vendredi 26 août 2011

Brésil : manifestation des sans-terre

AFP Publié 


Déçus par la politique agraire de l'ancien président brésilien Lula et l'expansion de l'agrobusiness au détriment de l'agriculture familiale, 4.000 paysans sans terre ont manifesté à Brasilia pour réclamer une réforme agraire à la présidente Dilma Rousseff. "Dilma (Rousseff) a enrichi le +latifundio+ (grands propriétaires terriens) et a oublié les sans-terre", ont scandé toute la semaine les paysans qui campent au coeur de la la capitale du Brésil dans l'attente d'une réponse.

"Le Brésil est le champion du monde de la mauvaise distribution des terres (...) et la concentration des propriétés a maintenant tendance à augmenter, en raison du boom des matières premières qui ont déclenché une ruée vers l'achat de terres", a déclaré à l'AFP Miguel Carter, coordinateur du livre "Le Mouvement des sans-terre et la réforme agraire au Brésil". Dans ce pays, 1% des grands propriétaires occupent 45% des terres cultivables, d'après les chiffres officiels. Il y a une semaine, quelque 50.000 paysannes avaient également manifesté à Brasilia pour réclamer notamment l'accès à la terre.

Le porte-parole du MST et de Via Campesina, José Valdir Misnerovizz, reconnaît que l'arrivée au pouvoir en 2003 de Luiz Inacio Lula da Silva, un ancien ouvrier métallurgiste allié historique des mouvements sociaux, "a entraîné une grande attente" mais que les résultats ont "déçu". "Lula nous a promis beaucoup de choses mais rien ne s'est concrétisé", a dit à l'AFP José Gino de Oliveira, père de sept enfants et qui depuis 2003 attend un lopin de terre, dans un campement précaire au bord d'une route. Le MST, mouvement social brésilien le mieux organisé et symbole de la lutte paysanne, est né il y a 27 ans pour obtenir des terres pour les pauvres.


Mais la lenteur de la réforme agraire semble l'avoir essoufflé et il ne réussit plus à mobiliser, comme avant, des dizaines de milliers de personnes lors de ses manifestations à Brasilia. Néanmoins, il maintient sa politique d'occupations de propriétés terriennes pour faire pression sur le gouvernement et cette semaine il a envahi la plus grande plantation d'oranges du pays, dans l'Etat de Sao Paulo.

Le gouvernement de Lula dit avoir distribué une terre à 600.000 familles de 2003 à 2010. Cependant les mouvements paysans affirment qu'il existe encore dans le pays quatre millions de familles sans terre et que 200.000 d'entre elles vivent dans des campements sans infrastructure. "Le gouvernement a distribué des terres et les chiffres peuvent paraître élevés mais c'est encore insuffisant" dans un pays où les gros agriculteurs font progresser la balance commerciale et leur lobby a un poids énorme au parlement et alors que "Lula n'est pas entré en conflit avec ces secteurs", a souligné Carter. "Maintenant le sentiment est que la réforme agraire a disparu du calendrier et du discours de Rousseff", héritière politique de Lula qui a pris es fonctions en janvier, a déclaré à l'AFP le professeur et et spécialiste en questions agraires de l'Université de Brasilia, Sergio Sauer.

D'après lui, Lula et Rousseff ont développé des programmes de lutte contre la pauvreté qui ont sorti des millions de personnes de la misère mais "cette politique devrait aussi exproprier les terres (improductives) à des fins de réforme agraire (...) pour mettre fin à la misère dans les campagnes".

Brésil: un paysan syndicaliste assassiné en Amazonie, le 7è en trois mois

RIO DE JANEIRO - Un dirigeant syndical paysan a été assassiné par balles jeudi dans l'Etat amazonien du Para, portant à sept le nombre de paysans assassinés depuis fin mai dans la région amazonienne, a annoncé la Commission pastorale de la terre (CPT) qui dénonce l'impunité des tueurs.


Valdemar Oliveira Barbosa a été tué jeudi à l'aube par deux individus à moto qui ont tiré sur lui à bout portant dans un quartier de Maraba, la deuxième ville du Para, l'un des Etats où le taux de criminalité est le plus élevé au Brésil en ce qui concerne les conflits agraires.

