Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles

dimanche 1 avril 2012

Les pêcheurs de Gaza dans l'impossibilité d'attraper "un seul poisson"


Selon le ministère de l'Agriculture à Gaza, les pêcheurs du territoire assiégé se plaignent amèrement des effets croissants des pénuries de fuel et d'électricité sur leur capacité à gagner leur vie et à nourrir leurs familles. Leurs bateaux sont maintenant presque tous confinés dans le port. Un communiqué de presse diffusé par le ministère de l'Agriculture a prévenu que la chaine alimentaire de Gaza, représentée par les industries vitales de la pêche, de l'élevage et de l'agriculture, était menacée d'arrêt immédiat. Il a souligné l'impact direct des pénuries sur le secteur de la pêche, puisque sans fuel les pêcheurs ne peuvent pas sortir du port, et sans gaz ils ne peuvent pas pêcher la nuit.
Les réfrigérateurs qui maintiennent le poisson au frais, le commerce du poisson au détail et les autres aspects de l'industrie liés à la production ont tous été touchés par la crise actuelle qui a provoqué de lourdes pertes.
A l'approche de la saison de la sardine financièrement cruciale, il est à craindre que les pertes subies par les pêcheurs soient à la hausse, si la crise continue.
Il y a environ 3.500 pêcheurs à Gaza, travaillant sur 700 bateaux ; cependant, les revenus générés par l'industrie de la pêche font vivre 70.000 Palestiniens.
Le ministère a confirmé qu'il continue de travailler avec la General Petroleum Corporation pour résoudre la crise du fuel. La quantité de fuel qui entre actuellement à Gaza ne couvre qu'environ 10% des besoins.
A la fin du mois dernier, le ministère de l'Agriculture a signé un protocole d'accord avec la Fondation caritative du Qatar pour mettre en œuvre un programme de soutien de 1 million de dollars pour le secteur de la pêche deGaza. Ce programme vient compléter des initiatives et des projets récents du ministère visant à aider les pêcheurs de Gaza.

Voir les photos exclusives sur Middle East Monitor, et des photos des pêcheurs sur Demotix.
Traduction : MR pour ISM

lundi 26 mars 2012

Forum Alternatif Mondial de l’Eau 2012 - La Déclaration de Marseille

mercredi 21 mars 2012

"Nous nous engageons à des actions solidaires avec les droits humains des Palestiniens, y compris le droit à l’eau"
NB : cette déclaration a été signée par l’UJFP
20 Mars 2012

Palestine Occupée – Depuis des années, dans le cadre des contrôles du respect par Israël des traités relatifs aux droits de l’homme qu’il a ratifiés, le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies et d´autres organismes de l’ONU ont pris Israël en flagrant délit de violation du droit des Palestiniens à l’eau et à l’assainissement.


En 2010, l’Assemblée Générale des Nations Unies et le Conseil des Droits de l´Homme ont adopté des résolutions qui, ensemble, réaffirment que « les gouvernements sont responsables au premier chef de l’accès à tous les droits humains, y compris le droit à l’eau et à l’assainissement."


Pourtant, les violations par Israël du droit des Palestiniens à l’eau et à l’assainissement ne font qu’augmenter. Entre 2009 et 2011, Israël a démoli 57 citernes de récupération d’eau de pluie et 40 puits dont les Palestiniens dépendent pour leur subsistance. La destruction militaire des infrastructures palestiniennes d´adduction d’eau est à la fois une violation directe du droit de l´homme à l’eau et un crime de guerre selon la quatrième Convention de Genève.


La consommation moyenne en eau des ménages des Palestiniens connectés à l´eau courante est moins de la moitié de ce qui est recommandé quotidiennement par l’Organisation Mondiale de la Santé et 1/6e de la consommation moyenne des ménages israéliens. Certaines des familles les plus pauvres dépensent la moitié de leur revenu pour s’approvisionner en eau.


