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mardi 20 septembre 2011

Sète : la société Cosiarma remplace Agrexco

Selon nos confrères objectif-lr.com, le premier déchargement est prévu le 17 octobre.
Après la mise en liquidation judiciaire d’Agrexco, le 30 août 2011, le société Reefer Terminal Sète (RTS) rebondit en accueillant la compagnie maritime Cosiarma. Premier déchargement prévu mi-octobre. Cettenouvelle compagnie maritime sur le terminal fruitier sétois, arrive en lieu et place du service maritime Agrexco.
À compter du 17 octobre 2011, c’est la société Cosiarma, appartenant à GF Group, qui transportera vers le port de Sète les palettes de fruits et légumes en provenance d’Israël.

Cosiarma a signé un accord avec les sociétés de transports de conteneurs Zim (société israélienne) et Cosmed (société chinoise) pour affréter le pont des deux bateaux vers le port de Sète à raison d’un par semaine, en rotation.

Les deux bateaux, auparavant loués par la compagnie Agrexco et estampillés Carmel, sont désormais affrétés par Cosiarma, et rebaptisés Cala Pira et Cala Paradiso. Ils ont une capacité en cale de 4 100 palettes chacun en sus des conteneurs sur le pont.

Selon Bernard Houillier, président de la société RTS :
« Les objectifs à atteindre qui avaient été fixés ne changent pas, à savoir 200 000 tonnes par an. Cet affrètement démontre les capacités de GF Group à gérer l’ensemble de la chaîne. On a vécu une situation qui n’était pas prévue. Par la bonne intégration de notre entreprise au cœur de cette chaîne, nous avons pu prendre en main cette situation négative pour la rendre positive. »

Le premier déchargement est prévu le 17 octobre 2011.

 Par Fabrice DUBAULT avec objectif-lr.com

mercredi 14 septembre 2011

Oui, le boycott d'Israël est légal


CAPJPO-EuroPalestine



Mercredi 14 septembre 2011

Le tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, spécialisée dans les affaires de droit de la presse, diffamation publique, liberté d’expression, a rendu un jugement de la plus haute importance et de la plus grande clarté, à propos du droit qu’ont les citoyens et consommateurs d’appeler au boycott d’Israël et de ses produits. Il nous concerne tous. Voici les attendus du jugement. Merci de les diffuser largement.

Ce jugement, dont les attendus sont précis et très étayés, fait d’ailleurs l’objet d’un commentaire très intéressant dans la dernière édition de la Gazette du Palais (Septembre 2011 n° 244, P. 15), sous l’intitulé : « LIBERTÉS PUBLIQUES : L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français », et sous la plume du magistrat Ghislain Poissonnier.

Ces attendus doivent être connus et lus avec d’autant plus d’attention que la campagne BDS s’amplifie dans le monde entier, mais que d’autres procès BDS doivent se dérouler prochainement en France, à commencer par celui du 20 OCTOBRE 2011 à BOBIGNY, ceci en raison de l’obéissance remarquable du gouvernement Sarkozy à tous les desiderata israéliens.


POURQUOI LES CITOYENS ONT LE DROIT D’APPELER AU BOYCOTT D’ISRAEL


Les juges qui nous ont entendus le 17 juin dernier, ont relaxé le 8 juillet 2011 Oliva Zémor, accusée de discrimination contre la nation israélienne, et d’incitation à la haine raciale par le gouvernement et par quatre associations du lobby israélien en France, en soulignant que :


« Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. »


Le juge a expliqué le 8 juillet, lors du rendu de ce jugement que l’article de loi invoqué par les parties civiles (article 24, alinéa 8, de la loi de 1881) est destiné à « lutter contre toutes les formes de racisme » et ne « saurait être invoqué pour interdire un appel au boycott « invitant à une certaine forme d’objection de conscience, que chacun est libre de manifester ou pas » et « lancé par des organisations non gouvernementales ne disposant d’aucune prérogative de puissance publique ».


S’appuyant sur des décisions de la Cour de Cassation et de la Cour européenne des Droits de l’Homme, le tribunal fait remarquer que :


« La critique d’un Etat ou de sa politique ne saurait être regardée, de principe, comme portant atteinte aux droits ou à la dignité de ses ressortissants sans affecter gravement le liberté d’expression dans un monde désormais globalisé dont la société civile est devenue un acteur majeur, et alors qu’aucun ’délit d’offense à Etat étranger’ n’a jamais été consacré par le droit positif ni par le droit coutumier international, tant il serait contraire aux standards communément admis de la liberté d’exprimer des opinions ».


Le tribunal a ajouté, en s ‘appuyant sur les exemples développés par les avocats de la défense, Me Antoine Comte, Me Dominique Cochain, et Me Henri Choukroun, que « les autres appels, émanant de certains secteurs de la société civile, au boycott de tels produits en provenance d’un pays ou d’une entreprise sont nombreux, sans qu’ils aient jamais été incriminés dans l’ordre des abus de la liberté d’expression » .


