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vendredi 2 mars 2012

Paysans sans terre : ici et là-bas, au Centre Jean Vilar

Le 20 mars prochain, un collectif réunissant les associations Gandhi International, Peuples Solidaires, la Confédération Paysanne, la Paix en Marche, Terre de liens, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement et Artisans du Monde Angers, organise, avec le soutien du centre Jean Vilar d’Angers, une soirée projection-conférence-débat sur le thème de l’Inde.



La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont littéralement laissés pour compte
La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont littéralement laissés pour compte.

Mohandas Karamchand Gandhi plus communément appelé Mahatma Gandhi (Mahatma voulant dire grande âme) était le guide spirituel de l'Inde et du mouvement pour l'indépendance de ce pays. Reconnu comme le Père de la Nation indienne, son anniversaire, le 2 octobre, est devenu une fête nationale. Cette date a été déclarée Journée internationale de la non-violence par l'Assemblée générale des Nations unies. 

Gandhi avait réussi à mettre à la porte le colonisateur Anglais. Mais celui-ci est revenu par la fenêtre... La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont écrasés par leurs dettes, les expropriations, la logique du marché. Ils vont alors voir grossir les immenses bidonvilles des mégapoles, balayer les rues ou travailler à l’usine pour des salaires de misère. 

Le 2 octobre 2007, jour de la fête nationale, 25.000 paysans sans terre se rassemblent à Gwalior, en Inde, pour une marche d’un mois à travers le pays. Ce sera Janadesh, le verdict du peuple. Leur but: le parlement de New Delhi. Leur objectif: obtenir des terres gouvernementales pour vivre dignement. 

« La marche des gueux », la force libératrice de la non-violence, un film documentaire de Louis Campana et François Verlet, illustre cette grande mobilisation. Il sera présenté à l’occasion d'un soirée consacrée aux paysans sans terre, au centre Jean Vilar à Angers, le mardi 20 mars 2012, de 19h45 à 22H30 


PROGRAMME :

19h45 : Accueil du public

20h : Diffusion du film de Louis Campana et François Verlet, La Marche des Gueux. Louis Campana, également président de l’association Gandhi International, sera présent lors de la soirée pour présenter son film. 

20h45 : Témoignage de Gauri Kulkarni, invitée nationale de l’association Peuples Solidaires, sur le thème de la souveraineté alimentaire. La jeune femme est membre du mouvement Ekta Parishad. Depuis 1991, ce mouvement a aidé de nombreuses communautés marginalisées indiennes à s'organiser et à mener des actions collectives pour demander au gouvernement indien l'application des lois visant à la redistribution équitable des terres et des ressources naturelles. 

21h30 : Table Ronde organisée par le collectif et animée par un journaliste. 

Prix d'entrée : 2€50 

Réservation : 06 47 15 39 82 ou reservation.octovales@live.fr

José Bové change la Pac au salon de l'Agriculture

http://cdurable.info/Changeons-de-cap-PAC-Agriculture-paysanne-citoyens-Jose-Bove-Gilles-Luneau.html

mercredi 14 décembre 2011

Semences : une loi qui sème la révolte


La Confédération paysanne appelle les paysans à désobéir à la loi sur les COV
Malgré une forte mobilisation paysanne et citoyenne le 28 novembre 2011, l’Assemblée Nationale a adopté en l’état la proposition de loi sur le Certificat d’Obtention Végétale.
L'important rassemblement du 28 novembre à Paris (devant l'Assemblée Nationale) montre l'intérêt des paysans et des citoyens à défendre les semences de ferme et à protéger le vivant.
Les médias ont largement repris nos revendications. La Confédération paysanne remercie toutes celles et tous ceux qui ont su, à Paris et en région, se mobiliser en quelques jours pour alerter nos députés sur l'intérêt de refuser ce projet de loi. Elle remercie également les députés qui se sont battus contre cette loi en rejoignant un mouvement populaire de contestation.
La proposition de loi relative aux COV qui avait été votée en première lecture au Sénat le 13 juillet 2011 est donc adoptée dans la loi française.
La Confédération paysanne refuse la soumission des paysans aux groupes semenciers et remet en cause l'influence de l'industrie semencière qui utilise le patrimoine végétal sans n'avoir rien reversé aux paysans et qui exige aujourd'hui des royalties auprès des agriculteurs qui les utilisent.
Cette loi participe en outre à la précarisation de l'activité agricole dans une période de crise et de fragilité économique en sacrifiant les paysans et notamment les éleveurs dont les revenus sont les plus bas, au profit de l’agro-industrie.
La Confédération paysanne combat l'idée, celle du gouvernement et les élus de la majorité présidentielle que les intérêts privés de l’industrie semencière sont prioritaires sur ceux des paysans. Les droits des paysans de ressemer et d’échanger leurs propres semences s'inscrivent dans un droit collectif qui fait obstacle à la confiscation de toutes les semences et soutient le droit à la souveraineté alimentaire. Ce droit ancestral est indispensable à l'autonomie des fermes et à l'adaptation des cultures aux changements climatiques et à l'environnemental local.
Nous appelons les candidats aux élections présidentielles à défendre ces droits fondateurs des agriculteurs en désapprouvant cette loi et à s'engager à l'abroger. Nous sommes favorables au dépôt de motions en Chambre d'Agriculture et auprès de groupe d'élus et associations pour refuser cette loi inique.
Les paysans et citoyens-consommateurs, soucieux du contenu de leurs assiettes et de la préservation du patrimoine végétal seront invités à nous rejoindre au cours de nos actions de désobéissance civile dans les prochaines semaines.