L’obstruction mise par Israël au développement de l’accès à l’eau et de l’assainissement pour les Palestiniens a empêché ces derniers de produire davantage d’eau, comme convenu dans le cadre du "processus de paix" des Accords d’Oslo. Cette obstruction a aussi contraint les Palestiniens à un état de dépendance qui les oblige à acheter de l’eau à la compagnie nationale israélienne des eaux Mekorot. Mekorot coupe régulièrement l´eau fournie aux communautés palestiniennes afin de maintenir un service ininterrompu aux colonies israéliennes en Cisjordanie.


Le Mur illégal d’Israël, qui passe par des terres reconnues internationalement comme palestiniennes, coupe les Palestiniens de zones qui pourraient fournir un complément annuel de 90 millions de mètres cubes — Il n’est que de comparer ce volume à la fourniture totale d’eau courante de la Cisjordanie, qui est juste de 180 millions de mètres cubes, y compris l’eau achetée à la compagnie nationale des eaux israélienne.


Le siège de Gaza empêche l’entrée des pièces de rechange, de matériaux et d’énergie nécessaires au fonctionnement quotidien des réseaux d’eau et d’eaux usées, et empêche le développement cruellement nécessaire de ces réseaux. Une mission d´enquête des Nations Unies sur le conflit de Gaza a révélé qu´Israël a intentionnellement pris pour cible et détruit des puits, canalisations, usines de traitement des eaux usées, réservoirs d’eau et la station d’alimentation principale. Plus de 90% de l’eau extraite à partir de puits municipaux dans la bande de Gaza est impropre à la consommation humaine. Depuis 2005, Israël a endommagé ou détruit plus de 300 puits dans une « zone tampon » imposée unilatéralement par Israël à l’intérieur de la Bande de Gaza. Selon la loi internationale sur l’eau, Gaza a droit à une part équitable et raisonnable de l’eau de l’aquifère côtier, y compris de ses portions situées à l’intérieur d’Israël.


Israël n´a commencé à permettre que récemment de nouveaux projets de traitement des eaux usées dans les Territoires Palestinien Occupés. Après des années de retard, et l’assassinat d’un travailleur en service, les projets dans la bande de Gaza sont actuellement mis en œuvre depuis qu’Israël a détecté des eaux usées non traitées ou partiellement traitées rejetées dans la mer de Gaza près de l’usine de dessalement d’Ashkelon (a 12,5 km, ou 7,8 miles, directement au nord de la Bande de Gaza). Quinze ans après Oslo, Israël entrave directement le développement des installations de traitement des eaux usées en Cisjordanie en utilisant des moyens d’abord bureaucratiques, puis militaires. Israël a payé un million de shekels à un entrepreneur, en admettant avoir commis une faute lorsque l’armée a arrêté un projet de traitement des eaux usées qui avait été préalablement autorisé. Les systèmes d’évacuation des eaux usées des quartiers où vivent des Palestiniens ayant la nationalité israélienne sont souvent défectueux, alors qu´ils paient des impôts égaux ou supérieurs à ceux d’autres citoyens israéliens. Un certain nombre de colonies israéliennes déversent leurs eaux usées non traitées, directement dans les villages palestiniens.


Le régime israélien de discrimination institutionnalisée des Palestiniens en Israël, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza constitue un apartheid selon la Convention sur l’Elimination et la Répression du Crime d’Apartheid. Le Tribunal Russell sur la Palestine a conclu dans sa session la plus récente au Cap, en Afrique du Sud, que « la domination d’Israël sur le peuple palestinien, où qu’il réside, revient collectivement à un régime unique et intégré d’apartheid". Un récent rapport parlementaire français a condamné la politique israélienne de rétention d´eau aux Palestiniens et l’a qualifiée d’"apartheid".
Les violations par Israël doivent être considérées dans le contexte de la Nakba de 1948, l’expulsion systématique et le déni du droit internationalement reconnu de retour de la majorité des Palestiniens chassés de leurs maisons. Depuis la création de l’Etat d’Israël, des milliers de sources anciennes, de citernes, de puits, d’oueds et de cours d’eau ont été illégalement pris aux Palestiniens. Israël a également modifié le caractère hydrologique du terrain qu’il occupait, par exemple, avec le drainage de Buheirat el Houlé (vallée de Hula) par le Fonds National Juif (FNJ-KKL) dans les années 1950, et le détournement des eaux du cours inférieur du Jourdain, contribuant à un rétrécissement dramatique de la Mer Morte. Ce mois-ci, Israël a démoli le village bédouin d’Al Araquib dans le désert du Néguev pour la 36e fois afin de permettre au FNJ de planter une forêt et « faire verdir le désert ».