D'après la CPT de Maraba, un organisme lié à l'Eglise catholique, le meurtre résulte très certainement d'un conflit agraire, d'une dispute pour la terre.

Barbosa était membre du Syndicat des travailleurs ruraux de Maraba et il y a plus d'un an il dirigeait un groupe de familles (de sans-terre) qui occupaient la ferme California dans une ville voisine dont ils avaient été expulsés par la police.

Barbosa menaçait d'envahir de nouveau la ferme California considérée comme improductive et, selon la CPT, a été tué par des pistoleiros (tueurs à gage) embauchés par les propriétaires de l'exploitation.

Au Brésil, 1% des grands propriétaires occupent 45% des terres cultivables, d'après les chiffres officiels.

De mai à juin, six paysans ont été tués dans les Etats du Para et du Rondonia. La série avait commencé le 24 mai par l'assassinat d'un couple d'agriculteurs écologistes Maria et José Claudio da Silva à Maçaranduba, dans le sud-ouest du Para où ce couple dénonçait les bûcherons clandestins.

Dans cette région reculée, les grands propriétaires terriens, commanditaires présumés d'assassinats de petits paysans, bénéficient le plus souvent d'une impunité totale.

Amnesty International, organisation de défense des droits de l'homme, avait appelé en juin les autorités brésiliennes à mettre fin à ces assassinats ainsi qu'à l'impunité des tueurs qui encourage ces violences.


(©AFP / 26 août 2011 15h56)

Ethiopie - La famine n’arrête pas l’Inde


Les affaires sont les affaires: des entreprises indiennes d’agroalimentaire sont prêtes à investir plus d’un milliard d’euros en EthiopieTanzanie et Ouganda, annonce le site du Guardian. Mais dans le contexte actuel, l’objet de cette transaction n'est pas celui que l'on pourrait croire: l'Inde cherche en fait à louer ou acheter plusieurs millions d’hectares de terres arables.
Et qu’importe si ces investissements étrangers (notamment chinois) dans la terre africaine sont tenus comme possibles responsables de la faim qui sévit dans la Corne du continent.
«L'Ethiopie a attiré les investisseurs car c'est un pays doté de ressources naturelles inexploitées», explique Ramakrishna Karuturi, fondateur et directeur général de Karuturi Global Limited, le plus grand producteur mondial de roses, rapporte le quotidien indien The Economic Times.
Sous-exploitées faute d’agriculture ou d’élevage intensif, les terres cultivables africaines n’en sont pas pour autant totalement inexploitées. Comme le rappelle un article de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), celles-ci sont généralement utilisées par les pasteurs qui se déplacent au gré des pluies et de la nourriture disponible pour leur bétail.
L’acquisition ou la location de gigantesques terrains (le Guardian évoque 200.000 hectares pour l’huile de palme, 150.000 pour les céréales) contraint les éleveurs dans leurs déplacements et restreint leur accès à certains points d’eau. Ces terres autrefois ouvertes seront désormais clôturées.
Pour les 35 investisseurs indiens venus en délégation dans ces trois pays d’Afrique de l’Est, comment ne pas être séduit par leurs potentialités «illimitées» —des propres mots du président ougandais Yoweri Museveni?
«La région possède 120 millions d’hectares de terres arables, soit l’équivalent de ce dont dispose l’Inde», observe Karuturi.
D’autant que les terres africaines sont «parmi les moins chères du monde». Elles se louent en moyenne un euro l’hectare par an, pour des baux qui courent sur plusieurs dizaines d’années, souvent jusqu'à… 99 ans.
Mais ces investissements —destinés à l’exportation et non à nourrir les populations locales— pourraient se révéler des choix moins profitables que prévu. Conclus généralement sous le manteau sans associer les usagers de ces terres, ces contrats pharaoniques rencontrent parfois des résistances. Le blocage de la transaction après le soulèvement des communautés locales —comme ce fût le cas en 2008 dans la région sud-soudanaise de l’Equateur-central— reste exceptionnel.


http://m.slateafrique.com/31627/ethiopie-inde-achete-terres-arables-famine

jeudi 25 août 2011

D'énormes stocks de vivres et de médicaments découverts à Tripoli



LIBYE | Les insurgés libyens ont trouvé découvert de gigantesques stocks de vivres et de médicaments amassés par le régime de Mouammar Kadhafi à Tripoli. Cette découverte va considérablement atténuer les pénuries dont souffre la Libye.