Le juge passe ainsi en revue de très nombreux appels anciens et récents au boycott de produits, du tourisme dans certains pays, de jeux olympiques dans d’autres, dont le boycott de l’année du Mexique en France en 2011 et le boycott des produits birmans par l’enseigne Carrefour.
Il met également l’accent sur le fait que l’on ne peut en aucun cas nous accuser de « provocation à la discrimination, la violence ou la haine à l’égard d’un groupe de personnes à raison de son appartenance à la nation israélienne, puisque certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent l’appel BDS ». (Il se réfère explicitement aux déclarations de la Coalition israélienne des Femmes pour la Paix, des Israéliens qui demandent aux artistes internationaux de ne pas venir se produire en Israël, et au soutien apporté par de nombreuses personnalités allant de Desmond Tutu à des ministres, parlementaires ou intellectuels français, que l’on ne peut soupçonner d’un quelconque racisme.)


Examinant les avis contraires présentés par les parties civiles, le tribunal fait observer que : « La confrontation des points de vue est précisément de nature à convaincre que l’appel pacifique et sans contrainte au boycott des produits israéliens est indissociable du débat d’opinion que suscitent partout dans le monde les préoccupations liées au règlement d’un conflit endémique depuis plus de 60 ans. ».


Le tribunal a donc conclu , en ce qui concerne la publication de cette vidéo BDS par Olivia Zémor sur le site www.europalestine.com , et en ce qui concerne le contenu de la vidéo, que :


-  « La mise en ligne d’une vidéo de quelques minutes durant laquelle des militants ont appelé les consommateurs d’une enseigne de la grande distribution à ne pas acheter des produits en provenance d’Israël et à soutenir un tel boycott pour des motifs politiques sur un sujet d’intérêt général de portée internationale qui mobilise depuis des années la communauté internationale, pour l’heure en vain, en vue d’un règlement pacifique du conflit ne caractérise en aucun de ses éléments le délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence contre un groupe de personnes à raison de son appartenance à une nation, en l’espèce Israël ».


- De même, « Les propos de présentation de cette vidéo, incontestablement militants, sont indissociables de l’appel au boycott que la prévenue est libre de soutenir pour exprimer ses vues sur le conflit israélo-palestinien. »


A noter au demeurant que le tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle de Paris a jugé « irrecevable » l’une des parties civiles, la Chambre de Commerce France-Israel .


Les parties civiles ont bien entendu fait appel de ce jugement, et continuent à poursuivre des militants pour les mêmes faits, en espérant avoir affaire, ailleurs, à des juges et à des procureurs, plus influençables et moins soucieux de faire respecter la liberté d’expression.


TOUS A BOBIGNY LE 20 OCTOBRE PROCHAIN A PARTIR DE MIDI
Ainsi, le JEUDI 20 OCTOBRE PROCHAIN, Olivia, Maha, Mohamed et Ulrich seront amenés à comparaître devant le tribunal de Bobigny, qui renvoyé l’audience au 20 octobre 2011.
Une mobilisation exemplaire s’impose à cette occasion et nous vous demandons de retenir cette date pour venir nous soutenir, dès 10 heures ce jour-là au Tribunal de Bobigny (M° Pablo Picasso. Terminus de la ligne 5).


On se souvient que le 17 mars 2011, la juge présidant l’audience n’avait pas fait preuve d’une grande équité entre les parties. Mme Krieff avait ainsi laissé des gardes du corps privés de certains avocats de la partie civile, munis d’oreillettes à l’intérieur de la salle d’audience, communiquer en permanence vers l’extérieur. Dans le même temps, elle avait pris la peine de reprocher « des sourires » ou « têtes penchées » (sic) à des personnes sagement assises sur les bancs du public !
CAPJPO-EuroPalestine

Source: http://www.palestine-solidarite.org/boycott.EuroPalestine.140911.htm 

lundi 15 août 2011

Democracies of Bread

Ann Marie Awad interviews Annia Ciezadlo August 2011


The author of Day of Honey discusses ancient Iraqi cooking, the Middle East’s dependence on imported wheat, and the link between bread and civilian uprisings.
L'auteure de Day of Honey parle de la cuisine irakienne ancienne, de la dépendance du Moyen-Orient du blé importé, et du lien entre le pain et les soulèvements civils. (en anglais)

mercredi 10 août 2011

La bulle alimentaire

Par Gwynne Dyer
Journaliste indépendant basé à Londres
 
Il existe toutes sortes de bulles. Nous avons eu la bulle financière, qui a éclaté en 2008 et provoqué les terribles dégâts financiers que nous n’avons pas fini de payer. Il y a la bulle immobilière chinoise, la plus grosse de l’histoire, qui risque de détruire toute l’économie mondiale quand elle éclatera. Mais il y en a une à part: la bulle alimentaire.

En 2008, l’OCDE a publié un rapport sur l’offre alimentaire mondiale, prévoyant un retour à la normale des prix de l’alimentaire après la hausse de cette année-là: «Si on excepte un changement climatique sous-jacent ou des pénuries d’eau qui pourraient entraîner une réduction permanente des rendements, on peut s’attendre à court terme à voir une production [agricole] en hausse qui correspondrait à la normale». Oui, et si on excepte l’âge, les maladies et les accidents, nous pourrons tous vivre éternellement.