Nous lançons cette déclaration qui appelle les citoyens conscients du monde entier à agir pour le droit à l’eau des Palestiniens, tandis que les membres du mouvement mondial pour le droit à l’eau s’organisent pour résister à la privatisation de notre patrimoine commun de l’eau. Nous lançons cette déclaration ici à Marseille, en France, hôte du Conseil Mondial de l’Eau, un groupe de réflexion et de pression d´entreprises fondé par des sociétés multinationales et par la Banque Mondiale. Alors que le Conseil Mondial de l’Eau lance le 6e Forum Mondial de l’Eau promouvant la privatisation de l’eau et des services d’assainissement, nous dénonçons les entreprises membres de ce Conseil qui tirent profit de la privatisation de l´eau et des services d’assainissement au niveau mondial. Nous dénonçons en particulier la compagnie transnationale française Veolia, fournisseur de services d’assainissement à la colonie israélienne illégale de Modin Illit qui colonise des terres palestiniennes, qui déverse illégalement des déchets en provenance d’Israël dans la vallée occupée du Jourdain, et qui profite des services de transport d’apartheid qui desservent des colonies illégales, tout en refusant de desservir les Palestiniens. Nos luttes sont intimement liées. En résistant aux entreprises et aux Etats profiteurs des violations des droits de l´homme en Palestine, nous résistons également à la discrimination dans l’accès à l’eau et promouvons la justice mondiale de l’eau.


De Cochabamba, en Bolivie à la Palestine, nous affirmons la nécessité pour la résistance populaire de tenir les Etats et les sociétés responsables du respect des droits de l’homme. Aujourd’hui, les Palestiniens risquent ce qui reste de leurs terres et de leurs maisons et de la faible quantité d’eau à laquelle ils ont accès, pour exiger d’être reconnus comme des êtres humains ayant des droits. Nous savons, alors, que nous devons prendre des mesures concrètes pour soutenir le mouvement grandissant qui exige la fin de l’impunité d’Israël pour ses violations des droits de l’homme, y compris les droits à l’eau et à l’assainissement.


Compte tenu de la défaillance lamentable des gouvernements du monde à tenir Israël responsable de ses violations persistantes du droit international, y compris du droit à l’eau, les Palestiniens ont appelé les personnes de conscience partout dans le monde à mettre en œuvre le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre Israël, inspiré par la lutte non-violente internationale qui a réussi à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud. Les piliers de ce mouvement sont basés sur le droit international et les droits inaliénables du peuple palestinien avec pour objectif d’atteindre la liberté, la justice et l’égalité pour tous, sans distinction de race ni de croyance.


En tant que citoyens du monde dans un monde de plus en plus interconnecté, il est impératif que nous agissions dans nos milieux pour protéger les droits de l’homme de nos frères et sœurs globalement.
Tenant Israël pour responsable de la restauration du droit à l’eau des Palestiniens, de leur accès à l’autodétermination et à la jouissance de l’ensemble de leurs droits, nous, militants pour la justice de l’eau, déclarons notre soutien pour le mouvement palestinien dirigé par le BDS. En particulier nous nous engageons à :


_# Nous opposer à l’expansion de la société nationale de l’eau israélienne, Mekorot, sur les marchés internationaux, Mekorot étant l’un des instruments clés du refus aux Palestiniens de leur droit a l’eau.
 _# Boycotter les produits agricoles israéliens, et faire campagne afin d’exclure les entreprises agricoles israéliennes (telle Mehadrin) de l’accès aux marchés étrangers et d’expliquer leur rôle dans la prise de contrôle des terres et des ressources en eau palestiniennes. 
_# Soutenir la campagne Stop le FNJ-KKL et éduquer les gens sur le « verdissement » par le FNJ des crimes israéliens. 
_# Boycotter et désinvestir Veolia, le plus grand « privatiseur » de l´approvisionnement public en eau au monde, et un profiteur majeur de l’apartheid israélien. 
_# Appeler à des sanctions gouvernementales contre Israël, en particulier à mettre fin à tous les accords de coopération liés à l’eau.

