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mardi 22 mai 2012

Grèce : vers une révolution agricole alternative ?

Par 

TutorPoolBoroumela révolution des patates sont des exemples de ce que la société grecque à créé, contrainte de trouver des solutions alternatives face à la baisse des salaires et des retraites, conjuguée à des prix à la consommation souvent bien plus chers que dans d’autres pays européens. Avec un salaire minimum (quand celui ci est payé) à 445€ par mois et un loyer à Athènes de 300€ par mois, il devient évident que d’autres solutions sont nécessaires pour survivre, surtout quand on sait que le paiement des impôts commence dès 5000€ de salaire annuel. Une équation impossible à résoudre pour nombre de foyers grecs.
TutorPool est un site (créé avec des outils open source) qui permet à chacun de proposer d’aider bénévolement des élèves dans son domaine de compétence. Lors de sa création, le site a remporté un très vif succès, comme Boroume qui propose de récupérer des invendus dans les hôtels et restaurants pour les proposer aux citoyens les plus affaiblis par la crise. Un hôtel de la place Syntagma propose d’ailleurs dans ce cadre 40 repas par jours. Une solidarité en plein essor et très éloignée du nombrilisme d’avant la crise.
La dernière nouveauté grecque : une AMAP en ligne. Le même système qu’en France, mais déployé à grande échelle via une plateforme internet. Gine Agrotis (« Devient agriculteur ») propose une inscription pour les agriculteurs qui souhaitent vendre sans intermédiaire et un abonnement pour les consommateurs.
Gine Agiotis a un but simple :
Qui sommes nous ?
Le projet est une tentative de mise en réseau et de communication entre les agriculteurs grecs et les consommateurs ruraux et des centres urbains.
Nous avons commencé notre projet ambitieux de réorganisation, dans le but de renverser, de «casser» le marché et d’offrir un service innovant en créant un outil qui permet de mettre en contact direct. L’idée est venue de Dimitris Koutsolioutsos, qui a assemblé une équipe composée de personnes ayant une vision commune d’ »une meilleure qualité de vie dans le s centres urbains. »
Le Service proposé :
Le concept vise essentiellement à promouvoir le concept de « Farmer exclusive » à chaque famille.
Les jeunes agriculteurs, s’engagent au nom des consommateurs, à la culture et à la production de tous les légumes et les fruits de saison, selon les principes de l’agriculture biologique
Le projet est systématiquement contrôlée par les QWAYS  (www.qways.gr), qui a pris la décision de certifier progressivement toutes les cultures et la distribution des marchandises.
(…)
Les utilisateurs enregistrés peuvent adopter un olivier et profiter de toute la production annuelle de leur propre arbre. 
Chaque consommateur choisit son producteur en fonction de sa zone géographique et reçoit son panier chaque semaine.
Ce type de consommation alternative a de grandes chances d’avoir un succès très rapide en Grèce. Espérons le, car le pays, miné par la crise et régulièrement décrié par ses voisins, pourrait donner une vraie leçon de croissance verte et d’économie locale éthique.
L’autre intérêt de Gine Agrotis est de promouvoir l’agriculture biologique chez les jeunes, à l’heure où plus de 50% d’entre eux sont sans emploi. Une possibilité donc de développer l’agriculture biologique et de permettre aux jeunes de créer leur propre activité en limitant le risque de subir les prix des grossistes et des grandes surfaces !
Vers une révolution de l’agriculture biologique ? Espérons-le !


http://www.okeanews.fr/grce-vers-une-rvolution-agricole-alternative/

vendredi 13 avril 2012

Se nourrir sans argent, en recyclant des montagnes de nourritures gaspillées


PAR BENJAMIN LESAGE (13 AVRIL 2012)
Comment faire pour manger quand on a décidé de se passer d’argent ? Rien de bien compliqué, semble-t-il, pour Benjamin et ses acolytes. Les trois jeunes Européens, sur les routes du monde depuis plus d’un an, trouvent tous les jours de quoi s’alimenter, principalement en glanant parmi les tonnes de nourriture gaspillée chaque jour. Ils comptent aussi sur la générosité des habitants croisés en route.