Contact : 
Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18
Véronique Léon, Secrétaire nationale : 06 22 16 13 99
Guy Kastler, commission semences : 06 03 94 57 21


http://www.confederationpaysanne.fr/semences-une-loi-qui-seme-la-revolte_331-actu_1943.php

dimanche 4 décembre 2011

TOUS AU LARZAC !!!!!

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne?
Ohé! partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme! (...)

(Chant des partisans) 








http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/11/22/tous-au-larzac-le-jour-ou-les-causses-devinrent-terre-de-revolte_1607515_3476.html 

vendredi 11 novembre 2011

Pour notre droit à la souveraineté alimentaire Ni interdiction, ni royalties sur les semences de ferme

Pour notre droit à la souveraineté alimentaire
Ni interdiction, ni royalties sur les semences de ferme


Angers Samedi 19 novembre

Exigeons le retrait de la proposition de loi sur les obtentions végétales
rendez-vous à partir de 9h, place du Pilori

Une nouvelle proposition de loi sur le Certificat d'Obtention Végétale sera débattue à l’Assemblée Nationale le 24 Novembre.
 Le 8 Juillet dernier, l'ancienne majorité sénatoriale a déjà cédé aux pressions du lobby semencier en approuvant ce texte. Si les députés confirmaient ce vote, les paysans connaîtraient une régression sans précédent de leur droit le plus fondamental : celui de ressemer librement leur propre récolte et d'échanger leurs semences.
Le texte soumis aux députés vise à renforcer les droits de propriété de l'industrie semencière. Il veut forcer les paysans à acheter les semences protégées par ces droits de propriété en les empêchant d'utiliser celles qu'ils produisent eux-mêmes. Il propose, pour la majorité des espèces cultivées, d'interdire aux paysans d'utiliser une partie de leurs récoltes comme semences ou, pour quelques autres espèces comme le blé, de ne les y autoriser qu'en échange du paiement de royalties à l'industrie.
Le droit ancestral des paysan(ne)s de ressemer et d’échanger librement leurs semences de fermes fait partie des droits collectifs inaliénables. Il est à l'origine de toute la biodiversité cultivée. Il est le fondement de l'agriculture et le garant de la souveraineté alimentaire qui ne sera jamais assurée par des sociétés commerciales orientées vers la satisfaction des intérêts de leurs actionnaires.
Il est inacceptable que la loi, censée défendre l'intérêt général, renforce les droits privés de l'industrie semencière au détriment des droits collectifs des paysans. Il est inacceptable que la loi favorise la confiscation du vivant par cette industrie et la régression de la biodiversité.
Cette journée se situe dans le cadre plus général de la CAMPAGNE POUR UNE LOI DE RECONNAISSANCE POSITIVE DES DROITS DES AGRICULTEURS PAR LA LIBERATION DES SEMENCES PAYSANNES ET FERMIÈRES. Cette Campagne a pour objectif de promouvoir une loi globale, garantissant d'abord les droits fondamentaux et ancestraux des agriculteurs, des jardiniers et des artisans semenciers de conserver, de ressemer, d'échanger et de vendre leurs propres semences, et de les protéger de la biopiraterie et des contaminations génétiques.
Signez et faites signer la CYBERACTION surwww.semonslabiodiversite.com

