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mardi 3 janvier 2012

Le chocolat, de plus en plus apprécié dans les pays émergents

Hans Vriens, le directeur de l'innovation du géant suisse Barry Callebaut, aura prévenu : "D'ici à dix ans, il faudra un million de tonnes de cacao de plus ...

Lire la suite: http://indices.usinenouvelle.com/produits-agricoles/le-chocolat-de-plus-en-plus-apprecie-dans-les-pays-emergents.4107

mercredi 14 décembre 2011

Des systèmes alimentaires durables, enjeu crucial pour l'avenir

Une étude menée par l'Inra et le Cirad dresse un état des lieux 
des déterminants majeurs qui ont présidé aux évolutions 
passées des systèmes alimentaires et identifie les points 
critiques des filières, en soulignant leur nécessaire réorientation.

lundi 12 décembre 2011

Des difficultés pour Nestlé et Danone en Chine


La concurrence exacerbée des fabricants locaux oblige les deux géants de l’agroalimentaire à revoir la gestion de leurs implantations locales.
Rien ne va plus dans l’industrie agroalimentaire. Le géant suisse décide le 12 décembre de la fermeture d’un de ses sites de production ce crèmes glacées dans l’est de la Chine et stoppe ses ventes dans cette région.  En même temps,  le groupe français y suspend des opérations de l’une de ses usines de fabrication de yaourts.
Les deux groupes se trouvent confrontés à la concurrence notamment des chinois Sanyuan, Yili et Mengniu, qui fournissent des produits équivalents et moins chers que ceux des deux fabricants étrangers.
Du côté de Danone, on assure que la suspension de l’activité de l’une des deux usines n’est pas due à la concurrence. Selon le porte-parole du groupe sur place, Xu Jie, elle est la conséquence d’un"nouveau plan stratégique plus centralisé pour les produits laitiers de Danone sur le marché chinois".
Selon les analystes, les groupes étrangers n’ont donc que peu d’avantages compétitifs à fabriquer leurs produits sur place. Ils pourraient donc se recentrer sur des produits haut de gamme.
La filière du lait en Chine a été affectée par plusieurs scandales, dont le plus important reste celui du lait en poudre pour nourrissons contaminée à la mélamine. En mars dernier, cinq producteurs ont perdu leurs licences après des inspections sanitaires.

lundi 26 septembre 2011

Conspiration alimentaire

1 milliard de personnes souffrent de sous-nutrition dans le monde à cause de la spéculation sur les aliments de première nécessité. Combien demain ? Pendant ce temps, l’oligarchie prévoyante verrouille ses réserves alimentaires.

La croissance de la population fait peur aux plus nantis
Quand les maîtres du monde veulent faire dans l’écologie urgentiste et jouer les survivalistes, ils y mettent le prix. Sur l'île du Spitzberg, dans l'archipel du Svalbard, à 1.000 kilomètres du pôle Nord, un coffre-fort abrite plus de 600.000 variétés de graines et de semences. À terme, 4,5 millions d'échantillons pourraient être entreposés dans cette arche de Noé du troisième millénaire, vrai méga grenier de nos agro et écosystèmes en silos bunkérisés. Sans compter les graines sauvages, on évalue à 1,5 million les variétés différentes de graines de culture agricole existant de par le monde. Les premières semences sont parties du port de Lagos (Nigeria) : 7 000 variétés de niébé, maïs, soja et pois de terre, soit 330 kilos répartis dans 21 caisses, qui sont les premières stockées dans le blockhaus au jour de l'inauguration du 26 février 2008.
Le Svalbard Global Seed Vault (littéralement Chambre forte mondiale de graines du Svalbard), est financé par diverses fondations dont celles de Bill et Melinda Gates, de Rockefeller et du semencier transnational Syngenta. Divers pays capitalistes ont complété la mise.
Cette parodie du hamster, revue et corrigée à hauteur d’une pathétique bunkérisation humaine, est constituée en l’hypothèse tangible d’une crise alimentaire. Le projet date déjà de 1980 et la FAO l’intégra en 2001 dans le cadre du traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture. Cette formidable banque mondiale de graines congelées transmettra donc la diversité agricole aux survivants élus des décennies à venir. Faudra-t-il encore qu’ils disposent de terres fertiles et du savoir-faire paysan ! Sous couvert de parer à une crise mondiale, une telle initiative est honteusement élitiste et à l’usage des seuls futurs rescapés les plus riches et qui, dès maintenant, rêvent idéalement de reconstruire un monde au-delà d’un effondrement dont ils auront été les premiers artisans. Si du bon peuple émergent des miraculés de l’an 2100, ils n’auront même pas droit à de mauvaises graines ensilées par Monsanto. N’est pas poulet de grain qui veut.
Le Svalbard Global Seed Vault :