Se nourrir sans utiliser d’argent peut paraître impossible. Au cours de notre voyage, dans les pays économiquement développés, nous nous sommes pourtant débrouillés en « recyclant » la nourriture dans les poubelles des supermarchés et des boulangeries, ou en demandant directement si nous pouvions « sauver » la nourriture destinée à la poubelle. Bien souvent, les directeurs des magasins acceptent. Parfois certains refusent, allant même jusqu’à jeter de l’eau de javel sur les poubelles pour être sûrs que personne n’ira fouiller dedans !

En général, nous mangeons très bien. Même s’il nous arrive de ne manger que du pain, ou des fruits. Nous sommes tellement habitués, avec l’argent, à avoir tout tout de suite que nous perdons la valeur des aliments. Nous oublions le plaisir de manger, d’apprécier un fruit, un plat bien cuisiné. Au Maroc, les gens nous ont souvent invités pour un thé ou un couscous. C’est là, au cours de notre voyage, que nous avons rencontrés les gens les plus chaleureux et les plus généreux, toujours prêts à partager. Il y a au Maroc beaucoup moins de gaspillage qu’en France, sauf dans les lieux touristiques, qui regorgent de restaurants étrangers, et dans lesquels nous pouvions recycler pas mal de nourriture.

En Amérique latine, les gens nous ont beaucoup offert à manger. Nous recyclions dans les lieux touristiques et bénéficions de la générosité des gens dans les petits villages. Même dans les lieux les plus pauvres, les gens jettent de la nourriture, comme dans les marchés, où l’on trouve toujours quelques fruits ou légumes abîmés. Au Mexique, par exemple, les fruits et les légumes sont abondants, et nous récupérons des kilos de nourriture que nous cuisinons et partageons.

Poubelles cadenassées

Notre récent voyage aux États-Unis fut un grand choc. Nous avons mangé comme des rois, de la nourriture bio et végétarienne, qui termine dans les poubelles des grands supermarchés. Des tonnes et des tonnes de nourriture qui se perdent chaque jour, parfois sous le nez des pauvres de ce pays. La plupart des gérants ferment les poubelles avec des cadenas.
Lorsque nous trouverons un terrain, nous voulons pouvoir semer nos propres graines et produire notre propre nourriture, pour ne plus dépendre des restes du système. Mais d’ici là, voyant toute cette nourriture gâchée, nous nous faisons presque un devoir de la recycler. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO), plus d’un milliard d’être humains souffrent de malnutrition et plus d’un milliard souffrent d’obésité. Nous produisons dans le monde suffisamment de nourriture pour 12 milliards d’êtres humains, estime la FAO. Mais plus d’un tiers de la nourriture produite termine à la poubelle. Un taux de gaspillage qui s’élève à 50 % dans certains pays comme les États-Unis !

Une injustice liée à l’idée de l’abondance, véhiculée par le système capitaliste : des supermarchés pleins de nourriture, de tout à chaque instant, des produits qui périment trop vite, qui viennent de trop loin. Très peu de restaurants, de boulangeries ou de supermarchés ne jettent pas de nourriture. Beaucoup nous critiquent en disant que nous profitons du système, que manger les restes, ce n’est pas l’auto-suffisance. Ils ont raison : nous ne prétendons pas vivre en dehors du système. Au contraire, nous voulons y rester pour participer au changement.
Benjamin Lesage

lundi 9 avril 2012

jeudi 5 avril 2012

La privatisation de l’eau, un crime contre la terre et l’humanité

Alors que s’achève le Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, la Via Campesina réaffirme le droit à l’eau. Pour ce mouvement international qui rassemble des millions de paysannes et de paysans, de petits producteurs, de sans-terre, de jeunes du monde rural, ou de travailleurs agricoles, l’eau est un bien commun au bénéfice de tous les être vivants. Il doit être soumis à une gestion publique, démocratique, locale et soutenable.







Nous, organisations paysannes de différents pays du monde, membres de la Via Campesina, nous sommes rencontrés du 12 au 17 mars 2012 à l’occasion du Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, en France. Des délégués venus, entre autres, de Turquie, du Brésil, du Mexique, du Mali, ont exprimé la détresse des « affectés » environnementaux et particulièrement ceux qui sont touchés par la construction des barrages, les gaz de schiste, les mines, l’accaparement, la marchandisation, la rareté de l’eau, les pollutions généralisées, les répressions et les meurtres envers les militants défenseurs de l’eau.