APPEL DES INDIGNES de L’AGRICULTURE pour la souveraineté alimentaire

prochainement à PARIS Assemblée Nationale

première victoire de notre mobilisation : le débat a été reporté à une date encore non déterminée, nous la communiquerons dès que possible, voir 
www.semonslabiodiversite.com
Exigeons le retrait de la proposition de loi sur les obtentions
végétales
Après les financiers qui spéculent et s'enrichissent en torpillant le quotidien de notre vie,

Après les pétroliers qui convoitent le gaz de schiste au péril de nos ressources en eau potable,

Voici l'industrie des semences qui veut mettre les paysans, garants de notre nourriture, sous sa dépendance

Parce qu’interdire ou taxer les semences de ferme, c’est taxer le blé, la farine et notre pain !
Parce que le futur de notre alimentation ne pourra être assuré que par des paysans libres et indépendants !
Parce que les décisions d’aujourd’hui préparent la crise de demain :
Crise financière ; Crise alimentaire :
La même origine, les mêmes exploiteurs, les mêmes exploités !
Les indignés de l’agriculture refusent ce nouveau processus de dépossession et en appellent au sursaut citoyen pour interpeller les députés
Cette action se situe dans le cadre plus général de la CAMPAGNE POUR UNE LOI DE RECONNAISSANCE POSITIVE DES DROITS DES AGRICULTEURS PAR LA LIBERATION DES SEMENCES PAYSANNES ET FERMIÈRES. Cette Campagne a pour objectif de promouvoir une loi globale, garantissant d'abord les droits fondamentaux et ancestraux des agriculteurs, des jardiniers et des artisans semenciers de conserver, de ressemer, d'échanger et de vendre leurs propres semences, et de les protéger de la biopiraterie et des contaminations génétiques
Signez et faites signer la CYBERACTION sur www.semonslabiodiversite.com






http://www.confederationpaysanne.fr/index.php?rubrique_id=840

vendredi 23 septembre 2011

Victoire des producteurs de lait contre le géant Lactalis

Lactalis réclamait 14.000 euros de dommages et intérêts à la Confédération paysanne de la Loire. Motif ? Un blocage de l’entrée de l’usine de la multinationale laitière, à Andrézieux-Bouthéon (Loire) le 17 août 2009, au plus fort du mouvement de la grève du lait. C’est finalement le géant Lactalis qui devra payer 1.500 euros au syndicat.

Ce jugement est intervenu le 15 septembre au tribunal de grande instance de Saint-Étienne. Si les magistrats ont estimé que le blocage était démontré, ils n’ont pas retenu de faute à l’encontre de la Confédération paysanne, soulignant qu’aucune dégradation ou destruction n’avait été à déplorer. La justice a donc débouté la société Lactalis « de l’ensemble de ses demandes » et « la condamne à payer à la Confédération paysanne de la Loire et à Philippe Marquet (ancien secrétaire général, ndlr) la somme globale de 1.500 euros » au titre des frais de justice.

Selon la Confédération paysanne, cette décision réaffirme le droit syndical à exprimer son mécontentement. Elle intervient au moment de la renégociation des contrats entre le groupe Lactalis et les producteurs de lait. Dans son contrat type (décrypté par Basta ! ici), Lactalis évoque notamment des clauses antigrève entraînant une dépendance totale des agriculteurs. Face à ce qu’elle qualifie de « contrat de servage », la Confédération paysanne, en collaboration avec l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) et la Coordination rurale, a remis en juin un contrat type alternatif au ministre de l’Agriculture. Confiant, Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, estime que« cette victoire judiciaire est une étape pour contraindre les laiteries à payer aux paysans un prix rémunérateur ».  SOPHIE CHAPELLE

mercredi 21 septembre 2011

OGM : le Pape faucheur involontaire ?

