Leur embarras porte aussi sur une « mesure qui pourrait contraindre les agriculteurs français à rendre public les emplacements de leurs plans d'OGM » :
« Ils expriment leur inquiétude face à la lenteur de l'Europe quant à l'adoption des procédés biotechnologiques et à la possible politisation des décisions prises par la France en matière de régulation, avant les élections présidentielles. »


Kosciusko-Morizet face au « Mon 810 »

Toujours en 2007, Craig Stapleton, évoque des discussions musclées, après le rejet d'un projet de loi favorable aux biotechnologies par le parlement français. Ce qui a fait échouer la labellisation du Mon 810, une variété de maïs jusque-là bannie, produit par Monsanto.
Un câble de 2008 montre qu'un an plus tard, la pilule n'est toujours pas passée. Il revient sur le débat houleux qui a opposé la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie », Nathalie Kosciusko-Morizet à François Fillon et Jean-François Copé :
« Le gouvernement a perdu le contrôle sur la question [des OGM], y compris au sein de son propre parti. Les perspectives quant à l'avenir commercial des cultures biotechs sont des plus incertaines. Pour la récolte de maïs de 2008, c'est fichu, et il y a peu d'espoir pour les récoltes qui suivront, avant 2009 ou 2010.
Le gouvernement français sait que l'Europe fait face à des représailles à l'Organisation mondiale du commerce pour sa lenteur à approuver les biotechnologies et les interdictions illégales décidées par ses Etats membres.
Manifestement, le gouvernement français comprend que c'est le prix qu'il pourrait avoir à payer pour maintenir son moratoire sur les cultures biotechs. »


Coup dur pour l'exportation américaine

L'interdiction des OGM est susceptible de porter un sérieux coup aux exportations américaines. Selon le département de l'Agriculture américain, 97% du soja, 75% du maïs et 73% du coton qui poussent aux Etats-Unis utilisent des herbicides adaptés aux cultures transgéniques, comme le Round'up de Monsanto.
Un câble de 2007 précise :
« L'interdiction pourrait amputer les exportations vers la France de 30 à 50 millions de dollars. »
L'année suivante, la diplomatie américaine s'alarme de la sortie du documentaire de la journaliste française Marie-Monique Robin, auteure du « Monde selon Monsanto ».
Il est alors question de mettre au point des « talking points » pour mieux protéger les intérêts de Monsanto. Soit des « éléments de langage » bien rodés à servir aux détracteurs de Monsanto. Le site Dissenter cite un câble daté du 4 février 2008 :
« Le film et le livre ne diabolisent pas seulement Monsanto. Ils dénoncent aussi l'action gouvernementale américaine par son manque d'éthique et d'intégrité scientifique […]
Le livre et le films sont sur le point d'être traduits en anglais et dans d'autres langues. Le pays demande à une agence de Washington de fournir des “talking points” à utiliser face à un éventail d'interlocuteurs au sein d'une base listant les questions éventuelles. »


« Le monde selon Monsanto », l'épine dans le pied

Interviewée en 2008 par Rue89, MM Robin évoquait déjà l'extraordinaire pouvoir d'influence de la firme américaine. (Voir la vidéo)
Contactée au téléphone, elle ne se montre pas plus étonnée que ça :
« Ça ne fait que confirmer que les points soulevés dans le film les ont vraiment ennuyés : les liens entre Monsanto et le gouvernement américain, et tout le reste.
Monsanto, par le biais diplomatique, a eu assez de pouvoir pour faire en sorte que l'Espagne mette mon film dans un tiroir. Ca me prouve au moins que je n'étais pas paranoïaque. »


« Monsanto a perdu l'opinion publique depuis longtemps »

En marge du marché européen, les documents sortis par Wikileaks révèlent aussi comment les ambassades américaines font la promotion de « programmes de sensibilisation à la biotechnologie » en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.
Récemment, « Truthout » montrait comment Monsanto agissait en Afrique par le biais de fondations caritatives, comme celle de Bill et Melissa Gates. Des câbles publiés cette semaine confirment que les diplomates américains s'activent en Tunisie, enAfrique du Sud et au Mozambique.
Mais l'effervescence des ambassades ne change pas grand-chose à la donne. Au final, les OGM reculent dans le monde depuis deux ans. En Europe, l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie et la Bulgarie ont interdit le maïs Mon 810, qui exsude de la BT toxine et tue certains insectes nuisibles.
Comme quoi le lobbying « n'a pas été très efficace », conclut Monique Robin. « Malgré toutes les pressions diplomatiques américaines, Monsanto a perdu l'opinion publique depuis longtemps, de toute façon. »
Photo : une chercheuse soigne un plant de soja dans une serre de Monsanto à Chesterfield, dans le Missouri (Peter Newcomb/Reuters)