Source:
http://www.ujfp.org/spip.php?article2250 

mardi 20 mars 2012

Déclaration du Forum Alternatif Mondial de l’Eau au sujet de ’’l’Eau en Palestine’’



Marseille le 17 mars 2012

Déclaration du Forum Alternatif Mondial de l’Eau 

au sujet de ’’l’Eau en Palestine’’


Les participants au FAME organisé à Marseille entre le 14 et le 17 mars, après avoir débattu de la situation de l’eau en Palestine, marquée selon les diverses communications qui y ont été présentées par un véritable ’’appartheid de l’eau’’, sont parvenus aux principales conclusions suivantes :

1- Le conflit israélo-palestinien a des racines et des raisons essentiellement politiques. L’eau est cependant au cœur de ce conflit.

2- En sa qualité d’occupant, il est de la responsabilité d’Israël, en vertu des conventions de Genève, d’assurer la fourniture d’eau nécessaire à la population palestinienne occupée.

3- Israël utilise l’eau dans ce conflit comme arme politique et comme moyen de nettoyage ethnique en recourant notamment aux Ordonnances militaires n° 92 du 15 août 1967 et n° 158 du 30 octobre 1967.

4- Israël mène une véritable politique ’’d’apartheid hydraulique’’ à l’encontre des Palestiniens pour les contraindre à abandonner leurs terres aux colons illégaux. C’est ainsi qu’un Palestinien n’a généralement à sa disposition que le quart de ce que consomme l’Israélien et qu’il lui est même interdit de recueillir l’eau de pluie.

5- Le Mur de séparation – ou plutôt de la Honte- considéré comme illégal par les juridictions internationales, sépare les familles, vole aux Palestiniens leur eau pour en faire profiter les colonies et les empêche de cultiver leurs champs et leurs oliveraies. Ceci est d’autant plus grave que l’agriculture représente 15% du PIB palestinien.

6- Mekorot – gérant le National Water Carrier (NWC) – mène vis-à-vis des Palestiniens une politique discriminatoire qui fait dire à ces derniers qu’ils vivent dans « le pays de la soif ».

7- Israël empêche les Palestiniens d’accéder à un assainissement correct. Ce qui met leur santé en péril et risque de polluer les nappes qu’utilisent tant les Palestiniens que les occupants israéliens.

8- La situation de Gaza sur les plans de l’« eau potable » et de l’« assainissement » porte atteinte à la dignité humaine, et est véritablement insupportable.

9- Les populations nomades vivent des situations intolérables sur le plan de l’eau dont le manque organisé par l’occupant rend leur vie impossible et décime leur cheptel (accès aux pâturages interdit)

Pour toutes ces raisons, les participants au FAME condamnent vigoureusement les menées israéliennes, qu’on ne peut considérer que comme criminelles, à l’égard des Palestiniens dans le domaine de l’eau. Ils dénoncent par la même occasion les violations continues du droit à l’eau des Palestiniens.

Ils demandent la désignation d’une Commission de suivi de cette situation et l’instauration d’un Tribunal International de l’Eau pour mettre un terme à ces dénis de justice.

Ils appellent toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de paix de par le monde à participer à la campagne BDS « Boycott Désinvestissement Sanctions » lancée par la société civile palestinienne en 2005 afin de contraindre Israël à satisfaire les droits fondamentaux des trois composantes du peuple palestinien : les réfugiés, les Palestiniens colonisés (Cisjordanie et Gaza) et les Palestiniens vivant en Israël même (les Palestiniens de 48).