Pendant que les simplets se reproduisent… : http://www.letransmuteur.net/l-arche-de-noe-vegetale-en-arctique/

vendredi 16 septembre 2011

Appel pour Durban

Les paysans, les paysannes et les peuples indigènes disposent de milliers de solutions pour faire face au réchauffement climatique !

La Via Campesina appelle les mouvements sociaux et l’ensemble de la population à se mobiliser partout dans le monde
Le mouvement international paysan La Via Campesina et son organisation-membre sudafricaine Landless Peoples Movement (Mouvement des Paysans Sans-terre) se mobilisent pour la 17ème Conférence des Parties (COP 17) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC) qui se tiendra à Durban en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011.
Des caravanes de paysans et paysannes africain(e)s, partiront du Mozambique, de la Tanzanie, du Zimbabwe et d'autres pays pour converger à Durban pour rejoindre d’autres agriculteurs et représentants de mouvements sociaux afin de réclamer la justice climatique.
Les femmes paysannes africaines membres de La Via Campesina, participeront à la 2ème Assemblée sud-africaine des femmes rurales, du 30 novembre au 2 décembre, à Durban (organisée conjointement notamment par La Via Campesina – Région Afrique 1, TCOE, Women on Farms Project, Lamosa, ESAFF, UNAC, Namibian National Farmers Union etc.).
La Via Campesina participera également à la Journée Mondiale d’Action qui aura lieu le 3 décembre, au cours de laquelle, en collaboration avec des centaines d’autres activistes, elle manifestera pour la justice climatique.
La Via Campesina ainsi que d’autres mouvements paysans et de producteurs en Afrique invitent également toutes organisations, alliés et activistes à participer à une Journée spéciale pour l’Agroécologie et la Souveraineté Alimentaire, le 5 décembre à Durban et à travers le monde (co-organisée par ESAFF régional, ESAFF Uganda, ESAFF Zimbabwe, ROPPA, TCOE, Surplus People Project, etc.)
Les négociations sur le climat ont été détournées de leur objectif pour devenir de simples négociations mercantiles
Lors de la conférence COP 16 à Cancun (Mexique), la majorité des gouvernements du monde - à l’exception notable de la Bolivie – se sont assis autour de la table non pas pour trouver une réponse efficace au changement climatique, mais plutôt pour parler gros sous avec les grandes sociétés multinationales qui font trafic de fausses solutions au changement climatique, proposant des fausses mesures comme le programme REDD et autres marchés du carbone, ou encore le développement d’agrocarburants et d’OGM. Ils ont transformé les négociations sur le climat en une immense place de marché où seuls le profit et la spéculation comptent.
De concert, nos différents gouvernements ont fait comme si de rien n’était, fermant les yeux sur l’urgence d’une situation qui condamne l’Afrique et l’Asie du Sud à être littéralement incinérées par l’augmentation des températures. Et, bien sûr, les premières victimes de ces changements climatiques seront les paysannes et les paysans de ces deux continents, puisque l’augmentation des températures crée un environnement encore plus défavorable aux récoltes, au bétail et à la survie des êtres humains. La majorité des gouvernements a choisi d’ignorer les Principes de Cochabamba qui posent pourtant un cadre clair pour élaborer des réponses au changement climatique et protéger notre Terre Mère.