Benoît XVI et José Bové : même combat contre les Organismes Génétiquement Maudits ?
Quand le goupillon de toutes les hontes et la faucille militante s’accordent sur le fait de la désobéissance civile, il faut le souligner !
Vade retro OGM ? Pas si sûr que ça !
Ne voulant, pour le moment, rien entendre quant aux plantes génétiquement modifiées, le Vatican pose problème aux lobbyistes du business agro-alimentaire, convaincus par avance que le Saint-Siège leur serait acquis.
Les choses s’assombrirent pour les groupes semenciers dès octobre 2009, quand devant le Synode des Évêques africains, Benoît XVI critiqua explicitement les OGM et accusa les entreprises multinationales d’être responsables de l’appauvrissement des pays en développement. « La campagne de semences d’Organismes Génétiquement Modifiés, qui prétend assurer la sécurité alimentaire, ne doit pas faire ignorer les vrais problèmes des agriculteurs : le manque de terre arable, d’eau, d’énergie, d’accès au crédit, de formation agricole, de marchés locaux, d’infrastructures routières, etc. Cette technique risque de ruiner les petits exploitants, de supprimer leurs semences traditionnelles et les rend dépendants des sociétés productrices des OGM », déclarait-il alors. Benedictus XVI semble ainsi radicalement favorable au principe de précaution, accréditant implicitement les actions salutaires de désobéissance civile.
L’attitude papale a donc tout pour mettre en colère des gens comme le directeur de la filiale française de Monsanto, qui déclarait dès 2008 qu'« un pays qui laisse une poignée d'obscurantistes saccager sa recherche se prive de toutes les promesses de progrès que celle-ci porte pour le présent et pour l'avenir  », ou la présidente d’un think tank libéral comme l'Institut économique Molinari estimant que les « faucheurs sont dangereux », car ils « menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture ».
Peu avant les véhémentes déclarations papales, l'Académie pontificale des Sciences réunissant une quarantaine d'experts avait trop hâtivement conclu que les plantes transgéniques n'étaient pas intrinsèquement dangereuses, ce qui avait provoqué un regain de lobbying dans les couloirs du Saint-Siège. Il fut précisé plus tard que cette déclaration ne correspondait pas à une position officielle du Saint-Siège ou du magistère de l'Église. À la même époque et de leurs côtés, les évêques officiant en Inde avaient déjà adopté une position très vigoureuse contre les fausses promesses des OGM, notamment en vertu de leurs conséquences catastrophiques sur la vie des petits paysans.
Toute l'Église n’est pas à la pointe du combat contre les savants fous du génie génétique quand il s’agit que de plantes et de brevetage du Vivant. Selon les observateurs, elle hésiterait entre un « oui » si tant est que les OGM puissent contribuer à réduire la faim dans le monde, et un « non » s’il s’agissait de violer les droits des petits paysans. L’Église serait-elle si bienveillante que cela ?
On peut argumenter que la position de l’Église est celle du respect de la vie. Si je ne suis nullement d’accord avec l’essentiel du positionnement de l’Église catholique, notamment en matière de démographie, de procréation humaine et de contraception, le rejet de toute altération de la naturalité du Vivant est une éthique partagée tant avec les adeptes de l’écologie radicale, qu’avec les écologistes en général et la Confédération paysanne.
Mais du point de vue d’une éthique aussi anthropocentriste que celle d’une religion créationniste, manipuler des gènes de maïs, ce n'est pas manipuler des embryons. La condamnation de la fécondation in vitro par le Vatican il y a 20 ans n’induit censément pas, pour ces gens, pareille condamnation des biotechnologies végétales.
Les défenseurs de la cause transgénique de l’Académie pontificale demandent juste qu’« un effort spécial soit fait pour fournir aux pauvres cultivateurs des pays en développement des variétés de plantes génétiquement améliorées adaptées à leurs conditions locales », et que « la recherche pour développer de telles plantes cultivées prête une attention particulière aux besoins locaux et aux variétés locales ainsi qu’à la capacité de chaque pays à adapter ses traditions, son héritage social et ses pratiques administratives pour la réussite de l’introduction de ces plantes génétiquement modifiées ». La chancellerie de l'Académie pontificale pour les Sciences n’est donc pas fermée aux discussions, « pourvu que l'agriculture transgénique ne se transforme pas en activité spéculative » ! Cynisme ou naïveté ? Cynisme parce que l’Académie avait confié l’organisation de ses dernières journées d’études sur les OGM à un nommé Ingo Potrykus, inventeur du riz doré et grand VRP des PGM dans le monde.
La curie vaticane aisément corruptible saura-t-elle convaincre Joseph Alois Ratzinger à la privatisation de la Création divine...ou le Vatican restera-t-il schizophrène sur ce sujet et… jusqu’à un prochain Pape ? L’enjeu est de taille compte tenu de l’autorité du Vatican à l’endroit des nations.

vendredi 16 septembre 2011

«LES SPÉCULATEURS N’ONT RIEN À FAIRE DE LA FAMINE»

NICOLAS DUNTZE. Ce responsable de la Confédération paysanne se penche sur la conférence internationale organisée lundi et mardi à Montpellier par le G20 sur la sécurité alimentaire.