Entre avril 2010 et avril 2011, le cours mondial moyen des céréales est monté en flèche: il a augmenté de 71%. Ce qui n’a rien de grave pour les habitants des pays riches, puisqu’ils consacrent moins de 10% de leur budget à la nourriture. Mais c’est une catastrophe pour les populations des pays pauvres, qui dépensent déjà plus de la moitié de leurs revenus simplement pour nourrir leur famille. Catastrophique alors que le «changement climatique et les pénuries d’eau» n’ont pas encore atteint leur pire niveau de gravité. A terme, cela va arriver.

Puisqu’il est trop tôt pour être certain qu’une sécheresse, une inondation ou une canicule est due à la hausse des températures du globe, ignorons les effets du changement climatique. De plus, dans certains pays (notamment, les États-Unis), le changement climatique est encore source de scepticisme chez bon nombre de gens. Envisageons seulement les effets sur l’offre de produits alimentaires lorsque nous manquerons d’eau pour l’irrigation.

La première grande crise alimentaire est survenue au début des années 70. La consommation avait alors dépassé la production en raison d’une croissance démographique rapide. Entre 1945 et 1975, la population planétaire a quasiment doublé. Le prix des céréales était même plus élevé, en termes de valeur réelle, qu’aujourd’hui ; certaines régions ont frôlé la famine. Mais le problème a vite été résolu par la «révolution verte», qui a permis de doper les rendements de riz, de blé et de maïs.

Le seul inconvénient est que la révolution verte n’était pas si «verte» qu’on le croyait. Les variétés de cultures au plus fort rendement ont certes contribué à la solution, mais on a aussi eu recours à de plus en plus de fertilisants : l’usage de fertilisants dans le monde a triplé entre 1960 et 1975. Et, surtout, de plus en plus de régions du monde ont eu accès à des systèmes d’irrigation (elles ont plus que triplé depuis 1950).

Malgré cela, aujourd’hui, seules 10 % des terres en culture du monde sont irriguées. Ces 10% de surfaces irriguées fournissent tout de même quelque 40 % de l’offre mondiale d’aliments –autant dire qu’elles sont vitales. Seulement voilà, après 1950, on n’a plus découvert de nouveaux cours d’eau. La quasi-totalité des terres irriguées (deux tiers de l’ensemble des terres) bénéficient d’une eau qui provient d’aquifères souterrains profonds.

Une grande partie de ces nappes aquifères sont «fossiles», ce qui signifie qu’elles se sont remplies d’eau il y a longtemps et sont coupées de la surface. À force de pompage, elles finiront par se tarir. D’autres continuent à recevoir l’eau qui s’infiltre dans le sol… mais leur taux de pompage est très largement supérieur au taux de remplissage. Si bien que même ces aquifères s’assècheront. À ce moment-là, le monde devra faire avec le tiers de terres irriguées grâce aux précipitations. Ce qui sera insuffisant.

Évidemment, tous les aquifères ne disparaîtront pas en même temps. Certains sont plus vastes, ou exploités depuis plus longtemps et plus lourdement, que d’autres. Mais, à un moment donné d’ici une trentaine d’années, la plupart seront dépourvus de leur eau.

Aux États-Unis, les terres irriguées ont probablement déjà connu leur «pic d’irrigation». Dans les principaux États agricoles, cela fait quelque temps: 1978 pour le Texas, 1997 pour la Californie. La Chine et l’Inde doivent en être à leur pic d’irrigation à l’heure actuelle. En 2005, une étude de la Banque mondiale indiquait que 175 millions d’Indiens étaient nourris avec des céréales produites grâce à de l’«eau surpompée». De même, 130 millions de Chinois dépendent, pour leurs récoltes de céréales, d’une eau souterraine de plus en plus rare.

Mais il y a pire. Au Moyen-Orient, en 2000, Israël a interdit toute irrigation du blé afin de conserver l’eau souterraine restante pour la population. Le pays importe désormais 98% de ses céréales. Plus récemment, l’Arabie saoudite, encore autosuffisante pour la production de blé il y a cinq ans, a décidé de mettre fin à toute culture de céréales avant l’assèchement des grands aquifères du pays. Dès l’an prochain, le pays importera la totalité de ses céréales.

Même si leurs prix doublent par rapport à aujourd’hui, l’Arabie saoudite restera en mesure d’importer des céréales. Israël aussi. Mais, quand la bulle de l’irrigation aura éclaté, un grand nombre de pays pauvres ne pourront plus nourrir leur population ; ils n’auront pas les moyens d’importer des denrées alimentaires aux prix démesurés.

Comme quoi, même en faisant abstraction des effets du changement climatique sur l’offre mondiale de produits alimentaires (et lorsque ces effets se feront véritablement sentir, nous devrons en tenir compte), la crise est pratiquement inévitable. Qui plus est, elle va survenir plus tôt qu’on pourrait le croire. Nous vivons très largement au-dessus de nos moyens.
9/8/2011