Ils appellent toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de paix de par le monde à agir auprès de leurs autorités nationales pour faire cesser la situation inhumaine faite aux Palestiniens et mettre un terme à des violations du droit qui menacent la paix dans le monde.

Comme Nelson Mandela, ils affirment enfin que « Notre liberté demeurera incomplète tant que les Palestiniens n’auront pas récupéré la leur. »


lundi 12 mars 2012

En Cisjordanie, même l'eau est une arme

TARQUMIYA (CISJORDANIE), ENVOYÉ SPÉCIAL - Peut-on qualifier la politique israélienne de gestion de la ressource hydrique en Cisjordanie d'"apartheid de l'eau" ? Pour Youssef Dabassé, adjoint au maire de Tarqumiya, un gros village de 20 000 habitants situé à l'est d'Hébron, la question est théorique. La situation au quotidien de ses administrés est suffisamment éloquente : tous les dix jours, son village obtient de l'eau courante pendant soixante-dix heures. Puis c'est le tour d'un autre village proche, pendant le même laps de temps.



Lire la suite:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/11/en-cisjordanie-meme-l-eau-est-une-arme_1655720_3244.html

vendredi 2 mars 2012

Un juge américain valide le boycott des produits israéliens


En France le boycott est illégal et passible de prison, mais aux USA il a été autorisé par un juge, mieux encore, vouloir empêcher le boycott serait une entrave à la liberté d’expression, toujours suivant ce juge.
En France  le boycott étant interdit par la loi vous êtes légalement contraints d’acheter ces produits israéliens dont le code barre commence par 729.

Le lobby israélien vient d’être débouté de sa plainte contre le magasin Co-op de la ville d’Olympia (Etat de Washington), qu’il accusait d’avoir retiré les produits israéliens de ses étagères.
Le conseil d’administration de la chaîne Co-op de la capitale de l’Etat de Washington, avait voté le boycott des produits israéliens et donc cessé de les vendre en 2010.

Depuis cette date, il a été harcelé par un groupe de pression (« Stand with us ») qui a finalement décidé de les attaquer en justice.
Le juge les a non seulement déboutés ce lundi, mais les plaignants sont menacés de devoir payer de fortes amendes (10.000 dollars) à chaque personne poursuivie, pour avoir essayé de les intimider et pour avoir entravé leur liberté d’expression, en les contraignant à engager des dépenses judiciaires élevées pour se défendre.

Sources:

mardi 7 février 2012

Mehadrin hors d'Europe!