Nous revendiquons que le droit « de » et « à » l’eau soient respectés dans le cadre de la souveraineté alimentaire. Le droit « de » l’eau étant le respect permanent du cycle de l’eau dans son intégralité.

Nous affirmons que la privatisation et la marchandisation de l’eau et de tout autre bien commun (semences, terre, connaissances locales et traditionnelles, etc.) sont un crime contre la terre et l’humanité. Les grands projets de barrage et de centrales hydroélectriques emprisonnent et accaparent l’eau, ne tenant compte ni des besoins, ni des pratiques traditionnelles ni de l’opinion des communautés locales, et faisant fi de la préservation de l’écosystème.
Les crises de l’eau, de la biodiversité, les crises sociales, énergétiques et financières sont toutes liées et sont les conséquences du néolibéralisme et du modèle d’agriculture industrielle promu par les institutions financières internationales (Banque mondiale, Fond monétaire international, Organisation mondiale du commerce), les traités de libre-échange, le Conseil mondial de l’eau, les multinationales et la majorité des gouvernements.

L’économie verte est une fausse solution face au changement climatique et à la pénurie d’eau. La marchandisation de l’eau, du carbone, de la biodiversité, les OGM, les nanotechnologies, la géo-ingénierie [1] sont les nouveaux débouchés du néolibéralisme pour répondre aux crises. La fuite en avant continue alors que ces réponses technicistes et marchandes sont les principales responsables des chaos écologiques et sociaux que nous subissons.
Le modèle de production industrielle, les monocultures, l’agrochimie, ont pollué nos eaux, mis en péril notre santé. Nous défendons les pratiques agroécologiques et l’agriculture paysanne, qui mettent en pratique la souveraineté alimentaire et contribuent à la préservation et l’utilisation soutenable de l’eau.

L’eau est un bien commun au bénéfice de tous les être vivants et doit être soumise à une gestion publique, démocratique, locale et soutenable [2]. Les connaissances locales et traditionnelles de gestion de l’eau, qui protègent et considèrent l’écosystème dans sa globalité, existent depuis des millénaires. Elles ont fait preuve au fil du temps de leur efficacité. Les politiques publiques et les lois sur l’eau doivent reconnaître et respecter ces connaissances.

Pour la souveraineté alimentaire : stop à l’accaparement de l’eau !

La Via Campesina
Photo : source

lundi 26 décembre 2011

Jean Ziegler : « Les spéculateurs devraient être jugés pour crime contre l’humanité »


PAR ELODIE BÉCU (19 DÉCEMBRE 2011)

Les ressources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien.






Basta ! : Craignez-vous que la crise financière amplifie celle de la faim dans le monde ?

Jean Ziegler : Tous les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard d’humains sur les 7 milliards que compte la planète souffrent de sous-alimentation. La pyramide des martyrs augmente. À cette faim structurelle, s’ajoute un phénomène conjoncturel : les brusques famines provoquées par une catastrophe climatique – comme en Afrique orientale, où 12 millions de personnes sont au bord de la destruction – ou par la guerre comme au Darfour. En raison de la crise financière, les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM), chargé de l’aide d’urgence, ont diminué de moitié, passant de 6 milliards de dollars à 2,8 milliards. Les pays industrialisés ne paient plus leurs cotisations car il faut sauver la Grèce, l’Italie et les banques françaises. Une coupe budgétaire qui a un impact direct sur les plus démunis. Dans la corne de l’Afrique, le PAM est contraint de refuser l’entrée de ses centres de nutrition thérapeutique à des centaines de familles affamées qui retournent dans la savane vers une mort presque certaine.

Et les financiers continuent de spéculer sur les marchés alimentaires. Les prix des trois aliments de base, maïs, blé et riz – qui couvrent 75 % de la consommation mondiale – ont littéralement explosé. La hausse des prix étrangle les 1,7 milliard d’humains extrêmement pauvres vivant dans les bidonvilles de la planète, qui doivent assurer le minimum vital avec moins de 1,25 dollar par jour. Les spéculateurs boursiers qui ont ruiné les économies occidentales par appât du gain et avidité folle devraient être traduits devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Les ressources de la planète suffisent à nourrir l’humanité. La malnutrition est-elle seulement une question de répartition ?

Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains [1], presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » !

Au-delà de la spéculation, quelles sont les autres causes de la faim dans le monde ?

Tous les mécanismes qui tuent sont faits de main d’homme. La fabrication d’agrocarburants brûle des millions de tonnes de maïs aux États-Unis. L’océan vert de la canne à sucre au Brésil mange des millions d’hectares de terres arables. Pour remplir un réservoir de 50 litres de bioéthanol, vous devez brûler 352 kg de maïs. Au Mexique ou au Mali, où c’est l’aliment de base, un enfant vit une année avec cette quantité de maïs. Il faut agir face au réchauffement climatique, mais la solution ne passe pas par les agrocarburants ! Il faut faire des économies d’énergies, utiliser l’éolien, le solaire, encourager les transports publics.

Autre élément : le dumping agricole biaise les marchés alimentaires dans les pays africains. L’Union européenne subventionne l’exportation de sa production agricole. En Afrique, vous pouvez acheter sur n’importe quel étal des fruits, des légumes, du poulet venant d’Europe à quasiment la moitié du prix du produit africain équivalent. Et quelques kilomètres plus loin, le paysan et sa famille travaillent dix heures par jour sous un soleil brûlant sans avoir la moindre chance de réunir le minimum vital.
Et la dette extérieure des pays les plus pauvres les pénalise. Aucun gouvernement ne peut dégager le minimum de capital à investir dans l’agriculture, alors que ces États ont un besoin crucial d’améliorer leur productivité. En Afrique, il y a peu d’animaux de traction, pas d’engrais, pas de semences sélectionnées, pas assez d’irrigation.

Enfin, le marché agricole mondial est dominé par une dizaine de sociétés transcontinentales extrêmement puissantes, qui décident chaque jour de qui va vivre et mourir. La stratégie de libéralisation et de privatisation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert la porte des pays du Sud aux multinationales. La multinationale Cargill a contrôlé l’an dernier 26,8 % de tout le blé commercialisé dans le monde, Louis Dreyfus gère 31 % de tout le commerce du riz. Ils contrôlent les prix. La situation est la même pour les intrants : Monsanto et Syngenta dominent le marché mondial – donc la productivité des paysans.

Que faire face à cette situation ?

Ces mécanismes, faits de main d’homme, peuvent être changés par les hommes. Mon livre, Destruction massive, Géopolitique de la faim, malgré son titre alarmant, est un message d’espoir. La France est une grande et puissante démocratie, comme la plupart des États dominateurs d’Europe et d’Occident. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. Nous avons toutes les armes constitutionnelles en main – mobilisation populaire, vote, grève générale – pour forcer le ministre de l’Agriculture à voter pour l’abolition du dumping agricole à Bruxelles. Le ministre des Finances peut se prononcer au FMI pour le désendettement total et immédiat des pays les plus pauvres de la planète.

La crise de la dette européenne rend cette position plus difficile à envisager…

Elle complique la situation. Mais la taxe Tobin, quand elle a été proposée par Attac il y a quinze ans, était qualifiée d’irréaliste. Aujourd’hui, elle est discutée par le G20 ! Les organisations internationales sont obligées de constater la misère explosive créée par la hausse des prix des matières premières. Un chemin se dessine. Nous avons un impératif catégorique moral – au-delà des partis, des idéologies, des institutions, des syndicats : l’éveil des consciences. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où des enfants meurent de faim alors que la planète croule sous les richesses. Nous ne voulons plus du banditisme bancaire. Nous voulons que l’État à nouveau exprime la volonté du citoyen, et ne soit pas un simple auxiliaire des entreprises multinationales. Ces revendications créent des mouvements dans la société civile.

La crise ne risque-t-elle pas de provoquer une montée du populisme en Europe, plutôt qu’un nécessaire sursaut des consciences ?

