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mercredi 25 janvier 2012

Agroalimentaire : les leaders à la conquête de l'Afrique

«Nous sommes très ambitieux en Afrique, où nous voulons renforcer nos positions dans toutes les catégories, et nous implanter partout où nous sommes encore absents», explique Franck Braeken, vice-président pour l'Afrique chez Unilever.


Ils avancent leurs pions sur le continent, en passe de devenir un vrai relais de croissance. Une stratégie qui suppose d'adapter les produits.

Dans les rues de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, 10.000 «mamans mapas», des mères de famille africaines, arpentent la ville avec leur cargaison de Vache Qui Rit. Puisque les habitants de Kinshasa sont de gros consommateurs de pain, Bel les a recrutées pour vendre ses fromages fondus… avec du pain offert par le groupe.


Comme Bel, les groupes agro alimentaires sont partis à la conquête de l'Afrique subsaharienne, prochain Eldorado des marques de grande consommation. «Tous essaient de reproduire le modèle mis en place en Asie, dont ils sont aujourd'hui de plus en plus dépendants comme relais de croissance», analyse Alain Penanguer, associé responsable de l'Afrique chez Deloitte. Croissance démographique, urbanisation, augmentation de la richesse par habitant et libéralisation politique et économique ont créé un pouvoir d'attraction. «L'émergence des classes moyennes rend l'Afrique incontournable», estime Frédéric Nalis, vice-président chez Bel de la zone «grande Afrique», qui «pourrait peser 15% du chiffre d'affaires du groupe d'ici 2015».


Depuis deux ans les organigrammes des groupes reflètent cette nouvelle réalité. Pernod Ricard a créé une zone couvrant l'Afrique subsaharienne, rattachée à la direction Europe du groupe. Chez Unilever, l'Afrique est devenue l'une des huit régions mondiales à égalité avec l'Europe et l'Asie. «Nous sommes très ambitieux en Afrique, où nous voulons renforcer nos positions dans toutes les catégories, et nous implanter partout où nous sommes encore absents», explique Franck Braeken, vice-président pour l'Afrique chez Unilever.


Tous accélèrent leurs investissements. Après 6 milliards de dollars entre 2000 et 2010, Coca-Cola investira deux fois plus entre 2010 et 2020 sur le continent. Entre 2010 et 2012, Nestlé a prévu une enveloppe d'un milliard de francs suisses pour augmenter ses capacités de production. Le géant suisse fait le pari de «doubler le chiffre d'affaires en Afrique d'ici 2020», confie Roger Stettler, patron de la région.

Peu de main-d'œuvre qualifiée

Pour séduire les consommateurs africains, les produits ont été adaptés. La Vache Qui Rit, vendue à l'unité, a un goût moins fort en fromage. Les cubes Maggi, le best-seller de Nestlé en Afrique, sont fortifiés avec de l'iode en raison des carences, la margarine Blue Band d'Unilever, en vitamines et acide folique. Les formats tiennent également compte des contraintes locales. Danone a mis au point l'an passé Ultramel, un yaourt qui n'a pas besoin d'être conservé au frais. «Les conditionnements sont revus afin de rendre les prix des produits plus accessibles», explique Joëlle de Montgolfier, auteur d'une étude chez Bain & Company. Les sachets de thé Lipton sont vendus par deux, les chewing-gums Wrigley par quatre, et l'huile de Savola Foods s'achète à la portion. Quant à Pernod Ricard et Diageo, ils écoulent leurs whiskies en miniatures de 12, 20 ou 35 cl.


Les industriels cherchent aujourd'hui à adapter leur outil de production, avec des usines de taille réduite, qui requièrent peu de main-d'œuvre qualifiée. Nestlé, qui possède 28 usines en Afrique, met en place des finishing factories afin d'alléger la logistique et les coûts. Seule la dernière étape de fabrication - l'adaptation du conditionnement ou de la recette - est réalisée sur place. Un moyen aussi de ne pas être dépendant des matières premières locales. De nombreux groupes ont dû investir en amont faute d'avoir la qualité et la quantité de ressources souhaitées. Heineken investit dans des champs d'orge, Coca-Cola, dans la production de mangues au Kenya, Parmalat possède ses chèvres…


Il faut également gérer la fragmentation de la distribution. En juillet dernier, c'est en ayant recours à des vendeurs de rue à ses couleurs que Nescafé a lancé à Dakar son nouveau café aromatisé aux épices. Une façon aussi de limiter les intermédiaires, la plupart des industriels faisant encore appel à des distributeurs locaux pour approvisionner les points de vente.