Source:
http://www.rue89.com/2011/08/27/quand-la-diplomatie-americaine-etait-au-service-de-monsanto-219541 

jeudi 18 août 2011

Café, sucre et cacao dans la tourmente générale


Londres (awp/afp) - Les prix des matières premières alimentaires sont restés soumis cette semaine aux soubresauts des Bourses mondiales et du dollar, finissant en général par se reprendre dans le sillage des marchés d'actions après plusieurs jours de tourmente.

Le cacao, le café et le sucre étant considérés comme des actifs à risque dont les ventes sont liées à l'état général de l'économie mondiale, "leurs cours devraient continuer à évoluer de manière chaotique en fonction des incertitudes macroéconomiques et de la volatilité des marchés", a résumé Barclays Capital.

CACAO

Les cours de la fève brune ont été en net recul à New York, plombés par la chute de Wall Street lundi et mercredi et les mouvements en dents de scie du dollar qui ont perturbé les opérateurs.

La tonne de cacao s'y est échangée jeudi à son plus bas niveau depuis début janvier, à 2846 dollars la tonne.

Selon Kona Haque, du cabinet Macquarie, les prix du cacao sont en outre "pénalisés par des indices concordants selon lesquels la production mondiale enregistrera cette saison un surplus de 400'000 tonnes".

La récolte, a-t-elle rappelé, devrait en effet être nettement supérieure à la normale chez les deux grands producteurs d'Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire et le Ghana.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de cacao pour livraison en septembre valait 1849 livres vendredi vers 13h30 GMT, retrouvant à l'issue d'une semaine animée son niveau de la semaine précédente à la même heure (1845 livres).

Sur le NYBoT-ICE américain, le contrat pour livraison en septembre valait 2870 dollars la tonne, contre 2945 dollars sept jours auparavant.

CAFE

Les cours du café ont fait du yo-yo durant presque toute la semaine, particulièrement sensibles eux aussi aux craintes liées à la vigueur de l'économie américaine.

Après être descendus à un plus bas depuis le début de l'année, ils ont nettement rebondi à partir de jeudi, aidés par la reprise générale des marchés mais aussi par "des craintes sur le niveau de production de pays clés", a noté la revue spécialisée The Public Ledger.

Les inquiétudes portent à la fois sur la faiblesse de la récolte au Vietnam (deuxième exportateur mondial) et sur une production plus faible que prévu au Brésil, dont certaines régions sont touchées par une vague de froid.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en septembre valait 2253 dollars vendredi vers 13h00 GMT contre 2048 dollars le vendredi précédent vers 14h00 GMT.

Sur le NYBoT-ICE, la livre d'arabica pour livraison en septembre cotait à New York 240,75 cents, contre 240,10 cents la semaine précédente.

SUCRE

Les prix du sucre ont suivi le même mouvement chaotique que les autres matières premières alimentaires, leur rebond de la fin de semaine étant conforté par l'annonce d'une production plus faible que prévu de canne à sucre au Brésil, premier exportateur mondial.

L'association des producteurs brésiliens, l'Unica, a revu jeudi en baisse de plus de 4% ses prévisions pour la récolte 2011/2012. Toutefois, cette baisse avait déjà été anticipée par les opérateurs, ce qui a freiné la hausse des cours, a noté Nick Penney, analyste du courtier Sucden.

Le marché reste en outre tiraillé entre la perspective d'une récolte record de betteraves en Russie et les craintes de sécheresse au Mexique sur les champs de canne à sucre.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en octobre valait 733,60 livres sterling vendredi à 13h30 GMT - après être descendu jusqu'à 705,10 livres lundi, un plus bas depuis mi-juin - contre 737,60 livres sterling vendredi vers la même heure.