La lutte est incertaine. Le chômage et la peur du lendemain sont les terreaux du fascisme. Mais il y a une formidable espérance à la « périphérie », comme le montrent les insurrections paysannes pour la récupération des terres que les multinationales se sont appropriées au nord du Brésil et du Sénégal, au Honduras ou en Indonésie. Si nous arrivions à faire la jonction, à créer un front de solidarité entre ceux qui luttent à l’intérieur du cerveau de ces monstres froids et ceux qui souffrent à la périphérie, alors l’ordre cannibale du monde serait abattu. J’ai d’autant plus d’espoir que l’écart entre Sud et Nord se réduit, parce que la jungle avance. La violence nue du capital était jusqu’ici amortie au Nord, par les lois, une certaine décence, la négociation entre syndicats et représentants patronaux. Aujourd’hui, elle frappe ici les populations humbles. Il faut montrer la voie de l’insurrection et de la révolte.

Propos recueillis par Élodie Bécu

À lire : Jean Ziegler, Destruction massive : Géopolitique de la faim, 2011, Éditions du Seuil, 352 pages, 20 euros.

Notes

[1] Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé : 2 200 calories par individu et par jour.

mercredi 7 décembre 2011

Grèce : des recette culinaires pour surmonter la crise


Troisième année consécutive de rigueur drastique. Et la situation ne fait qu’empirer.
Le nouveau budget grec prévoit des coupes salariales, des hausses de taxes, des mises en chômage technique.
Concrètement, les Hellènes ont assisté impuissants à une dégradation brutale de leur niveau de vie. Tous les secteurs ont pâti, y compris le plus basique, l’alimentaire. “C’est serré. Au train où ça va, il faut compter son argent. Ce que l’on pouvait acheter auparavant pour 1€20 coûte aujourd’hui le double, donc tout dépend des économies que votre famille possède”.
C’est dans ce contexte particulier que vient de paraître un livre de recettes de cuisine pour éviter la famine. Cette publication qui compile des articles sur la vie à Athènes pendant l’occupation, fait un véritable tabac. Sorti l’an dernier, il a du être réédité. Pendant la deuxième guerre mondiale, les Grecs ont du faire face à une famine dramatique.
“Ces guides de survie ont sauvé les Athéniens pendant cette période difficile, donc je peux facilement imaginer que oui ces articles peuvent être une aide précieuse particulièrement pour les cols bleus qui ont du mal à gérer leurs finances”, explique Eleni Nikolaidou.
Ce jeune chef est l’auteur d’un livre de recette à succès. Il a aussi son propre show culinaire à la télévision. L’heure est à l’austérité, y compris dans les assiettes, et Bletsas a donc adapté son émission, pour apprendre aux Grecs à manger avec leur faibles moyens : “Les rayons sont pleins de nourriture, mais les gens ne peuvent pas se permettre d’acheter. Ils ont besoin de dépenser leur argent plus judicieusement. Il s’agit de cuisiner ce que les gens mangeaient pendant l’occupation allemande, comme des féculents ou des céréales”.
Autre signe que la tragédie grecque n’en est qu’au second acte, la publication en début de semaine du rapport sur le commerce dans le pays. En deux ans, quelque 60.000 petites entreprises et commerces ont mis la clef sous la porte.
Le président de la Confédération du commerce est amer, Vasilis Korkidis : “Ce rapport va être traduit et envoyé à la troïka pour qu’ils puissent voir le résultat de leurs idées, ou en d’autres mots pour qu’ils puissent se rendre compte de ce qu’ils nous ont fait. L’autre jour, madame Merkel a défini la crise de l’euro comme étant un marathon. Dans le cas de la dette grecque, ils nous ont fait courir déjà au moins six marathons”.
La nouvelle année ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. Au moins autant de petits commerces devraient fermer à leur tour.

mardi 6 décembre 2011

Des paysans locaux ouvrent une épicerie


Ouverte depuis début novembre, le Recantou, épicerie de vente directe de produits locaux, a été inaugurée en présence des élus de la mairie et de la région, soutiens du projet. Une trentaine de paysans producteurs vivant à moins de soixante kilomètres de Toulouse dans les campagnes du Tarn, de l'Ariège et de Haute-Garonne se sont associés pour vendre volailles, fromages, pains, miels et légumes « sans pesticides ni OGM, des produits fermiers de qualité », souligne Maryse Loubrie-Bouttard, trésorière de l'Après, l'association à l'origine du concept. Une aubaine pour les clients « qui ne paient pas forcément plus cher qu'ailleurs » mais aussi pour les producteurs qui y voient un moyen de vivre avec une petite production en se passant d'intermédiaires commerciaux. L'épicerie est la deuxième du genre en ville après Ferme Attitude, une boutique qui fête sa première année. Avec une moyenne de 200 clients par jour, cette échoppe de proximité vit de beaux jours.
Ouvert du mardi au samedi. 42, rue des Sept Troubadours. Toulouse

jeudi 1 septembre 2011

La bataille pour les biens communs naturels : portée, expériences de lutte, et stratégies de neutralisation politique