La bataille victorieuse meneau coude à coude avec le BNC Palestinien contre Agrexco nous a appris qu’il fallait choisir une cible unique, un objectif, s’y tenir fermement et rassembler largement sur les valeurs qui motivent la campagne de boycott. Après Agrexco, l’entreprise israélienne Mehadrin a été choisie comme cible européenne par le BNC, la coordination BDS européenne et BDSFrance. Le 26 novembre 2011, plus de 60 actions de boycott ont eu lieu dans 13 pays européens contre Mehadrin le N°1 des agrumes (jaffa) et des avocats (TOP) sur le thème « pas d’apartheid au menu ! », « Mehadrin hors d’Europe !».
Vous avez participé à la bataille contre Agrexco, celle contre Mehadrin est engagée, ne restez pas à l’écart, apportez-lui votre énergie, rejoignez la !
MEHADRIN UNE CIBLE PERTINENTE POUR LE BOYCOTT
Mehadrin une entreprise coloniale historique,
Créée en 1951 par le ministère de l’Agriculture, tout comme Agrexco, mais 5 ans auparavant, Mehadrin fait partie de cette génération d’entreprises d’Etat qui sont historiquement le fer de lance de la colonisation de la Palestine. Le vol de la terre, de l’eau, l’exploitation sauvage des paysans palestiniens sur leur propres terres ( !), la contribution au développement économique des colonies agricoles par l’organisation de la production, la commercialisation et l’exportation des produits sont les fonctions fondatrices de Mehadrin. Qu’elle ait choisi la voie de la privatisation et de l’ultra libéralisme dès 1963 ne change évidemment rien à sa mission, au contraire elle n’en est que plus féroce dans sa gestion et ses activités. Comme toutes les entreprises israéliennes, Mehadrin tire son profit de l’exploitation directe et/ou indirecte des colonies, de l’occupation militaire et du système d’apartheid sans lesquels le système économique israélien s’effondrerait.
Mehadrin une entreprise néga-tionniste de l’histoire palestinienne
Mehadrin est depuis sa création le distributeur de la marque Jaffa, propriété d’état. Comme le décrit si bien Eyal Sivan dans son excellent documentaire « Jaffa la mécanique de l’orange » (www.momento-films.com), Jaffa c’est d’abord un port palestinien à l’économie florissante et qui exportait les célèbres oranges palestiniennes de la plaine côtière est de la Palestine à qui il a donné son nom : « Jaffa ». «L’orange Jaffa est un des symboles qui ont servi à construire le discours sioniste sur la Palestine : un « désert » que « nous avons fait fleurir ». (…) c’est le moment où se développe le « travail juif », mot d’ordre socialiste, qui exclut les Arabes. En 1948, Jaffa est détruite par les bombes et vidée de presque toute sa population. L’orange de jaffa devient alors le symbole d’un Israël sans Arabes. Une campagne publicitaire internationale impose la « Jaffa » comme une marque déposée, occultant la ville de Jaffa, ses orangeraies plus que centenaires, et l’histoire de la coopération judéo-arabe autour de ce fruit de légende » (Eyal Sivan).
Le comble c’est qu’après avoir confisqué et détourné la marque Jaffa et construit Tel Aviv qui a réduit le port de Jaffa à un quartier périphérique de sa banlieue sud, Israël a arraché la quasi totalité des orangeraies, pour planter des pamplemousses distribués aujourd’hui dans les magasins européens par Mehadrin sous la marque Jaffa.
Mehadrin une entreprise qui participe de l’apartheid
L’appropriation et la diffusion de la marque « Jaffa » prouvent l’implication de Mehadrin dans l’offensive sioniste de nettoyage ethnique menée jusqu’à extirpation de toute trace palestinienne. Cette offensive, commencée avant 1948 a été amplifiée par la création de l’état d’Israël avec la Nakba et n’a cessé depuis. Au prétexte que ça se passe en Israël on ne parle pas de « colonisation » mais c’est oublier qu’Israël pratique à l’égard des palestiniens d’Israël une politique d’expropriation des terres, de vol de l’eau, d’apartheid et de persécutions comme il le fait à l’égard des palestiniens de Cisjordanie et Gaza. Le but est exactement le même : s’approprier les terres et les maisons dont les Palestiniens sont les propriétaires afin de les contraindre à partir de chez eux.
Ceci vient d’être confirmé par le tribunal Russel pour la Palestine (TRP) qui s’est tenu à Cape Town les 5/6 novembre 2011. Le verdict est sans appel : « Israël commet le crime d'apartheid et la persécution qui est un crime contre l'Humanité. » et le TRP a souligné que tous les palestiniens en étaient victimes : (…) Ce régime discriminatoire prend des formes et des intensités différentes selon les lieux où vivent les Palestiniens. (… ) Les Palestiniens, soumis à la réglementation militaire coloniale dans les territoires, sont sujets à une forme aggravée d’apartheid. Les Palestiniens citoyens d’Israël, bien que disposant du droit de vote, ne font pas partie de la nation juive telle que définie par la loi israélienne, ils sont donc exclus des bénéfices de la nationalité juive et sont sujets à une discrimination systématique par la violation de leurs droits fondamentaux. (…) et enfin : (…) la privation systématique des droits humains empêchant les Palestiniens, y compris les réfugiés, d’exercer leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels.(…).
Cela signifie que le régime d’apartheid et de persécution mis en place par l’état d’Israël s’exerce contre tous les palestiniens où qu’ils se trouvent, aussi bien en Israël, à Gaza, en Cisjordanie et y compris contre les réfugiés de l’intérieur comme de l’extérieur.
Cela signifie que toutes les institutions israéliennes, d’état ou privées, toutes les entreprises, universités etc., où qu’elles se trouvent dans les territoires occupés, colonisés ou tout simplement en Israël sont partie intégrante du système d’apartheid mis en place par l’état sioniste et sont à ce titre des cibles pour la campagne BDS internationale.
Mehadrin tente de cacher son implication dans l’exploitation économique des territoires occupés
Depuis le déclenchement de la campagne européenne contre Mehadrin, la direction de l’entreprise a fait retirer du site toute information sur l’origine des produits. Ainsi il y a un mois on pouvait lire explicitement que les dates Medjoul sont « cultivées en Israël, dans la Vallée du Jourdain ». Et l’on pouvait voir l’emballage des dattes Mehadrin « Red Sea » sur fond de palmeraies de la vallée du Jourdain. Cette image est aujourd’hui remplacée par des images de dattes sur fond blanc…