Sur le NYBoT-ICE américain, la livre de sucre brut pour livraison en octobre cotait 27,63 cents contre 27,85 cents une semaine plus tôt.

cha

(AWP / 12.08.2011 16h41) 

Source:
http://www.romandie.com/news/n/ALIMENTAIRESRevue_hebdo_cafe_sucre_et_cacao_dans_la_tourmente_generale120820111608.asp 

Lire aussi:
http://www.leblogfinance.com/2011/08/cacao-le-cours-chahute-par-wall-street-et-une-surproduction-latente.html

vendredi 12 août 2011

Du vrai délire alimentaire!



Il semble facile de déplacer toute une armée et son matériel militaire dans un pays considéré comme revêche aux yeux des Occidentaux. Mais les grands de ce monde (FMI, Banque mondiale...) peinent toujours à résoudre la façon d'acheminer de la nourriture à 12 millions d'Africains aux prises avec une famine sans précédent. Une famine causée par une sécheresse qui, elle, n'est pas le seul fait d'une nature capricieuse. Aberrant!
Et qui plus est, selon un rapport publié par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le tiers des aliments produits dans le monde, soit 1,3 milliard de tonnes, est gaspillé.
De même, on y apprend que les Nord-Américains sont les champions de ce gaspillage : 115 kilos de nourriture par année, par personne. Dans la corne de l'Afrique, avant la famine, ce chiffre était de 6 kilos.
Au Canada, selon une étude de l'Université de Guelph, 5 millions de tonnes d'aliments sains sont gaspillées par année. Aberrant est un mot bien trop faible!
Si la mondialisation, grâce à toutes sortes de technologies avancées, a réduit la Terre à l'état de « village planétaire », comment se fait-il que l'on soit incapables de faire profiter les pays du Sud de ce surplus alimentaire? Job a de quoi se retourner plusieurs fois dans sa tombe!
Aberration
Toujours selon le FAO, les Britanniques poussent même l'aberration et la fronde jusqu'à éliminer 25 à 30 % de leurs carottes parce que, tenez-vous bien, celles-ci ont un défaut esthétique. Une courbure, imaginez donc! Ce qui les rend difficiles à peler. On découvre dans le rapport du FAO d'autres chiffres tout aussi délirants.
Ici, en Amérique du Nord, nous mangeons beaucoup, même trop pour un certain nombre, quoique de mieux en mieux pour un nombre grandissant.
Pendant qu'en Afrique, les enfants meurent comme des mouches, ici l'inconscience du consommateur face à l'importance des aliments est sans limites. Et par-dessus le marché, on n'a pas idée de la quantité de ressources (eau, sol fertile, énergie, force de travail, argent) qui sont dilapidées à cause de notre insouciance.
Il existe pourtant des moyens pour réduire les immenses écarts entre le Nord et le Sud. À commencer par consacrer moins d'argent pour faire la guerre et plus pour combattre la faim dans le monde. À quand la mise sur pied d'une taxe sur les transactions boursières? Est-il normal que 5 % des individus de la planète possèdent 40 % des richesses?
Si Dieu existe, il est injuste, pas du tout magnanime, encore moins miséricordieux.
À la prochaine bouchée de pain que je vais me mettre sous la dent, j'aurai une pensée pour les millions de suppliciés qui souffrent de la faim dans le monde, de même que pour mon bac vert toujours trop gourmand, sans oublier mon obole à la Croix rouge internationale. Et vous?
Marcel Lapointe


Source: http://www.cyberpresse.ca/le-quotidien/opinions/201108/12/01-4425455-du-vrai-delire-alimentaire.php

mercredi 10 août 2011

La bulle alimentaire

Par Gwynne Dyer
Journaliste indépendant basé à Londres
 
Il existe toutes sortes de bulles. Nous avons eu la bulle financière, qui a éclaté en 2008 et provoqué les terribles dégâts financiers que nous n’avons pas fini de payer. Il y a la bulle immobilière chinoise, la plus grosse de l’histoire, qui risque de détruire toute l’économie mondiale quand elle éclatera. Mais il y en a une à part: la bulle alimentaire.