Dans le système climatique actuel, les pays développés et les grandes entreprises polluantes, pourtant historiquement responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre, se voient accorder toutes les dérogations et trucages de chiffres possibles afin de leur éviter d’avoir à réduire leurs émissions. Ainsi, le système des marchés d’émission-carbone et les mécanismes de compensation permettent aux pays industrialisés et aux entreprises de continuer à consommer des ressources et à polluer comme avant, tout en payant des petites sommes, sans commune mesure avec la réalité de leur impact sur le climat, dans le but d’aider les populations pauvres des pays en développement à réduire leurs émissions. En réalité ces entreprises font deux fois du profit : d’une part en continuant à polluer et d’autre part en vendant des fausses solutions aux États. Pendant ce temps là, des initiatives présentées comme étant une solution au problème climatique, comme le programme REDD, dépouillent les populations pauvres de la plupart de leurs différents droits en matière d’usage des ressources naturelles : ils ne peuvent plus accéder aux forêts communautaires. Au même moment, des grands groupes financiers apparaissent sur le marché foncier et y accaparent d’immenses territoires fertiles, dont ils expulsent les agriculteurs afin d’y pratiquer la monoculture ou pour spéculer sur les marchés des crédits d’émission carbone.
Nous connaissons les principales sources d’émissions qui altèrent le climat : elles sont générées par les multinationales agroalimentaires qui imposent une agriculture industrielle essentiellement tournée vers l’exportation et la production d’agrocarburants. Mais elles sont aussi le fruit d’un système de transports uniquement basé sur la voiture individuelle, au détriment des transports en communs. Enfin, elles sont causées par les activités industrielles polluantes et prédatrices de ressources pratiquées par les différentes entreprises multinationales. Si nous ne parvenons pas à imposer des engagements réels et contraignants qui forceront les pays développés à changer ce système, alors nous échouerons à prévenir l’incinération effective de nos terres agricoles et la destruction de notre capacité à nourrir le monde.
Les chiffres sont unanimes ; ce sont nous, les paysans et paysannes travaillant sur de petites exploitations qui produisons aujourd’hui la vaste majorité des aliments consommés sur la planète. Or aujourd’hui, nous, et la nourriture que nous produisons, sommes mis en danger par les changements climatiques et l’augmentation des températures. Les dates de semis deviennent imprévisibles tandis que les sécheresses, les ouragans et les moussons deviennent plus intenses.
A l’inverse – et encore une fois les chiffres sont unanimes – c’est nous qui détenons les clés des solutions les plus importantes, efficaces et scientifiquement prouvées face au changement climatique, à travers nos systèmes de production locale d’aliments selon des méthodes agroécologiques, produits par des paysannes et des paysans, selon les principes de la souveraineté alimentaire.
A lui seul, le système de transport d’aliments sur de longues distances, qui est à la base du système alimentaire mondial capitaliste, est responsable d’au moins 44% des émissions totales de gaz à effet de serre. Ces aliments pourraient facilement être cultivés localement. Mais l’agriculture détruit également le climat par l’usage excessif de ressources fossiles comme le pétrole et les intrants chimiques dérivés du pétrole. Le modèle de production est basé sur la monoculture et les pratiques industrielles, il engendre la déforestation et la destruction des écosystèmes en vue de la réalisation de plantations industrielles aboutissant à des “déserts verts”.
Nous pouvons réduire drastiquement voire même éliminer ces émissions en transformant le système alimentaire sur la base de la souveraineté alimentaire, c'est à dire en produisant localement pour une consommation de proximité un production durable variée basée sur les familles et les communautés paysannes.