La présidence française du G20 accueille aujourd’hui à Montpellier une conférence internationale sur la recherche agricole pour le développement pour promouvoir les partenariats scientifiques au service de la sécurité alimentaire dans le monde. Nicolas Duntze, Gardois membre de la Confédération paysanne, nous dit pourquoi il ne se fait guère d’illusion sur les conséquence de cette réunion à l’heure de la famine en Afrique.

Cette réunion du G20 à Montpellier, centrée sur la recherche, est-elle, selon vous, porteuse d’espoir ?

« La seule chose qui améliorerait la situation serait de créer un rapport de force afin que la nécessité d’une recherche participative soit prise en compte. Ce qui veut dire : tenir compte de l’avis des syndicats de paysans, des associations de consommateurs… Le lieu où les chercheurs se réunissent sous l’égide du G20 n’est pas non plus un hasard. Montpellier possède un grand nombre de laboratoires, une certaine notoriété dans la recherche agronomique et sociologique agricole et les lobbies semenciers et agro-industriels, toujours à la recherche de brevets, sont intéressés par les modifications génétiques autour du blé. On va donc essayer d’aller interpeller les participants pour leur dire qu’ils sont sous surveillance. Notre revendication c’est : « Arrêtez de chercher sous la bulle financière ».

Vous pensez que la recherche est sous la coupe de ces lobbies industriels ?

Ce sont eux qui financent le plus la recherche dans ces domaines, dans le but de revendre les semences et d’en faire des royalties. On va leur rappeler qu’il ne faut pas toucher aux savoir-faire ancestraux des paysans qui ont su nourrir la planète jusqu’ici.

Justement le thème du G20 en pleine famine dans la corne de l’Afrique est la sécurité alimentaire. Pourquoi y’a-t-il encore des millions de gens qui souffrent de la faim ?

Cela n’a rien à voir avec les savoirs ancestraux des paysans. Si l’on prend l’exemple français, après la guerre, il y a eu d’énormes difficultés à assumer la sécurité alimentaire de la population en terme d’approvisionnement. Cela a généré des politiques agricoles intensives et productivistes. Mais la marche en avant productiviste a continué ensuite. A la sortie de la guerre il y avait 3 millions de paysans en France, il n’y en a plus que 400 000 aujourd’hui. C’est la même politique au niveau international. La création des stocks, les primes à l’export… ont tué toutes les agricultures paysannes locales. Un produit subventionné par l’Europe arrive moins cher en Afrique que ce qu’il coûte au producteur local. Au prétexte de la sécurité alimentaire des pays riches, on a mis sous dépendance des millions de personnes, parce qu’on leur a enlevé la possibilité économique de produire.

Le productivisme est le principal responsable selon vous des famines actuelles ?

Elles interviennent deux ou trois ans après les émeutes de la faim dont la raison était la spéculation sur les matières premières. Les spéculateurs se moquent de savoir que des millions de personnes, dont la plupart sont issues du milieu paysan, crèvent de faim. C’est vrai qu’il y a la sécheresse, un climat social et politique délétère dans certains pays d’Afrique, mais il faut se poser la question d’à qui profite le crime. Sous la contrainte budgétaire du FMI et sous prétexte de régler leur dette, on a dit aux pays africains d’arrêter de produire du millet ou du maïs et de faire des fleurs ou des haricots qu’ils exportent. Ils ont ainsi abandonné les productions locales qui leur donnaient leur nourriture de base.

Mais que faire pour les aider ?

On se souvient des fameux sacs de riz de Kouchner. On ne sait pas toujours où va l’aide. On va donner son chariot ou dix euros qu’on aura économisés parce qu’on aura vu des images intolérables. Mais s’il faut évidemment envoyer des sacs de riz, il faut aussi poser les vrais problèmes pour changer la donne. Et il faut se poser la question de la responsabilité de nos pays gros consommateurs d’énergie dans les raisons climatiques de la crise.

A la confédération paysanne vous parlez de souveraineté alimentaire.

