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lundi 14 mai 2012

La fausse abondance


Cet ogre supermarché, il est là, puissant, impressionnant, rempli d’abondance, signe d’une richesse apparente, il gère tout pour nous alors que nous pensons tout contrôler. Il est exactement comme le capitalisme, rempli d’injustice, vidé de toute humanité mais avec un verni d’abondance, complété d’une bonne dose de résignation. Il ne veut pas que nous soyons des hommes, nous devons être ses clients.
Le supermarché c’est le symbole éclatant de l’évolution de nos sociétés et notre condition d’être humain. Il est accepté sans aucune sorte de réflexion car il a représenté un réel progrès. Nous ne voulons pas revenir à l’époque des courses quotidiennes où il fallait presque trouver une boutique pour un type d’aliment. Ici tout est plus simple, à portée de main, à moindre coût, c’est plus rapide, plus efficace, etc. Tout comme l’on peut facilement croire que le capitalisme est un bon système du fait qu’il crée beaucoup de richesse, et que l’on ne veut pas revenir en arrière, à l’époque de la maladie, des famines, de la privation. Pourtant la révolution anticapitaliste n’est pas réactionnaire, de par la dialectique historique elle utilisera les bienfaits apportés par le capitalisme pour les distribuer au peuple et non aux seuls maîtres du système. Car il suffit de gratter un peu le verni doré pour vite se rendre compte des horreurs que cache le système, tout comme le supermarché.
Prenons la première raison qui nous pousse à aller dans les supermarchés, la nourriture. Celle la même qui est produite sur notre sol - parlons ici en tant que citoyen du monde – par les agriculteurs, éleveurs, paysans de toute sorte. A cause de la puissance de la grande distribution, ces nobles travailleurs de la terre, qui sont à la source de la vie, sont réduits à la misère la plus grande. Un travail des plus pénibles, en extérieur, sans compter ses heures, sans presque de congés devrait au moins apporter de bonnes conditions de vie. Mais non ! La voracité des vermines capitalistes conduit aujourd’hui tous ces travailleurs à suer eau et sang pour gagner de moins en moins, voir vendre à perte, par ce qu’ils sont face à un adversaire trop puissant qui impose ses prix. Et de fait ce secteur est vital pour les capitalistes. Qui contrôle la distribution de nourriture contrôle la vie, la demande dans ce secteur est inélastique et éternelle, autrement dit c’est la garantie de plus-values exceptionnelles ! Exemple concret : le trust de la grande distribution achète les denrées alimentaires à des prix très bas en jouant sur sa puissance oligopolistique, et les revend à un prix excessivement supérieur au prix d’achat, à des gens qui auront toujours besoin de manger. Le dogme libéral de la concurrence pour faire baisser les prix n’existe pas dans ce secteur, comme il  n’existe pas dans aucun autre secteur d’ailleurs.
La logique s’est même diffusée à toutes les sphères de l’économie, faire trimer les travailleurs pour profiter au plus de leur productivité, les payer le moins possible, vendre aussi cher que l’on peut, et garder la différence. Aberration finale c’est même celui dont la pénibilité au travail est la plus grande, qui fait les tâches les plus dures, les moins enrichissantes psychologiquement, les tâches dites « les plus simples », qui touche le moins d’argent. Les cadres et les patrons touchent les plus gros salaires, reçoivent le plus de mérite social alors qu’ils réalisent les tâches les plus avantageuses. On me dira qu’ils sont nécessaires, certes. Mais comment le directeur de supermarché assure-t-il un service à ses clients si les paysans n’ont pas travaillé avant, et si les caissières ne font pas leur travail ? Tous sont nécessaires, aucun ne sont supérieurs. Les inégalités immenses entre les fonctions ne sont pas acceptables, entre la caissière et le directeur, tout le monde préfère la condition de travail du directeur car elle est beaucoup plus facile. Pourtant la caissière touche un salaire de misère, se tue au travail, et le directeur vie très tranquillement.
Parlons de l’homme maintenant, de ce qu’il est, ou plutôt de ce qu’il n’est plus, car pour le supermarché et le capitalisme en général, nous ne devons plus être « premièrement homme » comme le rêvait Rousseau, mais premièrement acheteur. Un homme a la capacité de réflexion, l’esprit critique alors que l’acheteur suit docilement le chemin qu’on trace devant lui. Dans un supermarché il ne pensera pas aux conséquences de ses achats, d’une consommation hors saison, de produit venant de l’exploitation humaine. Si ce n’est pas cher il achète. S’il voit une superbe réduction, s’il a des bons d’achats il suit bêtement (à noter que l’étymologie colle parfaitement) la voie que montrent les firmes capitalistes pour écouler leurs stocks. Tout comme dans le système, nous suivons tout en pensant diriger. Cela vient surement de la corrélation que nous imaginons facilement entre capitalisme et démocratie, en ce sens que ce système économique serait celui de la liberté et de l’égalité. Dans le supermarché nous sommes libres de consommer ce que nous voulons, tous égaux car il n’y a pas de produit réservés à certains et pas à d’autres. En tout cas il semblerait, excepté un petit détail : le portefeuille. Le riche peut tout acheter, le pauvre est considérablement limité. Pire encore, celui qui n’a pas d’argent n’a pas le droit de vivre. Pour le capitaliste pas d’égalité devant la vie, elle est réservée à ceux qui ont de l’argent. Et rien ne fera plier cette logique, le pauvre aura beau supplier la caissière de le laisser partir sans payer, il n’aura rien. A moins qu’elle désobéisse, qu’elle refuse la logique du système, que par un acte révolutionnaire elle donne la priorité à l’humain par rapport au profit du supermarché. Mais si c’est le cas elle sera surement renvoyée rapidement. Tel est l’impitoyable logique capitaliste et c’est en cela que la révolution serait la très simple action de permettre à tout le monde de manger à sa faim, le droit de vivre pour tous. Alors parfois les malheureux qui n’ont pas encore ce droit cherchent à récupérer les ordures de ces temples du gaspillage, pour simplement survivre, et parfois on laisse faire. Mais c’est un acte clairement anticapitaliste, car celui qui fait les poubelles du magasin aujourd’hui, ne viendra pas y faire ses courses demain. C’est de la gratuité, autrement dit un acte immonde pour tout bon capitaliste qui se respecte.
Nous voila arrivés chers camarades au point de non retour, c’est le pire de l’être humain qui s’expose dans ces scènes bien réelles de la vie quotidienne. Le système est devenu trop immonde pour faire des hommes, il convient seulement de faire des clients. La dernière évolution du capitalisme vers la finance, le libéralisme et la ploutocratie ne laisse plus le choix, le système est allé trop loin dans sa logique pour revenir en arrière. En changeant la logique du système, en le tournant de l’argent vers l’humain, nous créerons de fait une révolution. Que ce soit par la violence ou par les mots, par les armes ou par les urnes, ce mot de révolution ne doit plus faire peur, ce ne sera pas le lieu de l’oppression comme il a pu l’être dans le passé, mais celui de notre salut.
 Article paru dans Actualutte n°22 - Abonnez vous dès 1€ l'année 