L’agroécologie n’est pas à vendre !
Nous rejetons toutes les tentatives pour étendre le marché des émissions carbone et des mécanismes de compensation de type REDD aux systèmes de puits de carbone, même quand ces initiatives sont déguisées par la Banque Mondiale sous la forme de mesures de soutien aux petites exploitations agroécologiques ou bien à une “Agriculture respectueuse du climat”. Les raisons de ce refus sont les suivantes :
* Tout comme c’est le cas du REDD pour les forêts, le carbone de nos sols deviendra majoritairement la propriété d’entreprises polluantes du Nord. On nous demande tout simplement de vendre et de privatiser notre carbone.
* Le marché volontaire des puits de carbone ne sera rien d’autre qu’un nouvel espace pour la spéculation financière, ce qui veut dire que tant que les agriculteurs ne toucheront que quelques centimes, les spéculateurs amasseront des profits substantiels.
* Il s’agit simplement d’une nouvelle façon pour les pays et industries polluants de se soustraire à leurs véritables obligations en matière de réductions réelles d’émissions.
* C’est également un moyen pour déplacer l’attention portée aux émissions massives de carbone produites par l’agriculture industrielle et l’agrobusiness, surtout dans les pays du Nord, afin de transférer le fardeau de la réduction des émissions sur les épaules des paysans du Sud, alors que rien n’est fait pour réduire les émissions causées par l’agriculture industrielle.
* Si nous paysannes et paysans, signons un accord sur les puits de carbone, nous allons perdre notre autonomie et le contrôle sur nos systèmes agricoles. Ce seront des bureaucrates de l’autre côté de la terre, des gens qui ne connaissent rien à nos sols, à nos pluies, à nos pentes, à nos systèmes alimentaires locaux, à notre économie familiale, etc., qui décideront des méthodes agricoles que nous devrons utiliser ou ne pas utiliser.
* L’agroécologie procure une somme de bienfaits pour l’environnement et les moyens d’existence des paysans. Par contre, en réduisant la contribution des pratiques agroécologiques à la seule valeur du carbone séquestré, non seulement on dévalue les autres bénéfices de ces pratiques, mais on peut également créer des incitations perverses à altérer ces pratiques (et ouvrir la porte aux technologies telles que les OGM) dans l’unique but de maximiser le carbone plutôt que de valoriser les autres apports de l’agroécologie.
* Cette initiative est inséparable de la tendance néolibérale à vouloir convertir absolument tout (la terre, l’air, la biodiversité, la culture, les gènes, le carbone, etc.) en capital, lui attribuant une valeur monétaire qui permet ensuite de négocier ces éléments sur un marché spéculatif quelconque.
* Si la valeur actuelle - relativement faible - du carbone séquestré devait augmenter sur le marché spéculatif, cela pourrait générer une nouvelle course à l’accaparement des terre afin de s’emparer des crédits pour les puits de carbone, étant donné que la concentration des terres est un prérequis si l’on veut rendre rentables les crédits liés au puits de carbone.
Comment l’Agroécologie devrait être soutenue par les politiques publiques
* Soutenir les programmes de formation de paysan-à-paysan gérés par les organisations paysannes
* Soutenir les écoles de formation en agroécologie gérés par les organisations paysannes
* Mettre fin à toutes les subventions directes et indirectes à l’agriculture industrielle
* Bannir les OGM et tous les produits chimiques agricoles dangereux
* Fournir des crédits à la production aux agriculteurs qui produisent de manière agroécologique
* Réorienter les appels d’offres publics pour la fourniture d’aliments aux hôpitaux, écoles, etc., vers l’achat à un prix équitable d’aliments écologiques produits par des petits producteurs
* Soutenir les marchés de producteurs écologiques pour la vente directe aux consommateurs
* Transformer les cursus de formation agricoles afin de les concentrer sur l’agroécologie et la méthodologie du transfert de connaissances de paysan-à-paysan
* Créer des incitations en vue d’établir un prix de vente équitable pour les aliments locaux produits de manière écologique
* Etc.
Engagements de La Via Campesina
Alors que nous ne cessons d'exiger de nos gouvernements qu'ils prennent la question du changement climatique à bras-le-corps, nous nous engageons à bâtir l’agroécologie et la Souveraineté Alimentaire depuis la base. Nous nous engageons en faveur des mesures concrètes suivantes:
1. Nous allons continuer à renforcer le mouvement pour l’agroécologie à la base afin de nous adapter aux changements climatiques en cours.

2. Nous nous efforcerons de “garder le carbone dans le sol et dans les arbres” dans les territoires sous notre contrôle, en promouvant les pratiques agroforestières, la plantation d’arbres, la conservation de l’énergie, mais aussi en luttant contre l’accaparement des terres par les entreprises minières et les plantations industrielles.

3. Nous allons continuer à faire pression sur les gouvernements à tous les niveaux afin qu’ils adoptent la souveraineté alimentaire comme étant la solution au changement climatique.