C’est une première victoire de la campagne BDS !

Aujourd’hui, non seulement, la première entreprise de production et exportation des fruits et légumes israélienne ne revendique plus publiquement les colonies comme faisant partie d’Israël mais elle cache son activité dans les colonies. Elle va même jusqu’à publier des faux : une carte mentionnant ses points d’activités dont curieusement pas un ne dépasse la ligne verte du tracé de la Cisjordanie.
Mais Mehadrin aura beaucoup de mal à cacher ses activités dans les colonies de la Vallée du Jourdain et du Golan occupés.
- EQA'OT est une colonie située dans le nord-est de la vallée du Jourdain. Fondée en 1972, elle est spécialisée dans l'agriculture et contrôle environ 1800 dunams de terres qui ont été volés aux palestiniens, notamment à la communauté bédouine d'Al Hadidya. Elle produit pour Mehadrin Raisins et Dattes (Medjoul) avec mention « produit en Israël ».
- Filiale de Mehadrin fondée en 1999, la STM produit et exporte plantes aromatiques, dattes et figues de la Vallée du Jourdain.
- Mehadrin détient 50% de « Miriam Shoham », laquelle possède un centre d'emballage pour les mangues dans le Golan occupé…



A lire également: 

COMMENT MEHADRIN INCARNE L’IMAGINAIRE DU SIONISME 

DU XXIème SIÈCLE NEO-LIBERAL

samedi 28 janvier 2012 par José Luis Moraguès
Le 26 novembre 2011, plus de 60 actions de boycott ont eu lieu dans 13 pays européens contre le N°1 de la production et de l’exportation des agrumes (jaffa) et des avocats (TOP), l’entreprise israélienne : Mehadrin, sur le thème « pas d’apartheid au menu ! », « Mehadrin hors d’Europe ! ». Dans le mois qui a suivi, le géant israélien accuse réception du lancement de cette campagne par un remaniement complet de son site web dont certaines pages sont encore en construction (http://www.mehadrin.co.il). Il ne fait aucun doute que la liquidation d’Agrexco déclenchée par la campagne BDS Européenne a poussé Mehadrin à enlever toute trace concernant l’origine des produits et des phrases du genre « les dates medjoul sont cultivées en israël dans la vallée du Jourdain » ont disparu. Mais en supprimant certaines informations concernant l’origine des produits, et donc la colonisation, et en renouvelant les illustrations, la nouvelle version du site réaffirme ostensiblement l’imaginaire d’un « Mehadrin nouveau », pionnier blanc de la modernité occidentale. Ce faisant Mehadrin reprend et illustre la métaphore raciste d’Ehud Barak : « Israël est une villa encerclée par la jungle ». Espérant neutraliser le boycott de ses produits, Mehadrin offre au BDS de nouvelles armes pour combattre, pas seulement les produits, l’entreprise mais le sionisme !


Lire la suite: http://www.ujfp.org/spip.php?page=article&id_article=2126