vendredi 19 août 2011

Coop fait plier le géant Uncle Ben's, il baisse ses prix

La menace de boycott a porté ses fruits. La célèbre marque de riz réajuste ses prix pour le deuxième grand distributeur helvétique. Ferrero et L'Oréal n'ont, quant à eux, pas encore cédé.


L’opération à moitié prix a vidé les stocks de certaines Coop, et poussé Uncle Ben’s à revoir sa politique.
L’opération à moitié prix a vidé les stocks de certaines Coop, et poussé Uncle Ben’s à revoir sa politique. © Michel Perret

Uncle Ben's a craqué! Moins d'une semaine après l'annonce du boycott, Coop est parvenue à faire plier la maison Mars, propriétaire de la marque de riz. Les produits Uncle Ben's verront donc dès demain leur prix diminuer de 10% en magasin. En revanche, L'Oréal et Ferrero, propriétaires de Kinder, n'ont, quant à eux, pas encore accepté d'ajuster leurs prix à la force du franc suisse. Les produits resteront bradés à 50% jusqu'à épuisement des stocks.

Lire la suite:
http://www.lematin.ch/actu/suisse/coop-fait-plier-le-geant-uncle-bens

dimanche 14 août 2011

Faut-il nationaliser la grande distribution ?


L'information reprise en bas de page nous amène à cette réflexion.
L'Europe mercantile et libérale, c'est ça : la compétition permanente avec un minimum de règle. Que le meilleur plus riche l'emporte ? et puis baste !
Tout cela nous amène à poser une question : est-il normal que le procesus qui fait que la tomate ou pêche de l'agriculteur arrive dans l'assiette du consommateur soit privé ?
La distribution, c'est-à-dire l'étalage des marchandises offertes au client ne devrait-elle pas être un service public ?
Cela ne ferait peut-être pas l'objet d'une question si la grande distribution n'était pas ce qu'elle est : une obsession permanente à faire du profit.
Les méthodes des centrales d'achat sont bien connues, des tribunaux les ont qualifiées de « racket » : chantage sur les fournisseurs sans cesse menacés de perdre leur référence, abus de position dominante qui fait dicter leur loi à des producteurs incapables de tenir tête. Ponction diverses et multiples pour leur publicité, leur catalogue, leur ceci, leur cela.
Et, au bout du compte, des petits producteurs qui déposent le bilan, l'agriculture française asphyxiée, anémiée et qui, bientôt, ne sera plus qu'un souvenir.
Et ce qui est vrai pour l'agriculture l'est aussi pour les autres secteurs.
Nous serions partisans d'un service public de la distribution. Une entreprise à capitaux publics qui distribuerait des produits de premières nécessités comme les fruits, les légumes, les viandes au meilleur prix, dans des conditions qui respectent les producteurs locaux et l'environnement.
Une société publique qui ne serait point obsédée par le profit avant tout et qui proposerait à ses clients des produits de saison et de qualité, sans chercher à ce que ces derniers consomment outre mesure.
Cela coûterait quelques centimes de plus que des produits importés d'Espagne voire de Chine, mais c'est le prix pour la cohésion du tissu agricole et social de notre pays.
Les camions qui encombrent les routes, c'est le fruit d'une politique commerciale qui fait travailler à « flux tendu » : minimum de stock, maximum de rotation et transports multipliés par quatre. C'est peut-être bon pour Auchan ou Leclerc, c'est nul pour la circulation routière et l'environnement !
Et si vous souhaitez consommer des fraises en hiver, faites-vous plaisir dans des épiceries de luxe, vous les paierez à prix d'or, après-tout c'est votre fric.
Hier, au niveau du péage de Lançon, les automobilistes n’en croyaient pas leurs yeux. Une cinquantaine de personnes vidaient sauvagement la cargaison de camions aux immatriculations étrangères. Ces personnes, ce sont les agriculteurs du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône et du Gard qui ont laissé éclater leur colère.