4. Nous allons poursuivre la lutte contre l’inclusion de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie dans les mécanismes des marchés du carbone.

5. Nous allons poursuivre notre lutte pour la réforme agraire afin que la terre soit redistribuée aux paysannes et aux paysans qui pratiquent une agriculture durable et contre toute usurpation de terres.

6. Nous allons construire un puissant mouvement qui fera entendre la voix des paysans et des paysannes et nous seront présents avec d’autres secteurs de la société civile à la conférence climatique COP-17 de Durban ainsi qu’à la Conférence de Rio +20 au Brésil. Nous y porterons le message comme quoi nous nous opposons aux fausses solutions proposées pour soi-disant lutter contre le changement climatique et nous exigerons l’adoption des Principes de Cochabamba. Nous mettrons en avant les bénéfices de l’agriculture paysanne durable et de la souveraineté alimentaire en tant que principales et réelles solutions pour lutter contre le changement climatique.
Non à l’accaparement des terres au nom du climat !
Notre carbone n’est pas à vendre !
L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !
Les méthodes de production agroécologiques des petits paysans refroidissent la planète !
Globalisons la lutte ! Globalisons l’Espoir !


Source: http://www.confederationpaysanne.fr/index.php?rubrique_id=646

jeudi 1 septembre 2011

La bataille pour les biens communs naturels : portée, expériences de lutte, et stratégies de neutralisation politique


> Par José Seoane
Cet article a initialement été publié en espagnol sur le Cetri, et il a été traduit par Manuela Geneix et Charlotte Renard, traductrices bénévoles pour rinoceros.
Je voudrais commencer en remerciant l’invitation à ouvrir cette rencontre. Non seulement pour l’importance qu’elle a, selon moi, dans son intention d’approfondir et de consolider l’articulation de différentes expériences et organisations ; mais aussi pour le challenge qu’elle nous lance, de par son appel à participation lui-même, à débattre des défis que suppose la construction des liens nécessaires entre les luttes de défense des biens communs de la nature. 
Ainsi, mon intervention d’aujourd’hui a pour objectif d’apporter quelques éclaircissements à ce sujet. Je vais commencer en partageant certains exemples actuels qui montrent l’importance et le rayonnement de ces luttes et du projet qui soutient et oriente nos actions. 
Ensuite, je ferai l’ébauche de quelques unes des raisons structurelles qui permettent d’expliquer et de montrer l’importance des batailles sociopolitiques auxquelles nous nous référons ; et que beaucoup appellent – parfois avec un certain mépris – des conflits environnementaux ou socio environnementaux mais qui, pour des raisons que je vais tenter d’expliquer, ont une projection sociopolitique centrale qui pointe du doigt le cœur des contradictions du capitalisme contemporain et de la forme que ce dernier prend dans ce que l’on appelle le Tiers Monde. 
Enfin, je proposerai une conceptualisation provisoire des principales stratégies qui influencent l’exercice des pouvoirs dominants vers la neutralisation du potentiel sociopolitique qui structure ces résistances et conflits. (...)
Lire la suite: http://www.rinoceros.org/article11030.html

mardi 23 août 2011

PEUT-ON NOURRIR LA PLANÈTE GRÂCE À L’AGROÉCOLOGIE ?


Rapporteur spécial des Nations-Unies, Olivier De Schutter a besoin des médias pour faire entendre son message. Il peut compter sur Marie-Monique Robin, qui vient de lancer sa propre maison de production audiovisuelle.

Comment nourrir les gens : c’est le titre provisoire du documentaire que prépare Marie-Monique Robin, et qui inaugurera sa nouvelle maison de production audio- visuelle, m2rfilms. Après Le monde selon Monsanto et Notre poison quotidien, la journaliste veut en effet démontrer qu’une agriculture « sans pesticides et sans chimie » est une alternative possible au modèle agricole « industriel ». Une bande- annonce du futur film, déjà en ligne sur le site de m2rfilms, présenteHugh Grant, PDG de Monsanto, Jean-Charles Bocquet, directeur de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) et Jérome Péribère, de Dow AgroSciences, qui affirment à tour de rôle qu’il est impossible de nourrir l’humanité sans recourir aux pesticides et aux engrais chimiques. En contrepoint, MMR met en scène le juriste belge et professeur de droit à l’Université catholique de Louvain Olivier De Schutter, qui rétorque : « C’est une croyance non fondée. Nous n’avons jamais voulu croire à l’efficacité d’un modèle agricole diffé- rent et nous n’avons donc jamais essayé de montrer qu’il pouvait être hautement productif. »