source:
http://www.lefigaro.fr/societes/2012/01/25/20005-20120125ARTFIG00684-agroalimentaire-les-leaders-a-la-conquete-de-l-afrique.php 

mercredi 26 octobre 2011

Enquête: une filiale chinoise de Nestlé aurait dupé les paysans


Le groupe alimentaire suisse Nestlé déclare ce mercredi qu’il avait ouvert une enquête sur une de ses filiales en Chine accusée d’avoir sous-payé des producteurs de lait pendant au moins dix ans.
Une filiale chinoise de Nestlé aurait sous-payé ses producteurs de lait. Cette sous-enchère aurait duré...10 ans.
Des éleveurs de la province du Heilongjiang, dans le nord-est du pays, affirment que Shuangcheng Nestlé Co. payait le lait moins que son prix habituel et trichait sur son poids.

"Nestlé ne trompe pas les paysans. Nous prenons très au sérieux ce qui a été rapporté et avons déjà ouvert une enquête conjointement avec les autorités locales", a déclaré un porte-parole de Nestlé Chine, Nancy He.
Mesures immédiates
"Nestlé ne tolère pas de telles pratiques et va prendre des mesures immédiates dès que nous aurons mis au jour le problème", a ajouté le porte-parole.

La municipalité de Shuangcheng, une ville située juste au sud de la capitale provinciale, Harbin, compte plus de 20.000 producteurs de lait qui assurent une production journalière de 1.200 tonnes, selon l’agence Chine nouvelle.

Les éleveurs assurent que la filiale de Nestlé, qui est l’un des principaux contribuables de la municipalité, les trompent depuis plus de 10 ans et que les autorités locales leur ont interdit de vendre leur production à d’autres sociétés.
Tuer les vaches plutôt que de bosser avec Nestlé

"Ils nous trompent tout le temps. Certains d’entre nous sont tellement en colère qu’ils sont prêts à tuer leurs vaches plutôt que de vendre le lait à Nestlé", déclare Zhao Yongwu, un éleveur cité par l’agence officielle chinoise qui assure que la filiale de Nestlé lui décomptait environ un litre sur chaque seau de lait vendu.

Shuangcheng Nestlé a nié exercer un monopole sur la collecte de lait à Shuangcheng, ajoutant que deux autres laiteries opéraient dans la ville et que les paysans "ne sont pas contraints de livrer à Nestlé", a encore rapporté le China Daily.