Des prix bas à la vente résultat d’une concurrence faussée selon eux par la grande distribution, toujours plus de taxes à payer et surtout un flot d’importation de fruits et légumes beaucoup trop important. Voilà les arguments qu’avancent les agriculteurs pour expliquer "la crise sans précédent" qu’ils vivent cette année.
"Tous les secteurs agricoles sont touchés et notamment les fruits et légumes. La grande distribution fait venir des produits d’Espagne et d’Italie entre autres. La main d’oeuvre est moins chère dans ces pays qui affichent des prix bas.
Les agriculteurs français doivent baisser leur prix d’au moins 20, 30 et même 40% pour pouvoir vendre. Actuellement, la perte du chiffre d’affaire brut s’élève de 25 à 50 selon l’exploitation", explique André Bernard, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Vaucluse.
C’est ainsi que pour se battre contre l’importation, les agriculteurs du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône et du Gard, encadrés par les gendarmes, ont mené une opération coup de poing en immobilisant tous les camions étrangers qui tentaient de franchir le péage de Lançon, créant un bouchon de plus de 5 kilomètres.
Ordre du jour : ne laisser passer aucune production importée. Manuel, un chauffeur espagnol, malgré sa résistance, a donc vu ses 24 tonnes de nectarines écrasées sur le goudron. "C’est incompréhensible, s’énerve Manuel, je comprends que la production française ait des problèmes, mais pourquoi s’attaquer à moi ? je ne fais que mon travail."
En l’espace de 45 minutes, les agriculteurs ont vidé les remorques de trois camions remplies de pêches, d’oranges, de figues et de poires. Tous ces fruits venus d’Espagne. "Le chargement d’un de ces camions représente une année de travail pour un seul agriculteur local. Et ce n’est pas à nous qu’on achète les produits, s’emporte le président 84 de la FNSEA. Maintenant, ça suffit. Nous demandons à rencontrer les pouvoirs publics pour élaborer un plan structurel afin de sauver la profession."
Sauver une profession qui désormais "ne fait plus rêver les jeunes, s’accordent à dire Vincent, Pascal et David, trois jeunes producteurs du Vaucluse. Nous, si on est dans le métier, c’est parce que nous avons repris les exploitations de nos parents. Mais dans l’agriculture, on travaille et on ne sait jamais le salaire qu’on va pouvoir se verser."  Stéphanie MARIN

union europeenne, agriculture, agriculteurs en colère, espagne agricole, pac,
Photo Philippe Laurenson (La Provence)





http://www.lepost.fr/article/2011/08/13/2567773_faut-il-nationaliser-la-grande-distribution.html

http://www.laprovence.com/article/a-la-une/lancon-loperation-coup-de-poing-des-agriculteurs-en-colere

mardi 2 août 2011

Les producteurs lancent un cri d'alarme

Les producteurs de légumes français, qui ne peuvent « plus vivre de leur travail », ont adressé une lettre ouverte aux grossistes, distributeurs et hard discounters.


« Vous nous imposez des tarifs sans aucun respect de nos coûts de production et vous usez de la libre circulation intra-européenne pour accroître vos marges et faire chuter nos prix ! Il est inadmissible que les producteurs de légumes de France doivent sans cesse vendre à perte pour que d'autres puissent faire des marges lucratives, » s'inquiètent les producteurs.

« Aujourd'hui, nous lançons un cri d'alarme : cela ne peut plus durer ! Les pratiques commerciales de vos entreprises doivent évoluer. Nous sommes prêts à travailler avec vous, en bonne intelligence, proposent les producteurs de légumes français. Sans quoi, face au désarroi des producteurs et devant cette situation catastrophique, nous ne pourrons garantir les actes isolés issus du désespoir, sachez-le, les producteurs de Légumes de France ne vont pas mourir sans réagir ! »


Source:
http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/legumes-grande-distribution-les-producteurs-lancent-un-cri-d-alarme-46191.html