Oui et elle tarde à être inscrite dans le droit international. Parce que c’est un droit des peuples de décider des moyens de production et de l’accès à ces moyens de production. C’est un droit de ne pas être victime des échanges internationaux. La question se pose aussi dans la vieille Europe avec la disparition programmée de tous les petits paysans qu’ils soient français, polonais ou roumains parce qu’il faut faire la place à l’agriculture telle qu’elle se pratique à Almeria en Espagne ou dans les Pouilles en Italie, ou dans d’autres régions de France où l’on fait par exemple des élevages de porc de plus en plus grands.

Vous ne croyez pas non plus dans les chercheurs ?

Il y a énormément d’agronomes talentueux mais le problème principal c’est que le marché détermine le prix d’un produit au détriment de l’avis et de la vie des populations locales. Tous ces migrants qui arrivent dans le sud de l’Italie ou de l’Espagne viennent pour la plupart des milieux ruraux subsahariens. Souvent, des villages entiers ont dû s’endetter pour qu’ils puissent rejoindre le fameux eldorado que sont censés être nos pays.

Vous ne vous faites donc aucune illusion sur le G20 ?

Il est en capacité de dire qu’il faut qu’on améliore un peu les choses mais il y a toujours cette fuite en avant permanente qui nous a déjà amenés dans le mur et qui produira des explosions. A la confédération, nous pensons que ce n’est pas avec l’outil qui a détruit la planète et les acteurs de cette destruction qu’on va pouvoir reconstruire des agricultures capables de nourrir les populations de proximité. »

RECUEILLI PAR ANNIE MENRAS



Source:
http://www.lamarseillaise.fr/herault/les-speculateurs-n-ont-rien-a-faire-de-la-famine-24189.html

samedi 27 août 2011

Quand la diplomatie américaine était au service de Monsanto


Des documents révélés par Wikileaks montrent que le gouvernement Bush surveillait de près les débats sur les OGM en France.

Une chercheuse soigne un plant de soja dans une serre de Monsanto à Chesterfield, dans le Missouri (Peter Newcomb/Reuters)

« L'Europe recule plutôt que d'avancer [sur la question des biotechnologies], avec la France, qui joue un rôle de premier plan, l'Autriche, l'Italie et même la Commission. Passer à des représailles montrerait clairement que la voie actuelle a un coût réel pour les intérêts européens, et pourrait aider à renforcer ceux qui soutiennent les biotechnologies en Europe. »
La prose est signée Craig Stapleton, ambassadeur américain à Paris sous l'administration Bush. Elle fait partie d'une série de câbles diplomatiques confidentiels publiés par Wikileaks cette semaine.
Truthout révèle que, dans la plupart des câbles, la France est désignée comme le principal barrage au développement des cultures OGM au sein de l'Union européenne, depuis 2007, face aux offensives de grands producteurs commeMonsantoDow Agro-Sciences ou DuPont.
Face à ce blocage, la diplomatie américaine a fait pression sur les dirigeants politiques et les représentants du monde agricole. Les télégrammes diplomatiques mis en ligne sur Wikileaks montrent les méthodes employées.

José Bové et les faucheurs inquiètent l'ambassade américaine

En 2007, l'ambassade américaine à Paris fait ainsi état ​​d'une rencontre entre les diplomates américains et trois représentants des firmes concernées. A l'époque, José Bové est candidat à l'élection présidentielle.
Un premier télégramme du 13 août 2007 inventorie les opposants français aux OGM et signale que « les autorités françaises ont confirmé qu'elles ne défendraient aucune nouvelle mesure biotech avant la tenue d'un congrès environnemental soutenu par le gouvernement », le Grenelle de l'Environnement.
Un autre « câble » rend compte de l'inquiétude des dirigeants de l'agroalimentaire américain face à l'accroissement des saccages de récoltes transgéniques.
Leur embarras porte aussi sur une « mesure qui pourrait contraindre les agriculteurs français à rendre public les emplacements de leurs plans d'OGM » :
« Ils expriment leur inquiétude face à la lenteur de l'Europe quant à l'adoption des procédés biotechnologiques et à la possible politisation des décisions prises par la France en matière de régulation, avant les élections présidentielles. »


Kosciusko-Morizet face au « Mon 810 »