En 2008, l’OCDE a publié un rapport sur l’offre alimentaire mondiale, prévoyant un retour à la normale des prix de l’alimentaire après la hausse de cette année-là: «Si on excepte un changement climatique sous-jacent ou des pénuries d’eau qui pourraient entraîner une réduction permanente des rendements, on peut s’attendre à court terme à voir une production [agricole] en hausse qui correspondrait à la normale». Oui, et si on excepte l’âge, les maladies et les accidents, nous pourrons tous vivre éternellement.

Entre avril 2010 et avril 2011, le cours mondial moyen des céréales est monté en flèche: il a augmenté de 71%. Ce qui n’a rien de grave pour les habitants des pays riches, puisqu’ils consacrent moins de 10% de leur budget à la nourriture. Mais c’est une catastrophe pour les populations des pays pauvres, qui dépensent déjà plus de la moitié de leurs revenus simplement pour nourrir leur famille. Catastrophique alors que le «changement climatique et les pénuries d’eau» n’ont pas encore atteint leur pire niveau de gravité. A terme, cela va arriver.

Puisqu’il est trop tôt pour être certain qu’une sécheresse, une inondation ou une canicule est due à la hausse des températures du globe, ignorons les effets du changement climatique. De plus, dans certains pays (notamment, les États-Unis), le changement climatique est encore source de scepticisme chez bon nombre de gens. Envisageons seulement les effets sur l’offre de produits alimentaires lorsque nous manquerons d’eau pour l’irrigation.

La première grande crise alimentaire est survenue au début des années 70. La consommation avait alors dépassé la production en raison d’une croissance démographique rapide. Entre 1945 et 1975, la population planétaire a quasiment doublé. Le prix des céréales était même plus élevé, en termes de valeur réelle, qu’aujourd’hui ; certaines régions ont frôlé la famine. Mais le problème a vite été résolu par la «révolution verte», qui a permis de doper les rendements de riz, de blé et de maïs.

Le seul inconvénient est que la révolution verte n’était pas si «verte» qu’on le croyait. Les variétés de cultures au plus fort rendement ont certes contribué à la solution, mais on a aussi eu recours à de plus en plus de fertilisants : l’usage de fertilisants dans le monde a triplé entre 1960 et 1975. Et, surtout, de plus en plus de régions du monde ont eu accès à des systèmes d’irrigation (elles ont plus que triplé depuis 1950).

Malgré cela, aujourd’hui, seules 10 % des terres en culture du monde sont irriguées. Ces 10% de surfaces irriguées fournissent tout de même quelque 40 % de l’offre mondiale d’aliments –autant dire qu’elles sont vitales. Seulement voilà, après 1950, on n’a plus découvert de nouveaux cours d’eau. La quasi-totalité des terres irriguées (deux tiers de l’ensemble des terres) bénéficient d’une eau qui provient d’aquifères souterrains profonds.

Une grande partie de ces nappes aquifères sont «fossiles», ce qui signifie qu’elles se sont remplies d’eau il y a longtemps et sont coupées de la surface. À force de pompage, elles finiront par se tarir. D’autres continuent à recevoir l’eau qui s’infiltre dans le sol… mais leur taux de pompage est très largement supérieur au taux de remplissage. Si bien que même ces aquifères s’assècheront. À ce moment-là, le monde devra faire avec le tiers de terres irriguées grâce aux précipitations. Ce qui sera insuffisant.

Évidemment, tous les aquifères ne disparaîtront pas en même temps. Certains sont plus vastes, ou exploités depuis plus longtemps et plus lourdement, que d’autres. Mais, à un moment donné d’ici une trentaine d’années, la plupart seront dépourvus de leur eau.

Aux États-Unis, les terres irriguées ont probablement déjà connu leur «pic d’irrigation». Dans les principaux États agricoles, cela fait quelque temps: 1978 pour le Texas, 1997 pour la Californie. La Chine et l’Inde doivent en être à leur pic d’irrigation à l’heure actuelle. En 2005, une étude de la Banque mondiale indiquait que 175 millions d’Indiens étaient nourris avec des céréales produites grâce à de l’«eau surpompée». De même, 130 millions de Chinois dépendent, pour leurs récoltes de céréales, d’une eau souterraine de plus en plus rare.

Mais il y a pire. Au Moyen-Orient, en 2000, Israël a interdit toute irrigation du blé afin de conserver l’eau souterraine restante pour la population. Le pays importe désormais 98% de ses céréales. Plus récemment, l’Arabie saoudite, encore autosuffisante pour la production de blé il y a cinq ans, a décidé de mettre fin à toute culture de céréales avant l’assèchement des grands aquifères du pays. Dès l’an prochain, le pays importera la totalité de ses céréales.