Unis au sein de la FIDH
L’intervention d’Olivier De Schutter dans un documentaire de Marie-Monique Robin n’a rien de surprenant. Les deux personnages ont de nombreuses fréquentations communes. En effet, avant d’avoir été nommé rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation en 2008,Olivier De Schutter était secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), un poste précédemment occupé par l’avocat parisien de MMR, Me William Bourdon. Comme ce dernier, Olivier De Schutter milite de longue date pour les droits éco- nomiques et sociaux des « victimes » des sociétés transnationales. C’est d’ailleurs cette raison qui l’aurait conduit à s’intéresser aux questions agricoles. « L’alimentation permet de poser la question de l’im- pact de la mondialisation économique sur les droits de l’homme », déclare-t-il, pour expliquer les motivations de son travail au sein de l’instance onusienne. Tout naturellement, Olivier De Schutter s’est entouré de plusieurs anciens collaborateurs de la FIDH. Dans sa garde rapprochée figure notamment Gaëtan Vanloqueren, qualifié d’« agroéconomiste », et aujourd’hui son principal conseiller sur ce dossier. Formé lui aussi à l’Université catholique de Louvain, Gaëtan Vanloqueren a été le porte-parole d’Actions Birmanie. À ce titre, il a participé à plusieurs missions d’enquêtes coordonnées par Olivier De Schutter, alors secrétaire général de la FIDH. Le volet juridique du dossier birman était pour sa part suivi par Me Bourdon qui, dès 2002, a porté plainte contre TotalFinaElf pour son action en Birmanie. Le combat contre les multinationales est donc une passion commune pour William Bourdon, Marie-Monique Robin et Olivier De Schutter.


Lire la suite:
http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article752

mercredi 16 mars 2011

Les Semences Paysannes sont la Dignité, la Culture et la Vie: Agriculteurs en résistance pour défendre leur droit aux semences paysannes

VIA CAMPESINA - DÉCLARATION DE BALI SUR LES SEMENCES


Dans le monde d'aujourd'hui nous sommes les victimes d'une guerre pour le contrôle des semences. Nos agricultures sont menacées par les industries qui cherchent à contrôler nos semences par tous les moyens possibles. Le résultat de cette guerre déterminera l'avenir de l'humanité étant donné que nous dépendons tous des semences pour notre alimentation quotidienne.
Un acteur de cette guerre est l'industrie des semences du génie génétique, des technologies hybrides et des produits agrochimiques, qui vise l'appropriation des semences pour multiplier ses profits en obligeant les agriculteurs à consommer et dépendre de ses semences. De l'autre côté se trouvent des paysans et paysannes qui conservent et reproduisent nos semences, avec nos systèmes vivants de semences locales, paysannes et indigènes, les semences qui sont le patrimoine de nos peuples. C’est une richesse que nous mettons généreusement au service de l'humanité.
L'industrie a inventé de nombreuses façons de voler nos semences pour les manipuler afin d'y imprimer ses titres de propriété et pour ensuite nous forcer, nous les peuples agricoles du monde, d'acheter chaque année ses semences privatisées au lieu de garder et sélectionner une partie de nos récoltes pour ressemer l'année suivante. Ses méthodes incluent les semences hybrides, que les paysans ne peuvent pas reproduire, les OGM, et la propriété industrielle sur les semences, brevets ou Certificat d'obtention végétale qui sont imposés par les traités internationaux et les lois nationales. Ce sont tous des formes de vol, parce que toutes les semences de l'industrie sont en fait issues de milliers d'années de sélection et d'amélioration par nos peuples. C'est grâce à nous, paysans et agriculteurs, que l'humanité dispose d'une grande diversité de cultures, qui, avec l’élevage et la domestication des animaux, nourrissent la planète aujourd'hui.