© Keystone | Cette découverte va alléger la pénurie dont souffre les Libyens

ats | 25.08.2011 | 21:14
«Il n’y aura plus de problèmes concernant l’approvisionnement en denrées alimentaires, en produits médicaux et en carburants», a déclaré lors d’une conférence de presse le président du Conseil national de transition, Moustafa Abdeljalil.
Il y a dans les stocks découverts à Tripoli de quoi nourrir quatre millions d’habitants pendant une année entière, et suffisamment de médicaments pour tout le pays pendant un an, a-t-il précisé. «Mouammar Kadhafi a intentionnellement empêché les Libyens d’accéder à ces stocks, les maintenant dans la faim», a-t-il déclaré.
En outre, a-t-il indiqué, une «grande quantité» de carburant a été découverte dans la raffinerie de pétrole de Zaouïah, ville côtière à 50 km à l’ouest de la capitale, tombée entre les mains des insurgés ce mois-ci. Moustafa Abdeljalil a appelé d’autre part les partisans de Kadhafi à rejoindre la révolution, en affirmant que dorénavant, ils n’avaient plus aucun prétexte pour ne pas le faire.
«La révolution remporte victoire sur victoire jour après jour et ils doivent nous rejoindre», a-t-il dit. «Il n’y a plus aucune excuse pour ne pas rallier la cause de la révolution».

Irak : aider les femmes dans leur lutte au quotidien pour nourrir leur famille


« Les femmes chefs de famille et les personnes dont elles ont la charge vivent dans des conditions de grande précarité », a indiqué Magne Barth, chef de la délégation du CICR à Bagdad, lors d'une conférence de presse tenue aujourd'hui dans la capitale irakienne. Il a présenté les résultats d'une enquête menée par le CICR pour mieux comprendre la situation des femmes irakiennes qui subviennent seules aux besoins de leur famille. Cent dix-neuf d'entre elles ont été interrogées dans le cadre de cette enquête, qui a mis en lumière les choix difficiles auxquels elles sont confrontées pour nourrir leur famille en l'absence d'un mari, d'un père ou d'un frère. Le CICR a également présenté un film aujourd'hui qui témoigne des difficultés auxquelles les femmes doivent faire face.

« Près de 70 % d'entre elles dépensent plus d'argent qu'elles n'en gagnent. Elles doivent donc emprunter, vendre le peu de choses qu'elles possèdent et réduire autant que possible les dépenses, en renonçant aux soins de santé et en retirant leurs enfants de l'école », a expliqué M. Barth. « En outre, 40 % des familles que nous avons interrogées ont dû envoyer leurs enfants travailler - des garçons âgés de 12 ou 13 ans pour la plupart. »

On estime à un million le nombre de femmes qui se débattent pour nourrir leur famille et continuent de dépendre de l'aide extérieure, du moins en partie. Le CICR s'efforce de les aider à surmonter la perte d'un soutien de famille, en les aidant notamment dans leurs démarches auprès de l'État irakien pour l'obtention d'allocations sociales. « Depuis 2009, le CICR a pris en charge les frais de voyage de près d'un millier de femmes - principalement à Bagdad et à Anbar, mais aussi à Basra et à Missan - qui ont dû se déplacer pour réunir tous les documents nécessaires à leur demande d'allocation », a indiqué M. Barth. « Près de 6 000 autres femmes recevront un soutien financier cette année et l'année prochaine pour leur permettre de s'en sortir en attendant de pouvoir bénéficier des prestations du système de protection sociale. »

« Nous proposons également des micro-crédits à celles qui souhaitent démarrer une activité génératrice de revenus », a-t-il encore expliqué. « Cela dit, les prêts ne peuvent pas couvrir tous les besoins, et toutes les femmes ne sont pas capables de mettre sur pied une petite affaire. »

Le CICR appuie tous les efforts déployés en vue d'améliorer la situation des ménages dirigés par des femmes. Il continuera à soutenir les femmes et tous ceux qui oeuvrent en leur faveur.