samedi 23 juillet 2011

Cacao: les planteurs ivoiriens attendent de Ouattara de meilleurs revenus


GONATE (Côte d'Ivoire) — Les planteurs de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, attendent du nouveau président Alassane Ouattara un "plan cacao" qui améliore leurs revenus, après l'avoir espéré en vain sous Laurent Gbagbo.
"Nous appelons à réorganiser la filière au profit des petits planteurs", explique à l'AFP Fulgence N'guessan.
Basé à Gonaté, bourgade poussiéreuse à une cinquantaine de km de la ville de Daloa (centre-ouest), en pleine "boucle du cacao", il dirige la coopérative "Kavokiva" ("bonne entente", en langue gouro), la plus importante du pays avec 12.000 planteurs.
Pour lui, la décennie Gbagbo "n'a pas permis d'accroître de façon substantielle le revenu" du million de planteurs, dont la production (quelque 1,2 million de tonnes en 2010-2011) représente pourtant 40% des recettes d'exportation avec le café.
"Le cacao ne nous enrichit pas, il nous permet de survivre", se lamente Maurice Tra-Bi, bottes en plastique et chapeau de toile "contre les serpents", en donnant de grands coups de machette dans un cacaoyer.
"La quasi-totalité des villages du cacao sont dépourvus de centres de santé et même d'eau potable", s'indigne ce planteur, dénonçant la "pauvreté grandissante" parmi les siens.
Au début des années 2000, Laurent Gbagbo avait, sous la pression des institutions internationales, libéralisé le secteur. Créées pour assurer transparence et équité, les structures de régulation ont échoué et leurs dirigeants sont restés longtemps en prison pour mauvaise gestion présumée. La nouvelle réforme souvent promise par l'ex-président n'a jamais vu le jour.
Traduisant un sentiment largement répandu parmi les paysans, l'économiste Gervais N'dah fustige une "escroquerie fiscale" de l'Etat.
"En Côte d'Ivoire, les planteurs paient le plus d'impôt au monde. Quand le cacao est à 1.000 FCFA/kg (1,5 euro), on lui retire plus de la moitié", relève-t-il.
Les "pisteurs", ces intermédiaires qui achètent aux paysans pour les multinationales du chocolat, sont aussi pointés du doigt, accusés de "brader la récolte". "Ils sont devenus plus riches que les planteurs", s'insurge M. N'dah.
Après le bras de fer de la crise post-électorale (novembre 2010-avril 2011), le gouvernement a pu relancer dès début mai l'exportation de fève brune, stoppée durant des mois.
Il s'est engagé dernièrement à remettre en chantier une réforme de la filière. Le candidat Ouattara avait promis de restaurer un système de prix garanti, comme celui qui avait contribué au "miracle" économique ivoirien des années 1960-1970.
Mais pour ranimer son âge d'or et continuer de distancer le voisin ghanéen (900.000 tonnes), le cacao de Côte d'Ivoire a aussi besoin de rajeunir: le verger (deux millions d'hectares) est vieillissant, ce qui entraîne de maigres rendements et contribue à une baisse de qualité.
Parmi les initiatives prises pour parer au déclin, le géant suisse de l'alimentaire Nestlé a démarré récemment un vaste programme de renouvellement en distribuant des pépinières aux planteurs.
Il s'agit, sur une décennie, d'insérer des "variétés à haut rendement" (deux tonnes à l'hectare contre moins d'une) résistantes aux maladies, selon le chef du projet, Philippe Courbet.
Au milieu de son champ d'Okoukouamekro, un village proche de Gonaté, Jean Loukou Yao, planteur de 25 ans, a le sourire: il pourra régénérer ses 10 hectares, vieux d'un demi-siècle et hérités de son père.
Mais sa voisine Marie-Thérèse Séry, cadre récemment convertie à la culture du cacao, avertit: "le programme de régénération des plantations sera vain si la rémunération des planteurs n'est pas au centre".

mardi 12 juillet 2011

Nestlé va obtenir 60% de la société Hsu Fu Chi, confiseur chinois.

Logo Nestlé
Un accord de partenariat avec la famille fondatrice de la société Hsu Fu Chi, qui produit et distribue des produits de confiserie en Chine, a été conclu ce lundi. Cet accord prévoit ainsi le rachat de titres par le groupe suisse, pour, à terme, posséder 60% de la société. Nestlé devra débourser pas moins de 1,2 milliards d’euros pour devenir actionnaire majoritaire du leader chinois.

L’acquisition se fera par le biais d’une procédure dite  « Scheme of Arrangement » qui impose certaines conditions pour la validation du rachat. A l’heure actuelle, la famille Hsu possède 56.4% du capital, le reste appartenant à des actionnaires indépendants. Nestlépropose donc de racheter 16.5% à la famille Hsu, ainsi que les titres des actionnaires indépendants. Les deux plus grands actionnaires indépendants, Arisaig Partners Hçoldings et les filiales du Baring Asia Private Equity Fund ont d’ailleurs déjà donné un accord irrévocable de leur engagement. Nestlé propose de racheter les actions à une valeur supérieure de 24,7% par rapport au cours moyen des 180 derniers jours.

Le rachat de la société, s’il est validé, permettrait à Nestlé de renforcer sa position dans l’empire du milieu ou elle possède déjà 23 usines, 2 centres de R&D et emploie 14 000 personnes. Paul Buckle, dirigeant de Nestlé, a ainsi ajouté : 

« Ce partenariat proposé renforcera de manière importante notre présence en Chine» et « démontre également notre engagement à long terme envers la Chine et met en avant notre capacité d'accroître notre portefeuille de marques internationales et locales sur ce marché dynamique ». Hsu Fu Chi International a un large catalogue de produits, des snacks à base de céréales aux en-cas traditionnels chinois en passant par des gâteaux. En 2010 son chiffre d’affaires était de 571 millions d’euros. Le groupe chinois gère 4 grandes fabriques et emploie près de 16 000 personnes.

Un processus d’une durée de trois à cinq mois, visant à l’approbation par les autorités chinoises notamment, va alors se mettre en place pour que Nestlé finalise son action. Rappelons qu’en 2009 Coca-Cola avait souhaité racheter le spécialiste des jus de fruits chinois, Huiyuan Juice, pour 2,4 milliards de dollars mais que son offre avait été rejetée par les autorités chinoises.

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