> Par José Seoane
Cet article a initialement été publié en espagnol sur le Cetri, et il a été traduit par Manuela Geneix et Charlotte Renard, traductrices bénévoles pour rinoceros.
Je voudrais commencer en remerciant l’invitation à ouvrir cette rencontre. Non seulement pour l’importance qu’elle a, selon moi, dans son intention d’approfondir et de consolider l’articulation de différentes expériences et organisations ; mais aussi pour le challenge qu’elle nous lance, de par son appel à participation lui-même, à débattre des défis que suppose la construction des liens nécessaires entre les luttes de défense des biens communs de la nature. 
Ainsi, mon intervention d’aujourd’hui a pour objectif d’apporter quelques éclaircissements à ce sujet. Je vais commencer en partageant certains exemples actuels qui montrent l’importance et le rayonnement de ces luttes et du projet qui soutient et oriente nos actions. 
Ensuite, je ferai l’ébauche de quelques unes des raisons structurelles qui permettent d’expliquer et de montrer l’importance des batailles sociopolitiques auxquelles nous nous référons ; et que beaucoup appellent – parfois avec un certain mépris – des conflits environnementaux ou socio environnementaux mais qui, pour des raisons que je vais tenter d’expliquer, ont une projection sociopolitique centrale qui pointe du doigt le cœur des contradictions du capitalisme contemporain et de la forme que ce dernier prend dans ce que l’on appelle le Tiers Monde. 
Enfin, je proposerai une conceptualisation provisoire des principales stratégies qui influencent l’exercice des pouvoirs dominants vers la neutralisation du potentiel sociopolitique qui structure ces résistances et conflits. (...)
Lire la suite: http://www.rinoceros.org/article11030.html

jeudi 25 août 2011

Irak : aider les femmes dans leur lutte au quotidien pour nourrir leur famille


« Les femmes chefs de famille et les personnes dont elles ont la charge vivent dans des conditions de grande précarité », a indiqué Magne Barth, chef de la délégation du CICR à Bagdad, lors d'une conférence de presse tenue aujourd'hui dans la capitale irakienne. Il a présenté les résultats d'une enquête menée par le CICR pour mieux comprendre la situation des femmes irakiennes qui subviennent seules aux besoins de leur famille. Cent dix-neuf d'entre elles ont été interrogées dans le cadre de cette enquête, qui a mis en lumière les choix difficiles auxquels elles sont confrontées pour nourrir leur famille en l'absence d'un mari, d'un père ou d'un frère. Le CICR a également présenté un film aujourd'hui qui témoigne des difficultés auxquelles les femmes doivent faire face.

« Près de 70 % d'entre elles dépensent plus d'argent qu'elles n'en gagnent. Elles doivent donc emprunter, vendre le peu de choses qu'elles possèdent et réduire autant que possible les dépenses, en renonçant aux soins de santé et en retirant leurs enfants de l'école », a expliqué M. Barth. « En outre, 40 % des familles que nous avons interrogées ont dû envoyer leurs enfants travailler - des garçons âgés de 12 ou 13 ans pour la plupart. »

On estime à un million le nombre de femmes qui se débattent pour nourrir leur famille et continuent de dépendre de l'aide extérieure, du moins en partie. Le CICR s'efforce de les aider à surmonter la perte d'un soutien de famille, en les aidant notamment dans leurs démarches auprès de l'État irakien pour l'obtention d'allocations sociales. « Depuis 2009, le CICR a pris en charge les frais de voyage de près d'un millier de femmes - principalement à Bagdad et à Anbar, mais aussi à Basra et à Missan - qui ont dû se déplacer pour réunir tous les documents nécessaires à leur demande d'allocation », a indiqué M. Barth. « Près de 6 000 autres femmes recevront un soutien financier cette année et l'année prochaine pour leur permettre de s'en sortir en attendant de pouvoir bénéficier des prestations du système de protection sociale. »

« Nous proposons également des micro-crédits à celles qui souhaitent démarrer une activité génératrice de revenus », a-t-il encore expliqué. « Cela dit, les prêts ne peuvent pas couvrir tous les besoins, et toutes les femmes ne sont pas capables de mettre sur pied une petite affaire. »

Le CICR appuie tous les efforts déployés en vue d'améliorer la situation des ménages dirigés par des femmes. Il continuera à soutenir les femmes et tous ceux qui oeuvrent en leur faveur.