Même si leurs prix doublent par rapport à aujourd’hui, l’Arabie saoudite restera en mesure d’importer des céréales. Israël aussi. Mais, quand la bulle de l’irrigation aura éclaté, un grand nombre de pays pauvres ne pourront plus nourrir leur population ; ils n’auront pas les moyens d’importer des denrées alimentaires aux prix démesurés.

Comme quoi, même en faisant abstraction des effets du changement climatique sur l’offre mondiale de produits alimentaires (et lorsque ces effets se feront véritablement sentir, nous devrons en tenir compte), la crise est pratiquement inévitable. Qui plus est, elle va survenir plus tôt qu’on pourrait le croire. Nous vivons très largement au-dessus de nos moyens.
9/8/2011

lundi 8 août 2011

Le français Sodexo va fournir les cantines de l'armée américaine


PARIS — Le groupe français Sodexo, un des leaders mondiaux de la restauration collective, va fournir les cantines de 51 bases de Marines aux Etats-Unis, grâce à un nouveau contrat annoncé lundi.
Sodexo, qui s'apprête à acquérir le prestigieux traiteur Lenôtre, a remporté lundi un contrat de 766 millions de dollars (535 millions d'euros), d'une durée de 7 ans, pour fournir des services de restauration à vingt bases de Marines sur la côte ouest des Etats-Unis.
Le groupe avait déjà remporté un contrat avec l'armée américaine en février pour trente et une bases, c'est donc les mess de 51 bases de Marines aux Etats-Unis qu'il fournira désormais, en Arizona, en Californie, en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, en Virginie et à Washington D.C., précise un communiqué de Sodexo.
"Les équipes de Sodexo aux Etats- Unis sont fières d'accompagner les US Marines dans leurs missions", s'est félicité Michel Landel, directeur général du groupe cité dans le document.
Sodexo, qui réalise 15,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, emploie 380.000 personnes dans 80 pays.

samedi 6 août 2011

Un nombre record d'Américains survivent grâce aux bons alimentaires

Mise à jour le vendredi 5 août 2011 à 20 h 43 HAE

Les bons alimentaires sont acceptés dans ce commerce de New York. (archives)
Photo: AFP/Spencer Platt
Les bons alimentaires sont acceptés dans ce commerce de New York. (archives)


Près de 46 millions d'Américains bénéficient du programme de bons alimentaires du ministère de l'Agriculture des États-Unis, selon un rapport dévoilé le 1er août.
Les données du mois de mai 2011, les plus élevées de l'histoire de ce programme, confirment une augmentation de 12,1 % du nombre de bénéficiaires par rapport à la même date l'an dernier.
Au Texas, pas moins de 3,9 millions de personnes doivent recourir aux bons alimentaires pour vivre. La Californie, avec ses 3,7 millions de bénéficiaires, n'est pas en reste, tout comme la Floride et l'État de New York (3 millions de personnes chacun).
Vingt-deux États américains ont connu une hausse d'au moins 10 % du nombre de bénéficiaires entre mai 2010 et mai 2011. L'Alabama, le New Jersey et la Caroline du Nord ont connu des hausses de plus de 20 %.
La plus forte hausse a été observée en Alabama, où deux fois plus de personnes ont dû recourir à l'aide alimentaire entre 2010 et 2011, passant de 800 000 à 1,7 million de personnes assistées, soit plus du tiers de la population.
La série de tornades qui a touché cet État en avril dernier, faisant 210 morts, plus de 1700 blessés et des destructions massives, serait responsable de cette forte augmentation.
Les bons alimentaires peuvent être échangés en supermarché contre certains produits alimentaires, à l'exception des produits préparés tels les sandwichs ou encore l'alcool.
Le montant moyen de cette allocation est de 300 $US et varie en fonction d'un plafond mensuel, selon la taille de la famille.
« Les hausses dans le programme d'assistance supplémentaire à l'alimentation indiquent que l'économie est encore en mauvais état et que pour beaucoup de gens, la récession n'est pas terminée », a indiqué Nicholas Colas, un spécialiste des marchés pour l'entreprise ConvergEx sur les ondes de la chaîne américaine ABC News. « Il est clair que le stigmate historique causé par l'aide alimentaire s'érode rapidement parce qu'il y a beaucoup de gens qui en bénéficient », a-t-il ajouté.
En 2010, le programme a coûté 68 milliards de dollars au Trésor américain, comparativement à 250 millions en 1969, ou 1,4 milliard en ajustant le montant selon l'inflation.
Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, The Consumerist et ABC News


Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/08/05/007-aide-alimentaire-etats-unis-nombre-record.shtml

Les points chauds de la crise alimentaire

Contre-courant - Écrit par La rédaction - Jeudi, 04 Août 2011 16:29   



Oxfam publie une carte interactive des « points chauds pour l’insécurité alimentaire » dans le monde. Manière de rappeler à la communauté internationale son devoir d'action. Mais les priorités divergent, comme l'illustre la question des agrocarburants.


Au-delà de la famine en Somalie, qui menace des millions de personnes, le nombre de ceux qui n'ont pas assez à manger dans le monde « pourrait rapidement dépasser le milliard », rappelle l'ONG Oxfam. La carte interactive qu'elle vient de publier entend donner une « vision globale de la crise alimentaire mondiale ». Elle pointe les pays les plus touchés par la malnutrition, mais aussi ceux où la flambée des prix est « à l’origine d’instabilité et de violences ». Et analyse pour chacun d'eux - assez sommairement - la situation, les causes et les conséquences:

C'est aussi l'occasion pour Ofam de relancer sa campagne "Cultivons" à destination du G20. Une pétition circule pour pousser les grandes économies à adopter des mesures alors que l'envolée des prix « risque encore d’empirer à l’avenir ».
Lutter contre la volatilité des prix alimentaires, c'est déjà l'une des priorités affichées par la présidence française du G20. Un sommet des ministres de l'agriculture a débouché sur un « plan d'action sur la volatilité des prix alimentaires et de l'agriculture » le 23 juin. Un plan très largement insuffisant aux yeux d'Oxfam, qui l'avait alors qualifié de « cataplasme sur une jambe de bois ».

L'impact et l'impasse des agrocarburants

Un plan éloigné, également, des préconisations publiées en juillet par la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (et relevées le 3 août par LeMonde.fr). Dans ce rapport, les experts insistent notamment sur le rôle joué dans la crise alimentaire par le « boom des agrocarburants », ces dix dernières années, qui « a eu un impact majeur sur l'évolution de la demande mondiale en céréales et huiles végétales » (1). Ils accaparent désormais près de 40% de la culture de maïs aux Etats-Unis. Cette expansion des cultures destinées à produire des agrocarburants « met en lumière la tension entre une demande potentiellement illimitée (d''énergie, dans ce cas) et les contraintes d'un monde aux ressources finies », juge le rapport.

Les experts appellent clairement les gouvernements - en tête, les Etats-Unis et l'Union européenne - à abolir les subventions et autres mesures qui avantagent la production d'agrocarburants, au détriment de la production agricole alimentaire. Mais deux semaines plus tôt, le plan d'action des ministres du G20 évoquait certes la question des agrocarburants... pour mieux l'enterrer (2).
Sur cette question, comme sur celle de la spéculation ou des investissements, Oxfam espère encore des chefs d'Etat du G20 qu'ils « décideront d'une véritable action » lors du sommet de novembre à Cannes. Et compte surtout sur le Comité sur la sécurité alimentaire de la FAO qui se réunira en octobre à Rome.



(1) L'accusation n'est pas nouvelle, nous en parlions lors du sommet de Copenhague en 2009 ; et il y a un an, l'ONG les Amis de la Terre dénonçaient la « main basse » sur les terres africaines.

(2) Et de quelle manière : « Nous reconnaissons la nécessité d’analyser plus avant l'ensemble des facteurs qui influencent les relations entre la production de biocarburants et (1) la disponibilité alimentaire, (2) la réponse de l’agriculture à l’augmentation des prix et à la volatilité, (3) la durabilité de la production agricole, et d'approfondir l'analyse des réponses possibles en terme de politiques publiques, tout en reconnaissant le rôle que peuvent jouer ces biocarburants dans la réduction des gaz à effet de serre, la sécurité énergétique et le développement rural. »