Toujours en 2007, Craig Stapleton, évoque des discussions musclées, après le rejet d'un projet de loi favorable aux biotechnologies par le parlement français. Ce qui a fait échouer la labellisation du Mon 810, une variété de maïs jusque-là bannie, produit par Monsanto.
Un câble de 2008 montre qu'un an plus tard, la pilule n'est toujours pas passée. Il revient sur le débat houleux qui a opposé la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie », Nathalie Kosciusko-Morizet à François Fillon et Jean-François Copé :
« Le gouvernement a perdu le contrôle sur la question [des OGM], y compris au sein de son propre parti. Les perspectives quant à l'avenir commercial des cultures biotechs sont des plus incertaines. Pour la récolte de maïs de 2008, c'est fichu, et il y a peu d'espoir pour les récoltes qui suivront, avant 2009 ou 2010.
Le gouvernement français sait que l'Europe fait face à des représailles à l'Organisation mondiale du commerce pour sa lenteur à approuver les biotechnologies et les interdictions illégales décidées par ses Etats membres.
Manifestement, le gouvernement français comprend que c'est le prix qu'il pourrait avoir à payer pour maintenir son moratoire sur les cultures biotechs. »


Coup dur pour l'exportation américaine

L'interdiction des OGM est susceptible de porter un sérieux coup aux exportations américaines. Selon le département de l'Agriculture américain, 97% du soja, 75% du maïs et 73% du coton qui poussent aux Etats-Unis utilisent des herbicides adaptés aux cultures transgéniques, comme le Round'up de Monsanto.
Un câble de 2007 précise :
« L'interdiction pourrait amputer les exportations vers la France de 30 à 50 millions de dollars. »
L'année suivante, la diplomatie américaine s'alarme de la sortie du documentaire de la journaliste française Marie-Monique Robin, auteure du « Monde selon Monsanto ».
Il est alors question de mettre au point des « talking points » pour mieux protéger les intérêts de Monsanto. Soit des « éléments de langage » bien rodés à servir aux détracteurs de Monsanto. Le site Dissenter cite un câble daté du 4 février 2008 :
« Le film et le livre ne diabolisent pas seulement Monsanto. Ils dénoncent aussi l'action gouvernementale américaine par son manque d'éthique et d'intégrité scientifique […]
Le livre et le films sont sur le point d'être traduits en anglais et dans d'autres langues. Le pays demande à une agence de Washington de fournir des “talking points” à utiliser face à un éventail d'interlocuteurs au sein d'une base listant les questions éventuelles. »


« Le monde selon Monsanto », l'épine dans le pied

Interviewée en 2008 par Rue89, MM Robin évoquait déjà l'extraordinaire pouvoir d'influence de la firme américaine. (Voir la vidéo)
Contactée au téléphone, elle ne se montre pas plus étonnée que ça :
« Ça ne fait que confirmer que les points soulevés dans le film les ont vraiment ennuyés : les liens entre Monsanto et le gouvernement américain, et tout le reste.
Monsanto, par le biais diplomatique, a eu assez de pouvoir pour faire en sorte que l'Espagne mette mon film dans un tiroir. Ca me prouve au moins que je n'étais pas paranoïaque. »


« Monsanto a perdu l'opinion publique depuis longtemps »

En marge du marché européen, les documents sortis par Wikileaks révèlent aussi comment les ambassades américaines font la promotion de « programmes de sensibilisation à la biotechnologie » en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.
Récemment, « Truthout » montrait comment Monsanto agissait en Afrique par le biais de fondations caritatives, comme celle de Bill et Melissa Gates. Des câbles publiés cette semaine confirment que les diplomates américains s'activent en Tunisie, enAfrique du Sud et au Mozambique.
Mais l'effervescence des ambassades ne change pas grand-chose à la donne. Au final, les OGM reculent dans le monde depuis deux ans. En Europe, l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie et la Bulgarie ont interdit le maïs Mon 810, qui exsude de la BT toxine et tue certains insectes nuisibles.
Comme quoi le lobbying « n'a pas été très efficace », conclut Monique Robin. « Malgré toutes les pressions diplomatiques américaines, Monsanto a perdu l'opinion publique depuis longtemps, de toute façon. »
Photo : une chercheuse soigne un plant de soja dans une serre de Monsanto à Chesterfield, dans le Missouri (Peter Newcomb/Reuters)



Source:
http://www.rue89.com/2011/08/27/quand-la-diplomatie-americaine-etait-au-service-de-monsanto-219541