Nécessité impérieuse de construire la sécurité alimentaire de l'Algérie

24-08-2011

Les aléas des changements climatiques et de la mondialisation renforcent plus que jamais le besoin de construction de la sécurité alimentaire nationale, a affirmé, lundi dernier à Alger, le directeur général de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Fouad Chehat. «Les risques liés aux changements climatiques ainsi qu’à la globalisation rendent le besoin de construire une sécurité alimentaire nationale fondée sur l’augmentation continue de la production agricole locale plus que jamais nécessaire», a-t-il déclaré au forum du centre de presse Algeria-Invest.M. Chehat a indiqué, à ce titre, que la crise alimentaire mondiale de 2007-2008 a mis en évidence la vulnérabilité de l’Algérie en matière de couverture des besoins alimentaires de base par la production nationale. 

Cette crise, a-t-il ajouté, a mis également en évidence le poids financier «insupportable» des importations en temps de crise mondiale dont le coût est passé de 3 milliards de dollars en 2003 à plus de 8 milliards de dollars en 2008. Selon lui, pour la première fois depuis l’indépendance, la recherche de la souveraineté alimentaire est désormais considérée comme «un objectif stratégique pour la nation» d’où la définition d’une politique de renouveau agricole et rural. Il a souligné, à ce propos, que la nouvelle politique agricole et alimentaire est fondée sur l’intensification et la diversification des productions, le développement d’une capacité nationale de production d’intrants agricoles et sur la régulation des marchés agricoles et agroalimentaires locaux, y compris par des mécanismes de subvention afin d’«assurer pour tous un accès réel à une ration alimentaire suffisante et équilibrée». 


Lire la suite:
http://www.latribune-online.com/suplements/environnement/56450.html

mardi 2 août 2011

Le Nérica peut aider à assurer l’autosuffisance en riz


Le Nérica peut aider à assurer l’autosuffisance en riz (technicien)
 02/08/2011 17:06 GMT


Kaolack, 2 août (APS) – Les nouvelles variétés de riz de plateau (Nérica), introduites par le centre du riz pour l’Afrique (Africa rice), ont une importante marge de progression et peuvent développer les rendements et assurer l’autosuffisance du Sénégal et de l’Afrique en riz, a indiqué Barka Dieng, assistant technique du Projet ‘’amélioration de la production de semence riz en Afrique de l’Ouest’’ de la FAO.

Les riziculteurs plaident pour une autosuffisance en riz du pays

Mardi 2 août 2011 | 06:19 UTC
ABIDJAN (Xinhua) - Le directeur de l'Office national de développement de la riziculture (ONDR), Yacouba Dembélé, a plaidé lundi à Abidjan pour une autosuffisance en riz de la Côte d'Ivoire.

A l'issue d'un séminaire sur le développement rizicole, M. Dembélé a relevé que la Côte d'Ivoire importe plus de 50 % de son riz consommé.

"Les besoins de la Côte d'Ivoire en matière de riz sont de 1 500 000 tonnes, alors que la production est de 600.000 à 700.000 tonnes", a-t-il précisé.

Le responsable de l'ONDR a indiqué que le séminaire entend mettre en œuvre des axes de développement d'un partenariat public-privé qui se traduira par plusieurs projets tels que la construction d'un centre de conditionnement de riz dans le pays et l'acquisition de matériels agricoles.

"Des partenaires au développement sont prêts à nous accompagner pour atteindre notre objectif de développement de la riziculture", a révélé Yacouba Dembélé.

Celui-ci a annoncé la mise en place d'une stratégie d'investissement à travers un fonds mis à la disposition des producteurs nationaux en vue de permettre à la Côte d'Ivoire d'atteindre l'autosuffisance alimentaire.